Un petit article à tiroir dans ce lundi de pont où les visiteurs se font rares.
Comme un ami rappelait sur le blog d’un autre virtual friend j’ai mon dada : l’économie de satiété. Je veux pas vous gâcher les vacances avec des explications détaillées et des graphiques à la mord-moi-le nœud. Je me limiterai à laisser ici une conséquence intéressante de mon approche.
Si vous vous intéressés un peu à la « Crise », vous avez dû entendre parler de l’offre de capitaux. Dans l’économie, pour ainsi dire, ordinaire, l’offre de capitaux augmente avec le taux d’intérêt dans une courbe continue. Dans ces conditions, et avec une courbe de demande inclinée négativement, l’équilibre du marché de l’argent se fait par rapport au rendements sur le marchés des biens. Cet ensemble d’équilibres est représenté dans le modèle IS-LM que tous les étudiants d’économie ont au moins vu à la va vite. Dans ce modèle toute activité spéculative devrait faire « monter » la LM provoquant un rétrécissement de l’équilibre sur le marché des biens. Donc le spéculateur financier serait « immoral » car il spolierait sciemment les consommateurs d’une partie de leur utilité (voir postulat de non satiété).
Dans le monde de la satiété (où le postulat n’est pas valable), la courbe d’offre de capitaux n’est pas aussi simple que dans le cas ordinaire. En effet elle est discontinue et, dans une partie, elle est « à deux étages », c’est à dire que la même quantité de capitaux est offerte simultanément à deux taux d’intérêts différents.
Même sans rentrer dans les détails de la démonstration, il est assez aisé de comprendre que sur un marché de ce type les équilibres peuvent être multiples ou même absents et que l’équilibre unique n’est qu’un cas « chanceux ».
Prenons un cas concret, en présence d’incertitude et d’information imparfaite. Des préteurs cherchent à placer de l’argent à un taux faible, interprété comme un signe de faible risque, mettons 3%. Ils savent que le marché des prêts aux entreprises rémunère, disons, 10%. Ce qu’ils associent à un niveau de risque trop élevé. Donc ils se refusent à prêter aux entreprises. Cette situation laisse une place tout à fait logique, au sens économique du terme, pour des intermédiaires financiers qui agissent comme emprunteurs auprès des prêteurs adverses au risque et comme prêteurs vers les entreprises. Les taux de marché, en effet faibles sur ces négociations, couplés à l’idée de la maîtrise du risque liée (idéalement) aux instruments financiers « évolués », fait que la démarche soit crédible.
Il n’y a rien d’immoral là dedans. Rien de moral non plus. Tout juste cette rationalité économique dont on a dit souvent, et fort à raison, qu’elle est a-morale.
Ne pas le comprendre et aborder le problème de la spéculation financière comme les dérives d’une bande de voyous est dommageable à double titre. Cela empêche de reconnaitre les vrai voyous qui peuvent se nicher sur les marchés financiers comme dans toute activité humaine et d’apporter des réponses pertinentes aux questions que les marchés essaient de faire remonter sans jamais être entendus.
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Précision 1) -> Oui le titre est un appeau à trolls
Précision 2) -> Mes travaux sont toujours « in progress », peut-être qu’il y a des défauts. Donc la critique est la bienvenue
