Archive: Economie

Je réponds enfin à l’Hérétique qui réagissait il y a quelques jours à mes réflexions sur la liberté. Par ailleurs, je pense que c’est un débat fondamental et je ne peux que regretter le fait que personne n’ait souhaiter apporter son grain de sel dans les commentaires. Sujet complexe ? Timidité ? Désintérêt ? Ma boule de cristal reste désespérément muette.

Bon, venons au fond. C’est loin de mon esprit de vouloir défendre la position à la Hayek (ou à la Salin) sur la liberté mais je trouve l’identification de l’absence d’interdits avec l’absence de limites un peu forcée : l’interdit est une limite posée par un sujet autre alors que l’absence d’interdits n’empêche nullement la détermination « libre » d’un comportement responsable. Mais c’est un débat qui m’intéresse peu car j’estime que la nature de la liberté n’est pas celle-ci. En revanche, j’aurais pensé que les « libéraux » du net auraient réagi au billet de mon collègue, car cette idée c’est le fondement même de la logique qu’ils portent. Bref.

Quant au concept de liberté positive ou de « capabilité », mon illustre collègue blogueur trouve également que les exemples que je donne ont peu à voir avec la liberté, rentrant plutôt dans la sphère du droit. J’ai du mal à saisir s’il trouve les exemples ou les concepts inadaptés. Je prends la deuxième option.

En effet, Isaiah Berlin (un peu l’inventeur de la locution « liberté positive ») entretient lui-même la confusion. Pour ma part je ne crois pas que cela soit un problème de Droit. Cela vient du fait, à mon avis, que je ne considère pas le droit comme un ni ordre spontané ni comme un état naturel. J’estime que le droit est une construction humaine, ce qui explique sa variabilité dans le temps et dans l’espace. Et il est le reflet d’une conception spécifique de la manière d’organiser (ou pas) l’espace de liberté. Le Droit est donc une affaire de limites (interdits et obligations). La liberté lui préexiste. Tout comme elle préexiste à la propriété.

Cependant, avoir bâti un espace organisé (ou pas) d’exercice de la liberté ne dit strictement rien sur la liberté effective dont les personnes jouissent.

Nos systèmes démocratiques ont pris leur forme actuelle après la deuxième guerre mondiale. Et après des dictatures violentes (stalinisme, nazisme, fascisme, franquisme, …). Faire sauter les verrous des interdits liés à ces régimes était certainement un pas vers une plus grande liberté. Pour certains aspects, le processus de sécularisation répond au même chemin.

Mais l’interdit levé on découvre que tous ne sont pas également libres de profiter de cette réduction d’interdits.

Tiens, un exemple peu correct : la TPE et la Grande Industrie jouissent de la même liberté ? Vraiment ?

Avant de finir, il y a quand même un point sur le quel je suis assez d’accord avec l’hérétique : le dilemme sans solutions apparentes entre relativisme et vérité fait partie du débat. J’avais évoqué une solution à ce dilemme dans un très vieil article (août 2008) sur l’ancien blog.

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Economie : de mardi à lundi #3

Un petit sommaire des billets de la dernière semaine en matière d’économie :
La concurrence est de gauche ou de droite ?
Economie : une pensée à méditer
C’est tout bonus ou de la pertinence de Galbraith
Economie : la crise touche les « grand patrons»
Economie : l’arnaque des neuf milliards
Cher Bill, pourrais-tu expliquer à mes camarades …
Economie : Salaires, profits et … rémunérations

Bonne (re)lecture.

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Titre un brin provocateur qui fait suite à la célèbre chaîne.

Lisez cette citation :  « La théorie de l’optimum trouve son prolongement dans la théorie du bien-être pour laquelle l’Etat corrige la distribution des revenus, compense les effets externes et produit les biens collectifs »

Assez moderne et, somme toute, assez de gauche, selon le mètre actuel.

Elle est de Vilfredo Pareto économiste européen ante-littéram (italien né à Paris, mort en Suisse), c’est d’ailleurs l’inventeur, pour ainsi dire le la « loi » du 20-80.

Cependant, ce sont les travaux de Pareto qui ont imposé au monde politique la supposée évidence des modèles de concurrence. Et autrement que « libre et non fausée » : carrément « parfaite », s’il vous plaît.

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Petite forme aujourd’hui alors je vous laisse une simple citation.

Une citation que j’aime beaucoup d’un économiste que j’aime assez peu.

« L’analyse économique n’a jamais été le produit d’une curiosité intellectuelle détachée, relative au pourquoi des phénomènes sociaux, mais celui d’un besoin pressant de reconstruire un monde » – Friedrich Von Hayek

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Le marronnier de crise revient encore et encore : des bonus, bordel, des bonus !

Le banquiers se défendent avec un argument similaire à celui avancé par Rubin il y a quelque temps : si on ne paye pas de bonus, on perdra nos meilleurs éléments.

Galbraith s’écrirait : conventional wisdom !

En effet, ce que les banques (et leur personnel) refusent de voir c’est simplement que les niveaux de rémunération du récent passé n’ont aucun sens économique et que donc le niveau général de ces salaires est amené à baisser.

Et la baisse des salaires du marché n’induirait aucune fuite : aucun endroit où gagner plus.

Sans compter l’hypothèse de changer de secteur … pas certain qu’un trader y sort gagnant.

