Archive: Articles de Fond

Prémisse qui devrait être inutile : le nom des leaders politiques pris pour référence sont à considérer comme des avatars de positions idéologiques plus générales et non comme des références strictes à la personne citée.

La démarche « à la DCB » (devrais-je dire à la « EE », d’ailleurs), s’appuie sur idée ancienne mais toujours efficace : la valorisation des corps intermédiaires, notamment les réseaux associatifs et les réseaux spontanés (comme les « réseaux sociaux ») de passionnés thématiques dans une démarche de « rassemblement ». Si l’approche « Duflot » vise la construction d’un monde « souhaitable » (et souhaité), pure approche constructiviste pour utiliser la terminologie d’Hayek, celle « DCB » prône l’émergence d’un monde « possible ». Le passionné de politique (pas de l’actualité politique, nuance) notera une certaine ressemblance avec les démarches « centristes » d’avant 1989 : face à des maximalismes (deux avant 1989, trois maintenant avec l’orthodoxie verte), on s’appuie sur le mythe de la « société civile » opposé à la « société incivile », c’est à dire aux politiciens définis avec un certain mépris « de profession ». Les associations écologistes dans le même rôle des association d’entraide catholique des années 50.

D’ailleurs, Daniel Cohn-Bendit, en homme intelligent et fin connaisseur de la chose politique (le fait qu’il joue et même sur-joue au clown c’est pour mieux cacher son jeu et entretenir une fausse aura « de proximité ») ne s’y est pas trompé. D’abord ciblant le MoDem aux européennes (il y a un passé avant les faits médiatiques, suffit de reprendre les archives des journaux), puis essayant de piloter un rapprochement avec tant de piques au « sectarisme latent » des verts, enfin, face aux mauvais sondages des oranges, la tentative de porter un coup de grâce définitif avec son lot de perspectives laissées miroiter à certains et de petites phrases (les « déchets radioactifs », à titre d’exemple).

Simplifiée par un ancrage qui paraît naturel « aux centre-gauche », en alliance/compétition avec le PS, la posture peut être intéressante, à des fins électoraux. En quelque sorte, je crois qu’il n’est pas abusif de définir EE comme l’UDF du PS. La politique est une question de logique, avant d’être une question de personnes, même si la largissime majorité des personnes impliquées en politique n’ont pas le niveau pour le comprendre.

Cette démarche, à mon avis, représente une double impasse. Premièrement, c’est une démarche faible en termes de structuration de pensée : seule une pensée non structurée peut être assez souple pour accueillir la diversité de vision sectorielles, relativement décousues, émergentes du contexte relativement anarchique du « terrain ». L’environnement comme évidence, comme postulat, comme plus petit ressenti commun dans la fonction de liant faible. Tout le monde s’y sent à l’aise mais on n’a pas d’authentique « vision du monde ». On se limite à reproduire le questionnement des citoyens en lieu de l’interpréter. On renonce à la politique.

D’ailleurs, tenir Eva Joly et José Bové, cela demande une certaine … souplesse intellectuelle.

Ensuite, comme toute démarche de compromis, elle hérite des faiblesses des approches « pures », dans ce cas écologisme orthodoxe et socialisme. Sur le premier je me suis déjà exprimé, sur le second je crois qu’il en est nullement besoin.

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Prémisse qui devrait être inutile : le nom des leaders politiques pris pour référence sont à considérer comme des avatars de positions idéologiques plus générales et non comme des références strictes à la personne citée.

Il s’agit, histoire oblige, d’une vision de l’écologisme très structurée et je partage l’avis de Toréador quand il affirme qu’on est en présence d’une idéologie qui se veut globale et qui est susceptible de remplacer, à terme l’idéologie socialiste dans son rôle politique. Cependant, elle reste ce que j’appelle « une impasse ». Et contrairement à Alec, j’estime que c’est impasse est idéologique alors que, avec un peu de maîtrise et de capacité d’anticipation, elle peut trouver un consensus électoral important.

J’aime les paradoxes, alors permettez moi de faire mon Socrate.

