En ce lundi matin, juste un questionnement à partager, sans prétention d’y apporter une réponse : les ci-dits « leaders d’opinion », ça compte combien ? Quelque chose, sans aucun doute, mais sont ils réellement aussi « leaders » qu’ils le prétendent ?

En 2008 nous avons fait campagne pour les cantonales avec seulement 4 listes, ce qui est relativement peu (UMP, PS, MoDem, FN). La sortante socialiste ne se représentait pas et la nouvelle candidate était relativement peu connue. Le candidats UMP, Maire de la ville centre (50% des électeurs du canton), était également candidat à sa succession à la Mairie contre la candidate PS (cumul des candidatures pour pallier au manque de notoriété, un classique). Pour la Mairie, seuls UMP et PS étaient en lice, nous ayant choisi de nous concentrer sur les cantonales et ne pas éparpiller l’énergie d’une équipe très hétérogène et, à l’époque, encore en devenir.

Le candidat de l’UMP gagna la ville 55-45. Un score important. Dans sa campagne cantonales, il avait le soutien de six Maires sortants du canton (qui en compte huit, donc un seul lui manquait) avec tant de photo et déclarations dans les documents de campagne. De même, le président départemental du MoDem de l’époque, depuis passé à l’Alliance Centriste, lui affichait son soutien dans la presse malgré la présence d’une candidature démocrate que lui même avait consenti. Enfin, notre canton est en grande majorité agricole et les Maires sont souvent nettement plus à droite qu’à gauche (souvent, pas tout à fait toujours).

Si ces relais avaient été efficaces, il aurait du passer dans un carrosse au premier tour … eh bien non. Avec un MoDem à 16% (avec des candidats à la première grosse expérience) et un FN frôlant les 4%, il fut obligé de repiquer au deuxième tour. Où, avec la tenue du MoDem (à presque 14%) et un électorat FN fortement abstentionniste, il continua à ne pas dépasser la barre des 50% (48,18). En effet, l’écart de deuxième tour entre UMP et PS (10%) est drôlement proche de l’écart du duel sur la ville centre.

Mais ces leaders d’opinion, étaient-ils en vacances ?

ps : je ne pourrai pas y être car retenu pour des raisons professionnelles, mais la liste « soutenue par le MoDem » tient réunion publique sur ce canton ce soir à 18h30, espace Yves Quéguiner. Si vous êtes électeurs oranges, allez-y : les candidats apprécieront votre soutien. Si vous êtes électeurs indécis ou si vous envisagez de vous abstenir, allez-y. Au pire, vous ferez votre choix en connaissance de cause.

Voter !

2 Comments on “Du poids des « leaders d’opinion »”


  • Excellente question …

    au début, j’aurais répondu « très peu » (dans une ville comme Argenteuil, comparable par son organisation sociale et la stabilité de sa population, à une grande ville de province). Par exemple, notre candidate aux législatives, que l’on nous disait bien implantée dans les réseaux locaux (mais pas élue sortante) a sans doute déplacé « sur son nom » autour de 50 voix (0,15%).

    Avec le recul, je nuancerais. Le jour du vote il faut « exister dans l’esprit des gens » ; pour cela l’image nationale du parti (l’étiquette) est importante, le contact direct – tractage, boîtage, etc. – est important aussi, mais mon impression aujourd’hui, c’est que sur le moyen terme, le contact indirect joue sans doute le plus grand rôle (les deux autres restant indispensables). Le contact indirect c’est-à-dire le « buzz » local fait autour de vous. Il faut alimenter pendant des mois, et des années, les médias locaux, les conversations des gens-qui-s’impliquent-dans-la-vie-locale, etc.

    Ce ne sont pas exactement les leaders d’opinion au sens traditionnel de « porteurs de voix » (terme sénégalais), comme des Maires ou responsables de partis, mais plus les « influenceurs » au sens internet du terme. Et plus les gens vivent chez eux devant la télé, plus lente est la circulation d’information dans le réseau des influenceurs, plus longtemps il faut l’alimenter.


  • Ce qui implique que le « leader d’opinion » en n’est pas vraiment un … le buzz, il faut l’alimenter « quotidiennement ». Devenir son propre « leader d’opinionS », telle semble être la voie que tu indiques, me trompes-je ?

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