Archive: Articles de Fond

Et voilà, le nouvel espace web est enfin (presque) prêt. En effet il s’agit d’ailleurs de l’ancien : http://www.dremm.net

Je vous le laisse découvrir bien que je n’ai pas encore eu le temps de le peaufiner : mes connaissances de CSS datent un peu mais petit à petit, ça revient.

Et je saisi l’occasion pour vous annoncer la sortie de la mouture définitive de la Route de la Liberté : Manifeste pour une Politique Démocrate, téléchargeable sur DREMM après enregistrement (43 pages, gratuit, bien sur).

Le lien est en bas de l’article que je vous ai recopié intégralement ici bas.

A bientôt, j’espère, sur les nouvelles pages.

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La démocratie que les européens ont hérité de l’époque classique et qu’ils n’ont cessé de faire évoluer au fil du temps me semble se trouver dans une période de transformation, je dirais même d’involution.

Les idéologies structurantes de l’espace politique du XXème siècle, ne semblent plus permettre aux citoyens de s’orienter dans le vaste nuage des idées politiques. Pire, ces mêmes idées semblent avoir tendance à perdre de clarté.

Notre démocratie nécessite d’idées claires : dans ce contexte, la recherche de positions hétérodoxes s’affirme de plus en plus. Et en l’absence d’offre politique crédible cela conduit facilement à privilégier la dimension personnelle à la pensée. C’est la raison du succès indéniable des néo-populismes, dont les manifestations les plus éclatantes sont à mon avis les trajectoires de Berlusconi, du défunt Kaczynski et de Sarkozy.

Avec tout le respect que je dois aux électeurs qui ont fait et font confiance à ces dirigeants, je trouve la dérive dangereuse. Et elle l’est essentiellement pour une raison : face aux problèmes, le vide des idées ne peut être remplacé par aucun charisme.

La Route de la Liberté se veut une contribution à la réflexion de fond et à la constitution d’une idéologie politique pertinente pour l’époque que nous vivons. Je partage volontiers avec vous ce « Manifeste pour une Politique Démocrate » dont voici la table des matières.

INTRODUCTION
Le constat initial
Les raisons d’une démarche idéologique

PARTIE I : LE SOCLE IDÉOLOGIQUE
Principes de Politique Démocrate
La Méthode Démocrate
Exemples de méthode appliquée (La fiscalité et la dette; L’éducation; La santé)

PARTIE II : LE DÉMOCRATE DANS L’ARÈNE POLITIQUE
Engagement politique et engagement partisan
Le démocrate et les autres familles politiques
Le démocrate et les droites
Le démocrate et les gauches
Le démocrate et les écologistes
Le démocrate et les centres

PARTIE III : ANNEXE NATIONAL
Quel parti, en France : opportunités, conditions, limites
L’Alliance Centriste
Alternative Libérale
Débout la République
Europe Écologie
Front National
Mouvement Démocrate
Parti de Gauche
Parti Socialiste (et affiliés)
UMP (et affiliés)
Résumé

CONCLUSION

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Je sors très épisodiquement de mon silence bloguesque pour relayer une pétition appelant à une recherche scientifique indépendante et à un moratoire sur le développement des OGM.

Je sais, les OGM sont censés apporter des réponses à des problèmes concrètes, par exemple de résistance aux parasites ou à la capacité d’utiliser moins d’eau, et en cela ils pourraient représenter des avancées importantes.

Je sais également, et en étant petit-fils de cultivateurs je ne peut vraiment pas l’ignorer, que la sélection génétique dans l’agriculture et l’élevage est une constante de l’histoire. Je ne saurais pas vous dire s’il existe une seule espèce végétale utilisée en alimentation de nos jours qui est « authentiquement » naturelle.

Le problème que j’ai avec les OGM n’est pas là. Et en réalité, je n’ai pas de problèmes avec les OGM : j’ai des problèmes avec les hommes qui sont derrière les OGM.

