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Laissez-les partir

C’est un sujet difficile qui me ramène sur ces pages un peu délaissées : Yves Leterme (re)démissionne pour la énième fois de son poste de Premier Ministre de la Belgique, toujours sur le même écueil, le vivre ensemble entre Flamands et Wallons.

Je crois qu’il serait sage de laisser les Flamands partir, s’ils en ont une vraie volonté. Qu’il serait sage de prendre du recul sur la nature, le rôle et même la pertinence historique des Etats, tels que nous les connaissons aujourd’hui. Défendre « l’unité » de l’Etat contre la volonté de citoyens qui se veulent se reconnaitre comme peuple, n’est-il une violation manifeste du principe de liberté ?

A mon sens, le problème tient à une certaine conception de l’Etat, telle qu’elle est arrivée à nous au travers quelques millénaires d’évolution. Des théocraties anciennes aux démocraties contemporaines, en passant par les étapes intermédiaires des « Rois par la volonté de Dieu », puis des oligarchies du XIXème (vote masculin, vote censitaire), la manière dont les citoyens se rapportent à l’Etat a changé. Et cela d’autant plus que la politique, entendue comme la participation aux « débat national », est devenue un produit de masse : le développement des niveaux d’études et de revenus, sans précédent dans l’Europe de l’après deuxième guerre mondiale, en a été le déclencheur.

Défendre l’unité de l’État à tout prix et contre les citoyens censés constituer le peuple qui s’autodétermine et s’autogouverne  par le biais de l’État revient à affirmer que l’État fait le peuple, c’est à dire que l’État est prééminent par rapport aux citoyens. Et, par conséquent (pardonnez-moi le raccourci mais je ne veut pas alourdir trop) que la démocratie est une illusion d’optique valable que pour les « sujets ».

Le « vivre ensemble » c’est un choix renouvelé chaque jour, si ce choix est contraint il devient une prison de laquelle il y aura facilement des gens pour vouloir s’en échapper. Coûte que coûte. La Politique a le devoir de faire en sorte de ne pas en arriver là.

Mais quand cela arrive … cela arrive. Et faire l’autruche est une merveilleuse manière de faire empirer les choses, de les rendre destructrices. Cela dit, quoi faire ?

Et bien, je pense que c’est sur des dossiers comme celui là que l’Europe devrait montrer à ses citoyens qu’elle est un peu plus qu’un ramassis de (très bons) techniciens : qu’elle est capable d’être une Europe des citoyens, alors que les textes, même les plus récents, n’en font qu’une Europe des États.

Je pense que le droit de sécession devrait être prévu, et strictement encadré : personnellement je verrais bien un référendum des résidents des territoires demandant sécession avec résultat contraignant pour 50 ans. Tant la liberté est importante, tant il est nécessaire de ne pas remettre en permanence les choses en discussion. Aussi, il serait opportun de prévoir un cadre pour l’après de ces territoires : la création d’un statut de Région Européenne Autonome (pouvant ou pas demander un rattachement à un État existant) me paraît un bon compromis. La création d’un nouvel État devrait, en revanche, donner éventuellement lieu à des négociations d’adhésion identiques à celles des Pays tiers, avec les délais qui vont avec.

Enfin, en filigrane, il est à mes yeux évident que les textes européens sur la protection des minorités linguistiques et des langues minoritaires devrait devenir un élément contraignant du droit européen : de cette manière on éviterait que des questions de civilité soient prises en otage et utilisées comme paravent pour les vraies questions de rapports entre citoyens, peuples et États.

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Fiscalité

La blogosphère politique s’amuse des baroquitudes du système fiscal français. Et c’est vrai qu’il y a de quoi. Entre un bouclier fiscal inefficace (et d’inspiration fantasistement « allemande »), envie de taxation confiscatoire (sur le revenu et sur le patrimoine), niches diverses et variées qui font plus la fortune des conseillers en fiscalité qu’elles ne s’avèrent pertinentes (défiscalisation de l’IRPP, de l’ISF, de l’IS …), taxes carbonisées et autres c’est, pour reprendre la formule, un « joyeux bordel et festif« .