Je pense que tout écologiste « orthodoxe » sera d’accord avec moi si je dis que le capitalisme est une impasse, ce dont je suis radicalement convaincu. Par conséquent, se je peut montrer que l’écologisme partage les mêmes défaut de l’idéologie capitaliste, il devrait (noter le conditionnel, la foi ne se discute pas …) convenir qu’il s’agit d’une voie sans issue.

Or, les deux, vise à imposer un modèle de comportement universel, ce qui va à l’encontre de la simple diversité humaine (cf. l’œuvre d’Amartya Sen) : elles sont donc deux idéologies de conflit, qui portent en eux les germes de la théorisation de la domination d’une élite visionnaire sur les masses ignares. Il s’agit de deux visions du mondes potentiellement totalitaires. L’histoire nous apprend que toute approche de ce type s’est heurtée, tôt ou tard, à des formes de rébellion, plus ou moins violentes, par cause de leur incapacité à reconnaitre les besoins politiques.

Les deux, et c’est une conséquence directe de ce qui est plus haut, privilégient le mécanisme à l’humain. La croissance au prix des formes modernes de servage. L’optimisation énergétique des comportements au prix de la réduction de l’homme à un producteur d’entropie.

Les deux, est c’est rédhibitoire dans le regard d’un pyrrhonien comme moi, ne laissent aucune place au doute. Il n’y a que des vérités, que des certitudes. La terre est plate. Elle est au centre de l’univers. Je me suis trompé de millénaire ? Oh que non, hélas ! Ipse dixit, c’est toujours et plus que jamais d’actualité. Et pourtant, elle tourne.

Dans leurs versions « pures », tant le capitalisme que l’écologisme (et on pourrait bien sur élargir au socialisme et toute autre idéologie de domination) représentent des obscurantismes. Et le fait qu’il s’agit d’un obscurantisme à la mode, n’y change rien : même l’Inquisition espagnole fut populaire en son temps.

On me répondra : mais l’écologisme, c’est le durable, tout est pris en compte ! Je ne suis pas d’accord et j’espère que les ayatollah divers me laisseront la liberté de ne pas être, mais alors pas du tout, convaincu.

Ceux qui affirment ça, connaissent, je crois, mal le capitalisme. A l’échelle idéologique il y a un postulat : l’important, c’est le « plus », identifié avec le domaine économique. Tout le reste, n’est pas négligé. Il est tout juste subordonné logiquement à l’économique. Ainsi, le social et l’environnemental sont aspiré dans l’économique. Le « durable », dans cette vision, se fond dans l’économique. Tout comme dans l’ouvrage de Marx, par ailleurs, où la société n’est que superstructure. Une crèche d’entreprise ? C’est bon pour la productivité. Un système de santé performant ? Ça limite les absences. Les algues vertes ? Un problème pour le tourisme et la valeur du foncier.

L’écologisme propose strictement le même chemin, mais à partir de l’environnement, qui devient le pivot de toute la construction intellectuelle. L’équilibre nécessaire entre les trois volets pour parvenir au durable est rompu avant même d’exister. Avec une faiblesse supplémentaire pour l’écologisme : là où le capitalisme laisse l’illusion de la liberté par le biais d’une certaine utilité immédiate, l’écologisme nécessite d’une perspective plus à long terme. Par conséquent, se devant de guider les masses ignares vers des « destins merveilleux et progressifs », il se tourne naturellement vers des mécanismes de planification qui ont fait la preuve de leur échec.

Capitalisme et écologisme sont identiques, dans leur logique, bien qu’appliqués à des objets différents. Ils partagent donc la même nature : il ne sont que des impasses.

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Il y a quelques jours, Toréador sortait un billet, écrit avec talent comme souvent lui arrive, au titre titilleur : Désir de Rupture n°26 : l’écologisme alternative au socialisme ? Je vous en conseille la lecture, si par aventure vous l’aviez raté, il y a des éléments de réflexion fort intéressants. Ce qui n’implique pas que je partage l’avis de mon illustre blogo-collègue.

Mon opinion, je me cite, est que : « De mon point de vue, l’écologisme est une impasse car il ne saisit pas la nature profonde des enjeux. En revanche tu as raisons quand tu remarques une certain dogmatisme, ce qui est par ailleurs la meilleure prémisse de la radicalité et de intolérance. » Joies du débat, Alec (c’est le site qu’il met en lien aux commentaires) me pose (deux fois) une question pertinente : c’est quoi la nature profonde des enjeux ? Je soupçonne  Alec d’être moin « à blanc » de ce qu’il veut faire croire, mais sa question demeure pertinente. Alors, hop, on répond.

