Prémisse qui devrait être inutile : le nom des leaders politiques pris pour référence sont à considérer comme des avatars de positions idéologiques plus générales et non comme des références strictes à la personne citée.
Avec Corinne Lepage et son « Cap21″, on aborde la thématique écologique sous un angle intéressant : il n’est pas question de « sauver la planète » mais de « sauver la vie de l’homme sur la planète ». Le principe me plaît et l’astronome manqué que je suis pense naturellement aux cycles de vie des planètes. La Terre est née bien avant l’homme et elle, probablement, lui survivra longtemps. La Terre est un organisme vivant qui abrite un certain nombre de symbiontes, dont l’homme. Si celui persiste à se comporter en parasite, l’organisme principal le dégagera pour assurer sa survie.
A partir de cette prémisse, on comprend aisément le fait que j’ai regardé avec beaucoup de intérêt et de sympathie à la démarche. Cependant, Corinne (j’espère qu’elle ne m’en voudra pas de la tutoyer) fait, à mon avis, la même erreur que François Bayrou avec son idée de « centralité ». En effet, elle n’a de cesse d’appeler à un rassemblement « écologique, social et démocrate » et de préconiser une « écolonomie sociale de marché ». L’idée étant que mettre côte à côte des gens « plutôt écolo », « plutôt sociaux », « plutôt écono » serait une garantie de prise en compte globale des problèmes.
La démarche, de mon point de vue, présente deux faiblesses très fortes, qui se renforcent l’une l’autre. Tout d’abord, pour que cela puisse fonctionner, chacune des personnes composant les « pétales » du trèfle du durable devrait être capable de placer le débat sur ce qui rassemble plutôt que sur ce qui divise. Cela est sans compter sur le fait que la différenciation des disciplines tend à mettre en exergue les différences. Et même au delà de cet aspect de réalisme, le procédé conduit nécessairement à la recherche d’un compromis « a minima », à la stérilisation des diversités de vision pour ne garder ce qui serait « durable-compatible ». D’ailleurs, il serait injuste de faire porter le poids de cette faiblesse à Cap21 : elle est bien présente dès la formulation du concept de « durable » que le mouvement écologiste ne fait qu’interpréter, de manière assez fidèle par ailleurs, ce que l’image ici bas montre avec clarté. Je l’ai appelé « Lepage » pour coller au national mais j’aurais dû l’appeler « l’approche Brundtland ».
Or, il m’est avis que, pour offrir une perspective politique réelle à nos sociétés, on ne peut pas bâtir par soustraction : le vrai défi ce n’est pas de trouver ce microespace où environnement, économie et social convergent mais de donner un sens propre, indépendant, autonome à ce « durable » pour le rendre capable d’être inclusif, de constituer un cadre dans lequel tout un chacun pourrait s’y retrouver.
Par conséquent, tout comme l’appel à faire travailler ensemble des gens de droite et de gauche garde une portée limitée, ce « rassemblement » tourne facilement au dialogue de sourds. Même si, et c’est que justice de le dire, il y a chez Cap21 aussi des gens de qualité exceptionnelle. Quelqu’un tient aussi un blog que j’aime beaucoup. Mais bâtir une vision politique uniquement sur la qualité individuelle des personnes, c’est supporter les aléas de la statistique. Et comme, en moyenne, nous sommes tous moyens, ce n’est pas très judicieux.
Au pire, une impasse. Au mieux une construction éphémère.

février 22nd, 2010 at 21:39
L’écologisme est une impasse…
Après lecture des 4 premiers billets sur 5, j’attends avec impatience comment sera traité l’avatar « Jean-Luc Benhamias » avant d’essayer de donner ma vision globale de cette très intéressante analyse.
Juste un point important sur le billet 4/5 concernant l’avatar « Corinne ». Il me semble évident qu’il faut sortir de l’idée que le réchauffement climatique met la planète en danger car, en réalité, c’est une grande partie du vivant qui est en danger.
dominique
février 22nd, 2010 at 23:28
Mouais Dominique,
)
Bien d’accord, compte sur vous pour lui espiquer
@+
février 23rd, 2010 at 00:27
@ Dominique
Traité … difficilement, car il y a beaucoup à deviner et peu de concret à commenter.
Mais c’est fait.
Sur la planète et le vivant … le vivant pourrait bien se débrouiller, le vivant que nous sommes et celui qui partage notre vie un peu moins. Quand tu penses aux conditions extrêmes qui a vécu le monde de Gaïa, on relativise. Mais là, je chipote. Et c’est sans doute un des points qui me rapprochent le plus de « votre » écologisme