Mon opinion sur le sujet est assez simple : parler de tel ou tel aspect du système fiscal n’a pas beaucoup de sens.

Tout d’abord il serait opportun de savoir à quoi ça sert l’argent récolté. Peut-être que l’habitude fait croire que cela va de soi mais ce n’est aucunement le cas. Il y a probablement des domaines dont la puissance publique se mêle sans aucune raison autre que l’élargissement de sa sphère de pouvoir. Il y a tout autant probablement des domaines où l’intervention publique serait profitable à la population qui sont parfaitement négligés.

Ce n’est qu’après la détermination du « qu’est qu’on va faire » que la question de « comment on finance » peut se poser. Et donc que la question des limites de la pression fiscale peut se poser de manière pertinente. Je dois avouer qu’une loi de finances établissant la limite en pourcentage du PIB de la pression fiscale maximale autorisée et déléguant au Gouvernement toute latitude dans les assiettes et catégories imposées ne me choquerait pas. Après, si un Gouvernement veut être vexatoire avec trop de monde, je doute qu’il sera reconduit. Et s’il l’est, c’est le choix des citoyens.

Si j’étais en charge de ce Gouvernement avec une telle latitude, je me fierait à des principes simples.

Tout d’abord, je tiendrais bien devant les yeux que tout système de collecte (et contrôle) fiscal a un coût. Que ce coût est un coût perdu, car il ne produit rien d’autre que lui même. Donc le système fiscal devrait être le plus simple possible, afin de minimiser ces coûts « inutiles ».

Ensuite, j’aimerais qu’il soit juste. De mon point de vue, cela veut dire que tous les revenus devrait être traités de la même manière, que le système soit progressif (ce qui impliquerait de facto l’abandon de la taxation sur la consommation) sans être confiscatoire, qu’on ne taxe pas la même richesse plusieurs fois (ce qui impliquerait de facto l’abandon de l’imposition sur le patrimoine, hors moment successoral), que les recettes fiscales déjà versés au titre des coûts de production du revenu soient déductibles de l’impôt.

Bien entendu, le taux d’imposition sur une telle assiette, serait probablement plus élevé que aujourd’hui. Et personne ne serait fiscalement exempt, ce qui est d’ailleurs vrai déjà : on a bon être au RMI, on paye bien de l’impôt indirect. Cela aurait un avantage pour les citoyens : rendre manifeste l’impact de la fiscalité dans la vie de tous les jours alors que, à présent, on peut avoir l’illusion d’y échapper.

Reste la question des exilés fiscaux.

Pour avoir côtoyé un certain nombre de vrais riches, je crois que le problème est mal posé, dans le sens que les appeler « fiscaux » c’est faire un grand raccourci sur les raisons de leur exile. D’ailleurs, il ne me semble pas de voir de grands flux migratoires vers la Bulgarie ou d’installations massives d’entreprises en Monténégro (clic, en anglais).

Ce sont des exilés, certes. Qui ont choisi de ne plus adhérer à ce que leur pays est. C’est leur droit, qu’il serait intelligent de respecter.

Mettons en place un système efficace, juste, lié à des actions qui valent l’argent qu’elles coutent.

Ça sera déjà beaucoup, et très bien fait.

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Cela deviendra du domaine publique, donc je ne révèle aucun secret d’Etat, ni j’enfreins la moindre règle de mon parti si je signale que, en Bretagne, les listes seront légèrement différentes par rapport à celles proposées aux adhérents, et approuvée avec des scores en ligne avec ceux des autres régions. En effet, en Finistère, la conseillère sortante, Madame Isabelle Le Bal, se sera pas secondée par Erwan Balanant, adjoint à Quimperlé et ancien numéro deux de la liste qui avait remporté les élections internes pour définir la Présidence, comme soumis aux vote électronique.

