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Mail à François Bayrou

Pour partager un moment avec mes lecteurs que je remercie d’être toujours là, malgré ma relative absence, voici le mail que je viens d’envoyer au Président du Mouvement Démocrate

Cher François Bayrou,

suite à notre rencontre du 21 novembre dernier, à l’occasion de l’audition des commissions au siège, et à votre demande, je me permets de vous adresser ce mail.

Note aux lecteurs : la vidéo est disponible ici [de 14:30 à 18:40 environ]

Tout d’abord je veux vous exprimer ma reconnaissance : je sais pertinemment de ne pas être un parfait inconnu pour vous, bien que nous n’ayons pas eu, jusqu’à présent, d’occasions d’échanger directement. Je sais parfaitement qu’un certain nombre de personnes se sont pressés, par ignorance ou par malveillance, de délivrer des informations imprécises ou partielles sur mon compte. C’est donc très sincèrement que je vous remercie de vouloir vous forger une opinion de première main.

Vous m’avez demandé de vous expliquer, en une page, ce qui est « nous, tranché » en matière économique. Vous pardonnerez ma modestie, je me cantonnerai à vous dire ce qui est « moi » : unicuique suum et porte inferi non prevalebunt. Par ailleurs, une page serait soit trop, soit pas assez. Une phrase serait suffisante : « Le plus n’est pas forcément le mieux ». Cependant je doute que ce niveau de synthèse serait compréhensible. En réalité, la puissance de cet axiome, solide scientifiquement, remet en cause la totalité des théories économiques communément acceptées. Par conséquent, mon approche ouvre sur d’autres pistes d’explication et d’autres préconisation que les approches plus traditionnelles, dont on a au MoDem d’excellents spécialistes.

Si la démarche vous semble farfelue, arrêtez vous un court instant sur l’histoire des sciences. Des vrais génies, auxquels je n’ai aucune prétention de me comparer, tels Copernic, Riemann, Lobatchevsky, Einstein n’ont pas fait autre chose : nier un postulat de base qu’ils estimaient douteux pour faire progresser la connaissance. Dans leur cas, avec succès. Dans le mien, le temps en sera juge.

Pour revenir à votre interrogation, je ne veux pas vous ennuyer avec des digression purement théoriques. Je me limiterai à vous joindre deux documents, l’un sur l’explication de la crise économique [ici pour le lire sur le net] , l’autre le concept de développement et une proposition de nouveaux indicateurs, démarche susceptible de dépasser l’opposition entre « économique » et « durable » en mettant, réellement, « l’homme au centre » des choses [des éléments sommaires dans le tag économie du blog]. Je crois que c’est un thème que vous est cher. Par ailleurs, ce dernier article ayant été soumis à la publication, je vous prie de garder une certaine confidentialité à son sujet, ne fût-il que par respect à l’universitaire qui le co-signe et qui m’a donné le feux vert pour vous l’adresser.

Je reste à votre disposition pour échanger, si vous le souhaitez. La France, l’Europe et, au bout du compte, le monde entier, ont besoin qu’on leur offre une perspective d’avenir où tous les êtres humains pourraient retrouver le chemin de leur dignité. Être, au delà de leur fonctions économiques, des Hommes. Cela passe également par l’économie et je suis certain que vous percevez tout l’intérêt d’approfondir des approches novatrices et clairement identifiables. Peut-être, un café à la main.

Très cordialement, votre « cher »

Claudio

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Le faucon et elmone en parlent par rapport à l’augmentation des conseillers dans les hautes sphères.

C’est une bonne occasion d’aborder un sujet qui me tient à cœur : la réduction des fonctionnaires est une arnaque monumentale, même là où la réduction est effective.

En effet, l’imaginaire collectif pense que tous ceux qui travaillent dans le secteur public sont fonctionnaires, ce qui est très largement imprécis. Si on prend l’Education Nationale, à titre d’exemple, on se retrouve avec un corps enseignant constitué essentiellement de titulaires et de thésards ATER (attaché temporaire d’enseignement et recherche). Cependant, par exemple à l’Université, le nombre de vacataires (payés à l’heure de cours) est assez important. Mais c’est dans le secteur non enseignant où les choses deviennent particulièrement sympathiques : les « statutaires » (donc fonctionnaires) cotoyent des CDI et des CDD. A savoir que, normalement, un « contractuel » est nettement moins payé qu’un statutaire : c’est la loi. Et, pour la précision, le salaire des contractuels est très faible par rapport au conditions du marché privé pour des mansions similaires.

