Un pacte mondial pour l’emploi
30 juin
L’ « Organisation Interationale du Travail » a adopté le 19 juin 2009 un «pacte mondial pour l’emploi», visant à créer des emplois, à protéger les travailleurs et à stimuler la reprise économique.
Ce pacte (11 pages bien espacées) est censé proposer « une série de mesures en réponse à la crise que les pays peuvent adapter à leur situation et à leurs besoins spécifiques« .
Or, malgré quelques accents d’autosatisfaction, à mon avis déplacée, (je cite le communiqué de presse « Le Pacte mondial pour l’emploi représente la réponse la plus rapide et la plus complète à une crise économique jamais adoptée par l’OIT qui célèbre son 90e anniversaire cette année. ») à la fois pauvre et non pertinent.
On y trouve du constat (Des entreprises et des emplois sont en train de disparaître), du voeux (Le monde doit faire mieux), du rêve (Après la crise, le monde devrait avoir un nouveau visage), voire de l’auto-illusion (Cela contribuera à la relance économique, à une mondialisation équitable, à la prospérité et à la justice sociale).
Pourquoi je parle je d’illusion ? Simplement parce que il n’est aucunement évident que ces quatre objectifs soient compatibles et mutuellement réalisables.
Certes, un certain cadre théorique, dans l’espèce celui de la macro-économie keynésienne, nous promet que si, c’est possible. C’est même simple. D’ailleurs, ce cadre théorique est explicitement cité dans le Pacte : quand on parle de « stimuler la demande effective » ou de « soutenir la création d’emplois dans tous les secteurs de l’économie, en tenant compte de l’effet multiplicateur des efforts ciblés » (ce qui au passage me paraît contradictoire – tous les secteurs ou efforts ciblés?) ou encore d’utiliser « des programmes exceptionnels de travaux publics et d’autres dispositifs de création d’emplois directs », la matrice inspiratrice me semble clairement établie.
Or, j’avoue, j’ai un problème de compréhension de tous ceux qui se réclament de politiques économiques keynésiennes. Le fait que les approches anti-keynesiennes semblent avoir échoué, notamment dans leurs versions à la Friedman, ce n’est pour autant que les thèses de Keynes, elles aussi ayant vécu un long moment d’essoufflement, sont devenues plus adaptées à nos jours.
Pour faire un parallèle écologique qui fera plaisir à nombre de mes amis et compagnons de route en politique, on peut comparer Keynes à une voiture à essence. Ça marche mais ça émet du CO2, ça consomme, ça s’use relativement vite. Face à cela, Friedmann est un diesel. Ça marche également, ça émet moins de CO2, ça consomme moins, ça dure plus longtemps. Cependant, ça pollue par les particules fines et autres aménités. Or, est que, en raison du fait que le diesel ne serait pas si bon que ça, on doit revenir sur l’essence ? Mes amis ont déjà fait un arrêt cardiaque rien qu’en y pensant : il faut trouver une autre manière de se déplacer, bon sang ! A l’hydrogène, ou par panneaux solaires on j’en sais pas trop quoi. Mais pas ressaisir quelque chose qui a fait ses preuves de faiblesse.
Personnellement, j’apprécie l’ouvrage de John Maynard Keynes. Mais ce n’est qu’être honnêtes que d’admettre qu’il a échoué à expliquer et à fournir des éléments pour contrer le chômage involontaire. Pourtant, c’est bien ce chômage que l’OIT pointe.
En synthèse je trouve ce document tout aussi décevant que la Déclaration conclusive du G20 d’avril 2009 : des jolis mots, des belles déclarations, une once d’auto-promotion et de lobbying mais strictement rien sur le fond des problèmes. Sauter comme des cabris en criant « Croissance ! Croissance ! » ne produira ni de la croissance (en avons nous vraiment besoin ; quelle croissance peut-on avoir ?) ni de l’emploi.