Je fais de la politique car je crois que la politique a un sens. Je crois que le sens de la politique est d’interpréter les demandes que les acteurs de la société (personnes, entreprises, corporations et  groupes de pression, et ainsi de suite) lui adressent, de les lire dans le contexte spécifique et d’y apporter des éléments de solutions qui dépassent le stricte intérêt particulier de l’acteur pour s’insérer de manière cohérente dans une vision d’intérêt général (oui, c’est une formulation vague et imprécise mais si vous voulez un traité, je vous fais un devis du temps d’écriture). Je crois également que cette « vision » ne peut que reposer sur une pensée, une idéologie si vous êtes plus à l’aise avec ce terme, capable de rendre cohérents les différents aspects de la prise en compte des problèmes. Je crois que cela est nécessaire, à la fois, pour stimuler l’adhésion aux proposition et pour permettre au plus grand nombre de s’approprier la démarche. Qui ne peut être que « positive », une démarche où « tout le monde » trouvera son compte en vertu de cette cohérence interne et externe de la pensée.

Je crois que, en tout cas pour le niveau d’approfondissement permise par un blog, dire que cet aspect profondément humain (je n’aime pas le terme humaniste, j’en parlerai peut-être une autre fois) de la démarche politique, cette ambition de permettre à chacun de trouver, librement, sa place dans une vision de société, constitue la « nature » des enjeux. L’Homme est mesure de toutes les choses … (Protagoras) e rien ne peut être appréhendé sans une mesure, fut-elle incommensurable.

Voilà pour qui est mon avis sur la question spécifique. Mais je remercie Alec car il me donne l’occasion d’aller plus loin et d’expliquer pourquoi, malgré des valeurs personnels et intimes qui me rendent extrêmement sensible aux thématiques environnementales, je crois que l’écologisme est une impasse politique. Dans quatre courts billets à venir j’essaierai de le montrer par une brève critique de quatre grandes approches, identifiées par quatre leaders politiques qui les incarnent : Cécile Duflot, Daniel Cohn-Bendit, Corinne Lepage, Jean-Luc Benhamias.

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Anticentrisme

Bob a raison : la campagne du MoDem fait les gros titres. Le « centriste réfugié dans la majorité » semble tiraillé entre la joie de voir le « sacrificateur de centristes » mordre un peu plus la poussière et la tristesse de savoir, car il sait être lucide, que la saison politique du centrisme est, encore un peu plus, révolue. Car c’est bien là, en tout cas c’est mon avis, la source même de la grandeur et de la décadence du Mouvement Démocrate. Je sais bien que d’autres collègues blogueurs pour lesquels j’ai de l’estime sont foncièrement en désaccord avec moi. Je respecte leur opinion mais je crois avoir une analyse plus juste de la situation.

Les passionnés de philosophie y verront une certaine analogie avec la dialectique hégélienne : quoi de plus normal dans un espace politique toujours structuré, bien que de plus en plus faiblement, par des formalisations intellectuelles qui appartiennent essentiellement au XIX siècle ?

François Bayrou, pour lequel j’ai de l’estime, avait, je le crois, bien saisi les dérives droitistes et gauchistes des comportements de la classe politique française, celle-ci s’inscrivant dans un processus de portée internationale. En effet, après l’âge des « compromis », qui s’est traduit en Europe par une majorité des gouvernements « centristes », au moins dans les pays démocratiques, l’âge de l’affrontement revenait en force. Face à la radicalisation de l’espace politique, le ni-ni, la résistance, devenait la seule option de bon sens. Mais François Bayrou, qui a, je le répète, mon estime, n’a pas vu toutes les implications de son intuition, qui demeure juste.

Pour comprendre cela, il faut revenir aux racines de l’électorat centriste. Centriste a voulu dire, depuis 1946, ni fasciste, ni communiste. Souvent (Italie, Allemagne, France) cela a pris les formes de la démocratie chrétienne. Parfois (Pays nordiques), celle de la social-démocratie. D’où la dichotomie entre le « centre-droit » et le « centre-gauche ». Et, en définitive, l’explosion du « centre », si bien symbolisé par l’éclatement de la DC italienne suite aux scandales de 90-91, suivant de façon peu anodine la chute du mur de Berlin (89).