Autrement dit, l’Etat profite de sa position de force dans certaines territoires où l’activité privée est faible pour imposer des salaires à la baisse. Mais c’est pas ça le point.

Le point c’est que, pour réduire le nombre de fonctionnaires, on a bloqué les concours. Or, contrairement à une idée reçue, les travailleurs du public ne travaillent pas forcément « moins » que ceux du secteur privé. S’ils produisent moins, c’est qu’il sont tenus de se conformer à des façon de travailler très contraignantes, statués par des sources règlementaires. Vous n’avez pas d’idée, si vous ne l’avez pas vécu, de la différence qui existe entre payer une facture en milieu privé et en milieu public.

Donc, l’Etat fait porter au personnel le chapeau de ses lubies organisationnelles. Et on supprime les fonctionnaires. Sauf que le travail reste à faire … donc on les remplace avec des contractuels, sous-payés et déconsidérés par les hiérarchies (le plus souvent, pas vraiment toujours).

Très éthique, de la part de l’Etat

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Le MoDem à la Une

A la une du Télégramme (quoi ?? vous ne connaissez pas la presse régionale bretonne ??), avec une petite vidéo sur l’opération Marie morte dans le sud Finistère.

Et ici le blog d’Erwan.

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Mission économie

Hier, pas de notes sur le blog et pour cause : on avait réunion de la commission départementale « économie » en vue du programme des régionales. Malgré un nombre restreint de participants (je sais, avec le foot et la pléthore d’engagements des uns et des autres c’est compréhensible) ce fut, au moins de mon point de vue, intéressant et productif. En revanche, pour préparer tout cela lire les 131 pages de la « Stratégie Régionale de Développement Économique » m’a ôté toute envie d’écrire pendant une bonne journée.

Pas que la majorité de Le Drian dise des choses absurdes ou déraisonnables. Au contraire, le document reflet ce qui était la pensée largement dominante en matière de développement en 2004 : le soutien aux filières, l’aide aux entreprises, l’économie de la connaissance, compétitivité et attractivité. Rien de particulièrement dérangeant sur le fond donc, même si un questionnement sur les méthodes et les moyens mobilisés serait utile, car j’ai la très désagréable sensation d’un usage non optimal des ressources.

En réalité si, il y a quelque chose qui m’interroge : le manque de recul, de prise de hauteur, de remise en cause d’opinions, certes communément acceptés à telle époque, prises comme des vérités, presque comme des dogmes. Le fait qu’on ait pensé pendant longtemps que la terre était plate ne l’a pas rendu moins ronde (et blue, comme une orange).

Je ne sais pas quel programme la majorité sortante va proposer aux Bretons. Cependant, j’ai comme l’intuition que cela sera assez proche de ce qu’on peut lire dans le document mis en lien. C’est en tout cas le sentiment que j’ai eu en participant récemment aux Assises des Territoires, à Brest. Or, la crise nous a montré, en tout cas à ceux qui ont eu envie de voir, les limites de ces constructions théoriques. Elles ne sont pas « mauvaises », elles sont tout juste non pertinentes. Car l’équation « développement = développement économique = croissance » est simplement fausse.

Je crois que la situation n’est pas différente dans les autres régions de France. Je crois que les élections régionales (et pas que) vont se jouer, justement, sur le thème du développement, c’est à dire sur la liberté, d’être et de faire, sur la dignité, sur la possibilité de bâtir un futur. L’enjeu est plus important que ce que j’arrive à exprimer maladroitement dans un billet perdu dans la nasse de la blogosphère. C’est une mission et un devoir auquel les démocrates ne doivent pas se dérober.

Pour gagner les élections et pour servir nos concitoyens.

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Voila, le premier jet de mon article sur un nouvel indicateur de développement est prêt et désormais envoyé pour validation du fond, avant de procéder à l’étoffer et peaufiner en vue d’une possible publication. L’article est un peu long et technique, sans doute trop pour le reproduire ici. Néanmoins j’avais promis à quelque collègue de ouèbe de partager des éléments de réflexion que voici.

