Bah oui, c’est important et cela serait même intelligent. Nemo compare un peu un parti à une entreprise. Je ne partage pas la totalité de sa pensée mais c’est une simplification qui peut être utile. Un produit, des VRP … soit.
Et les études de marché ?
Ils se trouve que les partis avec des simples adhérents (pas les militants, plus engagés, ni a fortiori les élus, plus informés, plus à même de faire du décryptage fin et aussi plus intéressés et tactiques) ont un patrimoine exceptionnel en termes de markéting : un panel.
Si « les adhérents » n’adhèrent pas, probablement l’électeur non plus. Combien d’adhérents ont manifesté leur peu d’enthousiasme pour les maux de ventre centro-centristes datant déjà des législatives et poursuivies pendant un moment ? Combien d’adhérents ont voté pour une liste autre que le MoDem aux européennes, notamment Europe Ecologie ? Combien d’adhérents se tuent à crier qu’ils veulent un MoDem fort, indépendant et résolument tourné vers le futur ? Combien sont-ils partis, las de crier dans le désert ?
Certes, ce ne sont que gesticulations d’adhérents, de néophytes, de supporters, de girouettes … c’est ça qu’on entend, n’est pas ? Et, bien entendu, pas qu’au MoDem. Les seuls qui sont bien lotis sont les gens du RPR : il veulent un dieu à adorer (et à brûler sur le bûcher le moment venu), c’est ce qu’ils ont. Un dieu et la foi. Croire, obéir, combattre … ah non, je divague, ça c’est l’Histoire transalpine …
Dommage que ces agitations constituent également la réponse du panel à l’étude de marché.
Études que nombre d’entreprises politiques s’évertuent à ignorer.
Dites, on appelle comment en français bien de chez vous un parti qui choisit de se couper de ses électeurs ?

octobre 5th, 2009 at 07:26
Tout à fait d’accord – et d’accord en particulier avec l’idée que nos propositions pour la France seront d’autant plus crédibles que notre comportement interne sera à leur image. Nicolas Sarkozy s’est fait obéir l’arme au pied par les militants et élus UMP, les électeurs se sont dit qu’il se ferait obéir tout aussi bien par l’Etat et les autres nations (oups). Ségolène Royal a fichu le binz parmi les éléphants, les sympathisants de gauche se sont dit qu’elle pourrait « rénover » et « participativer » aussi le fonctionnement de l’appareil d’Etat.
Avec une nuance. Le parti n’est pas là pour ses adhérents. Ce sont les adhérents sont, par hypothèse, réunis pour faire avancer la cause à l’origine de la création du parti – ce qui est dans son objet statutaire : « démocratie de responsabilité et développement durable ».
L’inefficacité éventuelle dans cette lutte conduit des adhérents à se replier sur des combats intestins, « construisons la démocratie dans le parti d’abord et on verra le reste après ». Mais si on coupe le mouvement de sa finalité (le « après »), rien ne se construira.
Si les organes centraux du parti ne sentent plus de capacité des adhérents et mouvements locaux à construire avec succès, si ces organes centraux ont l’impression d’avoir à faire à un public en lutte interne constante (entre contestation systématique et promotion d’intérêts personnels), le réflexe immédiat sera le repli sur soi, sur le microcosme central (permanents, télévision, Assemblées législatives) en communication directe avec le grand public. En laissant les adhérents se débrouiller tous seuls.
octobre 5th, 2009 at 15:05
Rien n’interdit de réfléchir au produit et à sa pertinence au marché quitte à reprendre l’analogie de l’entreprise…
octobre 5th, 2009 at 16:59
@Nemo
Tout à fait. Ce qui nous amène à dire que les entreprises politiques ont, en moyenne, des pitres gestionnaires.