Alors, messieurs les banquiers, vu les résultats de vos « meilleurs éléments », si vous commenciez à mettre en place une gestion plus rigoureuse ? Quand on a besoin du contribuable pour échapper à la faillite, on devrait la ramener moins.

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En tout cas, celui de l’OMC.

Vous comprenez, le pauvre Pascal Lamy, homme de gauche à la tête de la plus farouchement (et parfois bêtement) « ultra-libérale » (ça ne veut pas dire grand chose mais c’est à la mode) des organisations internationales, ne bénéficierait pas du même régime de retraite que les autres fonctionnaires de l’OMC.

Ainsi, il demandait une compensation sous forme d’augmentation de salaire : avec le taux d’actualisation ça aurait fait 32 % de hausse.

« Politiquement naïf » que lui ont répondu ces méchants capitalistes.

Est-qu’il est normal ? Je me le demande, tiens !

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Il paraît que les humains seront neuf milliards sur terre à l’horizon de 2050. C’est à dire demain. Et on se pose le problème de les nourrir. Ce qui est une bonne occasion pour certains politiques pour brosser les agriculteurs dans le sens du poil en leur faisant miroiter des marchés mirobolants.

Je pense qu’on leur ment. Et aux approches des régionales, j’aimerais que les Démocrates leur parlent avec le langage de vérité qui est nécessaire dans ce cas. Pousser les exploitants à s’endetter lourdement en vue de marchés aléatoires est irresponsable.

Car, en réalité il y a plusieurs scénarios à envisager.

Les prévisions démographiques pourraient être erronées. Cela arrive régulièrement et c’est assez normal. La régression statistique a ses limites.

Mais admettons qu’elles soient bonnes. Qui seront ces neuf milliards d’hommes ? Probablement, ce seront des habitants des pays pauvres. Qui en grande partie ne peuvent et ne pourront pas payer les denrées. Un marché ?

Par ailleurs, ces pauvres étant essentiellement des paysans, on pourrait penser qu’une partie non négligeable de la nourriture de ces hommes viendra de l’autoproduction. Qui ne rentre pas dans le PIB, ne génère pas de flux financiers mais contribue à la réduction du besoin.

Il n’y aura pas neuf milliards d’hommes à nourrir. Pas pour les agriculteurs des pays « riches ».

D’ailleurs, il faut l’espérer. Le cas contraire serait simplement catastrophique.

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Ce matin je retrouve ma connexion et je découvre un article très intéressant de Christophe, relayé par KaG.

Oui, après deux ans de Mouvement Démocrate, je suis arrivé à la conclusion que les « centristes » (sauf rares exceptions) ne s’affranchissent pas du clivage gauche-droite. En ce faisant, même s’ils sont animés souvent de la plus parfaite bonne foi, il font obstacle a la seule raison (à mes yeux, ça va sans dire) d’être de notre Mouvement : représenter l’espace politique du XXIème siècle.

Pourquoi se positionner par rapport à des hégéliens marxistes de droite ou de gauche ? Le centrisme « chrétien » a essayé une synthèse des hégélianismes : la réalisation suprême de l’homme est le dessin de Dieu. Cela a fait qu’on ait essayé de trouver un « juste milieu » à l’intérieur de l’affrontement droite/gauche. Lequel reste un affrontement marxiste axé sur la « propriété » des moyens de production, bien que le concept de « propriété » ait considérablement évolué depuis 1848. C’était louable et cela a contribué à la réalisation de notre prospérité actuelle.

Cependant, aujourd’hui c’est l’hégélianisme lui même qui est en faillite. Le centrisme du XXème siècle n’a plus raison d’être.

Ne pas être hégélien et, a fortiori, ne pas être marxiste, c’est une tare ? Peut-être. Même si j’ai la faiblesse de croire que, vu les merveilleux destins et progressifs produits par la pensée idéaliste, dont le marxisme est un courant, cela est plutôt un signe d’intelligence.

Il y a quatre mots que j’aimerais voire bannies du vocabulaire démocrate. Droite, Gauche, Centre. Et dérivés.

Il en manque un ? Ah oui, on devrait arrêter de parler de « modem ». Nous voulons changer rien de moins que La Politique. Nous pouvons faire l’effort de parler de Mouvement Démocrate.

Ou sinon rester confinés dans les bornes de ce marxisme des années double-zéro car, Bill nous le rappelle, dans ce contexte « It’s the economy, stupid« .

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Court billet dédicace pour Némo :

The salary of the chief executive of a large corporation is not a market award for achievement. It is frequently in the nature of a warm personal gesture by the individual to himself.  (by  John Kenneth Galbraith)

Sur la rémunération du « capital » (lire des actionnaires) je ne peux que suggérer cet article (et les suivants de la série) de J.Peyrelevade

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Economie : de mardi à lundi #2

Un petit sommaire des billets de la dernière semaine en matière d’économie:

Economie : pourquoi les spéculateurs financiers ne sont pas immoraux
Economie : cycle de Doha et aide alimentaire. Quand l’inutile fait des dégats.
Economie : des articles intéressants
G8 de L’Aquila : un cadre de ruines pour une pensée en ruine
Economie d’un tag ou tag d’économie ?
Projet Europe 2009 : 5) Pour une économie responsable
Projet Europe 2009 : 4) Pour un modèle européen du développement
Travail dominical – acte 4
Un nouvel économiste ?

Bonne (re)lecture

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