Comme toute matinée post-électorale il y a le petit jeu « qui-a-gagné-qui-a-perdu » que je trouve déjà assez stupide quand ma famille politique se porte bien, alors vous imaginez quand ça ne marche pas du tout. Très bien, jouons le jeu.
Je pense qu’il y a un seul gagnant et plusieurs perdants.
Le gagnant est Nicolas Sarkozy. Autant godillots qu’il puissent être à l’UMP (la seule liste qui se référait à l’élection présidentielle française !) ils ne sont pas stupides. Ils avaient trois objectifs, et le carton est plein : éviter un débat sur le comportement de la majorité au sein du Conseil des Ministres, éviter un vrai débat sur le projet de société que l’Europe devrait porter, casser les possibles dangers en perspective 2012. Car, tout en tapant sur « l’obsession de Bayrou« , il est évident que c’était bien à l’UMP où la pensée était le plus focalisée sur cette échéance. D’ailleurs, quand Michel Barnier dit que ce vote « ouvre la deuxième partie du quinquennat de Sarkozy » on ne peut que se dire que le « parler d’Europe » de cette liste a été une formidable tromperie. Qui a, je n’ai aucun problème à l’admettre, très bien marché. Et, comme quoi, j’ai le sentiment que les déclaration de Cohn-Bendit qui dit ne pas vouloir se porter à la Présidentielle, doivent faire sourir rue de la Boétie.
Ceci n’est pas surprenant : en effet on a un deuxième gagnant. La stupidité. Pour les 60% qui se sont abstenus « parce que on nous a promis et on nous ment, parce que on a voté non et ils se sont assis dessus, parce que la crise, parce que ceci-et-cela », j’espère qu’ils sont contents du résultat. Car s’il ne l’aiment pas n’ont qu’à s’en prendre à eux même. Personne ne les a obligés à rester chez eux : c’est leur choix et leur responsabilité. Ont-ils la maturité pour l’assumer ? On ne peut que le souhaiter.
Venons au perdants. Je suis un militant, donc commençons par mon parti. On a perdu, c’est indéniable. Et c’est un échec qui peut nous faire grandir. Somme nous assez adultes pour saisir l’occasion ? Ce que j’ai vu en coulisses et ce que je vois en pleine lumière me laisse un gros doute. Nous avons été faibles, et nous avons perdu par notre faiblesse. Et nous avons été faibles individuellement car on n’a pas su être fort collectivement. Quand on a la prétention de rompre un duopole de pouvoir aussi bien installé en France, on doit savoir qu’on sera attaqué de tout bord, parfois avec de la mauvaise foi et la provocation. Et on doit préparer tout ça, on doit être solide. Du sommet du parti jusqu’au dernier des militants. En passant par les cadres, élus et barons divers. Si l’honnêté intellectuelle était une marchandise plus repandue, on entendrait moins de vierges effarouchées et plus de réflexion.
Mais le vrai grand perdant c’est le Parti Socialiste. Depuis le 21 avril 2002, l’obsession présidentielle est omniprésente. Dois-je rappeler le spectacle du Congrès de Reims ? En 2007, pour éviter un nouveau « cauchemar », le PS avait dû (et réussi à) siphonner tous ses alliés. A partir des écologistes. Depuis, il nous servent tous les jours la même soupe : Bayrou l’imposture de droite. Car ils pensaient que, le Béarnais liquidé, les brebis seraient rentrées docilement au bercail. Grave erreur. Ce qui est impressionant c’est que leur tactique à marché : certes, Bayrou s’est tiré une balle dans les pieds avec son altercation avec Cohn-Bendit. Combien de fois j’ai lu sur le Net (je colore mais à peine) : « Ouh, le méchant Bayrou, il attaque le gentil héro de 68, écologiste, donc de gauche, sur une question de moeurs écoulée … p’tain le réac ! Que c’est de droite ce mec ! ». Donc la stratégie du PS a été un succès. Qui ne leur a pas profité. Chapeau, ça, il fallait le faire.
Et maintenant ? Pour l’Europe, au sens du projet européen, c’est mal parti. Pour inflèchir l’Europe qui se dessine il faudra passer par la case « Gouvernements » : peut-être qu’à cette occasion le message de vérité qui consiste à montrer les imbrication du national et de l’européen sera plus audible.
