Environnement et Liberté
09 oct
Marrante que c’est la vie parfois. Après deux jours sans blog je voulais pondre un billet très nombriliste (auquel vous n’échapperez pas de toute façon) car ma vie change à une vitesse impressionnante. D’ailleurs, j’espère qu’elle ne perd pas d’adhérence dans les virages …
Et non. Car cet article d’Aurélien Véron se glisse en tête du flux de l’échiquier (pour y être recensés, demander à l’hérétique).
En résumé, et sauf erreur de ma part, sa thèse est simple : l’écologie est la nouvelle route de la servitude. En effet, Aurélien reprend à son compte l’argument d’Hayek affirmant que l’organisation et la liberté sont incompatibles. Par conséquent, et étant donné que le constat de l’état environnemental de la planète (je vous rappelle que « la planète » n’est pas que l’Amazonie : le bout de terre urbanisée où vous êtes en train de lire mes conneries en fait partie également) pousse à mettre des principes de régulation, l’écologie va forcément à l’encontre des libertés. Il faut dire qu’il s’agit de quelqu’un qui utilise la définition de liberté porté, par exemple, par Pascal Salin : l’absence de contraintes. Ce qui porte Salin à être un minarchiste plutôt qu’un libéral mais passons.
Mes travaux portent également sur la liberté. D’ailleurs, j’ai lu Salin dans le texte et je trouve la « démonstration » de son approche extrêmement faible : démontrer ce qu’on postule n’est pas de la « science » mais de la rhétorique. Plus exactement une tautologie. Donc j’adopte une vision différente de la liberté : pour moi elle est la possibilité concrète d’avoir accès à un espace de choix. C’est ce qu’on appelle la « liberté positive » (I.Berlin) ou plus pertinemment « capabilité » (A.Sen).
Là où ça devient marrant c’est que, de mon point de vue, l’introduction des principes environnementaux contribue à augmenter la liberté. Un exemple. Je crois que même Aurélien sera d’accord avec moi que la première liberté est celle, simplement, d’exister. Peut-être il acceptera aussi qu’on la définisse comme la liberté de tout un chacun de ne pas voir sa vie mise en danger par le comportement d’autrui. Existence.
Question. La pollution des nappes phréatiques réduisant l’accès à l’eau potable, les pollutions au benzène, l’incapacité des acteurs à traiter efficacement le problème des algues vertes ou même la « simple » (ironie) non application d’un principe de précaution (sans existence juridique à l’époque) en matière d’exposition à l’amiante, ne sont-ils des comportements qui ont nié et nient la liberté d’exister de chacun ?
J’espère contribuer à stimuler une réflexion.

octobre 9th, 2009 at 12:15
Je en partie d’accord avec Aurélien. sa démonstration commence bien parce qu’elle part de constats politiques.
l’écologie radicale, celle qui domine, se veut culpabilisatrice et contraignante ce qui de facto nuira aux libertés. Perso je suis favorable a une écologie incitatrice, c’est a dire qui aide le citoyen a comprendre qu’il y un problème et comme il est responsable il agira en conséquence.
IL a deux façons de concevoir le citoyen : la première est celle de N.huLot, on fait du sensationnel, on choque, on prend au tripes, voila notre solution dogmatique, nous avons raison et nous allons vous sanctionner en partie pécunièrement . Puis il y a celle que je préfère qui éduque le citoyen, qui l’aide a changer de comportement en le responsabilisant.
la première risque de susciter le rejet…
octobre 9th, 2009 at 13:06
En théorie, je peux comprendre. Mais c’est en pratique que le bat blesse.
Certes, l’environnement c’est question d’une multitude de petits gestes. Mais c’est aussi le comportement lourd de quelques acteur. La sensibilisation est faite depuis les années 70. Pas toujours avec brio et panache mais quand même. Le lien entre benzène et leucémies, sauf erreur de mémoire de ma part, a été établi avec force. Les dégâts liés à l’amiante étaient bien connu avant que les premiers décès arrivent, mais c’était une industrie.
Je partage l’idée que toute position relative à la collectivité, donc également celle écologiste, puissent être dévoyés à des fins de conquête de pouvoir (celle capitaliste également d’ailleurs, bien qu’Aurélien semble l’oublier).
