Emprunt d’Etat
02 juil
Je dois être naïf. Mes connaissances rudimentaires de comptabilité (bon espérons que mes étudiants ne lisent pas le blog) me rappellent que les « emprunts » sont des ressources externes, auxquelles est rattaché une obligation de remboursement. Il s’agit donc de dettes.
Or, il se trouve que l’Etat français emprunte régulièrement pour faire face à sa dette publique en explosion permanente depuis la fin de la « rigueur » budgétaire.
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Par conséquent, cet « emprunt » ne serait-il pas un « more of the same », un peu plus de ce « same » qui mène dans le mur ?
La crise devrait nous obliger à être innovants et à faire preuve d’intelligence.
Devrait.
[Sur l'état de la dette un article accessible mais assez étayé sur wikipédia]

juillet 3rd, 2009 at 15:18
En fait, ce qu’a dit Sarkozy à Versailles n’est pas totalement faux : il y a des bonnes dettes, et des mauvaises dettes. Les mauvaises sont consacrées aux frais de fonctionnement, ou à faire des investissements très petite période.
Les bonnes dettes sont celles qui sont consacrées à des investissements et surtout à des recherches de très longue période, mais avec des bénéfices à trente ans qui sont énormes, tant en terme d’innovation (budget dans la recherche => innovation) qu’en terme d’infrastructure (même si au bout de 50 ans, tout est toujours à refaire…).
Enfin, le gros problème, c’est qu’en regardant les 1 300 000 000 000 et quelques euros de dette qu’on a aujourd’hui, on se demande où est le morceau de bonnes.
Donc oui, ça en fait une de plus. Et il la fait auprès du peuple pour montrer qu’elle est différente de celles d’avant… Hum.
C’est comme au début d’une entreprise : le promoteur sera obligé d’investir de l’argent, et donc d’emprunter auprès de sa banque, pour pouvoir s’acheter les machines, louer les locaux, trouver des matières premières… En espérant qu’au bout de quelques années, il devienne véritablement rentable.
juillet 4th, 2009 at 08:08
Ce n’est pas faux. Mais il y a un gros bémol
Nicolas Sarkozy et plus en général le RPR/UMP sont aux manettes depuis 2002 sans aucune « entrave » style cohabitation. Ce qui était vrai également avant 1997.
Or, sur le graphique on constate que la dette (en % du PIB) augmente de manière très nette à partir de 1991, fait une pause entre 97 et 2002 pour repartir de plus belle dans les dernières années Chirac. Il aura fallu une procédure européenne pour stopper temporairement l’hémorragie. Et le graphique s’arrête en 2007, donc il ne tient pas compte de l’effet crise (baisse du PIB – augmentation de la dette -> sureffet en %).
Dans mon passé j’ai participé à l’assainissement des finances d’une commune hyper endette ainsi qu’au sauvetage de quelques entreprises.
Dans cette Mairie on a commencé par des choses simples. Le Maire a renoncé à sa secrétaire particulière (réemployée au sein de la structure) et à sa voiture de fonction. Tous les contrats de fourniture externes ont été revus. Des « procédés fantômes » contre la corruption ont été mis en place. Les élus se sont engagés à travailler à temps plein à la Mairie.
Ces mesures, en elles-mêmes, n’étaient que des gouttes d’eau. Mais l’implication du « haut » a fait qu’une cohésion puisse naître autour des objectifs de réduction de la dette à égalité de services fournis et de niveau d’imposition fiscale.
Certes, cela a demandé de mettre à zéro les dépenses « de prestige ».
Or, regardez le budget de l’Elysée ou le prix du bon coup de mousse présidentielle à Versailles. Soit ils sont incompétents soit ils sont de mauvaise foi.
Hélas, l’un n’exclut pas forcément l’autre.