Cela me rappelle étrangement le débat sur l’amiante, tel que je l’ai vécu en Italie dans les années 80. Etudiant à 1400 km de chez moi, je prenais régulièrement des trains couchettes : les « drap » étaient tissus avec de l’amiante. Pour notre sécurité, bien sur. Au fin fond de la Calabre où je suis né, on a la culture de la conserve de tomate faite maison, mais il faut faire bouillir les bouteilles et les boites en verre pour en faire du sous vide : les protections qui étaient vendues dans le commerce, coupées aux ciseaux comme du tissu, c’était du néoprène enrichi à l’amiante. Là encore, pour notre sécurité.

Je n’en fait même pas une question de cupidité ou de mauvaise foi des entreprises. Simplement, je fais mienne cette conviction de Karl Popper que notre connaissance, pour étendue qu’elle soit, est toujours finie : par conséquent, notre ignorance, elle est forcément toujours infinie.

Je fais confiance à la science, mais confiance ne veut pas dire aveuglement. Tout comme faire confiance à des personnes nécessite d’en reconnaitre les limites, je pense que notre rapport à la « science », au « progrès », aux « vérités », il est malsain.

Mon ressenti est que sur les OGM on ne me demande pas de faire confiance mais de faire preuve de foi. La nuance, pour moi, est importante et je refuse de m’y plier.

J’ai donc signé la pétition et je vous invite à faire de même

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Il manque 90 000 signatures sur 1 million pour pouvoir déposer une
demande auprès de la Commission européenne. Si vous êtes intéressés,
merci de faire suivre au maximum de personnes de vos carnets
d’adresses!
_________________________________________________

La Commission Européenne vient d’autoriser la culture d’OGM pour la
première fois depuis 12 ans, contre le souhait des citoyens, et contre
l’avis de plusieurs Etats Membres !!!!!

La gouvernance européenne nous permet de déposer une demande
officielle auprès de la Commission, pour peu qu’elle soit soutenue par
un minimum de 1 million de citoyens européens. Aujourd’hui, et après 1
mois d’action, Greenpeace et Avaaz ont réussi à rassembler près de
860.000 signatures.

Voici le lien vers la pétition : ça vous prendra 30 secondes, nous
laissera peut-être une chance d’obtenir un moratoire au niveau
européen, et d’éviter l’entrée massive en Europe de cultures invasives
(elles menacent la biodiversité), potentiellement nocives pour notre
santé (de nombreux avis médicaux mettent en garde contre les
conséquences de la consommation d’OGM), potentiellement dangereuses
pour l’indépendance économique des agriculteurs (les semences sont
chères car brevetées, doivent être rachetées chaque année, et
demandent l’utilisation de produits spéciaux disponibles uniquement
chez les semenciers), et polluantes (contrairement aux idées reçues
ces cultures nécessitent l’utilisation d’énormément de produits
chimiques).

https://secure.avaaz.org/fr/eu_health_and_biodiversity/

Et surtout, si vous soutenez cette initiative, faites passer le message.

Merci.

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Les sondages sur les Présidentielles fusent, et ça ne sert à rien de rappeler que jamais, en tout cas à ma mémoire, un sondage à deux ans n’a donné une indication un tant soit peu précise de l’issue électorale.

Et, si l’on veut, cela est une très bonne chose qui ne met pas forcément en cause les instituts de sondage : deux ans, en politique, c’est très très long. Déjà qu’il paraît que 90 minutes sont longs à Barcelone … mais je m’égare.

Deux ans c’est long et beaucoup de choses vont se passer d’ici là, ce qui fera changer, probablement, l’orientation de l’opinion. Cependant, ces sondages donnent une photo à l’instant présent : c’est utile pour les challengers de voir quel retard doivent combler.

Le Figaro fait état d’un IFOP intéressant :

Sarkozy : 25 %

Aubry : 25 %

Le Pen (Marine) : 13 %

Duflot : 8 %

Bayrou : 7 %

De Villepin : 7 %

Mélenchon : 6 %

Besancenot : 3 %

Borloo : 3 %

Autres (mon calcul) : 3 %

Il y a là dedans deux candidatures auxquelles je ne crois pas, à des degrés différents : Borloo et De Villepin. En revanche une candidature Arthuis (ou similaire), même avec l’aval discret de l’Elysée me paraît à envisager. Cela pourrait d’ailleurs, par un jeu de flux musicaux, affaiblir légèrement Le Pen, mais cela reste à voir.

