Quand j’ai intégré le Mouvement Démocrate, début 2008, mon idée était celle de contribuer avec mon expérience, mes compétences et également mes limites, à la construction de ce nouveau sujet politique qui doit enfin redonner une représentance authentique au corps électoral, imposer, pour reprendre le slogan bien connu, la politique autrement. En effet, le nôtre est un Mouvement qui a porté et qui a été porté par un espoir collectif. Cet espoir a été insuffisant, en 2007, pour changer la politique en France. Car les électeurs ont fait le choix de la peur (le vote « utile » à gauche) et du conservatisme (avec Sarkozy on revient aux excellents candidats et piètres Présidents que le RPR-UMP sait si bien produire).
A cette époque j’ai estimé (et je n’ai pas changé d’avis) que de ces dynamiques collectives j’en ai une expérience assez peu répandue au MoDem. Cette expérience me faisait dire, il y a presque deux ans, qu’il y avait un risque : la désaffection, le sentiment d’abandon, de trahison. Je ne sait que trop bien que quand une force politique fait naître un gran espoir, elle s’oblige à être à la hauteur. Ou alors il faut s’attendre à des retours de bâton. C’est normal, c’est humain. Il faut le prendre en compte. Or, il se trouve que, par les aléas de la vie de chacun, que ce côté obscur de l’espoir est peu ressenti dans notre parti. Qu’on se comprenne, dans les autres également sauf que pour eux ce n’est pas le moteur du consensus, donc, d’un point de vue utilitariste, c’est moins grave. Le fait est que presque personne, au MoDem, n’a jamais participé à la création d’un parti de masse. D’ailleurs, il n’est pas un secret qu’un nombre important de dirigeants ne souhaitent pas que le MoDem se mue en parti de masse. Je respecte leur position : je suis démocrate et je conçois d’être minoritaire, voir isolé, sans animosité particulière. Mais je crois qu’ils se trompent. Pour paraphraser Bayrou et son « Abus de pouvoir« , j’espère pouvoir faire dans le futur « amende honorable », même si cela me paraît improbable.
Sur la base de ce diagnostic, j’imaginais mettre à profit ma condition d’étranger, et donc relativement « non candidable », pour dépassionner la parole et être support actif pour les candidats. Ce fut le cas pour les cantonales de Landivisau (16% au premier tour, avec une progression remarquable en termes de voix, de 704 à 1420 entre législatives et cantonales, 13,8 % au deuxième). Ce fut, politiquement, un succès indéniable pour le Mouvement. Vinrent ensuite les sénatoriales et une tentative désespérée de contrer un candidat bien implanté dans les réseaux mais que je savait perdant de justesse (et il perdit de 17 voix), initiative qui me valut un bon nombre d’ennemis de poids. Je ne regrette pas : les faits ont dit que j’avais raison et il fallait bien que quelqu’un prenne ses responsabilités.
Entretemps, certains de mes collègues démocrates m’incitèrent à me porter candidat à l’investiture pour les européennes. Ce fut une aventure, de mon point de vue, extraordinaire et je remercie les personnes qui m’ont accompagné dans cette démarche. Tant celles qui continuent de me soutenir que celles que j’ai pu décevoir malgré moi. Pour ma part, je les ai trouvées intéressantes et de qualité : je ne vais pas changer d’avis simplement parce que certaines d’entr’elles me font (pour l’instant ?) moins confiance. J’ai toujours dit que ma candidature était quelque chose d’extrêmement improbable et j’ai été prophète facile. Pour autant, ces dix mois écoulés entre la première Convention pour l’Europe et la présentation des listes, je crois les avoir bien utilisés dans l’intérêt du Mouvement. Des choses bougent, certes trop lentement mais, comme je disais dans un autre billet, être un bâtisseur c’est un travail de fourmi, un long travail de fourmi. Aujourd’hui, cette étape s’est achevée : il y a des équipes de campagne (bonnes ou mauvaises, ce n’est pas le débat) qui doivent faire un travail. Certes, je regrette que la campagne qui se dessine adopte une logique assez traditionnelle (vendre l’Union aux citoyens) alors qu’on aurait pu (et dû, selon moi) porter les citoyens à l’Union (mon « miniprogramme », pour mémoire) mais le bilan attendra, en ce qui me concerne, le 8 juin.
Ainsi, pour les prochaines 5 années, je n’ai pas de candidatures personnelles en vue. Ce sont des conditions nouvelles qu’il me revient de réinterpreter. Dans ces conditions, j’estime nécessaire oeuvrer pour réduire les tensions entre différentes « visions du parti ». Car toute mutation porte avec soi des opportunités et des risques : notre mutation n’est pas achevée et le MoDem reste, encore, un potentiel. Dégagé des supçons d’ambitions électorales, je peux le faire mieux que d’autres. Que j’aime ou pas, ce n’est pas le problème. C’est tout juste une question de survie (et j’espère bien ne pas être le seul à s’y coller).
Dans ce contexte, par ailleurs, je me suis vu confier une nouvelle responsabilité : celle de l’animation de la commission départementale « Développement économique, emploi, recherche (tourisme, pêche, agriculture, économie sociale et associative)« . C’est une opportunité intéressante pour faire du travail en profondeur, tant dans l’animation du corps des militants que dans la présence sur le terrain. Nous avons déjà réalisé deux réunions (sur les clès de lecture applicables à la crise et sur son impact local), je vais en animer deux pendant la campagne (normalement sur l’économie touristique et l’industrie agro-alimentaire, je vous confirmerai) mais le vrai travail démarrera après les élections. J’imagine cette commission comme un outil : au service de la Présidence Départementale et des élus, pour leur permettre d’étayer leur prise de parole et leur positions, au service des adhérents, pour permettre une valorisation des compétences quand elles existent et une autoformation quand elles sont carentes, au service du Mouvement en général par l’occupation du terrain.
Bien sur, peut-être la Présidence et les élus se passeront de nous, car rien ne les oblige à se conformer. Bien sur, peut-être les adhérents ne seront pas au rendez-vous, car rien ne les oblige à participer. Mais ma resposabilité, c’est de fournir un outil performant. Pas de faire du procès d’intention. Les faits se chargeront de juger à ma place.

mai 5th, 2009 at 12:39
Bonne initiative et comme toujours bon courage pour ce travail de fond essentiel
mai 5th, 2009 at 19:13
Thank you very much
mai 6th, 2009 at 09:09
Claudio,
Je pense que ton travail avec ta commission va nous permettre d’avancer et de proposer des vues singulières dans le département, la région et ailleurs.
Je vois mal comment on peut se priver de toi…
Erwan.
mai 6th, 2009 at 16:40
Monsieur le V-Président … tu mets la pression là