Tout d’abord une considération générale : les indicateurs existants ont tendance à être des indicateurs de résultat (ex. PIB mais aussi la pléthore d’indicateurs que vous pouvez trouver décrits simplement sur NoPIB). Je crois que c’est une limite car, en imposant un résultat objectif on impose également, de manière implicite, un modèle de développement spécifique. Ce qui me pose un grand problème éthique (négation de liberté) et peut porter dans le mur (incapacité de remise en question). Le PIB ou autre indicateur de résultat, la différence est mince du point de vue de la logique.

Pour éviter ce problème, j’ai donc cherché à positionner la réflexion en amont : mon opinion est que tout développement (selon la définition que j’en donne et que vous pouvez retrouver ici ou ici) a pour effet d’élargir les possibilités de développement. Donc il peut être mesuré de manière indirecte.

En choisissant cet angle, je suis amené à épouser la vision de A.Sen sur la liberté positive et plus précisément le concept de capabilité. L’idée de l’indicateur est simple : les moyens sont importants mais également la possibilité de les utiliser (liberté) : un indicateur composite permet donc de mesurer la Valeur de l’Espace de Développement et sa variation (bien que cela soit techniquement imprécis), la Création d’Espace de Développement.

La formule pour le calcul de la VED est la suivante : VED = CMS * ITL où

CMS exprime l’ensemble des moyens disponibles auprès des acteurs territoriaux sous forme de parité de pouvoir d’achat (c’est une valeur en $)

ITL est un paramètre compris entre 0 et 1 qui exprime le degré de liberté effective existante sur le territoire choisi. Notamment ITL = ITLE * ITLF où les deux catégories représentent les deux libertés prises en compte par l’indicateur : la liberté d’être et la liberté de faire.

A parité de rapports de pouvoir d’achat, la CED = VED(t) – VED(t-1). On a création d’espace de développement (et donc développement) en présence de l’augmentation des moyens, de la liberté d’être et de la liberté de faire. Si les variations sont discordantes (ex. moyens en hausse, libertés en baisse) l’indicateur réagira selon l’importance relative des dynamiques. Ainsi, une faible réduction de moyens en présence d’une grande amélioration des libertés (et vice-versa) produira l’augmentation de la VED, donc une CED positive.

Enfin une considération. Bien que ce ne fût pas mon idée de départ, cet indicateur se configure comme une évolution de l’IDH : si quelqu’un avec des bon contacts avec le PNUD leur passe mon numéro de téléphone ……

Bon d’accord, c’était pour dire … (merdouille, on ne peut plus faire de blagues par ici …)

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Il s’inquiète du retour de bâton de la crise financière.

Et pour une fois, je trouve qu’il n’a pas tort sur le fond. Et pour cause : il est en retard. Je l’ai déjà dit.

Billet du 27 août sur l’évolution boursière

Billet du 27 mai sur le possible redémarrage de la crise

Billet du 27 mars sur l’analyse non conventionnelle de la crise

D’ailleurs c’est marrant … que des billets faits le 27 … mais bon.

Sénateur Mélenchon, vous avez des mois de retard … et en plus vous plussoyez un mec « centriste-donc-de-droite » …

Un cachet ?

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Mieux connue sous le nom de « Commission Stiglitz ».

Je viens d’en terminer la lecture et je dois dire que je suis partagé. Sans aucun doute les suggestions de la commission (rapport ici) sont intéressantes, cependant il y a, à mes yeux, trois raisons d’être relativement déçus.

Premièrement, la panoplie d’indicateurs qui devraient supplanter le PIB. Ce n’est pas une idée nouvelle, comme une rapide recherche sur le web permettra de vérifier par vos soins. Or, la question qui n’est nullement abordée concerne les raisons qui ont fait que ce « tableau de bord » ne s’est imposée plus tôt. La réponse est simple : parce que on communique mieux sur un indicateur synthétique, on le retient mieux.

Deuxièmement, mais ce n’est pas strictement dans le rapport, l’évocation du BNB (Bonheur National Brut) comme grande nouveauté : c’est largement inexact. D’ailleurs des mesures récentes existent pour le France (en baisse depuis 2002, il y aurait-il un lien avec une ‘évolution’ politique ?)

