Les sondages continuent de tomber, le dernier en date étant produit par le CSA pour Le Parisien et repris un peu partout. Certes, la baisse de deux points de l’UMP est notable, car on se rapproche des extrêmes de la marge d’erreur. Certes, le MoDem semble se consolider en haut de la fourchette 10%-14%, ce qui renforce l’hypothèse d’une possible cassure à la hausse. Certes, cela est d’autant plus intéressant que le CSA c’est l’institut de sondage qu’en 2007 avait vu Bayrou quatrième homme à deux semaines du scrutin …

Cela dit, ces informations nationales (faisons l’effort intellectuel de les considérer fiables) ne préconisent en rien l’élection ou pas de parlementaires européens démocrates, simplement décisifs (avec leurs alliés de l’ADLE) dans la prise de décision dans un parlement où aucun groupe n’a la majorité absolue (ici pour une preuve évidente). En effet, l’élection n’est pas nationale.

Dans ma circonscription, l’Ouest, l’UDF avait élu le Général Philippe Morillon lequel avait récolté 11,7% des suffrages  devancé, hélas, par le plus inutile des députés européens (et qui rempile). Or, si on prend pour bon le score de 14% national, on est à combien dans l’Ouest ? Une idée, d’ailleurs exploité par l’excellente Laure, est de redresser sur la base des européennes UDF de 2004 : à cette époque, la liste dans l’Ouest avait fait légèrement moins bien que la moyenne nationale (98% environ), ce qui préconise d’un score autour de 13,7% sur la circonscription (+2%).

Ce procédé est surement intéressant mais il fait l’impasse sur un phénomène important : le MoDem n’est pas tout à fait l’UDF, au moins en ce qui concerne sa base électorale et son positionnement par rapport aux autres forces politiques. Pour vérifier la pertinence de l’observation j’ai donc essayé de redresser par rapport au Présidentielles. Dans l’Ouest, Bayrou fait 21,05%, c’est à dire 113,4% de son score national. C’est une exception : l’UMP présente un écart entre les méthodes de 2,5%, le PS de moins de 1%, le MoDem … 15,4% !

Si on redresse sur la base des ratios de 2007, on pourrait imaginer un MoDem proche des 16% sur la circonscription. Sachant que tout cela n’est que théorique, que ça ne fait que traduire une hypothèse de rapports de force aujourd’hui et que ne préconise en rien des résultats du 7 juin, est que le MoDem pourrait avoir des députes européens de l’Ouest ?

La tête de liste, Sylvie Goulard, semble être relativement à l’abri. C’est une bonne nouvelle car, entre recalés de droite et traine-pieds de gauche, des gens qui connaissent leur sujet ce n’est pas de trop. Et Bruno Joncour ? Selon les chiffres (je rappelle, purement théoriques) fournis par Calc,  cela se pourrait bien. Ou pas.

En effet, en partant sur une base de suffrages exprimés égale à 45% des inscrits (c’est à dire en décomptant l’abstention, les blancs et les nuls) on se rend compte que, en l’état des choses l’élection du Maire de Saint Brieuc (22) tiendra à une marge de plus ou moins 0,5 %. C’est à dire moins de 15.000 électeurs sur plus de 6.000.000 de votants.

Alors, si vous qui lisez votez dans l’Ouest (ou si vous connaissez des gens qui votent dans l’Ouest) et si vous souhaitez envoyer au Parlement Européen Bruno Joncour, mobilisez-vous.

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Deux précisions.

1. Si vous pensez que ces « redressements » c’est du pipo mathématique, imaginez comment peut-on deviner le comportement d’un électorat de plus de 40 millions d’individus par un échantillon de moins de 1000 personnes …

2. Ce billet n’a nullemet été soumis au comité de campagne du MoDem dans l’Ouest est constitue uniquement la réflexion d’un militant engagé.

Voter !

9 Comments on “Elections européennes dans l’Ouest : Bruno Joncour peut-il entrer au Parlement ?”


  • Approche intéressante et c’est bien la seule chose dont on peut se contenter en l’absence de sondages par circonscription. Essayer de moduler avec le chiffre des présidentielles, pourquoi pas, j’y avais songé également mais ne faudrait-il pas aussi dans ce cas prendre en compte les législatives, seule élection où le Modem a eu une visibilité ?


  • Pourquoi pas. Le problème est que au législatives il n’y avait pas de candidats de tous les partis dans toutes les circonscriptions. Donc cela peut devenir hasardeux.

    Mais bon, on s’amuse avec les calculettes … c’est une façon de décompresser et d’alerter sur des scénarii possibles … un peu frustrant quand même.