Ce qui est clair dans ce sondage (et dans les consultations électorales récentes) :

- Sarkozy s’affaiblit par rapport au 31 % de 2007 mais il ne s’effondre pas (on doit rajouter un deux points en provenance du sondage « Borloo » et deux points du « Villepin », à mon avis)

- Aubry est un challenger crédible, donc la candidature de DSK n’a rien de « naturel »

- Comme aux européennes et même aux régionales le démarrage des écologistes est faible. Mais ils ont deux fois sur deux réaliser des bonnes fins de campagne : un bon score n’est pas à exclure même s’ils ne semblent pas en mesure de challenger le candidat PS.

- Le FN « normalisé » de Marine Le Pen se nourrit de la crise à la fois économique et de confiance dans la politique

- Le MoDem est relativement mal en point. Ce qu’on savait déjà, par ailleurs.

Certes, il ne manquera point de personnes pour remarquer que Bayrou démarra à 6 % la campagne de 2007. Cependant, mes amis ferait bien de noter que depuis le MoDem a toujours fait moins bien que les prévisions des premiers sondages avec des fins de campagne en faiblesse.

L’espace politique semble, à regarder ce sondage, bouché. Et même si un « recentrage à droite » (ce qui reste à mon avis un oxymore) permettait de conquérir le consensus dont il est crédité De Villepin, on ne serait que aux quelques 12 % qui caractérisent des partis moyens, bons « perdants », dont la survie politique dépend du bon vouloir des « gros ».

Certes, les vicissitudes de nos voisins d’outre manche nous montrent que rien n’est impossible, même avec un système électoral extrêmement pénalisant. Mais penser que nous pouvons aisément reproduire ce sursaut démocrate serait illusoire. Car la conjoncture politique (ex. scandales divers) au Royaume Uni est différente qu’en France et parce que les Lib-Dems, cela fait des années et des élections qu’ils arrivent à avoir des élus nationaux et locaux en indépendance.

Et entre une « gauche » très droitière et une droite recroquevillée sur le passé, les « libéraux-démocrates » ont su, dans le temps, être porteurs d’une autre vision de l’économie et de la société britanniques.

Si nous voulons faire la même chose, nous devons être capables de soumettre le système politique, donc les citoyens, à un vrai électrochoc de contenus, de créer un nouvel espace. On en est loin.

J’espère comprendre rapidement si nous en avons envie.

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Bien.

La production du « Machin » touche à sa fin.

Il fixe une certaine vision de l’être démocrate. Il propose un ancrage idéologique clair, . Il montre avec simplicité un chemin pour avancer dans cette restructuration de l’espace politique qui est la raison même de mon engagement. Cette « Route de la Liberté » qui est évoquée dans le titre de ce « Manifeste pour une Politique Démocrate ».

Et, bien évidemment, en l’état, il reflète uniquement des convictions personnelles : l’humilité doit être d’autant plus grande que les projets sont ambitieux. Il se peut bien que je sois isolé dans la défense de ces idées. Cependant, non seulement je les défendrais même seul, car elles sont les miennes, mais il me semble que ce n’est vraiment pas le cas. Tout au plus, je pousse le raisonnement au delà de l’immédiat pour en montrer la cohérence et la puissance.

Cela dit, maintenant que c’est fait, ce texte perd d’importance au profit d’une question plus opérationnelle : qu’est qu’on va en faire ? J’ai ma petite idée la dessous mais votre opinion m’intéresse. Que vous ayez reçu le texte ou pas.

Alors, sondage.

Il fixe un cadre idéologique qui donne du sens à l'altérité par rapport aux autres partis et mouvances, offrant des critères précis de choix public. Quel usage en faire ?

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DILs

à suivre …

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Tout d’abord, merci à tous ceux qui ont eu le courage de lire le tout premier jet de « La Route de la Liberté » et qui m’ont fait part si bien de remarques positives que de critiques et suggestions. J’ai reçu uniquement des commentaires constructifs et, jusqu’à présent, personne ne m’a demandé de l’enlever de la liste d’envoi. Je considère ces signaux comme positifs, notamment dans la conjoncture actuelle, rude pour les démocrates, qui est hélas un moment propice aux tireurs de couteaux, de préférence dans le dos, et professionnels de la guillotine à horologérie.

