Il y a quelques jours, Toréador sortait un billet, écrit avec talent comme souvent lui arrive, au titre titilleur : Désir de Rupture n°26 : l’écologisme alternative au socialisme ? Je vous en conseille la lecture, si par aventure vous l’aviez raté, il y a des éléments de réflexion fort intéressants. Ce qui n’implique pas que je partage l’avis de mon illustre blogo-collègue.
Mon opinion, je me cite, est que : « De mon point de vue, l’écologisme est une impasse car il ne saisit pas la nature profonde des enjeux. En revanche tu as raisons quand tu remarques une certain dogmatisme, ce qui est par ailleurs la meilleure prémisse de la radicalité et de intolérance. » Joies du débat, Alec (c’est le site qu’il met en lien aux commentaires) me pose (deux fois) une question pertinente : c’est quoi la nature profonde des enjeux ? Je soupçonne Alec d’être moin « à blanc » de ce qu’il veut faire croire, mais sa question demeure pertinente. Alors, hop, on répond.
Je fais de la politique car je crois que la politique a un sens. Je crois que le sens de la politique est d’interpréter les demandes que les acteurs de la société (personnes, entreprises, corporations et groupes de pression, et ainsi de suite) lui adressent, de les lire dans le contexte spécifique et d’y apporter des éléments de solutions qui dépassent le stricte intérêt particulier de l’acteur pour s’insérer de manière cohérente dans une vision d’intérêt général (oui, c’est une formulation vague et imprécise mais si vous voulez un traité, je vous fais un devis du temps d’écriture). Je crois également que cette « vision » ne peut que reposer sur une pensée, une idéologie si vous êtes plus à l’aise avec ce terme, capable de rendre cohérents les différents aspects de la prise en compte des problèmes. Je crois que cela est nécessaire, à la fois, pour stimuler l’adhésion aux proposition et pour permettre au plus grand nombre de s’approprier la démarche. Qui ne peut être que « positive », une démarche où « tout le monde » trouvera son compte en vertu de cette cohérence interne et externe de la pensée.
Je crois que, en tout cas pour le niveau d’approfondissement permise par un blog, dire que cet aspect profondément humain (je n’aime pas le terme humaniste, j’en parlerai peut-être une autre fois) de la démarche politique, cette ambition de permettre à chacun de trouver, librement, sa place dans une vision de société, constitue la « nature » des enjeux. L’Homme est mesure de toutes les choses … (Protagoras) e rien ne peut être appréhendé sans une mesure, fut-elle incommensurable.
Voilà pour qui est mon avis sur la question spécifique. Mais je remercie Alec car il me donne l’occasion d’aller plus loin et d’expliquer pourquoi, malgré des valeurs personnels et intimes qui me rendent extrêmement sensible aux thématiques environnementales, je crois que l’écologisme est une impasse politique. Dans quatre courts billets à venir j’essaierai de le montrer par une brève critique de quatre grandes approches, identifiées par quatre leaders politiques qui les incarnent : Cécile Duflot, Daniel Cohn-Bendit, Corinne Lepage, Jean-Luc Benhamias.

février 19th, 2010 at 10:56
Intéressante mise en perspective de la notion (vague) d’intérêt général. Il faudrait que je prenne un jour le temps de mettre en forme quelques pistes de réflexion que j’ai
février 19th, 2010 at 18:48
» Vague » , « Vagal » before…
En hypoglycémie, vais me jeter sur mes sushis préférés, ceux au thon rouge…!!! » Parce que le thon comme le cochon c’est bon! » Il faut avouer que j’ai besoin de reconstituant rapide mais aussi davantage inscrit dans la durée.
;-D
février 20th, 2010 at 02:07
Dans l’immédiat je ne vois rien d’incompatible avec les projets (d’une grande partie) des écologistes…
Il faut d’ailleurs mentionner que pour les plus sérieux, bien qu’auparavant ils insistaient sur les thématiques environnementales (étant les seuls à les prendre vraiment en compte – et dans une certaine mesure c’est encore le cas, si on gratte le vernis greenwashed des autres partis ; précisons que la question de savoir si leurs propositions sont pertinentes est un autre sujet, intervenant dans un second niveau) qui les distinguaient des autres, ils ont désormais une approche intégrée, le développement durable (qui combine environnement, économie et social).
J’attends avec impatience les autres billets de la série
Sans anticiper, je ne comprends pas bien ce que tu appelles « approche » : a priori, celles de DCB et de CL ne sont pas très différentes, celle de JLB n’existe pas (il n’a aucune crédibilité sur le sujet), et il en manque d’autres (à l’extrême gauche -CD est à gauche « tout court »- ; ou à droite – moins connues certes, mais présentes).
février 20th, 2010 at 10:23
@ Claudio
Si tu veux venir enrichir l’album d’un (ou plusieurs) de tes textes et/ou lectures
http://lescriptorium.wordpress.com/2010/02/20/poussieres-de-blogs/
février 20th, 2010 at 18:38
http://www.lexpansion.com/economie/actualite-high-tech/le-succes-de-wordpress-est-celui-du-modele-open-source_141270.html
Vos soucis devraient s’arranger bientot Thierry! Bonne chance…
février 20th, 2010 at 18:48
Oups, j’ai oublié ca:
http://www.neteco.com/321418-fondation-wordpress.html
C’est » fou » mais il y a comme un p’ti truc qui me chiffonne dans le schmilblick !
février 23rd, 2010 at 08:18
Eh bien Claudio, j’ai trouvé cette série très intéressante (bien qu’un peu courte parfois). C’est une bonne entrée en matière pour discuter, et lever certains malentendus. Car bizarrement, j’ai trouvé peu de choses qui me semblaient erronées, et pourtant j’arrive à des conclusions différentes… En fait, une réflexion qui m’est souvent souvent venue à l’esprit c’est « il n’a pas compris ce qu’est l’écologisme » ou « nous ne parlons pas de la même chose ». Je reviendrai commenter chaque article (enfin, surtout le 2 et le 4 je crois, pour les longs développements) et je ferai mon propre billet que je rumine depuis trop longtemps (mais j’ai hélas encore un stock de liens à mouliner pour arriver à le terminer). J’étais certain qu’il fallait que tu continues à bloguer !!
février 23rd, 2010 at 09:53
@ florent
Mais tu as effectivement raison, on ne parle pas -exactement- de la même chose