Archive: Billets d’humeur(s)

Bon, ces douze pages sont enfin prêtes, au moins pour ce qui concerne la substance, et envoyées. La suite est déjà programmée. Le délai me laisse quelques jours de pause. C’est bien un peu de pause aussi. Pour célébrer, en retard bien sûr, la procrastination et faire hommage à  Jorge Cham, un génie dans la matière. Pour voir venir, calmement, le futur que les instances dirigeantes envisagent pour le MoDem. Pour laisser un peu respirer mes amis, également.

Alors, sauf surprises, ça sera une semaine sport, musique et bloglandouille.

Cidre et chouchenn à volonté.

Voter !

Donc, en très grande synthèse :

= Darcos paye son incapacité à évincer Lassalle en Aquitaine

= On peaufine la stratégie pour 2012 (Baroin, Tron, Daubresse)

= On perd la seule véritable figure d’ouverture (Hirsch)

= On met un dur (de qualité au passage) à la reforme des retraites.

Du maquillage, de l’habillage et de la continuité.

Si j’étais français, je me sentirais insulté.

Parfois, être étranger ça peut soulager.

(Certes, quand on voit le Premier Ministre italien faire déclamer la preghierina, la petite prière, à ses troupes on se dit qu’au pire il n’y a pas de limites …)

Voter !

Enfin, c’est fini. Sauf pour Jean qui se bat comme un beau diable pour faire le stricte maximum. J’aime bien Jean Lassalle, homme à la profondeur de pensée réelle au delà du personnage médiatique. N’ayant strictement aucun relais en Aquitaine, je ne peux rien faire d’utile pour lui. Si j’avais pu, je l’aurai fait fort volontiers.

Pour les autres, c’est fini. Et il y a une atmosphère un peu paradoxale de voir des gens se complimenter pour l’excellent travail fait alors que les scores sont franchement minables. Je pense avec amitié et respect réels à Bruno Joncour. Dans une terre qui reste relativement difficile telle les Côtes d’Armor chères à quelque blogueur illustre de gauche, il frôle les 10%. Et j’imagine son désarroi en voyant le score de l’Ille et Vilaine, où le MoDem avait quand même réussi à élire un député contre l’UMP en 2007. Qui s’empressa illico presto de montrer tous les états d’âme de ce monde avant de quitter le parti l’ayant fait élire pour rejoindre le lymbe des centristes disparus quelque part. Et je ne veux même pas penser à sa stupeur en découvrant le score Finistérien : 3,61 %. Et il y en a qui se lancent des fleurs pour ce score stratosphérique qui place les « centristes » (en 29 le fait que la liste n’était pas MoDem a été clairement revendiqué) comme la sixième force du département derrière le PS, l’UMP, EE (qui va se maintenir, il parait), la liste personnelle du Maire de Carhaix, Christian Troadec et le Front National.

Or, pardonnez-moi, mais se faire dépasser par le FN en Finistère … c’est un vrai exploit. Même sur la ville de notre tête de liste départementale, Quimper, où elle est conseillère municipale d’opposition en plus d’être conseillère régionale sortante, on plafonne à 5,01%. Le FN, devant d’une éclaboussure (5,07%).

Bref, un peu d’autocritique ne ferait pas de mal. Mais là je rêve. De toute manière c’est la faute aux autres, et de toute manière on aurait fait moins bien d’une autre manière, et de toute manière on a été formidables. Bref. Ça fait 3,61 %. What else, dirait l’autre.

Évacué le factuel, passons aux choses sérieuses. D’un point de vue politique, je ne peux pas dire d’avoir été surpris. Bien au contraire, je me suis battu, évidemment sans succès, pour que l’on prenne une approche moins intellectuelle (je connais plein de gens qui avaient voté pour Bayrou qui du centrisme s’en tamponnent) et plus adhérent à la réalité des électeurs démocrates. Déjà aux européennes j’avais prôné une approche centré sur les citoyens et leur degré de liberté. Les citoyens ont trouvé manifestement qu’on ne parlait pas de leur quotidien. Ce fut une veste et une abstention énorme. A l’occasion des régionales, j’ai fait, déjà le mois d’octobre, des propositions en ce sens, réadaptant la clé d’interprétation de réalité à l’échelon régional. Je crois que là encore, l’abstention aussi massive me donne raison à nouveau.

