Dialogue social

Brest, Finistère, Bretagne.

France, également.

Une entreprise réputée par son attitude sociale, prix à l’appui.

Et une énième restructuration.

Le cas est simple. Cette entreprise possède un certain nombre de centres d’appels distribués sur le territoire national. En 2006/07 elle décide de « rationaliser » sa structure : un certain nombre de centres sont fermés et le personnel qui n’est pas mis en pré-retraite est redéployé. Par exemple, le centre de Morlaix ayant arrêté son activité c’est à Brest que les personnel résidu est affecté. Bien évidemment, cela n’est pas sans conséquences pour les familles : entre Brest et Morlaix il y a une soixantaine de kilomètres, peu pour que un déménagement (et on laisse de côté le travail du conjoint ou les tracas liés à la scolarisation/garde des enfants) puisse être rentable (la région brestoise étant nettement plus chère que la morlaisienne), beaucoup pour assurer ne fut-il que le coût de transport (centre d’appels = horaires atypiques) pour des budgets plutôt serrés (on parle de centres d’appels …).

Eh bien, maintenant c’est Brest qui ferme. Malgré les assurances d’il y a deux ans. L’entreprise envisage de réaffecter le personnel qui ne sera pas mis en retraite anticipée (aux larges frais du contribuable, rappelons-le) sur Quimper (70 km de Brest vers le sud). Cocasse quand on sait que du personnel avait été transféré il y a deux ans de Quimper à Brest pour conforter le site qu’aujourd’hui on choisit de fermer !

D’ailleurs, j’aimerais avoir l’avis du Jean-Marie Vanlerenberghe, Sénateur-Maire d’Arras : sa ville est également concernée par cette restructuration.

Il se trouve que le MoDem brestois a prix tout de suite position et que ils ont réussi a passer dans la presse. Il se trouve que une rencontre s’est tout naturellement organisé avec des représentants syndicaux. Il se trouve que, selon une rumeur, ces mêmes syndicats ont eu beaucoup de mal à se faire recevoir par les forces en charge de la ville et de la communauté urbaine, pourtant étiquetées « à gauche ». Et, bien entendu, la droite saisit brillamment une nouvelle occasion pour être absente du débat. Vous comprenez, c’est beaucoup plus pertinent de savoir si on va avoir un villepéniste (Jacques Le Guen, déjà indiqué par les militants) ou une ancienne préfète de région très proche de l’Elysée (pour laquelle des hiérarches se sont déjà pressées de prendre parti) à la tête de la liste régionale …….

Ils se trouve également que tout cela a une certaine logique.

La soi-disant droite ne peut (ni veut) aller contre une entreprise du CAC 40 pour laquelle le pouvoir a utilisé souvent de ses relations. La soi-disant gauche ne veut (ni peut) s’occuper d’un dossier considéré comme mineur et aux entrelacs multiples au niveau national.

Finalement, quoi de plus normal que le dialogue, social au sens premier du terme, se noue autour des forces qui mettent les personnes avant toute autre considération ?

Certes, ma lecture de la situation est différente de celle portée par les syndicalistes. Ils considèrent que le management applique et applique bien des modèles de gestion venus d’outre atlantique, durs et sans pitié. Ces techniques, je les connais et je considère que le management les applique franchement très mal. Car ils cassent la fidélité du personnel à l’entreprise, l’envie de travailler pour elle. Et tout manager qui se respecte sait qu’aucun sytème d’organisation ne peut être performant sans l’implication des acteurs.

Comment faire confiance à une entreprise qui n’a même pas su mener correctement sa restructuration (hypothèse blanche) ou qui, alors, a choisi de mentir (hypothèse noire) ? En aucun cas le management par la peur et l’angoisse ne favorise la productivité.

D’ailleurs, fermer un site que l’on vient de féliciter pour ses résultats, quelle magnifique contradiction économique !

J’ai une suggestion aux actionnaires : mesurez la valeur ajoutée de votre management, vous pourrez avoir des surprises. Car là, des sérieux doutes d’incompétence commencent à surgir.

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