Ce billet conclut la trilogie de regards décalés sur les convergences (in)imaginables entre les Oranges et le reste de la planète politique élargie. Si vous avez raté les épisodes précédents, le Tome1 et le Tome2 sont toujours à votre disposition. Naturellement, il ne s’agirait pas d’une trilogie sans un quatrième billet de synthèse qui est à venir d’ici quelque jour.

Dans les destinataires de l’offre publique de dialogue lancée par François Bayrou à la Grande Motte, il y a bien une catégorie oubliée par notre presse si précise et objective : les gaullistes et les autres déçus de Nicolas Sarkozy, mal à l’aise dans la majorité. A mon lecteur de décider si les nouveaux centristes sont à mettre ici plutôt que dans les « centres ».

Disons la vérité : la logique d’un tel rapprochement serait celle de tenter un retournement de forces à droite dans la tradition des grands duels comme à l’époque de Raymond Barre et Jacques Chirac. La faiblesse des socialistes, unie à la déperdition des voix qu’elle entraîne, rend la perspective intéressante en optique présidentielle. Et encore plus si un équilibre juste et harmonieux venait à être trouvé avec les positions de l’aile plus écologiste des démocrates. Par ailleurs, dans cette configuration, les bribes de centrisme éparpillées ici ou là seraient simplement aspirées par un effet gravitationnel.

Tout bon ? Cela est aller un peu vite en besogne.

Tout d’abord, notons que les élus gaullistes râlent, parfois avec brio, mais ils restent fermement dans la majorité. Quant à l’électorat gaulliste, si parfois il semble prêt à se disloquer vers les démocrates, reste, par histoire et vision du monde, allergique à tout élargissement des contacts vers l’aile gauche de l’échiquier. Un discours similaire peut être répliqué pour les autres « droites » non sarkozystes.

Enfin, la très faible porosité entre l’électorat « présidentiel » et le reste du monde (manifesté de manière éclatante par l’échec du NC au législatives mais également par les flux à l’occasion des européennes) rend particulièrement périlleuse la présentation d’une telle alliance aux électeurs.

Voter !

5 Comments on “MoDem, Gaullistes et autres « droites » non sarkozystes : l’alliance (il)logique”


  • « Quant à l’électorat gaulliste, si parfois il semble prêt à se disloquer vers les démocrates, reste, par histoire et vision du monde, allergique à tout élargissement des contacts vers l’aile gauche de l’échiquier. » –> Es tu vraiment sur de ça ?


  • Non, évidemment. Mais j’ai des indices dans ce sens.

    La disponibilité à venir vers le « centre » s’est manifestée plusieurs fois et les flux sont assez explicites. Cependant la convergence ne se stabilise pas, malgré les appels répétés et constants de la direction démocrate.

    Et j’ai encore en mémoire le nombre d’électeurs de Bayrou 2007 m’ayant presque insulté car on virait à gauche (tu te souviens, l’histoire du « je sais pour qui je ne voterai pas »). Je te fais l’économie des réactions à la rencontre de Marseille.

    Certes, comme tout regard il peut être erroné, mais c’est le sentiment que je tire des faits.

    Et n’oublie pas, c’est un discours ‘en général’, avec toutes les limites d’une approche ‘moyenne’

    Toi, qu’est que t’en penses ?


  • Peut être as tu raison Claudio. Je ne suis, pour ma part, pas tellement d’accord avec toi, au moins sur la sensibilité politique des gaullistes.

    J’ajoute qu’en 2007, beaucoup pensaient que Bayrou, ancien ministre de droite et soutenu par des parlementaires de droite, était de droite. Ce qu’il a dit était pour moi une erreur, mais je n’ai pas le souvenir, pour ma part, de l’avoir accablé de tous les mots.

    Après, il y a plusieurs choses. Il y a alliance et alliance. Je ne vois pas d’autre ppdc que la haine de Sarkozy entre ceux de Marseille. Et pour faire un programme, en étant d’accord sur ça et pas sur le reste, ça me parait léger.

    Mais voter avec la gauche n’a jamais été un problème pour une partie de la « droite » que tu désignes. En font ils parti d’ailleurs ?

    Bonne journée


  • J’ignore, pour ma part, ce qu’est « l’électorat gaulliste », au-delà de quelques personnalités sympathiques.

    Quand je lis que Villepin, pour ses « trois réponses aux internautes », en a été réduit à déformer l’une des questions et à se faire poser les deux autres par son webmestre Christophe Carignano (si j’ai bien lu le Canard), ça me donne l’impression d’un électorat bien fantomatique. Mais une fois de plus, je ne demande qu’à découvrir ce qu’il en est.


  • Je pense que le gaullisme n’existe plus car pour moi le gaullisme c’était une certaine idée de la France dans le monde et en Europe, c’était sur le plan institutionnel une baisse de l’influence au parlement.

    le fonctionnement de L’Europe sous de GAULLE était surtout économique, depuis l’europe est devenu plus politique.

    LA Mondialisation et la fin de la guerre froide ont modifié beaucoup de chose.

    Miterrand puis Chirac ont transgressé les institutions de la v république en réintroduisant la logique godillesque au parlement.

    Dupond Aignant a voulu reprendre le flambeau du Gaullisme, ça ne marche pas!

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