
La Suède succède à la République Tchèque à la Présidence du Conseil des Ministres de l’Union à partir d’aujourd’hui. Le peu d’engagement en faveur de la construction européenne et, surtout, la faiblesse politique d’un Premier Ministre sans majorité, on contribué à rendre l’action du Conseil peu limpide. Cet effet « brouillard » a, bien entendu, été accentué par l’échéance électorale du début juin qui a favorisé un effacement ultérieur.
Les élections sont passées, avec des recompositions importantes au niveau des groupes parlementaires européens. La prise de distance des conservateurs britanniques par rapport au PPE, permettant l’identification claire des euroscéptiques, ainsi que l’évolution du groupe du PSE avec un début de recentrage avec l’APSD (qui reste à mon avis un erreur politique mais que je respecte), en sont deux. L’élection de Guy Verhofstadt comme président de l’ADLE, prenant le relais de Graham Watson (que j’apprécie mais qui a donné, après les élections, le sentiment d’un excès de tactique politicienne) en est une autre.
La reconduction (ou pas) de Barroso devra être pilotée d’ici l’automne. Et on sait que Barroso représente un compromis à moins-que-minima. Avoir un pilote dans l’avion ce n’est pas mal.
Les Suédois ont réputation d’être discrets mais efficaces. Et sobres en dépenses, ce qui n’est pas négligeable par ces temps troubles. Je m’attends finalement assez peu de leur semestre tournant (six mois c’est en effet très court) mais après l’agitation et l’absence, l’Europe avait (et a) besoin de retrouver une Présidence du Conseil responsable et respectueuse des institutions.
Un (gros) bémol de style quand même. Eux aussi cèdent à la tentation de parler de « Présidence de l’Union ». Que je sache, elle n’existe pas dans les textes. Un usage claire des mots, surtout quand on doit jongler entre 23 langues (de mémoire), serait sans doute la bienvenue.
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