Controverse contro-versée
23 avr
Mon Crapaud préféré met sur la table celles que lui même appelle « Des idées controversées pour spécialiser l’économie francaise ». Et controversées elles le sont vraiment. Je vous incite à lire avant de continuer.
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Bien. De nombreux commentaires ont critiqué cette approche, et il y a même des lignes et des lignes dressant un boucher d’ironie.
Pour ma part, je crois que mon ami-modemiste-non-renouvelé de la Toile se trompe dès la définition des objectifs : l’économie française n’a pas besoin de se spécialiser. Mais allons dans l’ordre.
L’idée que les économies nationales (parfois confondues avec les Nations) ont intérêt à se spécialiser n’est pas une nouveauté dans le panorama de la pensée économique. A titre d’exemple des auteurs aussi divers et distants comme Adam Smith et Michael Porter en font un fondament essentiel de la compétitivité des « Nations » (Smith, 1776 – Porter, 1993). Par ailleurs, cette spécialisation est à la base de la conception des marchés mondialisés : l’absence de barrière permettra à chaque « Nation » de se concentrer sur les productions les plus efficentes dont elle sera, virtualement, le seul producteur alors qu’elle achetera sur les marchés tout ce qu’elle ne sait pas produire. Dans un système théorique de la sorte, les balances commerciales de tous les pays seront à l’équilibre une fois réintégrés les flux d’aides financières. Par conséquent, et contrairement au sentiment même du bactracien, il s’agit là d’une position mondialiste (aucun importance sur le fond, juste une précision).
Le petit hic c’est que ces théories de la spécialisation économique ont montré toutes leurs limites une fois portées au contact de la réalité. Je me limiterai à rappeler quelques faits. Tout d’abord, les économies éuropéennes qui ont le plus suffert de la crise ce sont, justement, des économies très spécialisées (Islande, Irlande) et touts les observateurs de bonne foi savent que le nord de la France ne s’est pas encore remis de la crise de son économie spécialisée (mines+sidérurgie). Je rappellerai le cas des Etats pétroliers, certes actuellement plutôt riches (les Etats, pas forcément les citoyens) mais dont la richesse pourrait disparaitre du jour au lendemain si un substitu efficace des idrocarbures venait à être développé. Avec un clin d’oeil à la Convention thématique de Bouin (que j’ai beaucoup apprécié) je rappellerai les dégats de la spécialisation agricole, centrée sur les denrées à plus haute valeur ajoutée, qui cannibalise les coltures vivrières fragilisant des populations déjà indigentes.
Sincèrement, je crois que le nerf de la guerre n’est pas du tout dans la spécialisation. Au contraire, il serait intéressant de se doter des capacités de compréhension d’un monde de plus en plus complexes afin d’en réinterpréter constamment les respirations. Bien évidemment, cela passe aussi (en grande partie même) par le rôle de l’école (de la maternelles au doctorats). Comme toute construction humaine, l’école a ses limites. En particulier on ne peux enseigner que le passé. Remarquez, j’aimerais bien étudier le web 15.0 mais … voila, c’est difficile de trouver des bouquins sur le sujet. Si on ne prend pas garde, l’école peut devenir un formidable instrument de reproduction (sociale et économique) : ce n’est pas du hasard si un démocrate notoire comme Mussolini (noter l’ironie svp, l’apologie du fascisme étant un crime en Italie je me dois de préciser cela) fait de la réforme de l’école un de ses premiers chantiers et s’il charge de cette mission celui qu’on appellera le « philosophe du fascisme ».
En effet, l’école ne peut pas préparer aux métiers de demain, ni même à ceux d’aujourd’hui. Juste à ceux d’hier. Et dans un monde qui bouge vite, cela ne peut pas être suffisant. Malheureusement, ce n’est pas une quelconque « faute » de l’école : on lui demande l’impossible.
En revanche, rien empêche l’école de travailler pour former les élèves à imaginer et réaliser le monde de demain. Cela implique de transmettre la capacité de remettre en cause les vérités établies : ô combien d’exemples dans l’histoire de la philosophie ! Cela implique la capacité de débattre, d’illustrer et de convaincre : comment le faire quand on ne maîtrise pas bien ne fut-il que sa langue maternelle ? Je me suis fait c***r avec 5 ans de latin. Cependant je sais combien ces années là m’ont été utiles en France …
Je n’irai pas plus loin. Inutile de parler de quelle voiture on va prendre si on n’est pas d’accord sur l’endroit où l’on veut aller.

avril 23rd, 2009 at 18:20
pour moi la spécialisation, c’était Ricardo ? J’aime bien ton billet je suis d’accord avec toi. Je pense que personne n’a compris ce que j’ai voulu écrire, je me suis pt-être mal exprimé.
avril 23rd, 2009 at 18:27
Le crapaud est jeune, j’ai laissé ce même commentaire chez lui et chez l’hérétique
je ne pense même pas qu’il faille une levée de bouclier contre lui
avril 23rd, 2009 at 18:34
@ FB
Mais je ne lève pas le bouclier contre lui, on papote sérieusement c’est tout
@LCDM
En effet, tous les théoriciens de l’échange aboutissent à cette considération. Sinon, … si les échanges permettent de mieux se comprendre … et bien tant mieux
avril 23rd, 2009 at 20:21
Super article ! Je préparais une réponse en plusieurs billets, je crois que je vais en faire sauter un et tout simplement envoyer le bon peuple ici
Je rajouterai quand même mon grain de sel car il y a un aspect que personne n’a encore abordé alors qu’il est fondamental… raah là là ces économistes =p
avril 23rd, 2009 at 20:30
Au revoir Claudio, votre facon « d’etre » ne me convient plus du tout! ciao, ciao
avril 24th, 2009 at 05:58
@ florent
tiens tiens :p
@ Martine
on se retrouvera