Après avoir dédié un billet au « processus de Marseille », pour ainsi dire, je me recentre.
En effet ce qui va sous le nom commun de « famille centriste » est sans possibilité de contestation assez éclaté dans le panorama politique français. Pour être techniquement plus précis, il y a un nombre important de sigles et groupes qui se revendiquent, plus ou moins explicitement, du centrisme et qui, par conséquent, sont en concurrence sur le même créneau électoral. Créneau qui, par ailleurs, n’a pas une tradition majoritaire en ce pays, au moins sous la cinquième République.
Pour ce qui sont déjà en train de crier « et Giscard ??? » je me permet rappeler que des gens aussi centristes que Fillon, Raffarin ou encore De Villiers sont passés par cette UDF là …
Ce contexte d’un petit gâteau à se partager entre plusieurs convives est un contexte très favorable aux alliances, notamment dans le système français où la correction majoritaire est extrêmement forte même dans les scrutins les plus respectueux du pluralisme et où l’existence politique, voire tout bêtement financière, des groupes politiques est lié à des seuils (comme ils le savent bien les candidats qui n’atteignent pas les 5%).
Y a-t-il également un espace politique pour une telle proposition ?
Je n’ai pas de boule de cristal mais deux éléments me font pencher pour la négative.
Premièrement, l’expérience italienne. Là bas, les morceaux de la Démocratie Chrétienne ne se sont jamais recollés. Le Parti Populaire, qui voulait rester indépendant sur une proposition « rassemblons le centre » fit long feu. La Marguerite, fondateur du Parti Démocrate, reste prise dans la nasse des atermoiements de ce nouveau sujet. Enfin l’UDC, si elle a réussi à s’autonomiser par rapport à Berlusconi, son poids électoral reste confiné autour de 8% et sa survie dépend de sa capacité à négocier des alliances tantôt à droite tantôt à gauche au niveau local, profitant du système électoral presque proportionnel au niveau national. Une kyrielle de groupuscules à moins de 1% vivotent à l’ombre des « grands » partis. Apparemment, la réunification des centres ne passionne l’électeur transalpin.
Deuxièmement, il y a un passif récent au niveau du ressenti humain. Les Nouveaux Centristes ont quitté le MoDem en claquant la porte dans l’entre deux tours. Les Alliés Centristes ont fait la même chose en plus discret, ce qui est signe de plus d’intelligence, soit dit au passage. Cela n’enlève rien au fait qu’il s’agit de personnes, souvent des ex-cadres, qui ne se sont plus reconnus dans le MoDem et qui l’ont montré et dit très publiquement et très clairement.
Je suis convaincu qu’au niveau des décideurs un terrain d’entente pourrait être trouvé.
En revanche, il est à craindre que l’électorat démocrate ne s’y retrouverait pas.

octobre 5th, 2009 at 08:07
NB – François Fillon n’a jamais été à l’UDF mais à l’UDR (= le RPR puis UMP). C’est un gaulliste canal historique. Il a certes été considéré comme un représentant du gaullisme social (donc centriste en un sens !) mais son combat le plus couronné de succès a été contre le service militaire, pour la professionnalisation des armées, ce qui ne fait guère partie des thèmes essentiels UDF ou centristes.
octobre 5th, 2009 at 14:50
sur ? ok, les exemples de gens bien centristes pas du tout ne manquent pas … je corrigerai
octobre 9th, 2009 at 15:37
En effet c’est une alliance improbable du moment que le Nouveau Centre fait partie de la majorité actuelle malgré son indépendance de centre-droit. Un centrisme fort, progressiste et rassembleur peut passer à la fois par certains déçus de l’UMP et du NC mais aussi les sociaux-démocrates du PS et des Verts.