Évacuons tout du suite un point de détail mais qui en chiffonne plus d’un : du point de vue de nos textes, cela est parfaitement conforme à la lettre des règles qui nous nous sommes données. Les adhérents ont été consultés et à aucun moment n’est dit que le résultat de la consultation est contraignant. La lettre est donc respectée. L’esprit un peu moins. Ce qui ouvre un problème purement politique.

Je ne m’étalerai pas sur les faits qui ont conduit à cette issue, si ce n’est pour remercier Erwan de son sens de responsabilité qui tranche avec les cris de basse cour et la pleutrerie qu’on observe si couramment dans des situations similaires.

Mais, malgré cela, le problème politique reste. Tout simplement, la mouvance qui a été majoritaire (bien que de manière relative) quand on a interpellé les électeurs, n’aura aucun candidat en position ne fut-il que vaguement éligible. Le vote des adhérents, celui par internet pour ne pas se mélanger les pinceaux, à la poubelle. Les zones électorales fortes, tant en terme de corps électoral qu’en termes de scores réalisés au fur et à mesure des consultations officielles, et les équipes que les ont portées, plutôt mal loties. Je crois, que c’est assez myope et que cela contribue à affaiblir notre potentiel et notre crédibilité (et bien sur, je me prépare à être accusé de tous les maux pour cette article mais bon, depuis deux ans qu’on essaie de me salir je commence à en avoir l’habitude).

Malgré le fait que je puisse comprendre la lassitude et même le désarroi, j’ai envie de le dire presque solennellement à tous les déçus, ceux qui sont tentés de rendre leur carte et même à ceux qui viennent de le faire : le problèmes politiques s’affrontent par des initiatives politiques. Se retirer sur l’Aventin, peut soulager mais reste strictement stérile.

Je n’ai rien à vous dire sur l’échéance à venir. Votez, ou pas. Faites campagne, ou pas. Tournez vous vers d’autres candidats et propositions, ou pas. Cela est du ressort de votre responsabilité et, in fine, de votre liberté. Cependant, permettez-moi de vous rappeler qu’aucune vision politique structurante ne s’est imposée rapidement. Ni sans douleur, d’ailleurs. Le libéralisme, malgré l’influence de Smith et Ricardo sur la politique anglaise de leur époque n’a trouvé que d’applications très partielles. Le marxisme, deviendra suffisamment puissant (et encore dans une version plutôt détournée) presque 70 ans après sa théorisation. Même le centrisme historique, celui de racine démocrate-chrétienne, fondé sur le régionalisme et l’économie sociale de marché ne s’imposera, et de façon très inégale, qu’après la deuxième guerre mondiale. Et pourtant des gens comme Don Luigi Sturzo, portaient cette idée depuis presque trent’ans.

Beaucoup ont pensé que François Bayrou possédait cet « autrement » qui tant (et même trop) a plu aux Français. Cet « autrement » est à construire. Le moment de démarrer, c’est maintenant. Pour construire dans la durée. Pour inventer « notre » autrement.

Bonne campagne, et bons choix à tous

(ps : contrairement à ce que je fais d’habitude, je serai très regardant sur les commentaires, les pleureuses à la censure peuvent commencer à se chauffer)

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Davos. C’est sympa Davos, si vous aimez les décors de Suisse. En tout cas, moi j’aime bien. Pas à la folie (faut pas exagérer) mais bien quand même.

Un décor tout à fait adapté pour monter sur ses grand chevaux et continuer à jouer petit bras. Parfait pour amuser la galerie et se faire passer, un court instant après un court instant, pour quelqu’un d’important.

Et, bien entendu, le tableau ne saurait être tâché par la présence éventuelle d’un quelconque bon sens, à défaut de compétence réelle : quoi de plus réjouissant de rejouer et de surjouer la moralisation du capitalisme financier alors que cela ne veut strictement rien dire ? Alors que ce qui nous manque c’est le partage d’une nouvelle et plus large compréhension des phénomènes économiques capable de repousser ne  fut-il que d’un millimètre la frontière de notre ignorance infinie ?

