Je viens de l’apprendre de manière très officieuse mais, selon mon jugement, absolument crédible : je ne serai pas candidat sur la liste du Mouvement Démocrate pour les prochaines élections européennes. J’entends d’ici les bisbilles : « merde, maintenant il va nous faire son caca nerveux de petit crapaud (clin d’œil) qui se rêvait prince … « . Désolé de vous décevoir mais je suis satisfait de cette issue et ce n’est pas de la langue de bois. Voici quelque raison :
- quand j’ai accepté d’entreprendre cette démarche (qui était collective avant d’être personnelle), j’étais complètement inconnu, hormis dans le cercle des adhérents géographiquement proches. Aucune notoriété ne justifiait, objectivement, une candidature sur une liste si restreinte : on pense au parlementaires comme un « petit cercle » mais je vous rappelle que entre débutés et sénateurs on n’est pas si loin du millier de personnes, alors qu’il y aura seulement 72 députés européens élus par la France. Aujourd’hui, je mentirais si je disais que la situation est exactement la même qu’au lendemain des cantonales à Landivisiau.
- Au cours de ces mois, le fait de me proposer comme candidat m’a permis d’être plus efficace dans la construction de notre Mouvement, à la fois au niveau local, où je me suis impliqué avec un certain succès dans le processus de renouvellement des équipes, et au niveau de la construction du projet du MoDem. J’ai participé avec plaisir aux travaux sur la citoyenneté européenne, lequel a fait un travail remarquable ainsi que sur la matière économique. Au cours de ces travaux, j’ai la présomption de penser que j’ai facilité la formalisation d’un certain nombre de ressentis, qui étaient partagés, dans des idées et approches plus structurés. C’est un motif de fierté.
- Probablement, je n’aurais jamais démarré un blog si je n’avais pas été dans cette démarche. Écrire, dans une langue riche en subtilités comme le français, c’était un défi. Aujourd’hui je suis très content de l’avoir fait : pas tant pour la micro-notoriété qu’un blog peut offrir ou pour le sentiment, trompeur, d’avoir une quelconque influence mais parce que il s’agit d’un excellent moyen pour se mettre en danger, s’exposer à la critique, tester ses idées. Le Faucon rappelait une phrase de Bayrou : « si on pense tous la même chose, alors on ne pense plus rien ». Force est de constater que la blogosphère sait être un espace de pensée.
- Mais il y a encore plus important : ma démarche se fondait sur la conviction profonde de l’exigence de personnes qui connaissent bien l’Europe et son impact sur la vie quotidienne des Européens. Par conséquent, je voulais des candidats avec une vraie expérience de l’Europe. Le moins que je puisse dire est que le décisions du MoDem dans ma circonscription ont parfaitement satisfait ce souhait : Sylvie Goulard a, à mes yeux, tout pour être une grande candidate. Maintenant, il faudra la soutenir, elle et toute la liste, organiser le travail de terrain, occuper la scène avec ou sans l’aide des médias. Je connais ce boulot, je sais le faire, je prendrai ma place dans le dispositif.
Je sens resonner la voix d’Elkabbach : « BARATIN ! » … bien sur, selon les logiques « à l’ancienne » je devrais être déçu. Je ne le suis pas, car je ne conçois pas la politique comme un jeu dans l’immédiat. J’ai toujours su et toujours dit que ma candidature était « extrêmement improbable » : ce n’était pas de l’humilité (j’avoue, je n’en ai pas) mais de la lucidité. La politique est un processus, une construction jamais achevée. Ma démarche, c’était une étape nécessaire et elle avait des objectifs. Qui, grâce à l’aide des personnes (nombreuses) qui m’ont accompagné dans l’ombre, ont été largement atteints. La candidature c’est la cerise sur le gâteau, un honneur qui m’aurait fait immensément plaisir mais néanmoins un plus non essentiel. Cette aventure m’a permis de ganger en crédibilité : maintenant je peux me dédier à ce que j’aime en politique. Construire.
Mes lecteurs habituels l’ont lit à l’ennui : le MoDem est un potentiel. A nous de le transformer en réalité, collectivement mais également, chacun à sa manière et dans le rôle qui est le sien, individuellement. Pour ma part, je n’ai jamais choisi de laisser quelque chose à moitié. Parfois j’y ai été contraint, mais c’est une autre histoire.

mars 18th, 2009 at 21:24
Joli billet qui prouve qu’on peut s’engager en politique et représenter les autres tout en demeurant dans une réelle démarche constructive et humble.
