L’Aquila, Italie centrale. Le 6 avril elle rassemblait à ça :

Un champ de ruines dans lequel beaucoup de gens ont péri.
Soucieux de l’image et avec l’élégance qui lui est propre, Berlusconi décida illico de déplacer le G8, qui devait se tenir à Rome La Maddalena dans la ville meurtrie. Pour une fois, je partage cette décision. Rien mieux de la désolation d’une ville qui reste à reconstruire ne pouvait être meilleur décor pour un « sommet » dont le nom est bien moqueur.
J’ai sous les yeux le document phare émis par le G14 : Promoting the Global Agenda (Promouvoir l’Agenda Globale). Si j’avais été très dubitatif sur le G20, alors là, quant à discours creux et recettes réchauffées, je suis gâté.
Je passe sur l’engagement à reformer les institutions financières internationales (c’est du redit du G20) et autres petites aménités comme le volontarisme affiché (24 fois de « we will », l’équivalent poli du « moi-je » sarkozyste, 11 fois « we are committed » et 5 fois « commitment », bref, beaucoup de « bonnes » intentions …) pour me concentrer sur l’économie et le développement.
Avec tout ce volontarisme et ces rendez-vous « historiques » face à « la pire crise depuis 1929″ on serait en droit de s’attendre à des nouveautés, des remises en cause, de l’impulsion. Eh bien, il faut pas rêver non plus.
La conception même du développement nous a mené dans une impasse (lire ici) ? On s’en fout ! « We share a common vision on development and will mobilise resources to respond to the development emergency and to advance in the achievement of the internationally agreed development goals including the Millennium Development Goals (MDGs) » (§ 1).
Et, bien entendu, penser de se libérer de la dictature de la croissance serait strictement utopique (« We have discussed a global recovery agenda and future sources of growth, both in terms of macroeconomic patterns and of structural issues » – § 4).
Par conséquent, face à une continuité de cette pensée vide (si vous pensez à un cabri criant « croissance, croissance » à chercher avec les dents, alors on partage cette pensée) on ne pouvait qu’aboutir sur des recettes qui ont prouvé leur peu de pertinence : le cycle de Doha et bien entendu son volet agricole (« Supporting open markets and concluding the Doha Round » – § 6 et 7) et, corollaire, le renforcement de l’investissement international (« We consider international investment a major source of growth, employment, innovation and development in our countries » – § 8 )
Quoi ?
Dans une économie globalisé, marquée par une finance globalisée le concept même d’ investissement international n’a pas de sens ?
Franchement, c’est ridicule (clic) … grotesque
Les « Aquilani » s’en seraient très bien passés mais aujourd’hui aucune autre ville ne pouvait être meilleur fond de scène pour cette pensée en ruine.

juillet 10th, 2009 at 11:19
Bonjour
merci pour lien. juste: le G8 devait se dérouler en Sardaigne, la Maddalena. A’ l’annonce, résumons, les ouvriers ont tout laisser en plan et se sont »barrés ». Il n’était pas dit non plus que les travaux en Sardaigne aurait pu etre terminés à temps, qq polémiques aussi là-dessus. On passe sur le »pourquoi’ du choix sarde (quelques amis à remercier certainement)’. Mais surtout, un G8 à 2 pas de Villa Certosa (la maison de l’ogre
ça aurait été TRÈS embarrassant.
YES WE CAMP! ……..a&c
juillet 10th, 2009 at 12:39
Merci
je corrige
juillet 10th, 2009 at 13:05
Umberto Eco rappelle à juste titre que le problème, ce n’est pas Berlusconi mais les Italiens. On peut légitimement se demander s’il ne serait pas utile de lui faire écho en disant que le problème, ce n’est pas la pensée en ruines de nos dirigeants, mais la pensée en ruines de leurs peuples…
juillet 10th, 2009 at 15:08
C’est possible.
Cependant, j’ai la naïveté de croire que quand on est « dirigeant », quand on a eu la chance de fréquenter les meilleurs écoles, quand son jardin privé c’est le Monde … on a le devoir d’être un peu plus pertinent.
Les enfants qui se droguent à la colle à Rio, n’ont pas l’ambition de « gouverner le Monde ». Ceux qui meurent de faim en Afrique (et même en France par ailleurs) ont d’autres priorités que de bâtir une philosophie. Déjà faut survire jusqu’à demain.
Je comprends cette médiocrité de la classe politique mais cette compréhension ne la rend pas moins insupportable