J’ai écouté avec attention le discours du Chef de l’Etat sur la taxe carbone, retransmis par Public Sénat. Tout va bien madame la marquise, j’ai signé, je me suis engagé, j’ai tenu parole, c’est une innovation historique ……

Je dois avoir, les conseillers markéting du Président me soulent. Un acteur si talentueux bridé par des textes aussi médiocres ! Mais ainsi va la vie, et la taxe carbone devient une réalité.

Ainsi, les familles que la flambée de l’immobilier a expulsé de plus en plus loin de leur lieux de travail, souvent à la campagne et qui n’ont pas autre choix que de polluer (bagnole, chauffage, …) pour survivre  payeront plus de taxe qu’un connard quelconque de centre ville allant s’acheter les clopes en Carrera. C’est un bon exemple de la différence entre une conception abstraite de la liberté (et donc de la responsabilité) : les premiers ont un choix contraint, il devraient être tenus par non responsables.

En plus, le dispositif me laisse perplexe. Voici ce que j’écrivais dans le forum des commissions démocrates en novembre 2008 :

Discussion intéressante.
Cependant je ne crois pas qu’il s’agit d’un problème « classique » (ou néo-classique) d’économie. Déjà aujourd’hui, si les consommateurs en avaient la possibilité, consommeraient moins de « carbone ». Mais cette consommation est, en très grande partie, contrainte. Changer une chaudière au fuel pour passer au solaire coûte de l’argent et on y met du temps à rentabiliser. De plus, les avantages fiscaux accordés sont en partie neutralisés par la hausse des prix (ex.chaudières bois, bon, c’est du carbone dans ce cas) Or, l’adage dit : « Investir, t’aurais dû le faire, mais ton fils manquait de chaussures ».
Ce qui me gène dans l’approche c’est que, en synthèse, on part du principe d’un comportement (modification de comportement) contraint. Cela risque de provoquer deux effets : de pénaliser les classes moyennes et faibles alors que pour les classes aisées et très aisées la surconsommation « carbone » pourrait devenir du « gaspillage ostentatoire » à la mode de Veblen (T.Veblen : « Théorie de la classe de loisir »).
Je sais que je suis provocateur mais, si on ne garde pas le sens de la mesure, nous pouvons arriver à préconiser la fin des déplacements touristiques de masse, donc la fin des « vacances » telles qu’on les connait, ou encore l’interdiction (légale ou économique) de se déplacer au delà d’un certain nombre de kilomètres de son domicile.
Je crois qu’agir en rendant plus onéreux de « polluer » ne résout pas le problème du « comment vivre sans polluer ». C’est donc sur ce volet que j’aimerais qu’on travaille, sachant que la fiscalité est inefficace pour induire un comportement (opportunisme des acteurs).

Le problème de l’élasticité de la demande telle que révélée par les comportements réels des consommateurs (ratio hausse du carburant/baisse de km ou encore hausse du fioul domestique/consommation en litre) avait été évoquée. Bien que je suis scientifiquement réservé sur les préférences révélées, il s’agit de données qu’on n’a pas le droit d’oublier. Dans notre cas elle est extrêmement rigide. Ce qui entraîne le fait que le montant choisi soit absolument insuffisant. Du moins en théorie (je sais, notre Président n’aime pas les théories …). Et, par symétrie, le niveau suffisant pourrait ne pas être soutenable.

Je sais, d’autres, notamment parmi les écologistes démocrates, avancent l’exemple Suédois. Je crois qu’il passent un peu trop vite sur le fait qu’en Suède il y a moins de pauvreté qu’en France. Et que la pauvreté aussi limite la liberté.

Dans les conditions qui sont celles posées, il me semble que cette taxe carbone ne soit que l’énième petit coup de petit populisme à deux balles dix-sept euros : c’est à la mode, c’est porteur, les euro-écologistes ont fait un tabac alors, à fond la caisse avec l’affichage.

Les conseillers markéting du Président me soulent. Ah je l’avais déjà dit ? Pas grave, répétita juvant.

Ce qui en parle le mieux c’est encore Martin.

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5 Comments on “Taxe carbone : 17 euros de développement ou de populisme ?”


  • :D
    J’ai beaucoup aimé l’intervention d’un député ump, disant qu’étant donné la popularité de Nicolas H, elle devrait s’appeler la taxe « Hulot », que les citoyens comprendraient mieux, certainement pour remédier à l’insuffisance de com à ce sujet :)
    Et puis, FF a tiendu bon: il s’agit bien d’une taxe !!! Pas d’une contribution.
    Pfiou…Chui perdue


  • Le pire, dans cette histoire, est de compenser la nouvelle taxe par une baisse de l’impôt sur le revenu et pas des aides diverses pour l’environnement…


  • La taxe carbone est en réalité la taxe pro-nucléaire.
    Cette taxe condamne définitivement le chauffage au fuel et au gaz…dans 5 ans nous aurons 100% de chauffage électrique…ce qui est une abbération sur le plan écologique…le sponsoring d’EDF (500 000 euros ?) de la fondation Hulot est déjà rentabilisé…


  • @Nicolas,
    Pas en désaccord, la baisse sur l’impot va etre complexe pour la mise en application mais qui pourrait peut-etre, etre la plus juste…à voir…Et pis fallait pas hurler, si ca tourne mal, avec l’agité…Fallait réfléchir avant ! oups dsl.
    Les aides pour l’environnement existent déjà via UE, y compris pour les particuliers mais sujet « tabou » dont on ne dit rien, jamais!!! Certains dégrèvements fiscaux existent depuis quelques années par ce biais.
    @Ciao


  • @ Martine 1

    en effet :-)

    @ Nicolas

    Y a pire encore : les aides diverses sont bouffés par l’évolution des prix des biens. Ainsi on subventionne des commerçant et on ne résout pas l’accès au choix des ménages.

    Usine à gaz pour usine à gaz (et ce machin en est une) on pouvait moduler par rapport à la responsabilité environnementale … mais non, faire du juste et de l’équitable dépasse largement nos petits gouvernants.

    (Petits par l’esprit, bien entendu)

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