Sortie du cadre contraint par la guerre froide et influencée par les théoriciens du conflit (Tatcher, Reagan), la droite européenne s’est « décomplexée » : Berlusconi (1994), Aznar (1996), Sarkozy (tardif, 2007) en sont des exemples connus, sans oublier le couple Kazynsky & Kazynsky en Pologne (2005). Cela a vidé de sens le côté « droit » du centre : le hold-up de Chirac sur l’UDF en 2002 et la naissance du Nouveau Centre en 2007 rentrent dans cette logique. En même temps, les forces « socio-démocrates » restent engluées dans leur intellectualisme excessif qui les rend otages des composantes plus radicalement « de gauche » au fins électoraux. Les tiraillements du PS en France ou l’échec du projet du Parti Démocrate en Italie porté par Walter Veltroni, montrent cette dynamique perverse. Privé d’espace de médiation entre gauche et droite par la seule volonté de la gauche et de la droite, le centre que j’appellerai « historique » n’a plus de sens politique : il doit choisir un camp, dans l’espoir (très mince, l’UMP et le PD l’illustrent bien) de le modérer.

Mais, alors, qui a voté Bayrou en 2007 et qui s’est reconnu, au moins un temps, dans le Mouvement Démocrate ? Mon opinion, testée et corroborée par les comportements de l’électorat populaire et des militants, est que le clivage gauche-droite est de moins en moins pertinent face aux besoins et aux aspirations exprimés par le corps électoral. Il y a une vraie demande de « autrement », un « autrement » de fond, pas uniquement de casting ou de méthode. En effet, il y a eu (et il y a) une authentique demande de dépasser le centrisme. Et c’est parfaitement normal et logique : le centrisme ayant été, dans les faits, une architrave lancée entre la droite et la gauche de dialogue, il ne peut que s’effondrer suite à l’effritement des piliers sur lesquels il reposait. Ainsi, pour une offre qui se perçoit toujours « centriste », il y avait (et il y a, c’est mon pari) une demande « anticentriste« , du « ni-ni-ni », si on veut.

La frustration de cette demande qui se perçoit comme trahie, se traduit en refus de la politique et, en définitive, dans un affaiblissement de notre niveau de civilisation. C’est une demande qui appelle des réponses, des réponses responsables, des réponses structurantes. C’est une demande qui appelle une pensée, une idéologie dans laquelle se reconnaitre. Cette idéologie, cette réponse, ne peut pas être « centriste », pour les raisons déjà évoquées.

Cependant, elle ne peut naitre sans un héritage que seul le centre a su porter dans l’histoire de la pensée politique : la capacité de doute, de remise en question. Hier, c’était le doute face aux vérités absolues des dictatures de tout bord. Aujourd’hui ça doit être la capacité de réinterpréter le monde et notre rôle dans le monde. La demande politique nous demande, Hegel doit en sourire, une synthèse.

Centriste – Anticentriste – Démocrate.

C’est un travail de longue (très longue) haleine, et j’espère que les gens de qualité qui sont tentées par le désengagement face « aux gros titres » et aux dérapages divers, sauront mettre tout cela en perspective, bien que le quotidien puisse être lourd de désillusions. Au delà d’un tel ou d’un tel, il y a les citoyens. Qui c’est nous. Qui c’est nos enfants. Je serai peut-être naïf sur ce coup, mais c’est ma vision des choses.

Sur cette synthèse à venir, j’ai des idées. Je les crois bonnes et pertinentes. Normal, je les aurai abandonnées si ce n’était pas le cas. Cependant, j’applique à moi même les méthodes que je propose. Je suis conscient du fait que je peux avoir tort. Et, de ce point de vue, le fait que le MoDem porte, chez moi, une liste résolument « centriste » (Bretagne au centre), m’intéresse. Si mon analyse est juste, sa seule force sera la force (résiduelle) des réseaux des candidats. Si je me trompes et demande politique « centriste » il y a, alors les scores seront plus importants.

