Archive: Italia

On avait déjà détecté chez le Président de la République Française et le Premier Ministre italien des proximités saisissantes.

Mais ce n’est rien par rapport à ce qu’on peut apprendre chez Aglio & Cipolla (L’Ail et l’Oignon), à mettre immédiatement dans les flux de lecture de tous qui s’intéressent au « Bel Paese » (Le Beau Pays).

Allez, quelques extraits pour la route :

« Nicolas Sarkozy a fait parti des heureux gagnants à la loterie de Corfou. Objet: le conflit Russo-Géorgien dont Silvio s’attribuait jusque là, seul, la sortie ”triomphale”, comme les promoteurs du site ”Le Nobel de la Paix pour Berlusconi” le soulignent: le Supercavaliere a eu raison de la guerre froide (Silvio a dit aussi un jour de 2004 à Washington que ”le 11 septembre fut une attaque du communisme aux Etats-Unis” et il fut pardonné, en plein quart d’heure de gloire américaine). Bref, voici ce qu’il a déclaré au sujet de cet épisode Russo-Géorgien:

Silvio Berlusconi: ”Heureusement j’ai envoyé là-bas le bon Sarkozy, car il y a des années il était mon avocat, et il s’est rendu à Moscou comme médiateur pendant que j’étais au téléphone avec Poutine pour remettre les choses en place” (juin 2009)

Avocat de Silvio, mamma mia. On peut légitimement douter que le président de la République française ait apprécié d’être également relégué au rang de fantassin, de zouave berlusconien. À moins bien sûr qu’il n’ait pour projet à court terme de fuir Versailles à l’improviste, pour devenir réfugié politique et sur sa lancée… ministre de la Justice en Italie? »

Silvio Berlusconi: ”Je sais, ils cherchent le Sarkozy italien, ils n’ont pas compris que Sarkozy est le Berlusconi français. Il a aussi été mon avocat. Et puis ces soit-disant ”nouveaux hommes” ont la mémoire courte” (mai 2007)

L’Elysée n’a jamais démenti même si on sait bien que Berlusconi est maître dans l’art de dire, dédire et médire tout et son contraire. Vous comprenez, il a tuttalastampadisinistracontro ! (tous les médias de gauche contre)

Et là, on est obligé de repenser à ce morceau : ils cherchent le Sarkozy italien, ils n’ont pas compris que Sarkozy est le Berlusconi français

Et on se dit que même dans le meilleur mensonge, il peut se cacher une part de vérité.

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D’accord, c’est de l’intox.

Cependant, permettez-moi une chronologie comparative entre la France et l’Italie. Pourquoi ? Mais parce que, comme je disais ailleurs, la France a décidé, drôle d’idée par ailleurs, de suivre la marche de l’Italie avec au moins dix ans de décalage. Vous n’y croyez pas ? Place au calendrier.

Tout juste une précision de langage : en Italie le « Parti Socialiste » a été plutôt le parti des affaires, l’homologue du PS français devant se rechercher plutôt au Parti Communiste Italien.

Bien. En 2009 Manuel Valls souhaite que le PS change de nom. En 1991, le PCI, sous l’impulsion de Achille Occhetto, décide d’abandonner les références au communisme et change de nom pour adopter celui de « Parti des Démocrates de Gauche » (PDS en italien). Les « durs et purs » quittent le parti pour défendre des positions plus radicales mais ouvertes à des pactes de gouvernement (un Front de Gauche avec 15 ans d’avance). Manuel Valls trouve que le mot « parti » enferme la proposition politique dans quelque chose d’étroit et lui préfère le mot « mouvement« . Sans enfoncer le clou rappelant que cette distinction entre « parti » et « mouvement » était un cheval de bataille de la Ligue du Nord dès l’acte de sa création en 1991 (tiens, encore) au point que dans ses statuts on utilisait jamais le mot de « parti », cette réflexion a existé également au sein du PDS : en 1998 le mot « parti » est abandonné et la force politique prend le nom plus large de « Démocrates de Gauche » (DS). En effet, à cette époque, pratiquement aucune force de l’échiquier politique n’arbore le nom de parti. Je cite en vrac : Forza Italia, Alliance Nationale, Ligue du Nord, Démocrates de Gauche, Centre Chrétien-Démocrate, Marguerite, Démocratie Européenne, Réfondation Communiste, les Verts, Fiamma Tricolore, Liste Di Pietro, Liste Bonino … Voyez-vous des « partis » là dedans ? Et pourtant ça couvre un spectre politique très (mais alors très très) large. Manuel Valls se déclare favorable à une ouverture vers les Démocrates et vers la société civile. Je suis épatté par sa capacité de vision innovante : en effet c’est le projet de Romano Prodi de 1995 (l’Olivier). Par ailleurs, ce projet (le seul capable de mettre Berlusconi à l’opposition sur les derniers 15 années) a toujours capoté « grâce » aux alliés de la gauche radicale. Pour autant il me semble que le PS (français) ne puisse pas laisser tomber le PCF, ni Mélenchon et son « Die Linke à la française ».

Le constat de l’incapacité de cette alliance à tenir le rênes du Pays (deux victoires at aucune législature portée à terme) conduira à la création (ô combien complexe et difficile) du Parti Démocrate par la fusion des socio-démocrates modérés et des démocrates de la Marguerite (co-fondateurs du PDE).  La litigiosité, la volonté hégémonique et le complexe de supériorité intellectuelle existant dans l’aile « gauche » de ce parti ont empêché jusqu’à présent le succès de l’opération, conduisant aux démissions de Walter Veltroni (ex PCI) de la Présidence du Parti. Son successeur par intérim, Dario Franceschini (ex Marguerite) semble avoir réussi à stopper pour l’instant l’hémorragie de suffrages.

Si je me permets ce rappel historique à Manuel Valls c’est que l’histoire de nos voisins nous apprends deux choses : qu’il existe un espace politique majoritaire susceptible de se reconnaitre dans une proposition démocrate, qui considère l’argent au service de l’homme et pas le contraire et que cette proposition, au delà des Alpes, n’a été crédible que quand elle a été portée par un homme du « centre » (Prodi, Franceschini).

Manuel Valls demande, dans les faits, la création d’un Parti Démocrate à la française mais préfère parler de Mouvement. J’ai un scoop pour lui : le Mouvement Démocrate, existe déjà.

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ASDE

Non, ce n’est pas de l’ « Aide aux Salariés en Difficulté en Entreprise » dont je vais vous parler. Mais de la nouvelle « Alliance des Socialistes et des Démocrates Européens » : selon Dario Franceschini, c’est dans ce nouveau groupe que les 21 (22 si Lisbonne passe) députés européens du Parti Démocrate vont siéger.

Article de Repubblica (en italien).

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Debora Serracchiani

Debora Serracchiani était une figure presque inconnue du Partito Democratico jusqu’en mars dernier. Candidate aux élections européennes, elle bat Berlusconi (oui, yes, dem’s can!) : dans le système italien il n’y a pas de liste bloquée, il faut exprimer une ou plusieurs « préférences ». Elle fait six fois le score de sa tête de liste et 9000 préférences plus du Premier Ministre. Et pourtant, elle n’y va pas avec le dos de la cuillière quand il faut. Debora Serracchiani, c’est ça (en italien)


Ça parle à quelqu’un ?

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