Voici la même analyse de l’évolution du PIB réalisée pour les USA. Les données de base sont fournies par le BEA.
Fait 100 le niveau de PIB au 31/12/1999 (j’ai pris de manière arbitraire), j’obtiens l’évolution suivante [EDIT : une erreur s'était glissée dans le tableau, ça m'apprendra à aller trop vite ]:
- 31/12/2000 : 109,17
- 31/12/2001 : 110,13
- 31/12/2002 : 118,60
- 31/12/2003 : 137,14
- 31/12/2004 : 155,25
- 31/12/2005 : 172,52
- 31/12/2006 : 189,97
- 31/12/2007 : 208,85
- 31/12/2008 : 201,57
Quelques considérations.
Tout d’abord, sur le taux de croissance : en huit ans, les USA avaient doublé leur PIB. Ce qui est quand même étonnant pour une économie déjà très développée.
Comme en France, 2008 est la première année de baisse du PIB sur la période considérée, un évènement considéré exceptionnel.
Comme en France, le niveau de richesse produite fin 2008 sur base trimestrielle est supérieure à celle produite fin 2006. Ici aussi les comparaisons avec les années 30 ou la période de la deuxième Guerre Mondiale, sont, peut-être, un peu forcées. Pour information, entre fin 1929 et fin 1933 le PIB américain recula d’environ 27%, et la série statistique commence en 1930, donc il manque une année (sévère) à cet historique …
Pour retrouver un PIB aussi faible debut 2000 on devrait avoir une réduction du PIB de plus de 50% !!!
L’analyse pour l’Europe est en sommeil car les données Eurostat ne sont pas à jour.

mars 28th, 2009 at 00:07
Ce qui est frappant c’est que en 8 ans,
Le PIB des USA augmente de 100 % et celui de la France de 15 %, quelle différence !!
mars 28th, 2009 at 14:36
Oui, cela peut paraitre étonnant. Cependant, et on revient au fond de l’article sur la crise, à quel prix cela a été possible aux USA ?
Disons aux prix de deux bulles financières dont une d’impact planétaire ? Disons au prix d’une baisse de l’espérance de vie attendue par cause d’épidémie d’obésité et de diabète ? Disons au prix d’un endettement croissant des ménages (la dette des ménages dépassait en 2006 130% du PIB aux USA et les intérêts de remboursement des prêts touchaient 12% du revenu) ?
Je n’ai pas encore terminé de brasser toutes les données (je ne prévois pas de discuter ma thèse avant, au mieux, 2011/12) mais ce sont des pistes à creuser.
Ah une chose. D’autres pays européens (ex. UK, Pays Bas) ont vu la dette des ménages dépasser le PIB mais aucun de ses Pays n’a un PIB qui pèse 25% de l’économie mondiale …. tu vois l’impact monétaire de cet endettement ?
Décidément, la croissance du PIB n’est pas un bon indicateur, en tant que tel, de la santé d’un système économique.
mars 30th, 2009 at 20:43
Juste une remarque d’un ignare en économie
Si j’ai bien compris CP, le calcul du PIB ne tient pas en compte de l’endettement public et privé de l’état et des individus. Donc on considère naturellement comme richesse acquise, toute richesse crée par l’intermédiaire d’un crédit qui lui ne sera remboursé que dans 10 ou 20 ans ???
Ne serait-ce pas là l’équation de la richesse imaginaire…:-)
Voilà qui m’est étrange….ment connu, à oui…
http://lamecaniquedelorange.hautetfort.com/archive/2009/02/22/une-crise-en-oignon.html
http://lamecaniquedelorange.hautetfort.com/archive/2008/11/14/la-dette.html
http://lamecaniquedelorange.hautetfort.com/archive/2009/01/09/l-equation-de-la-realite-imaginaire.html
et d’autres…
Heuu, pardon pour la pub…
mars 31st, 2009 at 09:36
Salut Philippe, je ne partage pas ce concept de richesse « imaginaire » : le PIB mesure la richesse brute produite, pas le « patrimoine » consolidé. Si on pense à une entreprise de production, elle transforme des matières premières en produits et elle les vend. Il y a décalage entre le règlement des achats et l’encaissement des ventes, ce qui induit un besoin financier. Si les clients payent plus tard, le besoin augmente : ce n’est pas pour ça que l’entreprise a moins produit. Le PIB a cette logique. Et il s’agit d’un indicateur qui a son sens mais aussi ses limites, se qui parfois est oublié.
Cela dit, dans ta manière de voir les choses c’est même pire : l’acquisition de biens par l’endettement plutôt que par la dépense de l’épargne accumulé a pour effet d’augmenter le PIB. Les intérêts, font partie des dépenses et sont pris en compte ….
avril 1st, 2009 at 06:20
Merci, ça fait de bien de prendre des bons cours d’économie.
Donc tout est faussé, et même une mère n’y retrouve pas ses petits…
avril 1st, 2009 at 12:06
Pourquoi « faussé » ?
Les intérêts rémunèrent le fait d’avoir permis d’avoir accès à une possibilité de dépense/investissement (ex. qui peut se payer une maison cash ? pourtant beaucoup peuvent supporter une échéance de prêt).
Tout service mérite rémunération
avril 1st, 2009 at 17:54
Je dis faussé car,
- d’un côté e taux d’endettement n’est pas prit en compte pour calculer la richesse réelle du pays
- de l’autre tu me dis que plus l’état est endetté plus il augment son PIB, de façon virtuelle…
donc oui faussé!
La question est: faut-il avoir une croissance de 2% sans endettement ou une croissance de 5% avec un maximum d’endettement sur les générations futures ?? Quelle est la situation la plus stable, la plus sûre, la plus génératrice de bien vire?
avril 10th, 2009 at 12:20
D’où viennent tes chiffres ?
Un doublement du PIB étasunien, même en dollars courants (ce que tu ne précises pas), ça me semble un peu bizarre …
Voir : http://www.bea.gov/national/xls/gdplev.xls
Quant à établir une comparaison avec la France, encore faudrait-il tenir compte de la parité Euro Dollar, non ?
Je critique pas, j’examine
avril 10th, 2009 at 12:24
les données du tableau mentionné donnent pour 2008 :
154 en dollars courants
123 en dollars constants, base 1999
avril 11th, 2009 at 11:10
@ Pierre
Je me suis appuyé sur ce même fichier, sauf que les chiffres ne sont pas les mêmes … j’ai eu peut-être eu un problème de téléchargement. Ce qui est drôle c’est que je retrouve les chiffres de la première mouture de l’article. Je vais vérifier à nouveau le tout.
Pour la parité euro-dollar, elle pourrait être intéressante pour une analyse fine. J’ai deux grandes perplexités à la réintégrer : d’abord on mesure des évolutions dollar/dollar et euro/euro (on ne mélange pas pommes et poires) et les effets sur le commerce international des taux de change relatifs (je pense que c’est ta question) sont loin d’être univoques.