Mieux connue sous le nom de « Commission Stiglitz ».
Je viens d’en terminer la lecture et je dois dire que je suis partagé. Sans aucun doute les suggestions de la commission (rapport ici) sont intéressantes, cependant il y a, à mes yeux, trois raisons d’être relativement déçus.
Premièrement, la panoplie d’indicateurs qui devraient supplanter le PIB. Ce n’est pas une idée nouvelle, comme une rapide recherche sur le web permettra de vérifier par vos soins. Or, la question qui n’est nullement abordée concerne les raisons qui ont fait que ce « tableau de bord » ne s’est imposée plus tôt. La réponse est simple : parce que on communique mieux sur un indicateur synthétique, on le retient mieux.
Deuxièmement, mais ce n’est pas strictement dans le rapport, l’évocation du BNB (Bonheur National Brut) comme grande nouveauté : c’est largement inexact. D’ailleurs des mesures récentes existent pour le France (en baisse depuis 2002, il y aurait-il un lien avec une ‘évolution’ politique ?)
Enfin, ce rapport manque d’ambition. Lisons ensemble la conclusion du rapport :
La Commission estime que loin de clore le débat, son rapport ne fait que l’ouvrir. Il renvoie à des questions qui devront être traitées dans le cadre de travaux de recherche plus vastes. D’autres entités aux niveaux national et international devront débattre des recommandations de ce rapport, en identifier les limites et déterminer comment elles pourront contribuer au mieux aux actions ici envisagées, chacune dans son domaine propre.
La Commission estime qu’un débat de fond sur les questions soulevées par son rapport et sur ses recommandations offrira une occasion importante d’aborder les valeurs sociétales auxquelles nous attachons du prix et de déterminer dans quelle mesure nous agissons
réellement en faveur de ce qui importe.
Au niveau national, il conviendra de mettre en place des tables rondes qui associeront différentes parties prenantes afin de définir quels sont les indicateurs qui permettent à tous d’avoir une même vision des modalités du progrès social et de sa soutenabilité dans le temps, ainsi que d’établir leur ordre d’importance.
La Commission espère que non seulement son rapport suscitera ce large débat mais encore qu’il favorisera la recherche sur la mise au point de meilleurs instruments de mesure qui nous permettront de mieux évaluer les performances économiques et le progrès social.
Un tel tour de table de prix (en mémoire de) Nobel et grands économistes pour dire que tout est à faire … décevant.

septembre 20th, 2009 at 14:14
L’enjeu est justement de mesurer les à-côtés des soi-disant “richesses” produites, c’est-à-dire tout ce que ne voit pas la vision économique classique. Les instruments de mesure ne sont jamais neutres et il paraît légitime de vouloir sortir des représentations économicistes. La question va être de savoir sur quelles bases vont être construits de nouveaux indicateurs et quels types de quantification vont être privilégiés : http://yannickrumpala.wordpress.com/2009/09/16/mesurer-le-%c2%ab-developpement-durable-%c2%bb/
N’y a-t-il que les économistes qui ont le droit de réfléchir sur le sujet ?
septembre 20th, 2009 at 16:16
Réfléchir.
Voila un mot intéressant