Journée classée rouge dans mon planning de travail … les réunions concernant les modalités de suivi des projets de coopération européens (programme INTERREG IV B pour les passionnés) ne sont pas ce qu’il y a de plus léger.
Alors, tout juste une petite plongée dans un passé récent et pourtant déjà lointain. Je revenais de l’UR du MoDem, début septembre 2009, avec beaucoup de craintes. Et j’écrivais ce billet :
Pour en (presque) finir avec l’Université de Rentrée du MoDem
08 sept
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Il me manquait trois moments à relater pour terminer cette esquisse de souvenirs de la Grande Motte : la rencontre autour de JF Kahn, le débat sur les régionales, le discours de clôture.
Des trois j’en retiens un seul message : les régionales sont considérées, somme toute, un évènement marginal. Toute l’énergie de cette UR me semble avoir été déployé sur la perspective plus lointaine des présidentielles. Or, même si cela a été fait avec un certain brio et moins de naïveté que le lancement des travaux pour les européennes (combien de votes « orange » avons nous porté à Europe Écologie par la mise en valeur d’Eva Joly à la Convention pour l’Europe ?) et même si cela semble être scellé du bon sens, c’est un choix qui renferme quelque piège et des défauts de perspective.
Au printemps 2007 François Bayrou portait les couleurs d’un parti valant moins de 10%, ce que les législatives de juin allaient clarifier. Sa campagne, assez brillante bien que fléchissant dans la dernière ligne droite, couplé aux faiblesses de ses adversaires produit sept millions de voix. Il est incontestable que, dans ce rendez-vous, Bayrou a su dépasser les limites de son parti pour toucher des électeurs différents. Malheureusement, le socle électoral de son parti était trop faible : si l’UDF avait tourné de façon stable autour de 15 % depuis la naissance de l’UMP on aurait vécu une autre histoire.
Je pense, en toute humilité, que la fidélisation de l’électorat se fait progressivement, d’échéance électorale en échéance électorale, avec un discours de fond qui reste visible et permanent de programme en programme lesquels, eux, changent par rapport à l’élection et à la situation du moment.
Si je suis déçu de l’histoire du Mouvement Démocrate de sa création jusqu’à présent c’est que trop de fois nous avons déjà renoncé à bâtir ce fil avec les électeurs. Nous nous sommes laissé enfermer dans une polémique stérile entre le parti d’élus/notables et le parti d’adhérents/militants. C’est un faux débat : pour peser sur la vie politique, pour espérer pouvoir mettre en pratique nos idées, pour être un parti gagnant il est nécessaire de devenir un parti d’électeurs. Car le vote est toujours le premier pas de tout engagement politique.
J’ai remarqué avec tristesse que des personnalités importantes ne semblent pas avoir saisi ce détail. C’est fort dommage. Un exemple en est l’embryon de débat qu’on a eu sur les candidatures au régionales. Dialogue de sourds plus que débat d’ailleurs où les deux positions « non cumul + pas sortants » et « cumul légal + sortants » se sont juxtaposés. Je trouve les deux de mauvaise qualité : c’est ce qu’on appelle être isolé.
Tout d’abord, je ne crois pas que « sortir les sortants » (Poujad, 1956, nous rappelait J.Gourault, ça fera plaisir au crapaud) soit une méthode particulièrement intelligente. Cependant, être sortant signifie qu’on peut être évalué. Dans son travail d’élu dans les instances mais également dans sa capacité à se faire apprécier sur le terrain et à consolider un socle de consensus sur sa personne et sur le Mouvement qu’il représente.
J’ai parfois le sentiment qu’on est très gentils en considérant la plus grande partie de nos élus des « bons » élus. Qu’on se comprenne, de vrais « bons » élus il y en a très certainement et ils méritent de toute évidence d’être reconduits. Que cela soit généralisable au point de considérer le fait d’être sortant comme un paramètre quasi-automatique d’investiture … je suis plus réservé. En plus, le choix des candidats sera (c’est implicite dans le calendrier) indépendant des positions programmatiques. Or, la cohérence entre programme et personne est un aspect important du moment électoral.
Par conséquent, mon sentiment c’est qu’on tire un trait sur les Régions. Bien sur, il y aura des listes, des programmes et on se battra (en tout cas je le ferai) de toutes nos forces pour créer la surprise. D’ailleurs je vous en dirai quelques mots dans un billet à venir. Mais il me semble qu’on ne pose pas des bases très solides. Et je crains que cette faiblesse ne puisse persister jusqu’en 2012 où la candidature démocrate n’aurait pas beaucoup de chances de l’emporter. Je ferai prochainement un billet sur le sujet.
Cela dit, j’ai trouvé les discours de clôture intéressants : il y a du fond, de la vision, de l’envie. Je ne sous-estime pas l’intelligence et la pertinence des propos, en particulier, de Bayrou et de Corinne Lepage. Ni de ceux de J.F. Kahn (si quelqu’un à des informations détaillées sur le CREA je suis preneur). On verra ce que ça va donner. En tout cas, mettre les faux amis au pied de leur sectarisme, de leur « racisme des idées » (sic) me parait plus que judicieux.
Enfin, les 12 phrases … bon, on en parle une autre fois