La République libérale
10 mai
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. Ainsi récite le premier article de la déclaration universelle des droits de l’homme. Ces trois mots, la Liberté, l’Egalité et la Fraternité constituent la devise de la France Républicaine depuis la III République, si je me souviens correctement, bien qu’elle furent prononcés à l’Assemblée dès 1790. Loin d’être simplement trois mots, ils forment trois piliers sur lesquels le projet Républicain, celui dont Bayrou parle dans « Abus de pouvoir », se fonde. Un vrai patrimoine collectif.
Ainsi, on comprends que la France, cas relativement isolé, ait ressenti le besoin de dédier un jour à la commémoration de l’abolition de l’esclavage et de le considérer comme un crime contre l’humanité. C’était aussi un crime contre la dignité de la France. Ce que certains ont négligé pointant la « répentance ».
Cependant, ce « projet en trois mots » se heurte à l’évolution des mots. Si nous prenons le mot « Liberté », on peut s’apercevoir que son sens a été infléchi par les écrits des ci-dits « néo-libéraux ». Un auteur français bien connu, Pascal Salin écrit : « La propriété est de Droit naturel, pourrait-on dire, et il faut par conséquent protéger les hommes contre les atteintes possibles à leurs droits de propriété. Leur liberté se définit ainsi de manière négative, comme l’absence de contrainte, et la justice consiste tout simplement il respecter la propriété (Libéralisme) ». En quelque sorte, la Liberté devient un accessoire de la Propriété. Pas étonnant que la réussite s’identifie avec l’argent pour ceux qui acceptent ce point de vue. Et ils ont été nombreux dans les dernières 25 ans.
En ce qui me concerne, je considère que la Liberté préexiste à la Propriété. L’esclavage nous en fournit un exemple poignant : on ne peut pas être propriétaires de nous mêmes si la liberté de l’être nous est volée. « Tout les hommes naissent libres » : la Liberté préexiste et demande simplement d’être reconnue. Tous libres, nous sommes tous égaux dans ce droit. Et tous égaux nous choisissons la fraternité. Ce choix, c’est aussi le choix de l’Europe et celui de la France dans l’Europe.
La liberté de la devise républicaine ne peut pas être la liberté de Salin. Elle est bien plus proche de celle de Berlin et Amartya Sen. La négative et la positive. Et tout est dans cette liberté : la République est un humanisme libéral, certains à la mémoire courte ne l’ont pas saisi

mai 11th, 2009 at 08:12
La journée des noirs made in France
Les festivités commémoratives en tout genre déculpabilisent les uns et valorisent les autres.
Quand les pro-black professionnels et les anti noirs naturels s’allient, on obtient de bonnes émissions de télévision
De la guerre des mémoires jusqu’à ceux qui n’apprennent jamais rien, l’ignorance a un bel avenir communautariste devant lui.
Quand la France s’excuse d’être elle-même en légalisant la promotion discriminatoire, les dépositions passent pour du progrès.
La suite ici :
http://souklaye.wordpress.com/2009/05/10/post-it-la-journee-des-noirs-made-in-france/