Je veux le dire avec sérénité et une grande clarté, le problème principal du Mouvement Démocrate n’est pas un problème organisationnel ni un problème de leadership. C’est un problème politique. Nous avions un socle conceptuel constitué par celle que j’appelle la méthode centriste, c’est à dire le rassemblement de gens différentes pour aboutir à un compromis plus élevé que les positions de départ. Nous étions riches de nos différences. Nous avions une ambition, celle de faire de la politique « autrement », idée sur laquelle sept millions de Français nous avaient demandé de continuer à travailler. Pour préciser, peaufiner, rendre concret au service de l’ensemble des citoyens. La route semblait être tracée. Et elle, l’était.

Cependant, cet « autrement » n’a jamais pu se concrétiser. Le sens de cet « autrement » n’a pas pu être défini. La structuration idéologique d’une voie alternative aux approches aussi inadaptées que dominantes n’a jamais vraiment été affrontée.

Et à la fin, même la méthode a été oubliée. Parler avec des gens issues de la gauche, alors que le dialogue devrait être dans les gènes « centristes », a été vu comme un ralliement. Parler avec des gens issues de la droite, comme une trahison de la démarche démocrate. Et tout ce beau monde de parleurs et vierges effarouchées a oublié le fondamental : qu’on avait reçu un mandat par les électeurs pour construire quelque chose d’utile. Trop pris dans des calculs de rassemblements de partis, il ont oublié que le vrai rassemblement  en politique est celui du corps électoral au sein d’une proposition cohérente.

Peut-être le groupe dirigent porte une responsabilité. C’est probable. Mais si quelqu’un pense que c’est en coupant des têtes qu’on va répondre aux attentes de ces sept millions de personnes envers lesquelles nous avons une responsabilité, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude, comme dit si bien l’adage populaire.

Comme vous le savez, j’ai décidé de proposer une vision globale de ce qui est, pour moi, une politique démocrate. C’est une démarche purement idéologique, je l’assume. Et elle ne se limite pas au Mouvement Démocrate, ni à l’espace strictement français. C’est ambitieux, très certainement. Si c’est aussi un péché d’orgueil, l’avenir le dira.

Demain, le MoDem va avoir un Conseil National qui s’annonce rugueux. C’est pour éviter toute confusion avec ce qui en ressortira que je vais envoyer à la liste de distribution, ainsi à tous ceux qui en feront demande à l’adresse skeptikos [at] dremm [point] net, la deuxième version de mon texte. Dès ce soir. Ou cette nuit.

Un peu plus longue que la précédente, elle y gagne en clarté et en simplicité de lecture. Une structuration en paragraphes relativement indépendants a été aussi mise en place afin de favoriser l’extraction de fiches. En revanche, la relecture formelle n’a pas encore pu être faite, ce qui entraine très certainement un nombre conséquent de fautes et quelque lourdeur résiduelle.

Voici la structuration en paragraphes en l’état actuel :

  • Le constat initial
  • Principes de Politique Démocrate
  • Les raisons d’une démarche idéologique
  • Les démocrates et les droites
  • Les démocrates et les gauches
  • Les démocrates et les écologistes
  • Les démocrates et les centres
  • La méthode démocrate
  • Exemples de méthode appliquée : la fiscalité et la dette
  • Exemples de méthode appliquée : l’éducation
  • Exemples de méthode appliquée : la santé

    J’espère que la lecture vous sera agréable et que cette réflexion, avec les autres qui sont en cours, puisse remettre le débat dans la direction d’une reconquête du sens de la politique

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    Taxe carbone.

    C’est un sujet duquel j’avais discuté longuement au sein des Commissions du MoDem avec mes collègues de Cap21 notamment. J’ai toujours trouvé cette taxe une très mauvaise idée et l’évolution de mes travaux de recherche en matière d’économie et développement me confortent dans cette évaluation.

    Par conséquent, et même si je suis conscient que le retrait de la taxe ne correspond nullement à une réflexion aboutie mais à une simple exigence de donner quitus à un électorat présidentiel en perdition, je salue cette décision.