En tout cas, les choix, bons ou mauvais peu importe, ayant été faits, il sera intéressant d’avoir une campagne sereine, dans le respect des divergences d’appréciation, pour avoir des données électorales fiables à analyser et à comprendre.

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Ca tangue de partout !

Le rideau se lève, musique électro, atmosphère orange.

Dans cette période presque électorale, il est toujours agréable de lire la presse. Prenez, à titre d’exemple, le titre très sobre de celui qui fut le « quotidien de référence » : Défections en chaîne au MoDem. Très sobre, vous en conviendrez. Je me demande si on ne frôlerait pas une pignouferie, par hasard. D’ailleurs, le principe même des chaînes est de taguer les suivants : aller, monsieur X, qui taguez vous pour poursuivre la chaîne des défections ? Bref, pas sérieux. On va gagner l’Aquitaine, faire un score en Bretagne, créer la surprise en Ile de France, saloperie de défaitistes !

Scène deux. Quelqu’un assis dans un fauteuil, dos au public. Sur une télé passent des images de hièrarches nazistes faisant la fête alors que Berlin est presque détruite. Une fiction, probablement. L’homme assis réfléchit à haute voix.

Ces jours-ci, la campagne pour les régionales commence. Ou devrait commencer. Je ferai mon devoir de militant mais le cœur à l’ouvrage, l’enthousiasme n’est pas là. J’ouvre cette magnifique fenêtre sur cour qui est internet et je vois des gens rêver de scores importants, d’indépendance, d’élus. Combien parmi eux ont sorti la tête du guidon, regardé la réalité en face ? On avait une occasion historique de changer le système politique. On n’a pas été à la hauteur. Ça tangue de partout et personne ne tient la barre. La mutinerie règne dans un tourbillon qui aurait ravi Gorgias. Encore heureux, on est en haute mer, peu de risque qu’on se fracasse sur les rochers, bien que des naufrageurs bien intentionnés ont déjà allumés leur lanternes. Et, entretemps, il y en a qui dansent …

Épilogue. Une vieille servante balaye le sol, plein d’assiettes et verres cassés

Regardez-moi ça, quel gâchis ! Je vous le dis, ces gens là n’ont aucun sens du travail, de l’effort. Même pas de la décence. Ils s’en fichent, je vous dis ! Il a fallu de l’argent pour acheter tout ça (montre le bazar au sol), plein de sous ! Sans parler du travail pour les fabriquer, le stocker … le nettoyer, ces assiettes, pardi ! Des couverts en bois, qu’il mériteraient, et bien appuyés sur leur tête de mule … (elle s’assoit) On n’a plus aucune assiette désormais, pensez vous qu’ils vont en acheter ? Bien sur que non, casser, ils aiment mais mettre la main à poche … non, quelqu’un d’autre (fait signe avec l’index vers sa poitrine) devra s’en charger. Je sais, je sais … ils ne méritent pas ça. Mais moi, je veux pas me passer de bouffe pour les priver de jouets … En revanche, les priver de mains … (elle sort agitant son balai comme une épée)

Rideau

Voter !

(Versione italiana più in basso)

Je n’ai jamais aimé la Saint Valentin, et le faux billet d’hier en est une bonne illustration. Cependant, c’est une bonne occasion pour partager un message : l’amour, ça compte.

L’amour pour un autre être, bien sur.

L’amour pour ses enfants.

L’amour pour soi même.

L’amour pour la vie.

L’amour pour ses idéaux.

L’amour pour un souvenir.

L’amour pour la bonne bouffe et le bon vin (ou la bonne bière).

L’amour de l’amitié.

L’amour pour un paysage.

L’amour pour un accord mal gratté sur la guitare.

Tout ça, ça compte. Parce que, comme dans le refrain de cette chanson : « connais-tu un autre moyen de déjouer la mort ? »

Alors, bonne St. Valentin à tous. A tous ceux qui en se regardant dans leur intime, y trouvent autre chose que du vide rempli de poussière : ceux qu’y trouvent, simplement, de l’amour.

Non ho mai amato la « festa » di San Valentino, e il finto articolo di ieri ne é un buon esempio. Nondimeno, questo é il giorno giusto per condividere un messaggio : l’amore conta.

L’amore per un altro essere, evidentemente.