Enfin, ce rapport manque d’ambition. Lisons ensemble la conclusion du rapport :

La Commission estime que loin de clore le débat, son rapport ne fait que l’ouvrir. Il renvoie à des questions qui devront être traitées dans le cadre de travaux de recherche plus vastes. D’autres entités aux niveaux national et international devront débattre des recommandations de ce rapport, en identifier les limites et déterminer comment elles pourront contribuer au mieux aux actions ici envisagées, chacune dans son domaine propre.

La Commission estime qu’un débat de fond sur les questions soulevées par son rapport et sur ses recommandations offrira une occasion importante d’aborder les valeurs sociétales auxquelles nous attachons du prix et de déterminer dans quelle mesure nous agissons
réellement en faveur de ce qui importe.

Au niveau national, il conviendra de mettre en place des tables rondes qui associeront différentes parties prenantes afin de définir quels sont les indicateurs qui permettent à tous d’avoir une même vision des modalités du progrès social et de sa soutenabilité dans le temps, ainsi que d’établir leur ordre d’importance.

La Commission espère que non seulement son rapport suscitera ce large débat mais encore qu’il favorisera la recherche sur la mise au point de meilleurs instruments de mesure qui nous permettront de mieux évaluer les performances économiques et le progrès social.

Un tel tour de table de prix (en mémoire de) Nobel et grands économistes pour dire que tout est à faire … décevant.

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Dans son discours de clôture de l’UR 2009, François Bayrou donnait rendez-vous au congrès d’Arras avec cette phrase : « Nous allons écrire, cet automne, cet aggiornamento de notre programme pour la France« . Je veux le croire. C’est donc avec une attention particulière que j’ai lues les propositions du militant Bayrou (ce sont ses mots). En l’état, elles me laissent un peu perplexe mais je penses qu’elles sont amenées à évoluer.

Pour ma part, le seul moyen que je connais pour faire avancer les choses c’est de contribuer, avec mes limites, à stimuler le débat. Au lendemain du premier tour j’avais laissé un message via le site de campagne de Bayrou un message dont je n’ai stupidement pas gardé copie. En gros je « lui » disais : « Il vous manque une seule chose pour gagner : une doctrine économique pertinente ». J’avais peut-être été optimiste. En tout cas quand j’entends dire que les « modèle du XXIème siècle » personne ne sait à quoi ça ressemble, je me dis que l’économie va avoir un rôle structurant dans le débat et que c’est de mon devoir d’intellectuel, avant même que celui de militant politique, de m’y engager dès maintenant.

D’ici peu il y a les régionales : ça tombe bien, l’expérience bretonne est éclatante. Quel est le programme économique de la Région, à guide PS, Verts, PCF et régionalistes « de gauche » ? Et bien, c’est une politique de l’offre, ou si vous voulez une politique de droite modérée.

Economie et emploi (www.bretagne.fr)

Soutenir les projets des entreprises

Le soutien aux filières

La matière grise au service de la compétitivité

Promouvoir une économie sociale et solidaire

Favoriser la qualité dans l’agriculture et l’agroalimentaire

Soutenir un plan pour la pêche et l’aquaculture

Renforcer l’attractivité économique de la Bretagne

Certes, une politique mise en place avec des moyens de gauche (mécanismes administratifs versus mécanismes de marché). Mais, au fond ? Depuis des années, en France je pense qu’on peut prendre le tournant de 1983, dans la matière économique, la droite fait la droite, la gauche fait la droite et le centre, privé d’espace de médiation, est obligé de mâtiner à la marge.

Il y a, bien sur, les propositions tirées d’une interprétation rigide des approches écologiques sur socle de lecture partielle et déterministe de Marx : anticapitalistes, altermondialistes et décroissants. Je ne crois pas que cela soit à la hauteur des enjeux. Je ne crois pas que la référence à l’économie sociale de marché, dont on oublie souvent qu’il s’agit d’un modèle déjà tombé en crise, le soit non plus.

Concentrons-nous sur la substance, pour parler avec Aristote, à la place de s’étouffer sur des questions de forme.

Quelle est la mission de l’économie, pourvu qu’elle en ait une ? Quel est son vrai rôle dans la société que nous désirons ?