Et je remarque que, quand une équipe m’a fait confiance du point du vue du programme et de la conduite de la campagne, on a crée la surprise. D’ailleurs, si Alain fait plus de 13% dans sa commune, je pense que cette histoire l’a aidé. En tout cas l’a aidé à être candidat dans des (relatives) bonnes conditions. Certes, l’ampleur de la déconfiture, je l’avoue, a dépassé mes pronostiques. Cela n’est qu’une motivation supplémentaire pour me remettre, une dernière fois, au service du collectif. Car mes prochaines élections seraient en 2014 et, comme j’ai déjà dit, je vais arrêter l’engagement militant fin 2011.

En revanche, humainement, cela a été très très dur. De nombreuses déceptions humaines. Et quelques bonnes surprise également, qui restent à  confirmer dans la durée. Le temps se chargera d’un bilan plus complet. Une dernière bataille à combattre. Une bataille à gagner. Parce que c’est nécessaire.

Voter !

Sans surprise, l’équipe de France à étrillé l’Italie au rugby. La France étant une grande nation de rugby c’est logique.

Cependant, elle mérite qu’on la complimente : le respect montré pour un adversaire inférieur, la qualité du jeu, la maîtrise de l’agressivité. Tout était beau. Bravo. C’est pour ça aussi que c’est une grande équipe.

Et bravo aussi à l’Italie, certes inférieure mais qui a su profiter du moindre relâchement pour marquer deux essais. C’est beau, ça aussi.

Merci aux Trentes (et plus) pour cette belle page de sport

Voter !

Temps mort

(…)

Voter !

Un week-end qui en est pas un. Une campagne toujours aussi palpitante qu’un électrocardiogramme parfaitement lisse. une blogosphère sans entrain. Toujours mon « machin » à écrire. Toujours le même tourbillon intérieur. Toujours mon cours de demain à préparer.

Jeudi, j’intervenais sur le thème « Quelles centralités pour le Finistère », avec Jean Ollivro et Jean-Marc Roué. C’est dire si le défi était relevé. Sans compter que le public était extrêmement exigeant et de qualité : que des grands acteurs du développement breton et finistérien. Je suis assez satisfait : je maîtrise bien mon sujet et j’ai réussi a faire court et clair. Mais la tension était forte, cela m’a un peu vidé.

Obligations sportives à répétition : deux match dans un week-end par cause de reports à récupérer. Deux bons matchs, une victoire et une défaite honorable en jouant à 5 contre 7 une mi-temps et 6 contre 7 l’autre (moins trois à dix minutes de la fin). Mais grosse fatigue quand même.

Et dimanche dédié aux obligations « sociales » autour de l’école de ma fille … pour m’apercevoir encore une fois combien les gens ne parlent aucunement du vote à venir dans une semaine. Et neuf heures coincé dans une salle glaciale …

Non, pas envie ce soir. Pas envie de cogiter, de parler, d’écrire.

Tout juste envie de rester éteint et de sentir le parfum de la lassitude. Tiens, je suivrai peut-être le match de foot …

Voter !

Petit scoop qui fera plaisir à mes ennemis (peu) démocrates : je me prépare à abandonner mes activités politiques stricto sensu.

Petit hic : ce n’est absolument pas pour tout de suite. Car, avant de reprendre le rôle qui me sied le mieux, celui d’un producteur d’idées capable de dialoguer avec le monde politique, j’ai un travail à faire. Un travail qui demande une implication directe et personnelle en première ligne de ma part. Mes lecteurs les plus anciens, qui sont devenus de vrais amis malgré les kilomètres qui nous séparent, savent que j’ai une façon assez particulière de mener mes combats : là où le comportement politicien est souvent fait de coulisses, de grands bluffs et de petits chantages, je préfères avancer à visage découvert. Paradoxalement, afficher la couleur permet de mieux se protéger et aussi de concentrer l’énergie sur l’essentiel.

J’estime, avec toute l’incertitude qu’il faut accorder à une prévision, que décembre 2011 marquera la fin de mon « job ». Car, il s’agit d’un travail qui ne peut être mené correctement qu’en fin de cycle électoral. Dès janvier 2012, rien de nouveau ne pourra être construit : la campagne présidentielle, qui va démarrer le 22 mars et qui, en réalité, n’a jamais connue de véritable arrêt, va s’intensifier. Dans la foulée les législatives et, cette fois, une vraie échéance de mi-mandat en 2014 qui va voir municipales, européennes et nouvelles élections territoriales (si je ne me mêle pas les pinceaux) en même temps. Calendrier trop encombré pour éviter que les ambitions diverses (et légitimes au demeurant) ne phagocytent l’espace de travail. Construire, c’est maintenant. Car le 22, et pour certains endroits le 15, sera déjà le temps des questionnements. J’ai mes réponses. Discutables. Personnelles. Mais également robustes, je crois. Les garder pour moi serait stérile. Libre à mes collègues de suivre ou pas, en tout ou en partie.

