Projet, programme et économie
13 sept
Dans son discours de clôture de l’UR 2009, François Bayrou donnait rendez-vous au congrès d’Arras avec cette phrase : « Nous allons écrire, cet automne, cet aggiornamento de notre programme pour la France« . Je veux le croire. C’est donc avec une attention particulière que j’ai lues les propositions du militant Bayrou (ce sont ses mots). En l’état, elles me laissent un peu perplexe mais je penses qu’elles sont amenées à évoluer.
Pour ma part, le seul moyen que je connais pour faire avancer les choses c’est de contribuer, avec mes limites, à stimuler le débat. Au lendemain du premier tour j’avais laissé un message via le site de campagne de Bayrou un message dont je n’ai stupidement pas gardé copie. En gros je « lui » disais : « Il vous manque une seule chose pour gagner : une doctrine économique pertinente ». J’avais peut-être été optimiste. En tout cas quand j’entends dire que les « modèle du XXIème siècle » personne ne sait à quoi ça ressemble, je me dis que l’économie va avoir un rôle structurant dans le débat et que c’est de mon devoir d’intellectuel, avant même que celui de militant politique, de m’y engager dès maintenant.
D’ici peu il y a les régionales : ça tombe bien, l’expérience bretonne est éclatante. Quel est le programme économique de la Région, à guide PS, Verts, PCF et régionalistes « de gauche » ? Et bien, c’est une politique de l’offre, ou si vous voulez une politique de droite modérée.
Economie et emploi (www.bretagne.fr)
Soutenir les projets des entreprises
La matière grise au service de la compétitivité
Promouvoir une économie sociale et solidaire
Favoriser la qualité dans l’agriculture et l’agroalimentaire
Soutenir un plan pour la pêche et l’aquaculture
Renforcer l’attractivité économique de la Bretagne
Certes, une politique mise en place avec des moyens de gauche (mécanismes administratifs versus mécanismes de marché). Mais, au fond ? Depuis des années, en France je pense qu’on peut prendre le tournant de 1983, dans la matière économique, la droite fait la droite, la gauche fait la droite et le centre, privé d’espace de médiation, est obligé de mâtiner à la marge.
Il y a, bien sur, les propositions tirées d’une interprétation rigide des approches écologiques sur socle de lecture partielle et déterministe de Marx : anticapitalistes, altermondialistes et décroissants. Je ne crois pas que cela soit à la hauteur des enjeux. Je ne crois pas que la référence à l’économie sociale de marché, dont on oublie souvent qu’il s’agit d’un modèle déjà tombé en crise, le soit non plus.
Concentrons-nous sur la substance, pour parler avec Aristote, à la place de s’étouffer sur des questions de forme.
Quelle est la mission de l’économie, pourvu qu’elle en ait une ? Quel est son vrai rôle dans la société que nous désirons ?
Les modèles, cela n’est qu’outil, instrument. Certes nécessaire et pratique mais jamais une fin en soi.

septembre 13th, 2009 at 15:06
Claudio,
Peut-être que le défi du nouveau millénaire est justement de ranger la théorie économique là où elle devrait être, au titre de supplétif de l’Homme.
L’économie doit s’inscrire dans un projet humain pour la société et non dicter ce dernier.
Il faut à tout prix réfléchir à ce qui doit être hors commerce et ce qui doit y être, tout en mesurant la nature de ce commerce. Corinne Lepage, a, je crois, dessiné les contours d’une nouvelle approche de l’économie qui me paraît ambitieuse et réalise à la fois.
Théoriser l’économie tout en supprimant la variable humaine est une erreur que nous ne devons plus commettre. Offre et demande, keynésien contre classique, néo-libéralisme et alter-mondialistes, croissance et développement soutenable, l’humain n’est encore que mal inscrit dans les débats. Il faut changer cela.
septembre 14th, 2009 at 09:19
Tu ne sera pas étonné de savoir que je partage ton avis. C’est ce que je m’efforce de faire.
Mon pari est de le faire à partir d’un « simple » ajustement à la théorie standard. Je crois que c’est relativement simple de casser l’identité croissance = développement tout en restant dans le cadre méthodologique ordinaire. Les résultats (partiels) sont surprenants, même pour moi.