Cela n’empêche que les algues vertes, malgré 15 ans d’efforts de pédagogie ont commencé à faire des morts (un cheval, peut-être un homme).
Liberté.
octobre 9th, 2009 at 15:14
Le benzène a été interdit depuis longtemps dans les laboratoires, je suis placé pour le savoir…
Pour les algues vertes le problème est complexe . A la sortie de la guerre il a fallu nourrir l’ Europe, la CEE a été créé et 80% de son budget ( la PAC) a été décerné au développement d’une agriculture intensive. Pour que cela fonctionne il a été fourni aux agriculteurs des pesticides et des engrais sans se poser les conséquences d’une telle saturation des sols. Les agriculteurs ont donc utilisé massivement tous ces produits chimiques et ont saturés les sols . ils sont saturés en partie en composés nitrates. Que l’on utilise des nitrates, de l’urée, de l’ammonium en fin de parcours la flore microbiennes des sols transforme tous les composés azotés en nitrates. le problème c’est que les composés nitratés sont très solubles dans l’eau, c’est pour cette raison qu’ils sont facilement drainés vers le fond des sols, dès qu’il pleut par exemple,pour atteindre les nappes phréatiques,les rivières, puis la mer.
Autre problème, dans une logique d’agriculture intensive, il faut que les plantes aient beaucoup d’azotes, or naturellement dans les sols il n’y en a pas assez, d’ou il faut de l’engrais azoté…. cercle vicieux.
les sols, s’y on arrêtait l’agriculture, pendant combien d’année les sols vont-ils continuer a larguer des nitrates?
Pour faire endiguer le phénomène des algues vertes il faudrait atteindre une concentration de 10 mg/litre or les sols bretons tournent aux alentours( de mémoire) de 40 à 50 mg/l. donc problème difficile a résoudre !!!!
En ce qui concerne l’amiante, le problème est scandaleux car les autorités savaient depuis longtemps les risques, de même que ceux qui on été les premiers a subir les conséquences de essais nucléaires….
octobre 9th, 2009 at 17:57
Benzène : oui, en laboratoire. Tu sais bien que ce n’est pas le seul endroit où l’on est exposé.
Algues Vertes : oui, c’est compliqué. mais c’est indispensable de trouver une solution.
Amiante (et radiation) : bien sur
Tous : je sais que des progrès ont été faits (et il ne s’agit que de quelques exemples) et je m’en réjouis. Mais, sans une approche « écologiste » on aurait eu les mêmes avancées ?
Un exemple parmi d’autres : les OGM. Peut-être ils ne posent pas de problèmes. Je n’en sais rien. Mais on nous expose volontairement à un risque non évaluable.
Or, si je roule à 180 ou avec 1g d’alcool dans le sang, j’expose volontairement moi et les autres à un risque. C’est d’ailleurs pour ça qu’on me retire le permis, c’est à dire les moyens de la mise en danger d’autrui.
Pourquoi on approcherait les questions « vertes » différemment ?
octobre 9th, 2009 at 22:48
@Europium,
Vous avez ommis, les élevages intensifs aussi, notamment de porcs avec épendage de leurs déjections dans les champs, fertilisant naturel parait-il mais aussi polluant à forte dose.
Les rejets des industries agro alimentaires, notamment laitières aussi très polluantes dans les eaux fluviales.
@+
octobre 10th, 2009 at 17:51
Voui Claudio, je sais j’ai expédié un scud chez vous, j’en suis consciente, j’espère que vous tiendrez la barre.
Amitiés
octobre 11th, 2009 at 16:09
@ Martine
vous savez, mon pouvoir d’influence pour ces régionales est très (très très) limité. Alors … j’examine
octobre 11th, 2009 at 22:17
Il y a un nuage de tags (sous forme d’image) en haut du blog d’Aurélien Véron, avec deux mots en très gros : « Liberté », « Responsabilité ». Si la responsabilité vis-à-vis de la planète est incompatible avec la liberté … il va falloir qu’il ferme son blog, non ?
octobre 12th, 2009 at 06:47
Merci Claudio pour ce billet, je le citerai quand je m’y mettrai ^^’
octobre 12th, 2009 at 19:10
Bah Claudio,
Je m’en doutais un peu, et c’est tant mieux !
Tout com vous, l’éloignement autorise l’observation.