Première étape, l’écriture d’un texte, relativement court, en guise de testament (ou manifeste, ça dépend des points de vue) politique. Le titre provisoire est : La route de la liberté.

Clin d’œil à l’ouvrage probablement le plus connu, bien que certainement pas le plus abouti, de Friedrich Hayek (La route de la servitude), ce titre résume toute ma vision politique. Tout est question de liberté. Mais la liberté, avant même d’être un droit et très loin d’être un état naturel, c’est une conquête issue d’un combat de tous les jours. La route de la liberté, est un chemin pierreux de montagne. Jean Lassalle, à qui je souhaite le meilleur pour son difficile combat en Aquitaine, apprécierait, je crois.

Cependant, ce texte, je ne peux pas l’écrire seul. Mon français ne me satisfait pas, compte tenu de l’exigence de précision, de synthèse et de lisibilité du texte à produire.

En toute humilité je cherche donc une plume. Qui aura comme seule rémunération le plaisir d’avoir joué un rôle dans ce parcours. Ce qui revient, de ma part, à partager l’intégralité des bénéfices que je vais tirer de l’opération.

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Mourir de politique

Non, L’avocat Fragalà, ancien député de l’Alliance Nationale (droite) et conseiller municipal à Palerme, n’est pas encore décédé, selon les informations de presse. Cependant, les sanitaires parlent d’un état « désespéré ». Agressé dans la nuit, en bas de son bureau. [Edit : le 26 février 2010, le Corriere della Sera fait état de son décès.]

Je n’ai aucune idée des raisons de cette agression, peut-être la politique n’y est pour rien. Être avocat à Palerme, cela peut être dangereux.

Cependant, à tous ceux qui opposent le monde politique et la « société civile » je veux dire qu’ils insultent tous ceux, et ils sont nombreux, qui essaient de faire de la politique de manière juste, honnête, dans l’intérêt de tous les citoyens.

Fragalà n’est pas « de mon bord ». Dans mon histoire, j’ai eu souvent d’accrochages très vifs avec les gens de l’Alliance, même avec quelque copain d’enfance. Mais l’agression est inacceptable.

Aldo Moro, n’était pas « de mon bord » non plus. J’ai combattu le système politico-maffieux qui était devenue la Démocratie Chrétienne en Italie de toutes mes forces. Mais il s’est fait assassiner par les Brigades Rouges, aussi pour défendre ma liberté de gamin de huit ans à l’époque. Je ne peux que lui accorder mon respect à jamais.

Les gens qui crachent sur les politiciens, car c’est un sport très à la mode, ignorent (ou font semblant d’ignorer) combien s’engager en politique peut coûter cher. Demandez à Dragouik, par exemple, si tout cela est indolore.

Certes, en plus de vingt ans de politique active, j’ai connu des politiciens pourris. Même « de mon bord », et d’ailleurs je me suis souvent fait un plaisir de les aider à se casser les dents, quand j’ai pu. Tout comme j’ai connu des chefs d’entreprise, des médecins, des avocats, des salariés, des blancs-noires-jaunes-cyclamen métallisé, des riches et pauvres pourris.

La dignité, est individuelle. Nions la dignité des politiques et les seules personnes que trouveront encore tolérable d’en faire, seront les personnes sans dignités, les imperméables, les pourris. On appelle cela de la sélection adverse.

Et la « société incivile », la vraie, aura gagné.

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Très bon conseil, je trouve !

(Merci à l’anonyme qui a tapissé certains endroit de l’Université de Bretagne Occidentale, à Brest)

Voter !

Ils n’auront pas d’état d’âme et si une pointe de culpabilité les traverse ils la chasseront bien vite en se disant qu’ils ne font que profiter d’un système dont ils ne sont pas responsables. C’est ainsi que raisonnent les lâches, les médiocres, les petits et les gros profiteurs.

C’est par ici.

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