Les modèles, cela n’est qu’outil, instrument. Certes nécessaire et pratique mais jamais une fin en soi.

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Comme il est notoire, la situation de la théorie économique m’inquiète : je trouve les évolutions récentes d’une grande pauvreté intellectuelle et souvent pétries dans une confiance complétement incompréhensible dans la mesure. Un excès d’empirisme qui montre, à mes yeux, combien les Ecole de Commerce devraient intégrer des modules d’histoire de la philosophie. Que l’on puisse approcher un travail comme celui de l’économiste sans connaitre Hume, Locke, Bentham, Popper (pour ne rester qu’à des philosophes « récents ») c’est une aberration sans nom.

Cela est encore plus pernicieux quand on sait le poids que les idées économiques exercent dans la structuration de l’espace politique contemporain.  La « droite » épouse depuis les années 80 l’économie de l’offre. La « gauche » reste fondamentalement keynésienne (ou post keynésienne). Les altermondialistes et autres extrêmes anticapistalistes se calent sur la les théoriciens de la décroissance et sur une lecture incomplète de Karl Marx. L’extrême droite retrace à l’infini son histoire de perversion des approches de gauche radicale.

Par ailleurs, cela reste notre plus grande faiblesse de démocrates : si l’accusation de ne pas avoir un programme et des idées est fausse jusqu’à la caricature, nous n’avons pas porté, ni produit, une pensée économique originale et distinctive. Ainsi, on oscille entre les positions établies par les autres, ce qui donne l’idée d’un ancrage idéologique faible, d’une proposition trop vague et, par conséquent, essentiellement tactique et opportunisme.

Peu importe que cela soit non seulement faux mais également injuste. C’est un fait qu’il est aisé de constater et nous serions bien inspirés de prendre en compte la grille de lecture des électeurs si on souhaite être compris.

Aujourd’hui le domaine de l’économie théorique est néanmoins en mutation : pour citer De Vroey et son « Keynes, Lucas. D’une macroéconomie à l’autre », l’ambition de dépasser la distinction entre macro et micro économie pour revenir à la « théorie écomique » dont on parlait à l’époque de Ricardo et Smith semble être en bonne voie.

Cependant, je crois que ce n’est pas suffisant. Je pense que la pensée économique se portera mieux quand on aura réussi à surmonter le fossé entre l’économie « politique » et celle « d’entreprise ».

C’est peut-être parce que ma formation et mon métier de base ce sont les entreprises et plus en général les organisations (j’ai une spécialisation en management public) et que le fil de mes réflexions m’a porté vers un intérêt théorique que je m’en aperçois. C’est peut-être parce que cette double expérience est relativement rare que j’ai du mal à me faire comprendre.

A moi d’être meilleur.

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Autre carte postale d’Italie, sombre malgré le soleil épatant qui est si normal dans l’été au 38° parallèle. Et autre expérience marquante de mon parcours.

En effet, je ne sais plus si j’en ai déjà parlé, rien ne me vouait à l’économie (ni à la politique d’ailleurs) : je me voyais plutôt dans l’étude des étoiles variables RR Lyrae. Cependant, les craintes du chômage dans ma ville (35% à l’époque) poussèrent mes parent à m’envoyer à Milan. Cette image, fixée dans ma mémoire d’enfant me fit choisir le développement territorial comme branche.

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Ça devait être un des moteurs du développement économique du « Mezzogiorno » : un établissement chimique qui devait employer plus de 1000 personnes. L’Etat italien mis lourdement la main à la poche : environ 150 millions d’éuros (trois-cent milliards de lires) au début des années soixante-dix.

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Résultats ? Quels résultats : elle devait produire des bioprotéines mais, déjà pendant la construction, on savait que ces produits étaient cancérigènes. Jamais aucun produit ne sortit de l’usine.

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Les fonds furent phagocytés par des entreprises liées à la criminalité organisée. Les six-cent employés furent mis au chômage exceptionnel indemnisé. Parfois pendant quelques décennies.

Et une côte magnifique fut dévastée à jamais.

Si quelqu’un vous dit que le développement est une question de « moyens », crachez lui à la figure : soit il est incompétent, soit il ment.

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