L’amore per i propri figli.

L’amore per stessi.

L’amore per la vita.

L’amore per i propri ideali.

L’amore per un ricordo.

L’amore per la buona cucina et il buon vino (o la buona birra).

L’amour dell’amicizia.

L’amour per un paesaggio.

L’amore per un accordo mal strimpellato sulla chitarra.

Tout questo, conta. Perché, come nel ritornello di questa canzone : « conosci un altro modo per fregar la morte ? »

Allora, buon San Valentino a tutti. A tutti coloro che, guardandosi dentro, ci trovano altro che del vuoto riempito di polvere : che ci trovano, semplicemente, dell’amore.

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Article X (et IX)

Extrait de la charte éthique du Mouvement Démocrate

IX- Les adhérents du Mouvement démocrate assument le débat interne et considèrent le
dénigrement externe comme incompatible avec l’engagement.

X- Les adhérents du Mouvement démocrate sont solidaires des décisions collectives du
Mouvement, notamment en termes d’investitures pour les différentes élections.

Y a-t-il quelque chose à rajouter ? Certes, je suis de ceux qui considèrent que mon parti ne se donne pas forcément les moyens de choisir les candidats le plus performants pour chaque élection et sur chaque territoire. J’estime qu’on se satisfait souvent d’une qualité politique moyenne. Avec, heureusement, quelque sursaut remarquable. Pour faire des exemples volontairement hors Bretagne, et même hors « Ouest », des Jean Lassalle et des Robert Rochefort, j’en redemande. Vous me direz qu’il y en a pas beaucoup qui courent les rues, de cette trempe là. Je veux bien, le monde politique est médiocre car la société exprime, en masse, de la médiocrité. C’est un peu facile, mais soit. Cela est un fait connu. Tout fait connu peut et doit être géré.

Cela dit, autant le débat doit exister en interne, et il peut être parfois très vif, autant cela arrive de ne pas avoir gain de cause ou d’être obligés de descendre à un compromis. Si on n’est pas capable du minimum de maturité nécessaire pour comprendre, et donc accepter cela, on ne mérite pas, individuellement et collectivement, de gérer la chose publique. Car, malgré les artifices électoraux, il n’y a que des minorités politiques dans ce pays (et dans bien d’autres). Et quand on est aux manettes, il faudrait savoir s’en souvenir.

Personnellement, cela m’est arrivé (et ça se reproduira encore) de m’opposer à quelqu’un qui allait être candidat. De m’y opposer durement. Très durement. En interne. Et de ne pas être entendu. Les faits m’ont donné raison, par ailleurs. Et même plusieurs fois. Et alors ? Les candidatures, et même les hommes (et les femmes, ne soyons pas sexistes), passent. La construction d’une vision de société, elle, reste.

Si on la construit, bien entendu.

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Le Haut Niveau

J’espère ne pas violer les règles sur le copyright mais, en complément de mon article précédent, recopier ce texte s’imposait.

Il est temps de (re)lire ce magnifique texte de Claude Onesta [La Croix, par B. Gorce, après les JO de pékin] qui explique bien des choses :Titre : Cette sensation unique de force.
Sous-titre : Claude Onesta, entraîneur national de l’équipe de France de handball championne olympique

«Aux Jeux olympiques de Pékin, nous avons vécu deux mois ensemble et disputé seulement douze matchs. Les joueurs s’entraînaient deux à trois heures quotidiennement sur le terrain. Le reste était du temps de vie commune, aussi déterminante pour la cohésion du groupe que ce que l’on accomplit sur le plan sportif. Pour obtenir une bonne équipe sur le terrain, il faut de la complicité. Je ne parle pas d’amitié. Dans un groupe de quinze personnes, tout le monde n’est pas ami. Certains joueurs de l’équipe nationale ne passeraient pas leurs vacances ensemble ! Dans le sport professionnel, comme dans toute vie sociale, on ne fonctionne pas sur des sentiments. Au-delà de l’amitié, il est question de respect, de responsabilité, et d’objectifs communs.

