Tous sur la Charette !
19 mar
D’accord, le jeu de mot est pourri. Le dessin politique, lui, n’a jamais été plus clair.
Quand François Bayrou extirpe, et au forceps, celle qui était encore l’UDF du giron de la droite, dans l’entre deux tours des présidentielles, il commet, aux yeux de l’oligarchie dominante, un crime de lèse majesté. Depuis, tout est fait pour ramener les brebis centristes égarées au bercail. Surtout que cette tête de mule de Béarnais (c’est un compliment) l’avait dit clairement : « Je ne reviendrai pas en arrière ».
Ces trois ans, ont été la succession d’opérations visant à fragiliser le MoDem et son Président. Lequel, soyons juste, n’a pas toujours eu la lucidité pour déjouer les pièges qui lui étaient tendu. Car, malgré un caractère parfois difficile, il s’agit de quelqu’un pour lequel l’amitié est une vraie valeur. C’est une noble faiblesse qui lui a, à mon humble avis, joué plus qu’un tour.
Dès le départ de Morin & co. la rengaine a été toujours la même : le centre trouve sa logique dans l’alliance avec la droite. Où, si on veut être plus clairs (?) , le centre est un centre-droit. L’opération Morin ayant échoué péniblement aux législatives, vint après l’opération Arthuis. Moins pressé d’aller à la soupe, il a su se construire une certaine crédibilité vis à vis des cadres orange, notamment ceux issus de l’UDF. Question d’héritage, d’habitude, de connaissance. Ensuite, pendant un moment, la stratégie de la défection fut abandonnée pour laisser la place à la délégitimation permanente. C’est à ce moment que les forces vives du MoDem aurait du se souder. Mais, un peu aveuglée par le score européen d’Europe Ecologie, Corinne Lepage commença à taper dur aussi, alors que des adhérents de plus en plus déboussolés s’éloignaient au fur et à mesure du parti.
Et, avec un timing parfait, vendredi veille d’un probable gadin régional pour le parti majoritaire, Hérvé de Charrette se charge de boucler la boucle : là où c’était les centristes qui voulaient aller avec la droite, alors que celle-ci ne souhaitait que les diluer, maintenant l’occasion est belle pour dénoncer le parti unique monocorde.
Et il y aura très certainement de nombreux éléments qui tomberont dans le panneau.
La campagne de 2012 a officiellement commencé.
J’espère qu’il y aura suffisamment de bonnes mémoires pour se souvenir que le problème pour l’UMP n’est pas d’assouplir sa politique (car elle pourrait le faire, si elle le souhaitait) mais de se constituer des réserves de voix pour les deuxièmes tours.
Les centristes ? On les roule dans la farine et on les fait frire. Ce n’était pas un dangereux gauchiste à le dire.

mars 19th, 2010 at 15:31
j’aime beaucoup cet article …
mars 19th, 2010 at 16:09
Faut-il que je m’en inquiètes ?
mars 19th, 2010 at 21:42
Vous savez l’UDF n’a pas toujours été un regroupement de pâles supplétifs du RPR. Il est dommage que beaucoup l’aient oublié en 2002 (dont Hervé de Charette).
Le centre-droit (tactiquement i.e. un centre allié à droite) a montré ses limites par le passé. Le centre un peu attiré par la gauche depuis 2007…
Que pensez-vous de la stratégie mise en oeuvre par l’UDC de Casini pour les prochaines régionales italiennes ? Je crois connaître le peu de sympathie que vous lui portait, mais son score sera peut-être instructif.
Sinon, je ne suis pas certain qu’il n’y ait que cette intention dans la tête de l’ancien giscardien (même si votre hypothèse n’est pas farfelue).
mars 20th, 2010 at 17:10
C’est marrant, je regardais hier une longue interview de Casini … je vais vous préparer un petit billet sur le sujet
mars 21st, 2010 at 15:25
Je me dois ici de réparer une erreur souvent faite:
Ce n’est pas d’entre les deux tours de 2007 dont date le divorce, mais du congrès UDF de Lyon (janvier 2006), avec la création du « parti libre ».
mars 22nd, 2010 at 01:12
Oui, c’est exact … en théorie. A en voir la suite, on se dit qu’à Lyon tout le monde n’avait pas compris …