Je racontais, il y a quelques jours, de cet étrange sentiment eu à l’UR de la Grande Motte d’une implication relative de mon parti dans les régionales à venir. Bien entendu mon sentiment peut être erroné mais il reste là et il me dérange.
Je crois, en effet, que cela serait une grave erreur. Tant en perspective régionale que présidentielle.
Revenons deux secondes sur 2007 : comment Bayrou a pu s’isser si haut et d’où il (son parti) venait. En 2002, un joli gadin « au colza ». En 2004, « obtorto collo », il participait à la défaite de la droite au régionales : 33,7 % des voix exprimés pour un quotient d’électeurs de moins de 22% pour l’alliance. Moins que le seul Sarkozy en 2007. Ce qui rendait encore plus surprenant le rebondissement des européennes.
Une caractéristique des présidentielles françaises est que, au premier tour, il y a toujours un troisième candidat fort. Souvent, cette place a souvent échoué au candidat du « centre ». Une fois le plus à droite des « centristes » se hissa jusqu’à la Présidence et une fois le FN éjecta le PS. Mais un « troisième homme » entre 15% et 20% n’a rien de particulièrement spectaculaire.
Cependant, il n’y eut jamais de quatrième homme et, si le grand battage médiatique et la présence de Marine Le Pen ont consenti une performance remarquée au FN dans une élection municipale, la défaite de 2002 a été confirmée par des baisses successives : si on ne peut pas gagner, pas la peine de voter pour. C’est con, c’est une distorsion de la démocratie (anticipations rationnelles en situation d’incertitude …) mais c’est ainsi.
Admettons d’accepter d’être faibles au régionales : qui serait en première ligne ? L’UMP, fidèle à son ADN, continue d’absorber groupes et groupuscules pour faire masse. Somme toute, elle utilise les théories sur la compétitivité des agglomérations. Elle sera là, c’est une évidence. Les non-UMP restent faibles. Le MoDem, on a dit faible par postulat. Europe Ecologie semble être plus un courant d’opinion qu’une force capable de gérer des régions, même si Duflot va au charbon pour contrer cette image. Le PS est toujours tiraillé. La crise affaiblit les extrêmes (en crise on se recentre sur l’essentiel et on ne joue pas au con idéologique).
Si on regarde en arrière, il y aura probablement une « primaire de l’opposition » où deux places sont disponibles pour trois propositions. Si on ne saura montrer qu’on peut gagner, le risque d’être la quatrième roue du carrosse est élevé.
Que cela nous plaise ou non, on est aujourd’hui, objectivement, en compétition avec le PS et la galaxie écologiste dans la quête de crédibilité. Mon souhait est que cette compétition soit « fair », juste et loyale et j’approuve totalement l’idée d’une offre de dialogue public. Cela n’enlève en rien que la faiblesse se nourrit de la faiblesse.
J’ai du respect pour les positions des uns et des autres (bref, presque de tous) mais si je suis un militant politique c’est parce que je crois mes idées et mes approches les plus pertinentes. C’est pour cela que je veux qu’elles gagnent.
Nous avons, je trouve, perdu déjà pas mal de temps et d’énergie en bisbilles inutiles : si on est capable de faire quelque chose pour les Français (et même pour les immigrés comme moi, tiens …) c’est temps de le démontrer avec les faits. Pour le développement. Pour l’emploi. Pour la liberté.

septembre 11th, 2009 at 10:15
C’est vrai que nous devons être présents aux Régionales ! Des convictions et la volonté de les défendre, le talent de certains d’entre nous devraient être les moteurs de notre Mouvement ! Mais la crédibilité ne peut s’acquérir que par un message clair capable de toucher non les adhérents, mais les électeurs ! Je crois que notre problème est que nous confondons parfois les deux !
Nous avons créé un parti sur des valeurs que nous devons respecter, avec une ligne politique qui ne doit pas varier au gré du vent, au risque de passer pour un « retournement de veste » !
Aujourd’hui, dans l’Ouest, si tu t’adresses aux nombreux sympathisants, ils te disent que Bayrou est à gauche et qu’ils ne suivent pas : ce sont des « centristes », ils sont fidèles à l’homme… jusqu’à une certaine limite ! Pire, parmi les militants avec lesquels j’ai travaillé pendant la campagne, ceux qui y croient et qui se retroussent les manches, il y en a un certain nombre qui veulent aujourd’hui jeter l’éponge, je ne parle pas des élus dans certains départements… !
Démontrer que nous existons, c’est nous faire entendre par une communication plus audible, c’est affirmer nos convictions même si nous avons pris un sacré gadin, c’est avoir des propositions conformes à nos valeurs, à notre éthique… dans la droite ligne du projet d’espoir ! Faire de la politique autrement, c’est proposer une alternative et non l’alternance, c’est donner un projet et non faire une coalition anti- machin !
Amicalement
Marie
septembre 11th, 2009 at 11:05
Je ne pense pas qu’il soit prévu de faire l’impasse sur les régionales, au contraire même on a besoin d’élus, en général d’une part, et dans la perspective des prochaines sénatoriales d’autre part…
Mais la stratégie n’est pas claire, et chacun y va de son interprétation…
Un peu de pédagogie, SVP, mesdames et messieurs du sommet de la rue de l’Université!
septembre 11th, 2009 at 12:02
Cécile Duflot a réussi ce que beaucoup n’ont pas réussi avant elle, elle a été renouvelé et a réussi à cimenter les Verts. Bien sur, il y a des frictions avec Daniel Cohn-Bendit, mais sans ces 2 là, Europe-Écologie ne serait pas aussi fort.
Maintenant, nous. Clairement, nous avons un rôle à jouer. Les régionales comme tu le dis sont passées au 2nd plan et c’est une erreur. Un maillage d’élus locaux surtout dans la perspective d’une réforme des collectivités locales ça permet de se faire entendre dans le débat politique.
L’indépendance stricte nous conduira à un nouvel échec.
Que faire alors ?
EE souhaite s’imposer au PS mais ne peut le faire seul. DCB a réaffirmé son intérêt pour nous. Saisissons cette occasion où EE est prête à payer cher pour atteindre la taille critique qui lui permettra de peser face au PS voir de s’imposer. Alors profitons-en !
Le discours d’EE ressemble énormément au discours du MoDem de 2007, de points de convergence plus nombreux qu’avec le PS existent et des passerelles peuvent être jetés. Mais François Bayrou serait-il prêt à mettre de l’eau dans son vin ? Rien n’est moins sur.
septembre 11th, 2009 at 12:51
Bonjour !
Vous êtes cité ici
:
http://venitiennes.wordpress.com/2009/09/08/lorange-roseatre-de-septimanie/