Bonne nouvelle d’Europe
22 juin
Je lis une dépêche Reuters que le groupe des « Conservateurs et Réformateurs Européens » serait né au Parlement et qu’il compterait 55 membres. Au risque de paraître incorrect, c’est une très bonne nouvelle. En effet, la mauvaise avait eu lieu le 7 juin avec l’élection de nombreux députés, notamment britanniques et polonnais, oscillant entre l’euroscepticisme et l’europhobie. Mais cela est la volonté de l’électeur et je la respecte.
Ces députés avaient a-priori leur collocation dans le PPE, avec l’UMP parmi d’autres. Or, les fait qu’ils ait constitué un groupe autonome, et à vrai dire assez important, rendra plus clair le positionnement de la droite dite européenne et les différentes alliances qui vont se nouer au fur et à mesure. Par opposition, la naissance de ce groupe pourrait, le conditionnel est de rigueur, remettre sur le tapis l’exigence d’une vision profonde de l’Europe et, soyons optimistes, un vrai débat sur le (con)fédéralisme européen.
Ce nouveau groupe, il le dit avec clarté, est pour une Europe virtuelle, à minima, faite uniquement d’accords entre Gouvernements. C’est un projet de désintégration européenne. Il y a, en France et ailleurs, des gens qui ont parlé d’Europe « volonté », « puissance », « repère » … notamment au PPE. Maintenant, ils devront choisir : accepter d’être affaiblis au Parlement et renoncer à ces 55 voix ou alors s’allier de façon explicite avec les europhobes. Je parie que la blogosphère et j’ose penser même les structures partisanes vont être vigilants : la prochaine campagne européenne est déjà en marche. Et en ce qui concerne la France, la Présidentielle pourrait bien en être une étape.
Par ailleurs, cet affaiblissement de la droite européenne ouvre des espaces politiques à toutes les forces centrales : les Démocrates, les Libéraux, les Ecologistes. C’est la règle de la proportionnelle. Et je sais, pour l’avoir vécu au Parlement Italien où on avait des députés qui se revendiquaient directement de l’héritage mussolinien, que les extrêmes parlementaires ont tendance à ce stériliser et à recentrer la politique.
C’est pour cette raison que je partage les perplexités de Francesco Rutelli (co-fondateur avec F.Bayrou du PDE au nom de la Marguerite, depuis ayant intégré le « Parti Démocrate » italien) quant à l’accord passé entre le PD et le PSE pour créer un groupe d’ « Alliance des Socialistes et des Démocrates Européens« . Bien que j’en comprends les raisons, cela c’est à mon avis une erreur car cela retarde la structuration du nouvel espace politique européen ne se reconnaissant plus dans le binairisme droite-gauche. Par ailleurs, en Italie, on votait aujourd’hui pour des référendums sur la loi électorale qui auraient mis en difficulté les partis non majoritaires. Sachant que le quorum de 50% des votants est nécessaire pour la validité de la consultation, s’abstenir c’est vraiment voter avec ses pieds. Et l’affuence n’a été que de 20% environ.
Cet espace existe et il se manifeste régulièrement.
Donnons lui de la voix, de l’espoir et de la cohérence.
C’est notre « job«