L’absence de pensée et de vision cohérente, dans l’histoire humaine, a souvent conduit à l’émergence de Môssieurs La Morale. Souvent pas très moraux eux mêmes. Rien que des choses très ordinaires, au fond.

J’aurais envie d’inviter nos (ir)responsables à se tourner vers la réalité, d’arrêter de jouer aux ombres chinoises sur les parois de la caverne. Mais je sais bien que rien n’est plus réel de ses illusions quand on a perdu (ou qu’on a jamais eu) la capacité à rêver le vrai.

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Suzanne and Suzanne

Comme suite aux commentaires de Martine, voici une suite Suzanne et Suzanne.

Je préfère la reprise italienne, question équilibre de texte (oui je suis chiant avec les détails …) , mais assez parlé !

A vos écouteurs pour un moment (double) de plaisir !

Note pour les amis de Facebook : il parait que les vidéos ne sont pas bien reprises dans les articles, alors, je partage directement sur le profil

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It worked (they said) !

Le déficit public français (pas la dette, le déficit) atteint 140 milliards d’euros, soit presque mille-milliards-de-francs.

Bah oui … au supermarché on pratique encore le double affichage …

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HADOPI, saison 2

Spécial dédicace pour un blogueur en crise de soupirs et pour tous les autres qui préfèrent sourire plutôt que de pleurer.

C’est par ici.

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Aujourd’hui programme léger : le forum sur l’intégration et l’égalité des chances ainsi que l’apéro avec les amis de ouèbe.

Au sujet du forum, quoi dire d’autre si ce n’est que j’ai été conquis par le verbe d’Abdoulatifou Aly, la pertinence (et le sens de l’humeur) de P.Doutreligne (Directeur Général Fondation Abbé Pierre) et plus en général par le niveau du débat. Cependant j’ai eu également le sentiment qu’on passé à côté de quelque chose. De mon point du vue, clairement libéral et j’assume, la discrimination et plus en général l’exclusion sont à considérer comme des comportements visant à réduire l’espace de liberté des personnes. Bien évidemment, je m’appuie sur le concept de liberté comme capabilité dans lignée de Amartya Sen plusieurs fois évoqués sur ces pages.

Or, il se trouve que la France est un pays qui se veut fondé sur la liberté. Par conséquent, approcher l’égalité des chances comme l’égalité de la liberté d’accomplir pourrait constituer une piste spécifique de solution. Moins dangereuse de la « discrimination positive » à l’américaine et également porteuse de moins de conflits entre classes et groupes sociaux.

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Ce dimanche un Front devait gagner à Hénin-Beaumont : National ou Républicain, voilà la question.

Le Front Républicain a en effet remporté le deuxième tour avec un pourcentage plutôt serré : 52,38 % des suffrages. D’ailleurs, la justice devra vérifier si le Front Républicain ne s’est pas livré à une sorte de chantage à la subvention lequel, si avéré, serait très choquant.

Cependant, l’analyste dépassionné regardera également du côté de l’autre Front. Et il remarquera un certain nombre de coïncidences.

Le soir du premier tour la liste de M.Briois était créditée de 39,34 % des voix. Ce soir elle pointe à 47,62 %, avec une participation en hausse, ce qui correspond à un gain de 8,28%. Donc cette liste avait bien des réserves de voix. On notera, au passage, que cela n’avait pas été le cas pour JM Le Pen en 2002, quand le « Front Républicain » avait profité à Jacques Chirac. Ce gain est d’autant plus impressionnant que toutes les listes en lice avaient soit fusionné soit appelé à voter pour la liste Duquenne. Donc, ces voix, d’où ça vient ?

J’avais remarqué que, au premier tour, la somme de l’électorat FN et UMP était en très légère hausse par rapport aux Présidentielles. Combien de voix pour Sarkozy au deuxième tour à Hénin-Beaumont ? 46,45 %. C’est à dire à peine moins du score de Steeve Briois et Marine Le Pen.

