Enfin, c’est fini. Sauf pour Jean qui se bat comme un beau diable pour faire le stricte maximum. J’aime bien Jean Lassalle, homme à la profondeur de pensée réelle au delà du personnage médiatique. N’ayant strictement aucun relais en Aquitaine, je ne peux rien faire d’utile pour lui. Si j’avais pu, je l’aurai fait fort volontiers.
Pour les autres, c’est fini. Et il y a une atmosphère un peu paradoxale de voir des gens se complimenter pour l’excellent travail fait alors que les scores sont franchement minables. Je pense avec amitié et respect réels à Bruno Joncour. Dans une terre qui reste relativement difficile telle les Côtes d’Armor chères à quelque blogueur illustre de gauche, il frôle les 10%. Et j’imagine son désarroi en voyant le score de l’Ille et Vilaine, où le MoDem avait quand même réussi à élire un député contre l’UMP en 2007. Qui s’empressa illico presto de montrer tous les états d’âme de ce monde avant de quitter le parti l’ayant fait élire pour rejoindre le lymbe des centristes disparus quelque part. Et je ne veux même pas penser à sa stupeur en découvrant le score Finistérien : 3,61 %. Et il y en a qui se lancent des fleurs pour ce score stratosphérique qui place les « centristes » (en 29 le fait que la liste n’était pas MoDem a été clairement revendiqué) comme la sixième force du département derrière le PS, l’UMP, EE (qui va se maintenir, il parait), la liste personnelle du Maire de Carhaix, Christian Troadec et le Front National.
Or, pardonnez-moi, mais se faire dépasser par le FN en Finistère … c’est un vrai exploit. Même sur la ville de notre tête de liste départementale, Quimper, où elle est conseillère municipale d’opposition en plus d’être conseillère régionale sortante, on plafonne à 5,01%. Le FN, devant d’une éclaboussure (5,07%).
Bref, un peu d’autocritique ne ferait pas de mal. Mais là je rêve. De toute manière c’est la faute aux autres, et de toute manière on aurait fait moins bien d’une autre manière, et de toute manière on a été formidables. Bref. Ça fait 3,61 %. What else, dirait l’autre.
Évacué le factuel, passons aux choses sérieuses. D’un point de vue politique, je ne peux pas dire d’avoir été surpris. Bien au contraire, je me suis battu, évidemment sans succès, pour que l’on prenne une approche moins intellectuelle (je connais plein de gens qui avaient voté pour Bayrou qui du centrisme s’en tamponnent) et plus adhérent à la réalité des électeurs démocrates. Déjà aux européennes j’avais prôné une approche centré sur les citoyens et leur degré de liberté. Les citoyens ont trouvé manifestement qu’on ne parlait pas de leur quotidien. Ce fut une veste et une abstention énorme. A l’occasion des régionales, j’ai fait, déjà le mois d’octobre, des propositions en ce sens, réadaptant la clé d’interprétation de réalité à l’échelon régional. Je crois que là encore, l’abstention aussi massive me donne raison à nouveau.
Et je remarque que, quand une équipe m’a fait confiance du point du vue du programme et de la conduite de la campagne, on a crée la surprise. D’ailleurs, si Alain fait plus de 13% dans sa commune, je pense que cette histoire l’a aidé. En tout cas l’a aidé à être candidat dans des (relatives) bonnes conditions. Certes, l’ampleur de la déconfiture, je l’avoue, a dépassé mes pronostiques. Cela n’est qu’une motivation supplémentaire pour me remettre, une dernière fois, au service du collectif. Car mes prochaines élections seraient en 2014 et, comme j’ai déjà dit, je vais arrêter l’engagement militant fin 2011.
En revanche, humainement, cela a été très très dur. De nombreuses déceptions humaines. Et quelques bonnes surprise également, qui restent à confirmer dans la durée. Le temps se chargera d’un bilan plus complet. Une dernière bataille à combattre. Une bataille à gagner. Parce que c’est nécessaire.