Les joueurs sont avant tout des collègues, des partenaires, qui ont compris que l’objectif ne saurait être gagné que par la performance de tous. L’esprit d’équipe, c’est d’abord des gens qui sont capables de mettre en œuvre des comportements adaptés pour atteindre un but. Chacun a besoin de l’autre pour réussir. C’est la règle de base de l’esprit collectif. Je ne vois pas mon partenaire comme un concurrent mais comme quelqu’un qui, se réalisant pleinement, va permettre au groupe de réussir.

La dureté de la compétition en fait une épreuve perturbante, souvent traumatisante. Seule la cohésion permet de rebondir et de dépasser la difficulté pour aller rechercher de nouvelles victoires. Cela rend nécessaire d’être entre nous tous d’une franchise totale qui peut parfois être rude. Les équipiers se disent des choses difficiles à entendre. L’amitié, au contraire, amène les individus à se protéger les uns les autres au risque de ne pas exprimer ce qui est nécessaire pour progresser. L’esprit d’équipe exige d’exclure toute tricherie, de veiller à ce que chacun soit exactement dans son rôle. Sur ce point, j’ai souvent l’impression que le grand public et les médias ne comprennent pas ce qu’est une grande équipe. Ce n’est pas l’addition des stars qui fait la qualité d’une équipe. Quel sens aurait un casting de cinéma qui ne retiendrait que des premiers rôles ? Il en va de même pour le sport. Si je ne sélectionne que des candidats au premier rôle, tous ceux qui ne l’obtiendront pas pendant la compétition seront en souffrance. Et un homme qui souffre, c’est un homme moins performant, qui créé des perturbations, qui menacent l’équilibre. Une bonne distribution suppose de trouver des personnes qui vont s’impliquer dans un rôle mineur et en seront satisfaites. Souvent, c’est dans la force et l’investissement de ceux qui jouent peu que l’on trouve un élément fort de cohésion de la vie du groupe. Et parfois, même, durant un match, la surprise va venir d’un second rôle.

L’entraide se joue sur le terrain et dans les moments de vie. Au village olympique, nous ne vivions pas à l’hôtel mais à six ou huit dans quatre appartements, sur un même palier. Le séjour est une aventure collective dix heures par jour. Si l’on a gagné la Coupe du monde, c’est aussi parce qu’on a réussi à vivre deux mois ensemble sans jamais le moindre accroc. Ce groupe se connaissait depuis longtemps et chacun avait fait de la médaille d’or l’objectif prioritaire. Nous étions si investis que, vu de l’extérieur, on a pu donner l’impression d’un groupe de copains. La réalité est que cette cohésion reposait sur un pacte.

Cela étant, il arrive que des équipes prennent une dimension qu’on n’imaginait pas au départ. À Pékin, nous avons eu la sensation, à mesure que la compétition avançait, que rien ne pouvait disloquer ce groupe car il avait trouvé son équilibre. Je vis avec ces joueurs depuis sept ans. Chacun avait tellement identifié l’objectif des JO comme la priorité que les problèmes, les aléas de fonctionnement ne pouvaient plus avoir de prise sur l’investissement. Ces joueurs comptent tous parmi les meilleurs du monde. En tant qu’entraîneur, je ne prétends pas leur apprendre à jouer. Mon rôle est de trouver et de préserver l’équilibre qui va donner sa dimension optimum au groupe. Et lorsqu’on voit une équipe devenir imbattable, on éprouve un sentiment du devoir accompli, de joie et de bonheur. La création d’une grande équipe semble une quête impossible mais chaque fois que l’on s’approche de l’excellence, on connaît cette sensation unique de force et de puissance générée par une vie collective maîtrisée. Les Jeux de Pékin resteront un de ces moments rares qui font que, bien des années plus tard, les joueurs se réuniront parce qu’ils ont appartenu à cette équipe. Je dirais presque que le handball est un prétexte au regard de l’aventure humaine que nous avons vécue.»

Recueilli par
GORCE Bernard

Rédigé par : rusicade le 01 février 2010 à 17:42

Avec dédicace à mes collègues Landivisiens, car ils y retrouveront beaucoup de choses qui ont fait notre force.

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C’est le sujet de quelques billets intéressants sur la blogo démocrate ou proche. Il y en a, comme l’Hérétique, qui pensent qui ça ne veut rien dire. D’autres, comme BGR, avec une opinion différente.

