Prémisse qui devrait être inutile : le nom des leaders politiques pris pour référence sont à considérer comme des avatars de positions idéologiques plus générales et non comme des références strictes à la personne citée.

La démarche « à la DCB » (devrais-je dire à la « EE », d’ailleurs), s’appuie sur idée ancienne mais toujours efficace : la valorisation des corps intermédiaires, notamment les réseaux associatifs et les réseaux spontanés (comme les « réseaux sociaux ») de passionnés thématiques dans une démarche de « rassemblement ». Si l’approche « Duflot » vise la construction d’un monde « souhaitable » (et souhaité), pure approche constructiviste pour utiliser la terminologie d’Hayek, celle « DCB » prône l’émergence d’un monde « possible ». Le passionné de politique (pas de l’actualité politique, nuance) notera une certaine ressemblance avec les démarches « centristes » d’avant 1989 : face à des maximalismes (deux avant 1989, trois maintenant avec l’orthodoxie verte), on s’appuie sur le mythe de la « société civile » opposé à la « société incivile », c’est à dire aux politiciens définis avec un certain mépris « de profession ». Les associations écologistes dans le même rôle des association d’entraide catholique des années 50.

D’ailleurs, Daniel Cohn-Bendit, en homme intelligent et fin connaisseur de la chose politique (le fait qu’il joue et même sur-joue au clown c’est pour mieux cacher son jeu et entretenir une fausse aura « de proximité ») ne s’y est pas trompé. D’abord ciblant le MoDem aux européennes (il y a un passé avant les faits médiatiques, suffit de reprendre les archives des journaux), puis essayant de piloter un rapprochement avec tant de piques au « sectarisme latent » des verts, enfin, face aux mauvais sondages des oranges, la tentative de porter un coup de grâce définitif avec son lot de perspectives laissées miroiter à certains et de petites phrases (les « déchets radioactifs », à titre d’exemple).

Simplifiée par un ancrage qui paraît naturel « aux centre-gauche », en alliance/compétition avec le PS, la posture peut être intéressante, à des fins électoraux. En quelque sorte, je crois qu’il n’est pas abusif de définir EE comme l’UDF du PS. La politique est une question de logique, avant d’être une question de personnes, même si la largissime majorité des personnes impliquées en politique n’ont pas le niveau pour le comprendre.

Cette démarche, à mon avis, représente une double impasse. Premièrement, c’est une démarche faible en termes de structuration de pensée : seule une pensée non structurée peut être assez souple pour accueillir la diversité de vision sectorielles, relativement décousues, émergentes du contexte relativement anarchique du « terrain ». L’environnement comme évidence, comme postulat, comme plus petit ressenti commun dans la fonction de liant faible. Tout le monde s’y sent à l’aise mais on n’a pas d’authentique « vision du monde ». On se limite à reproduire le questionnement des citoyens en lieu de l’interpréter. On renonce à la politique.

D’ailleurs, tenir Eva Joly et José Bové, cela demande une certaine … souplesse intellectuelle.

Ensuite, comme toute démarche de compromis, elle hérite des faiblesses des approches « pures », dans ce cas écologisme orthodoxe et socialisme. Sur le premier je me suis déjà exprimé, sur le second je crois qu’il en est nullement besoin.

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3 Comments on “L’écologisme est une impasse (3/5) : « Daniel Cohn-Bendit »”


  • « Simplifiée par un ancrage qui paraît naturel « aux centre-gauche », en alliance/compétition avec le PS, la posture peut être intéressante, à des fins électoraux. En quelque sorte, je crois qu’il n’est pas abusif de définir EE comme l’UDF du PS. » : je ne crois pas qu’EE soit le centre-gauche. Les Verts sont plutôt à la gauche du PS, voir pour certains à la Gauche de Mélanchon.


  • @ OS

    Si vous aviez lu le billet (2/5) avant de commenter …


  • Les gens du MoDem sont décidément très têtus, ils n’ont pas compris que les Verts sont aussi « étendus » que le PS (qui va de DSK à Hamon, pour faire vite) – même si c’est vrai qu’une partie des « moins gauchistes » sont venus au MoDem lors de sa création…

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