    En effet, l’idée de la taxe carbone est simple : la pollution étant une sorte de « produit », plus son prix est élevé moins sa consommation est forte. C’est ce que les économistes appellent la relation inverse prix/quantité, ce qui donne une courbe de demande (et pas une demande) inclinée négativement. Dans ce contexte, taxer serait logique. Bien que, à la rigueur, l’objectif d’une telle taxe est de produire un encaissement nul puisque les comportements auraient été modifiés.

    Ce raisonnement souffre de trois énormes biais, à mon sens. Pour les montrer de façon aisément compréhensible je me cantonnerai à l’exemple des déplacements des personnes physiques.

    Le premier biais, tient à la réactivité de la demande à la variation des prix, ou, pour être un brin plu technique, à l’élasticité de la demande. Si elle est forte (la courbe de demande est relativement plate), une faible augmentation du prix induit un forte baisse de consommation : une petite opération fiscale induit un résultat tangible. Or, la demande de produits pétroliers pour déplacements est extrêmement rigide. En effet, que l’augmentation du prix vienne de la taxe ou des conditions de marché, l’effet est strictement le même : les statistiques USA relatives au nombre de kilomètres parcourus pendant la flambée du prix du pétrole (non amorti par effet de change) montrent une corrélation assez faible. Si ma mémoire est bonne (pas le temps de chercher le bon lien) avec un pétrole qui monte de 30 à 150 dollars la baisse des kilomètres a été de 10%. La demande est rigide, la taxe, inefficace.

    Le deuxième biais explique en réalité le premier. La relation négative prix-demande tient aux postulats de la microéconomie néoclassique. Une partie de mes travaux vise, justement, à montrer que ces postulats sont inadaptés à la lecture de notre monde. La parfaite liberté de choix, postulée par la théorie, ne correspond pas à la réalité. Autrement dit, les choix de transport sont largement contraint, à un moment fixe. Certes, des initiatives d’aménagement territorial, de développement de formes de transport en commun, d’actions sur la localisation des entreprises et l’adoption de méthodes de travail différentes, à la limite même repenser les schémas d’urbanisation de l’espace, peuvent modifier ces contraintes. Et il y aurait très certainement un débat important à avoir sur toutes les relations villes-campagnes. Mais tout ça, n’a rien à voir avec une taxe. L’efficacité de la taxe implique la liberté de choix. Qui est absente. D’où la rigidité de la demande. Donc, en plus d’un opération inefficace, l’introduction de la taxe carbone aurait contribué à réduire l’espace de liberté (au sens de Sen) des populations affectées, ce qui revient, dans mon modèle, à un développement négatif.

    Enfin, est c’est quand même étonnant que cela soit si peu dit, une sorte de taxe carbone, en France, existe déjà (la TIPP). Et compte tenu du fait que toute la filière électrique était exonérée …D’ailleurs, l’exemple de la TIPP montre bien comment la réactivité de la consommation aux variations de prix est négligeable : qui, sauf les passionnées, savent combien de TIPP est versée par litre de gazole ou d’essence ? Le « grand public », qui autre n’est que les citoyens susceptibles de payer la taxe, « payent le prix ».

    En conclusion et pour résumer, je reste persuadé que la réduction de l’émission de polluants (pas uniquement de CO2 d’ailleurs) est une vraie priorité, car c’est un levier important pour augmenter l’espace de liberté des citoyens. Mais je considère la taxe un instrument inefficace, donc inutile et pernicieux.

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    Il paraît que l’enseignement principal de ces élections régionales consiste dans la dénonciation du monolithisme de l’UMP sarkozyste. Remaniement oblige, on donne visibilité aux chiraquiens et même aux villepinistes. On en appelle à la pluralité de la droite. On évoque l’étouffement et l’oubli des électeurs de centre-droite, où il se trouverait un « boulevard politique ».

    Cela serait même convaincant si une petite rengaine umpiste ne faisait de la résistance dans mon oreille de sceptique : je me souviens de nombreuses voix, à l’UMP, qui râlaient car les listes faisaient la part trop belle aux « centristes » et à l’ouverture.