Comme souvent sur des sujets de ce style, j’ai d’abord écrit un commentaire chez le premier de mes collègues cités. Un long commentaire, bon à recycler en billet. Le voici.

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Je suis partagé sur le billet. Il y a des choses auxquelles je souscris des deux mains. En vrac, la présence des « Aliens » (pas de Sigourney Weaver cependant, dommage, j’aime bien), la différence entre le temps politique et le temps associatif (qui dérive parfois à l’agitation masquée par des micro-objectifs), la difficulté de canaliser l’énergie des idéalistes vers des fins communs ce qui implique un certain degré de flexibilité et même de compromis. Mot galvaudé qui signifie, étymologiquement, mis au profit d’un fin commun.

Cependant, j’ai pu tester l’attente de « politique autrement » qu’il y a parmi les électeurs. Nous avons fait une campagne, cantonale en l’espèce, avec le slogan « servir autrement ». Avec très peu de réseaux, du personnel inexpérimenté et l’hostilité de la fédération de l’époque (le président soutenant ouvertement les candidats de l’ump en échange du renouvellement de son siège), ça fait quand même 16% et un second tour. Avec des effets durables, même si pas éternels, qui nous ont permis de frôler les 13% aux européennes, sans candidats locaux.

Je crois que ton billet touche au cœur de la contradiction démocrate d’aujourd’hui : l’incapacité de trouver une voie robuste entre la « vieille mode » et le « on bouge dans tous les sens ». Deux tiers des français ne font pas confiance à la politique. C’est un défi politique que de leur apporter des réponses pertinentes. Le repli sur un passé idéalisé (on a vu la faiblesse du « centrisme » traditionnel en 2002, et même en 2007), serait, je le crois, signer l’acte de décès de notre parti.

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J’espère que la très charmante journaliste du Post m’en voudra pas, voici l’intégrale de mon « interview-par-mail » qu’elle évoque dans l’article.

1) Votre sujet de prédilection : la liberté, même si beaucoup ne s’en aperçoivent pas.
2) Votre blog en 3 mots : honnête, responsable, décalé.
3) Pourquoi ce nom « Skeptikos » et pourquoi écrit en lettres grec : c’est un clin d’œil à mes origines et au philosophe dont je partage le nom, Pyrrhôn (Pirrone en italien). C’est aussi un vœux pour que l’on prenne un peu de recul par rapport aux apparences de la vérité.
4) Blogueur et ouvertement engagé politiquement, ça ne vous pose pas de problème dans la vie professionnelle ? Disons que ça ne facilite pas les choses. Mais ça se gère.
5) François Bayrou a-t-il donné suite à votre mail publié le 10 janvier sur votre blog ? Pas encore, ce qui est normal. Les textes que je lui ai envoyé sont relativement longs et lourds, ce ne sont pas des lectures adaptées à une période de campagne.
6) Vous vous êtes dit « gêné » par le classement de Wikio. Etre dans les Big Buzz Blogs, ça vous touche ? Pas par le classement en soi-même, il est agréable d’être reconnus par d’autre blogueurs. Mais wikio fait le choix, il me semble, de se transformer en annuaire de pub et cela est peu compatible avec ma vision du net.
7) Vous avez songé à arrêter le blog. Qu’est qui vous a motivé pour continuer ? Mes lecteurs.
8 ) Vous exprimez souvent vos doutes vis à vis du MoDem. Qu’est-ce qui vosu gêne dans le parti en ce moment ? Pourquoi rester militant ? Le MoDem répond, il me semble, à une mission politique de première importance : contribuer a restructurer l’espace politique de notre époque pour laquelle les clivages du XIXème siècle sont, peut-être, inadaptés. Nombre de mes collègues, parfois, semblent l’oublier. Cependant je reste engagé et même très engagé car la politique est un travail qui demande de la patience et un grand sens de responsabilité. Quitter le monde des partis peut être rafraichissant mais, je le crois par mon expérience personnelle, ce n’est pas en habillant le renoncement avec les draps de l’engagement civil qu’on avance vraiment.

Je suis gros mais pas vraiment con
J’aimerais que Amartya Sen lise mon blog et se dise « je l’appelle ».
Si je devais élargir mon blog ce serait pour faire de la place à des invités

(Les trois phrases étaient à compléter)

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