Que la campagne commence !
01 mar
Premier tour des élections régionales, dimanche 14 mars.
Démarrage de la campagne officielle, aujourd’hui. J’ose espérer que cette campagne saura mobiliser les citoyens et leur donner, tout bêtement, au moins une bonne raison pour se lever du lit, enfiler une paire de chaussures et faire un détour pour les bureaux de vote.
Mon parti, le Mouvement Démocrate, semble aborder l’échéance en situation délicate, à s’en fier aux sondages : 4% au niveau national (entre 2 et 6 si on prend en compte une fourchette d’erreur raisonnable), ce n’est pas folichon. Pas de sondages pour la Bretagne mais même un élu localement connu et implanté comme Olivier Henno en Nord-Pas-de-Calais semble avoir toutes les peines du monde pour faire un score suffisamment important (5% dans les sondages). Seul Jean Lassalle, qui a déjà été capable de gagner la seule triangulaire de France aux législatives 2007 semble faire figure d’exception.
Si j’utilise aussi fréquemment le verbe « sembler », c’est que je sais combien la politique est un jeu dynamique. Le consensus d’aujourd’hui est différent de celui d’hier et sera différent de celui de demain. Et cela devient d’autant plus vrai que le délitement des idéologies du vingtième siècle a laissé place, pour le moment, à un faux pragmatisme nourri du mythe du « concret » qui n’est rien d’autre qu’un court termisme agité dopé à l’incapacité d’imaginer un demain autre que purement reproductif. Au moins en ce qui concerne les « grands partis ».
Dans cette moulinette, grande productrice d’insatisfaction en grande série, les électeurs viennent à se repartir en trois grandes familles : les « fans », les « swing » et les « swear ».
Les fans, constituent le socle théoriquement inébranlable de consensus. C’est la clé de la réussite politique de Berlusconi et, en moindre mesure, de Sarkozy. Des fans, ça ne réfléchit pas. Impulsifs et conditionnés, le cerveaux disponible parfait pour le markéting à vendre la lessive politique. Bien évidemment, des fans il y en a aussi à gauche, parmi les euroécologistes et dans l’électorat démocrate. Mais, résultats docent, moins que chez la minorité dominante.
Les swing, ça a longtemps décidé des élections. Ils lisent les programmes, ils regardent le parcours des personnes, ils se renseignent. Électeur rationnel, voir rationaliste, il connait son poids et ses limites. En conditions d’incertitude, il choisit très souvent de voter « contre », de choisir son ennemi plutôt que son poulain. Sniper redoutable. Déconstructeur à souhait.
Enfin les swear. Blasés, dégoutés, touspourrisés. Ils se réfugient dans l’illusion de l’aventin, dans le rêve lénifiant de ne pas s’être sali les mains avec un bulletin de vote. Naïfs, myopes ou vrais hypocrites, ils créent les conditions pour que une alliance d’intérêt entre les fans et une partie des swing snipers soit mise en place. Quand Berlusconi gagne en 1994 (et suite) en criant haro sur les « communistes coupables des pires dictatures de l’histoire et pères du terrorisme » (je cite par coeur) c’est que les snipers renforcent les fans éblouis par une certaine forme de réussite.
Ainsi, les tributaires du vote « d’opinion », comme il était usage de l’appeler au vingtième siècle, rament. Grave.
C’est dans le fluide de cette campagne presque fantôme, si regardée avec les yeux du citoyen lambda, que les forces telles le Mouvement Démocrate doivent faire preuve de leur capacité à naviguer.
Que la campagne, commence !

mars 1st, 2010 at 23:38
Heureusement, il y a des fans qui savent raison garder et qui ne sont pas forcément des béni oui oui, ils se font de plus en plus rare au Mouvement démocrate. Les swing, sont nombreux, mais malheureusement, ils lisent, triture, mais leur choix est loin d’être rationnel et en fin de compte, sauf si une forte personnalité leur offre un coin de rêve, ils vont revenir voter comme ils l’ont toujours fait, à droite ou à gauche. Les swear sont nombreux parmi les ex-MoDem, ils font beaucoup de mal et leurs critiques enveloppées dans un voile de sincérité entraînent dans leur sillage des swing en mal de boules puantes. Reste que certains de ces swear ont passé un tel seuil dans le dénigrement et le mensonge qu’ils peuvent avoir l’effet inverse et remotiver des indécis. Fans, swing, ou swear, je ne sais pas comment baptiser cette vague centriste, qui se dit humaniste et démocrate et qui vote à droite ou à gauche, quelque soit son nom, un centriste devrait voter au centre et un démocrate voter démocrate. Les Américains l’ont fait, les Japonnais aussi, attendons que les Français aient enfin le courage de leurs opinions et ne votent pas en fonction de têtes de listes qu’ils n’aiment pas ou en fonction d’une de leur lubie qui n’a pas été satisfaite. Centriste je vote au centre, démocrate, je vote démocrate, c’est une logique qui me parait suffisante.
mars 1st, 2010 at 23:54
C’est une logique qui se tient.
Mais n’oublie pas que n’étant pas électeur, mon regard est forcément un brin plus détaché.