C’est Nicolas que me le dit dans un commentaire à un billet précédent. Et vu comme ça, difficile de le contredire.
Dans bon billet je rappelais mon intention de mettre un terme à mon « engagement militant » fin 2011. Et je maintiens.
Contradiction ? Non, car tout engagement n’est pas militant. Voyons si j’arrive à m’expliquer.
Tout d’abord une prémisse : je crois aux partis politiques. Même s’il est de bon aloi de taper sur les partis (et parfois le méritent) leur rôle reste important. Si ces structures remplissent leur fonction correctement, c’est au sein des partis que les idées se confrontent dans une première bataille qui a pour fonction de sélectionner les plus robustes pour les soumettre au corps électoral. De même, les partis sont une arène qui sélectionne les personnes qui vont incarner ces idées. C’est un aspect dur de la politique, mais néanmoins nécessaire : la sélection devrait (le conditionnel est indispensable) assurer les citoyens qu’un guignol quelconque ne puisse pas, que dis-je, avoir la main sur la puissance atomique.
Certes, les partis aujourd’hui remplissent leur fonction de manière largement imparfaite : le monde tel qu’il est n’est pas le monde aseptisé des théories. N’empêche que ces structures ont une fonction qui leur est propre et que la déliquescence des partis n’est pas positive pour le fonctionnement démocratique.
Cela dit, si j’ai décidé de revenir aux militantisme après quelques années de pause à cheval de mon arrivée en Bretagne, c’est que j’ai cru, et je crois encore, que mon parti, le Mouvement Démocrate, est le meilleur instrument pour parvenir à la restructuration de l’espace politique, dépassant les concepts de gauche et droite (et dérivés), pour donner des réponses pertinentes à la demande de sens de l’action politique qui est portée par les citoyens. Cet engagement militant, trouvera une fin. Soit l’instrument aura été capable de répondre à mes attentes, soit pas.
Dans le cas positif, je pourrai faire un pas en arrière laissant à d’autres le soin du pilotage de l’outil. Chacun son job et personne ne pourra nier le fait que je sais faire grandir des équipes autour de moi, là où la normalité en politique c’est la stratégie du baobab : le désert autour. Moi, je suis d’une autre paroisse.
Dans le cas négatif, la chose est encore plus simple : si l’outil s’avère inefficace, on essaie une, deux, trois fois. Après on le met à la poubelle. Si ça sert à rien … ça sert à rien.
Ce que je n’arrêterai pas de faire, c’est de produire de la pensée politique, d’avoir une vision politique et de la partager. C’est ma nature. Et cela reste un engagement. Mais ce n’est pas forcément militant. Car, quand on se positionne au niveau des idées, le célèbre aphorisme de GB Shaw prend toute sa puissance.
« Si j’ai une pomme et toi t’as une pomme et qu’on s’échange les pommes nous avons toujours une pomme chacun. Mais se j’ai une idée et toi t’as une idée et qu’on s’échange les idées, maintenant nous avons deux idées chacun. »
Voilà, pas sur d’avoir été très clair cependant …

mars 16th, 2010 at 21:19
« personne ne pourra nier le fait que je sais faire grandir des équipes autour de moi »
C’est ce que tu répètes dans chaque billet, Claudio, mais tu sais, en 2007 toutes les équipes ont grandi, autour de François Bayrou, c’était l’euphorie dans toutes les sections, nous en gardons tous un souvenir de ferveur et d’amitié extraordinaire. Et toutes les communes bretonnes étaient à 20% pour Bayrou aux élections, ton canton n’a rien d’exceptionnel. Nous avons tous vécu des moments exaltants, nous avons tous des regrets quand nous pensons à cette période, mais c’est à l’avenir qu’il faut travailler maintenant, et de préférence tous ensemble.
A galon genoc’h.
mars 16th, 2010 at 23:15
Ma chère amie, je vous porte des faits.
A la présidentielle, je n’étais pas là. J’ai commencé avec les cantonales de Landivisiau, en 2008. Quand de nombreux élus et candidats, même de qualité, on commencé à se casser les dents. Ca fait 16% avec des gens de qualité mais à la première expérience sérieuse. Ca fait un deuxième tour et le deuxième (ou troisième, un canton du sud avait un score proche) score du finistère. Fait rare : on n’était que deux. Avec 14% à la clé. Ah pour les votes sur mon canton … notre candidat aux législatives, je vous laisse chercher, avait recolté 704 voix. L’équipe que j’ai animé et les candidats que nous avons portés, seuls, et même avec le président de l’époque qui faisait campagne chez nous pour ses alliés de l’ump (vérifiez, il y a toutes les informations sur le net) avant de partir à l’Alliance Centriste, eh bien 1420. Plus que le double. En 2008, pas en 2007.
Européennes, dans le gadin général, « mon » canton, c’est encore plus de 12% avec des pointes à plus de 20% sans candidats. C’est parmi les meilleurs scores du Finistère.
Alain Somme, candidat sur la liste de Bruno Joncour et que j’ai soutenu dans ces années, parce qu’il est homme de qualité, réalise le meilleur score du Finistère avec 13%
Ma chère amie, les faits sont là. Qui choisit de m’être proche, grandit. Même si parfois, il l’oublie après. Ça c’est la nature humaine. Je ne suis évidemment pas le seul à savoir le faire. Mais, à voir la situation de notre parti, nous ne sommes pas nombreux. Ce qui, croyez moi, me désole au plus haut point.
Mais trop pressée de me tirer dessous vous ne lisez pas attentivement les billets.
mars 17th, 2010 at 17:52
C’est bien tous ensemble qu’il faut travailler à notre avenir, et je crois beaucoup a un retour de militants passionnés si l’on se recentre sur le terrain en maintenant au niveau de chaque canton, chaque commune, chaque village des réunions bi-mensuelles d’échanges sur les problèmes locaux en appuyant telle collectivité pour l’aider dans la réalisation d’un bon projet ou au cotraire en dénonçant ses manquements. Dans ces réunions il y sera aussi échangé sur nos valeurs , sur nos idéaux et sur notre orientation avec débats sur la politique nationale. Il ne faut pas attendre la prochaine échéance pour se prendre une autre gamelle, mais se rassembler tout de suite.