    Alors, un peu chafouin, j’ai voulu vérifier quelque donnée. Prenons Valérie Létard. Avec 25,9 % elle ne se détache pas vraiment de Marine Le Pen (22,2 %). Et le PS (avec alliés rouges et verts) vole au delà des 50 %.

    Vous me direz, le Nord, c’est un peu spécial. Très bien. Parlons Pays-de-Loire. Christophe Béchu est quelqu’un qui sait travailler avec les « centristes » : un nom pour tous, Laurent Gerault, ancien candidat MoDem aux européennes, président départemental dans le Maine-et-Loire, longtemps pressenti pour conduire la liste orange avant de se désister, était son colistier aux municipales d’Angers où le score fut très serré. J’ai cru comprendre également que les relations avec Arthuis ne sont pas mauvaises.

    En Pays-de-Loire, pas de triangulaire : le PS l’emporte dans tous les départements. Très largement dans le 44 de Jacques Auxiette. Mais aussi dans le Maine-et-Loire de Gerault, dans la Mayenne d’Arthuis, dans la Sarthe de Fillon (très largement), dans la Vendée (d’extrême justesse) de De Villiers.

    Je ne fais que prendre deux exemples et j’avoue volontiers ne pas connaitre tous les « centristes et modérés de droite » qui se présentaient comme têtes de liste à ce scrutin.

    Mais il me semble que les résultats nous laissent deux seules interprétations possibles. La première est que l’électorat de « centre-droite » est, à présent, relativement marginal. La deuxième, est qu’il ait choisi massivement l’abstention et en manière plus importante que les autres familles politiques. C’est bien possible mais peu probable : on parle d’un électorat modéré, qui est marqué par le sens du civisme. On est loin de l’avatar du contestataire et du poujadiste qui s’abstient par refus de la politique et des politiques.

    Certes, il y a, parmi les gens de droite, des déçus du sarkozysme. Et, de façon ponctuelle, cela peut être une cible électorale. C’est d’ailleurs ce que Sarkozy a fait avec succès vis à vis des déçus du FN lesquels, il est utile de le rappeler ce sont des citoyens comme tous les autres même si leurs idées ne nous conviennent pas. Face à un électeur qui a vécu l’impossibilité de gagner une grande élection (2002) et le florilège de chamailleries internes qui ont suivi les régionales de 2004, Sarkozy était un recours. Ponctuel. Et cela a marché. Mais, et les défaites successives du projet sarkozyste (y inclus les européennes) sont là pour montrer qu’on ne bâtit pas dans la durée en capitalisant sur la déception des autres.

    La gauche devrait s’en rappeler, en regardant ses scores. Les écologistes en particulier.

    Mais la leçon est à retenir d’abord par les démocrates : c’est eux qui ont jeté dans la mare cette « politique autrement ». Des millions de personnes y ont cru. Ne pas offrir une vraie voie, une voie capable de devenir la première, serait, est et a été irresponsable.

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    C’est Nicolas que me le dit dans un commentaire à un billet précédent. Et vu comme ça, difficile de le contredire.

    Dans bon billet je rappelais mon intention de mettre un terme à mon « engagement militant » fin 2011. Et je maintiens.

    Contradiction ? Non, car tout engagement n’est pas militant. Voyons si j’arrive à m’expliquer.

    Tout d’abord une prémisse : je crois aux partis politiques. Même s’il est de bon aloi de taper sur les partis (et parfois le méritent) leur rôle reste important. Si ces structures remplissent leur fonction correctement, c’est au sein des partis que les idées se confrontent dans une première bataille qui a pour fonction de sélectionner les plus robustes pour les soumettre au corps électoral. De même, les partis sont une arène qui sélectionne les personnes qui vont incarner ces idées. C’est un aspect dur de la politique, mais néanmoins nécessaire : la sélection devrait (le conditionnel est indispensable) assurer les citoyens qu’un guignol quelconque ne puisse pas, que dis-je, avoir la main sur la puissance atomique.

    Certes, les partis aujourd’hui remplissent leur fonction de manière largement imparfaite : le monde tel qu’il est n’est pas le monde aseptisé des théories. N’empêche que ces structures ont une fonction qui leur est propre et que la déliquescence des partis n’est pas positive pour le fonctionnement démocratique.