Certes, l’UMP a fait appel du haut de ses 4% du premier tour à voter Duquenne (quoi que). Ses électeurs n’ont pas suivi.

Il y a, à Hénin-Beaumont mais vraisemblablement ailleurs également, une certaine porosité entre les électorats UMP et FN.

Sarkozy devrait respecter plus ses électeurs et faire entrer le Front National au gouvernement …

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Un économiste français de grande valeur, Jean Fourastié, avait intitulé son plus célèbre ouvrage le « Le Grand Espoir du XXe siècle. Progrès technique, progrès économique, progrès social« . Édité pour la première fois en 1949, ce texte postulait que la saturation de la demande par rapport à un produit aurait rendu nécessaire de l’innovation et que cette innovation aurait nécessité de développer des connaissances dans un processus entrainant une amélioration progressive des conditions de vie. Le tout, avec de la croissance économique en prime.

En très grande partie, les intuitions du « Grand Espoir » ont trouvé un pendant dans la réalité des Trente Glorieuses, formule dont Fourastié est d’ailleurs l’auteur.

En 1989, à l’occasion de la réédition de l’ouvrage, Fourastié fait un point de la situation. Son outils ce sont les statistiques. Et il nous livre cet intéressant constat.

« Le processus peut en être résumé ainsi: le progrès technique, augmentant le rendement du travail dans des secteurs importants de l’activité économique, a permis d’accroître la production, donc la consommation. Mais la consommation croissante ne s’est pas laissé imposer la structure de la production croissante ; alors qu’elle paraît, a court terme, serve de la production, la consommation s’est révélée dominante à long terme ; elle a peu à peu imposé sa loi à la production. »

C’est le scénario idéal, tant aux yeux de l’économie théorique que de l’empiriste humaniste qui est Fourastié (pour l’anecdote la première citation de son livre est dédiée à Jean Monnet, « vivre mieux en produisant mieux »)  : le consommateur impose sa loi au producteur. Le bonheur du plus grand nombre (Adam Smith) est en marche.

Mais Fourastié est beaucoup plus lucide que ses contemporains (et de beaucoup d’économistes amoureux de leurs théories). Avec une très grande honnête intellectuelle, il admet dans sa postface de 1989 que l’avenir lui paraît « grandement imprévisible ».

En effet, c’est là la grande limite des travaux basés sur l’analyse statistique : la mesure ne détecte que ce que l’on cherche et elle n’est valable que de manière rétrospective.

Je pense que Fourastié avait raison d’être prudent et que, à partir des années 90 environ (que lui ne pouvait pas connaître en 1989 …) on a changé de paradigme. Là où l’homme, même réduit à sa fonction d’agent économique, imposait sa loi au système de production le pliant à la satisfaction de ses besoin, on a vu émerger une « économie de l’offre », avec son corollaire d’endettement-consommation-insatisfaction-endettement qui a pris une allure de catastrophe.

Le « vivre mieux » de Jean Monnet est devenu le « gagner plus » de Henri Gauino si bien mis en scène par un avocat de Neuilly su Seine aux talents d’orateurs incontestables.

L’effondrement du mythe de l’économie planifiée avec l’écroulement du soviétisme et la « conversion » au marché de la Chine a favorisé la résurgence de l’économie de spoliation (qui n’a rien de libérale) qui avait caractérisé le capitalisme des années 20. Avec, par ailleurs, des effets assez similaires.

Mais cela n’aurait pas été possible sans une réelle faiblesse de l’économie « socio-libérale » qui était celle du Grand Espoir. Celle du modèle rhénan. Celle des coopératives (d’inspiration catholique ou pas) en Italie (Vénétie, Emilie) ou, plus près de chez moi, en Bretagne.

Certes, le Grand Espoir a été trahi. Mais il n’était déjà plus un espoir. Le comprendre, nous éviterait de poursuivre une chimère et de commencer à inventer la nouvelle pensée économique sur la quelle bâtir un Grand Espoir pour le XXIème siècle.

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