Martine patine (et dérape)

Je parle bien sur de Martine Aubry : la « fille de » la plus en vue de la gauche française lançait aujourd’hui la campagne européenne du PS. Je passe sur la façon de faire rentrer dans les rangs leurs dissidences sur les parachutages, c’est l’affaire des socialistes. J’espère simplement que tous ceux qui ont raillé la consultation des adhérents MoDem ont bien regardé. Bon, je suis sceptique mais ce n’est pas le sujet.

Le sujet est que le PS, en tout cas sa première secrétaire, a déjà accepté un futur échec électoral. Malgré de bon sondages. En effet, un parti fort n’aurait aucun besoin de justifier un vote socialiste par manque d’alternatives. Et la performance comique atteint son sommet quand Martine Aubry raille Bayrou dont les voix manqueraient « rarement à la droite » au Parlement Européen : magnifique exemple d’auto-ironie alors que Jean Quatremer le bien informé nous apprend que le PSE a d’ores et déja renoncé à contrer le « très libéral » (le très nul serait plus pertinent) Barroso.

Avant même l’élection, bizarre, non ?

Je rappelle aux ignares que le Parti Démocrate Européen dont le MoDem est fondateur a plusieurs fois fait entendre sa voix et que l’ADLE, notre groupe au Parlement Européen, est le seul a avoir proposé de manière transparente un candidat à la Présidence du Parlement.

Alors, Martine, vous avez raison. Si on veut sortir de ce jeux où des « politiques » portent des programmes auxquels eux mêmes ne croient pas et où la supposée opposition se donne bonne conscience dans la rue évitant soigneusement de penser qu’elle peut gagner des élections, alors oui, il y a un seul vote utile. Mais pas pour vous.

Voter !

7 Comments on “Martine patine (et dérape)”


  • Ouf ! J’ai eu peur…;))
    Très juste billet.


  • Bonjour Claudio,

    j’ai moi aussi entendu « la Martine » … et son discours totalement obsolète … bah ! elle n’a pas grand chose à dire alors il faut meubler en disant n’importe quoi … ça sentait la naphtaline tout ça !


  • @Mirabelle
    Le plus grave est que cette naphtaline a des relais de presse et « intellectuels » qui contribuent a sa pérennité …

    @Martine
    :-)


  • Bonjour sur le nouveau blog,

    Effectivement, Martine Aubry est une pâle moyenne de plusieurs vieux courants contradictoires, lesquels ne sont pas, loin de là, indépendants du pouvoir.

    Je pense que L’avenir du PS c’est Ségolène et son équipe.


  • @CK
    Possible. Personnellement, j’en doute, car j’estime que Royal témoigne d’une certaine dérive du politique vers le compassionisme (oui, ce n’est pas dans le dico, mais j’aime bien). Je crois qu’elle (ce n’est pas la seule) se fait aspirer par un certain vide laissé par la sécularisation de nos sociétés sur ce créneau : de façon plus ou moins inconsciente elle revête le rôle, justement de com-passion, que fut celui de l’Eglise dans l’après Vatican II. Cela est d’autant plus évident au niveau de proximité où le Député (ou le Conseiller Général, ou le Maire, …) assument le rôle social qui fut celui du curé de campagne. Je le comprends et je ne le juge pas. Cependant, je pense que c’est une dérive du politique extrêmement dangereuse : si le politique oublie la fonction qui lui est propre, qui la remplira ? Les marchés internationaux ? La rue ?


  • Je n’avais pas pensé à cela. Moi je voyais qu’avec sa tête de mule, elle n’avait pas eu de mal à faire sa propre maison dans le PS, avec des gens plutôt dynamiques, dont on a confiance qu’ils sachent rester indépendants du Pouvoir(Sarko).

    Ah oui elle joue du côté maternel et « providentiel » et cela est un peu démago. C’est quand même une fille de colonel et on peut penser qu’elle sait évoluer (Avec Désir d’Avenir, Espoir de Gauche son courant est actif, et elle s’intéresse à l’économie, elle écrit des bouquins – interview – qui la montre « vivante »).

    Sa véritable philosophie du pouvoir, avec tous ses démêlés, elle n’a peut-être pas encore eu le temps elle-même de l’établir.


  • @CK
    Assez d’accord avec ton deuxième commentaire. On verra bientôt si elle acquière de la carrure ou pas.