Tiens si on te donnait RDV dans 5 ans…
A suivre, bonne continuation!!!
mars 19th, 2009 at 09:32
Vous n’auriez pas la liste complète pour le grand Ouest pour que l’on puisse enfin sortir du flou ?
mars 19th, 2009 at 12:09
@ Nelly
Merci
@Orange
Non, désolé, c’est une info que je n’ai pas. Si je peux en juger à partir des bribes d’info collectées ici et là on devrait avoir un bon équilibre. En tout cas, je pense qu’il faut bien mettre en perspective les choses : choisir le ‘fond » de la liste est un exercice de précision. Si le fait d’être sur la liste peut conforter le candidat « du fond », la liste doit répondre à d’autres objectifs : permettre un bon relai du message des têtes de liste et en éviter la perturbation par des polémiques latérales.
Je m’explique en prenant mon cas comme exemple. Je suis étranger, porteur d’une vision non conventionnelle de l’économie, avec une histoire d’engagement politique disons … particulière. Si j’avais été candidat, j’aurais attiré l’attention sur moi. Or, cela est très bien si on est en position éligible : la polémique permet d’occuper l’espace médiatique et, si bien maîtrisée, c’est une démarche drôlement efficace. Mais, dans mon cas, les conditions n’étaient pas, objectivement, réunies pour une candidature éligible. Je pense qu’il n’y a pas débat là dessus. Admettons que j’avais été huitième sur la liste. J’aurais toujours attiré l’attention avec comme seul effet de parasiter la campagne : à quoi bon ? En plus cela aurait fait très « candidat-de-l’immigration-à-Neully-porté-par-la-gauche ». Sincèrement, je trouve que les équipes qui sélectionnent les candidats sont lucides. Aux uns et aux autres de trouver leur place dans le dispositif.
mars 19th, 2009 at 14:49
Beaucoup de sagesse Claudio, petit à petit…
A très bientot
mars 19th, 2009 at 17:07
Excellent papier, comme d’habitude, Claudio, et qui change des gémissements de certains quand ils ne sont pas » choisis ». Ca fait du bien, continuons ainsi à bosser !Tu crois qu’on en saura plus samedi ???
mars 19th, 2009 at 18:35
je confirme sur ton travail de qualité au sein du groupe citoyenneté Européenne !
Tu as bien eu raison d’être candidat car ca t’a fait gagner en notoriété.
Pour info, le CN qui valide les listes est mardi prochain !
mars 19th, 2009 at 23:08
On devrait envoyer ton billet à quelques gricheux(ses) pour leur donner une leçon!
Par contre, nous pensons que même en 8ème lorsque tu évoques l’hypothèse de « parasiter » la campagne… nous ne sommes pas d’accord! Ton parcours est une réalité! Une réalité voulue, intellectualisée, pensée et réfléchie, murie comme tu as pu t’en expliquer parfaitement ici! Nous pensons que cela aurait eu tout son sens!
Alors pas dans les 72 Claudio… mais alors dans les 577 bientôt?
mars 20th, 2009 at 09:28
@Alcibiade(s)
Pour cela il faudrait que je prenne la nationalité française, ce qui est contraire à mes convictions profondes en matière de citoyenneté européenne. En l’état du droit, je ne peux assumer que deux mandats en France : conseiller municipal ou député européen (ce qui, j’en conviens, c’est un très grand écart). Cela rend mon parcours un peu plus complexe mais je pense que les actes doivent respecter les convictions.
Et aux grincheux j’aurais envie de dire que le principal du politique c’est de comprendre et interpréter le monde qui l’entoure : son propre parti en fait partie. On ne transforme pas la réalité avec la tête dans un sac.
mars 20th, 2009 at 14:34
Ah là là ! Je viens seulement de comprendre ton dernier message chez moi
) ..Bon, moi aussi je m’envole
mars 20th, 2009 at 15:12
mars 20th, 2009 at 19:10
Trop sympa Claudio, n’ayez crainte je n’oublierai pas…
mars 26th, 2009 at 12:20
Comme toujours, une lucidité totale, brava maestro. On passe aux choses sérieuses, les campagnes et les stratégies nationales et régionales. Cependant pour les 72, on en reparle dans quelques années, car tu auras réellement réussi à me convaincre que tu as ta place dans cette enceinte (nettement plus que dans celle des 577).
Quindi maintenant exilé in England
mars 26th, 2009 at 12:21
PS: très sympa le nouveau look du blog
mars 26th, 2009 at 15:58
@Arnaud
Je suis touché