  • Ce qui est le plus difficille à mesurer, c’est l’impact de l’abstention : pour qui avaient voté en 2007 ceux qui ne se déplaceront pas en 2009 ?

    Si on regarde les progressions législatives 2002-européennes 2004, la plupart des partis perdent des votes sauf l’UDF et les verts qui en gagnent – et le MPF qui explose son score.
    Si on applique le coefficients de progression UDF sur 2002/2004 au chiffre du modem en 2007, cela donne un 12.75% national pour les européennes.

    (la limite de ce raisonnement, c’est que l’UMP réalise en 2004 seulement un tiers des votes qu’il avait eu en 2002 : en appliquant la même recette ça donne une UMP à 13% aux européennes)


  • Remarques, cela serait intéressant :-)


  • Attention … On pourra vérifier après quels sont les bons pronostiqueurs ..!


  • @CK

    Pronostiques ? Il n’y a pas de pronostiques dans cet article. Juste deux hypothèses de redressement local des sondages publiés.

    Comme je dis, « tout cela n’est que théorique, (que) ça ne fait que traduire une hypothèse de rapports de force aujourd’hui et (que) ne préconise en rien des résultats du 7 juin »

    En réalité, ces analyses constituent plus des grilles pour analyser l’après vote que des réels outils de prévision

    :-)


  • Étant donné qu’il s’agit d’un vote à la proportionnelle selon le mode de calcul de la plus forte moyenne, le score éventuel du MoDem n’est pas seul en cause. D’autre part, le score de la présidentielle peut aussi être pondéré par celui des municipales. Je crois qu’il vaut mieux travailler sur la probabilité que le score breton soit un peu supérieur seulement à la moyenne nationale, mais il devrait l’être.

    Disons que le PS et l’UMP pourraient être entre 20 et 25 tous les deux et le MoDem à 14 (si la moyenne nationale est à 13 + comme il semble).

    Chacune des deux grosses listes aurait alors 3 sièges garantis entre 7 et 8 % de moyenne, le MoDem aurait le premier garanti et le 2e tangent à 7 %, les Verts le premier garanti autour de 8 ou 9 % et il y aurait une ou deux autres listes au coude à coude vers les 7 %.

    Si Villiers réitère son score de 2004, le 9e siège sera pour lui. S’il est dans la moyenne nationale, c’est différent.

    Dans cette hypothèse, 3 + 3 + 1 + 1 (PS, UMP, MoDem, Verts), il resterait un siège à débattre entre le MoDem et probablement Villiers, ou l’une au moins des listes d’extrême gauche.

    La probabilité, sauf réelle contreperf de l’une des deux grosses listes, c’est donc 3 PS, 3 UMP, 1 MoDem, 1 Vert et 1 Villiers.


  • Je m’aperçois que je n’ai pas poussé mon raisonnement au bout.

    Dans l’Ouest, l’UMP devrait être en deçà de son score national. Si elle est en deçà de 22,5 %, cela signifie que son troisième siège est à une moyenne de 7,5 % seulement. Dans cette hypothèse, le MoDem à 14 % n’est qu’à un point d’enlever son deuxième siège à l’UMP (pour que son deuxième siège soit à 7,5 % aussi, il lui faut 15 %).

    Il semble donc bien et clairement que, dans l’Ouest, le MoDem soit le seul à pouvoir enlever un siège au sarkozysme (le PS devrait atteindre les 30 % pour toucher un quatrième siège à 7,5%, et par ailleurs le PS n’est pas entièrement antisarkozyste dans l’Ouest). Il faut donc effectivement voter et faire voter MoDem en Bretagne et dans le reste de la circo Ouest.


  • D’abord bienvenue, Hérvé, sur ce nouvel espace :-)

    Sur le fond, oui, tout ce que tu dis est exact. En effet j’ai préparé une feuille de calcul car dans ce système les élus dépendent aussi des scores des autres.

    Pour être très précis, j’ai fait une dizaine de scénarii : le MoDem a deux députés en 4, un seul sur les six restants. 3 fois sur 4 on le prend à l’ump, une fois au ps.

    Mais au delà des scénarii qu’on peut construire, tout se tient dans cette fourchette + ou – 15.000 voix sur une base de suffrages exprimés de 45% des inscrits. C’est à dire, rien. Je précise que c’est une fourchette mobile calculée sur des hypothèses d’espace politique tirés par le report des voix au deuxième tour des présidentielles et, à échantillon, législatives et cantonales. Mais bon, je ne voulais pas faire un mémoire de statistique ;-)

    Et comme j’ai déjà vécu le fait d’avoir alerté sur les risques de manque marginal de voix dans un système proportionnel sans être écouté, cette fois je le dis publiquement.