Un mot de la Bourse

3650 points. Telle est la cotation actuelle du CAC 40 à Paris.

Cui prodest (librement traduit : qui s’est tape ) ?

Il y a quelque temps (novembre 2007) j’assurais le suivi des marchés financiers pour un petit bureau de conseil en gestion de patrimoine. Pour mémoire, le CAC avait déjà reculé assez sèchement depuis ses plus hauts pendent l’été et il restait oscillant entre 5400 et 5600 points. La presse spécialisée (et non) fleurissait de prévisions pour 2008. On allait du +20% au -20%. Les clients étaient déboussolés. Ainsi, j’avais décidé de faire ma propre analyse technique en me basant sur les données de longue période.

Mes préconisations de l’époque étaient de maintenir les positions et de passer en vente rapide en cas de franchissement à la baisse du seuil des 5150 points, car mon analyse (peu conventionnelle, j’avoue) montrait une totale absence de supports jusqu’à 3600, puis 3200, avec une forte probabilité de chute sur le plafond de longue période, identifié avec le point bas de la crise « internet & 11 septembre » : 2400 points le 12 mars 2003.

Ce seuil critique fut franchi brutalement à la mi-janvier 2008 et, en effet, malgré des timides tentatives de rebond autour des 4000 points, le 9 mars 2009 on touchait les 2465 points en séance. Certes, l’analyse n’était pas très précise (il y a un décalage moyen de 200 points environ entre mes calculs et les cours réels vus a posteriori) mais le dessin était pertinent.

Aujourd’hui le seuil de 3600 est largement franchi à la hausse, un canal ascendant clair se dessine. Tout va bien, sur les graphiques.

Pour autant je reste inquiet et je n’investirais pas mon argent sur ces marchés. J’ai eu occasion de dire il y a quelques temps que la crise était terminée, bien que les conséquences notamment en termes d’emploi allaient être durables (ex. commentaires à cet article de Oaz d’octobre 2008). Ce qui par ailleurs n’est évidemment pas une position populaire au sein du MoDem.

Le gros hic c’est qu’aucune des causes de la crise n’a été affrontée. Ni même détectée, à en juger par la reconduction de Bernanke à la tête de la FED. Cela, couplé à l’endettement très élevé des Etats, peut préfigurer une deuxième réplique, comme dans un épisode sismique. On notera que, si la réplique est normalement moins intense que le séisme principal, les dégâts qu’elle  peut causer peuvent dépasser ceux de l’épisode majeur, car les structures sont affaiblies.

En gros, si vous voulez mettre de l’argent en Bourse, faites-le : il y aura des bon coups à jouer. Mais je me tiendrais prêt à fuir.

[Ce billet contient uniquement des considérations personnelles sans prétention d'exactitude et il ne peut pas être interprété comme un conseil professionnel pour des décisions d'investissement]

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