Ce qui me semble clair, c’est que les français qui votent portent une forte demande d’alternative politique. Cette demande qui a poussé François Bayrou en 2007 est sensiblement la même qui a poussé Europe Ecologie en 2009. Jusqu’à présent, dans ce mouvement, le PS a été jugé non crédible (et Martine Aubry est honnête en l’avouant) . La balle est donc dans le camp des euroécologistes : à eux de montrer que Hulot (soutien de Sarkozy en 2007 si je ne m’abuse), Bové (candidat altermondialiste), Cohn-Bendit (ou pas ?) et toute la galaxie qui s’y reconnait, peuvent construire une alternative crédible.
Personnellement, je suis, quel scoop!, sceptique.

juin 8th, 2009 at 14:45
Il y a gros perdants, Le Modem,le PS et le NPA. Ces partis se battaient peu avant les élections pour avoir le titre de meilleur opposant a sarko et ils se ramassent. le parlement européen avec cette faible participation n’est pas conforté et devra négocier durement avec le conseil européen pour faire bouger les choses.
Ces partis sont tombés dans le piège de l’anti-sarkozysme a outrance et ils se sont trompés, car a force de taper sur sarko ils sont aller jusqu’à provoquer l’overdose et ça me rappelle ce qui se disait en tractant, l’antisarkozysme ce n’est pas un programme, il faut aussi proposer. Le programme du MODEM était ( est) bon, il aurait dû être mis plus en avant.
Les partis sociaux démocrates se ramassent quasiment partout en europe, comme quoi l’opposition bête, radicale à manger du foin ne mène pas loin. à vociférer plutôt que proposer, comme disait l’autre, on récolte ce que l’on sème.
Celui qui doit se marrer c’est sarko. On voulait sa peau, on voulait l’affaiblir, il est conforté pour continuer a faire sa mauvaise politique, un comble? avec un score de 28% ça aurait dû être un echec, il n’y a qu’a voir les autres principales droites qui frôlent les 40% en europe , et ben non vu que ses principaux rivaux sont a un peu plus de 15%….
Je ne pense pas que les abstentionnistes ne soient que stupides. Pour avoir discuté avec certains, ils sont dégouttés par les partis politiques, sarkozy ou un autre c’est pareil, les politiques ne pensent qu’a leur carrière, pourquoi se déplacer?
ça montre en parti que les politiques doivent gagner en crédibilité pour que les citoyens aillent voter en nombre!
juin 8th, 2009 at 15:07
C’est bien de nous faire une analyse objective et non partisane donc moins nombrilistes que celles des autres… Mais ça fait du bien aujourd’hui de se regarder un peu le nombril…
juin 8th, 2009 at 15:13
« Car ils pensaient que, le Béarnais liquidé, les brebis seraient rentrées docilement au bercail. Grave erreur. »
Excellent
juin 8th, 2009 at 15:16
@ Nelly
Ça depend du nombril … le mien est moche
@europium
S’ils ne sont pas satisfaits, personne ne leur empêche de monter leur parti. En plus aux élections européennes l’offre de listes est très vaste et on peut « se faire » plaisir. Et ces mêmes gens sont ceux qui ont voté en masse en 2007 … défaut de perspective ?
@LCDM
Merci
juin 8th, 2009 at 15:56
s’ils ont voté en masse c’est que la campagne 2007 a été intéressante comme celle du TCE car il y a eu du débat, voire des débats .
Lors de cette campagne, mis a part un peu les écologistes personne n’a réussi a créer de débat,a donner le la, a créer un tempo…. pourtant il a plein de sujet intéressants comme le dossier énergétique, le problème des services publiques, l’harmonisation fiscale, le smig européen, la politique étrangère avec le dossier Gaza..etc..
juin 8th, 2009 at 18:32
je respecte ton avis mais la campagne de 2005 était un ramassis de mensonges et de mauvaise foi (et pourtant je pensais et je pense que le TCE était un mauvais traité) où ça ne volait pas plus haut que FB-DCB et en 2007 on n’a pas eu de véritable débat politique, au moins entre les deux candidats majeurs.
La Rupture contre Le 21 Avril. Quel débat!
Mais c’est vrai que les match de foot passionnent plus que toute émission culturelle.
juin 9th, 2009 at 00:06
oui ça a été un tissus de mensonge et les nonistes ont été très loin dans la connerie. les ouiouistes n’ont pas été dans ce « débat-tissus de mensonge » . les politiques doivent être bon dans toutes les situations.