    Cela dit, si j’ai décidé de revenir aux militantisme après quelques années de pause à cheval de mon arrivée en Bretagne, c’est que j’ai cru, et je crois encore, que mon parti, le Mouvement Démocrate, est le meilleur instrument pour parvenir à la restructuration de l’espace politique, dépassant les concepts de gauche et droite (et dérivés), pour donner des réponses pertinentes à la demande de sens de l’action politique qui est portée par les citoyens. Cet engagement militant, trouvera une fin. Soit l’instrument aura été capable de répondre à mes attentes, soit pas.

    Dans le cas positif, je pourrai faire un pas en arrière laissant à d’autres le soin du pilotage de l’outil. Chacun son job et personne ne pourra nier le fait que je sais faire grandir des équipes autour de moi, là où la normalité en politique c’est la stratégie du baobab : le désert autour. Moi, je suis d’une autre paroisse.

    Dans le cas négatif, la chose est encore plus simple : si l’outil s’avère inefficace, on essaie une, deux, trois fois. Après on le met à la poubelle. Si ça sert à rien … ça sert à rien.

    Ce que je n’arrêterai pas de faire, c’est de produire de la pensée politique, d’avoir une vision politique et de la partager. C’est ma nature. Et cela reste un engagement. Mais ce n’est pas forcément militant. Car, quand on se positionne au niveau des idées, le célèbre aphorisme de GB Shaw prend toute sa puissance.

    « Si j’ai une pomme et toi t’as une pomme et qu’on s’échange les pommes nous avons toujours une pomme chacun. Mais se j’ai une idée et toi t’as une idée et qu’on s’échange les idées, maintenant nous avons deux idées chacun. »

    Voilà, pas sur d’avoir été très clair cependant …

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    Cette nuit, j’ai envoyé le premier jet de mon « machin » à quelque personne dont j’ai les adresses électroniques. Je vous rend publique le texte du mail.

    Bonsoir à vous tous. Vous êtes relativement nombreux à recevoir ce premier jet de document. Je sais, il est truffé de fautes et il est un peu lourd à lire. Mais je tenais à que vous en preniez connaissance dès sa première rédaction. Je suis à l’écoute de critiques, observations, remarques, exigences de clarification. Le but de ce document, dans la lignée de mon engagement de toujours, est de contribuer à la construction de l’édifice. Il m’est avis que nous souffrons d’une faiblesse idéologique certaine, masquée à nos yeux par notre être déjà acquis à la cause. Nous parlons avec trop de mots, trop de références, trop de plaisir à contempler notre intelligence. Par ailleurs, ce sont des défauts que ce premier jet de texte présente aussi. Je suis conscient du travail supplémentaire que je dois lui dédier. Cependant, je ne m’adresse pas à des simples électeurs. Je m’adresse aux personnes, à mon sens, de plus grande qualité dans mon carnet d’adresses. Et je leur propose de remplacer la pluralité de mots et d’expressions, souvent illisibles pour l’électeur, qu’on a essayé de porter, par la plus riche, profonde et noble des paroles de la politique : la liberté. Merci à vous de l’écoute et des réactions.

    Il y existe des blogueurs de qualité et que j’imagine intéressés dont je n’ai pas les adresses. S’ils souhaitent être tenus au courant, il suffit de m’envoyer un mail à l’adresse :

    skeptikos [at] dremm . net

    Dans cette première phase, je me réserve de limiter l’envoi du texte à ceux qui, par leurs écrits et prises de positions, peuvent se reconnaître dans la démarche authentiquement démocrate qui est la mienne. Je n’en fais pas une question partisane : je me contrefous pour quel parti les gens ont voté dans leur histoire. C’est leur histoire, c’est leur chemin. Le chemin qui les a conduits à leur positionnement actuel. Et je sais, par mon histoire personnelle, combien le parcours de maturation politique peut ne pas être linéaire.

    Simplement, je demande à ceux qui se sentent bien dans une autre démarche partisane, de respecter le travail qu’on essaie de monter, car il y aura tout le temps de discuter, mieux se de manière conviviale, une fois le document arrêté dans sa formulation définitive.

    Merci, et bonne liberté à vous tous.

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