Bah oui, c’est important et cela serait même intelligent. Nemo compare un peu un parti à une entreprise. Je ne partage pas la totalité de sa pensée mais c’est une simplification qui peut être utile. Un produit, des VRP … soit.

Et les études de marché ?

Ils se trouve que les partis avec des simples adhérents (pas les militants, plus engagés, ni a fortiori les élus, plus informés, plus à même de faire du décryptage fin et aussi plus intéressés et tactiques) ont un patrimoine exceptionnel en termes de markéting : un panel.

Si « les adhérents » n’adhèrent pas, probablement l’électeur non plus. Combien d’adhérents ont manifesté leur peu d’enthousiasme pour les maux de ventre centro-centristes datant déjà des législatives et poursuivies pendant un moment ? Combien d’adhérents ont voté pour une liste autre que le MoDem aux européennes, notamment Europe Ecologie ? Combien d’adhérents se tuent à crier qu’ils veulent un MoDem fort, indépendant et résolument tourné vers le futur ? Combien sont-ils partis, las de crier dans le désert ?

Certes, ce ne sont que gesticulations d’adhérents, de néophytes, de supporters, de girouettes … c’est ça qu’on entend, n’est pas ? Et, bien entendu, pas qu’au MoDem. Les seuls qui sont bien lotis sont les gens du RPR : il veulent un dieu à adorer (et à brûler sur le bûcher le moment venu), c’est ce qu’ils ont. Un dieu et la foi. Croire, obéir, combattre … ah non, je divague, ça c’est l’Histoire transalpine …

Dommage que ces agitations constituent également la réponse du panel à l’étude de marché.

Études que nombre d’entreprises politiques s’évertuent à ignorer.

Dites, on appelle comment en français bien de chez vous un parti qui choisit de se couper de ses électeurs ?

Voter !

Nemo lance la salve mensuelle des billets « kikalaplusgrosse ». Pour Skeptikos, pas le risque, mais procédons dans l’ordre.

Septembre signe le retour à la normale de la fréquentation : après un juin dopé par les élections et le décès de Neda, un juillet morose et un août avec peu d’envie, Xiti donne : 2275 visiteurs uniques (2764 visites et environ 4000 pages) en provenance de tous les continents (merci les spiders).

Les billets les plus lus (hors home page) sont, dans l’ordre : sur le cul, dans ton nom ton destin, sur le cul (bis répétita). Bien évidemment, les billets économiques (nombreux) n’attisent pas les foules. Un problème d’écriture peut-être, ou une allergie diffuse à la « triste science ». Je suis extrêmement déçu du fait que l’article sur Domenico n’ait été lu que 17 fois.

Vous avez été 14,2% à venir par un moteur de recherche, 39,3% par requête directe et 46,5% par des liens sur d’autres sites. Premier appoteur, l’Hérétique que (y compris par son article sur Marianne2) a apporté environ 8% de la fréquentation totale du blog. Suivent Catherine&Dominique et, surprise, Objectif Liberté. La plateforme les démocrates, netvibes et même l’ancien Skeptikos complètent les principaux apporteurs.

Côté classement, c’est le Top100 général chez blogonet (32 politique) en attente du Miko bientôt. En effet, la chaine que j’avais lancé sur les noms de blog a très bien marché. En revanche les articles de fond ont été peu liés. Décalage, non pertinence, rééquilibrage dans la politique de liens de chacun ? Difficile à dire. En tout cas, cela fait 46 liens de 27 sources selon wikio labs. Dans l’ordre :

Unique et commun à la fois
Barrejadis
Démocrate sans frontière
Unhuman
De tout et de rien, surtout de rien d’ailleurs
La Maison du Faucon
Partageons le reste !
Section socialiste de l’île de Ré
ataraxosphere
Partageons mon avis
Marianne2.fr
Le coucou de Claviers
Le blog de Hypos
Olympe et le plafond de verre
Hérésie
Les privilégiés parlent aux Français…
Le chemin du Rayon
mtislav
Je n’ai rien à dire ! et alors ??
Hashtable
C’est juste histoire de dire
Mrs Clooney
Alluvions
Tes reins et terroirs
Détours à Tours
Quelque chose à dire
Chroniques vénitiennes

Pour complétude, le labs recense également 150 liens sortants vers 51 sources (qui ne sont pas, évidemment, tous des blogs).

Voter !

Je reviens sur le billet d’hier dans lequel j’ai fait la grave erreur d’y mettre la vidéo bidouillé de SR qui a parasité le reste, alors que c’était juste pour le fun.

J’y reviens parce que je suis surpris que personne (à part Marc et Dragouik) n’ai remarqué cette sortie scandaleuse de Martine Aubry :

Ensemble, il faut que nous soyons capables de nous poser la question : de quelle société voulons-nous ? Quand on est au chômage, on veut être en CDD ; quand on est en CDD, on veut être en CDI. Est-ce que c’est de cette course effrénée dont on veut vraiment ?

Posons nous la question, justement.

C’est un responsable politique qui a dit ça ? Ce responsable qui demande à tous des brevets de gauchitude ?

Eh bien, Madame Aubry, j’ai une chose à vous dire.

Je suis venu en France car on m’a fait croire que l’Europe existe, et on m’a menti. J’y suis venu sans travail car je pensais, naïf, qu’avec mes études et mes expériences je n’aurais pas eu de problèmes à trouver du travail. On me l’a d’ailleurs répété très souvent. J’y ai cru, et c’est de ma faute. J’assume.

Depuis six ans je me décarcasse pour faire manger ma famille. Sans aide aucun des très couteux « services pour l’emploi ». Qui ne peuvent rien pour moi et qui le savent très bien, car il y a des gens honnêtes dans ces services.

Et vous savez, je n’ai jamais fait la fine bouche pour travailler … peu importe que je suis deux fois Bac+5, que je mène une thèse, que mon travail ai été souvent très apprécié et, parfois, récompensé formellement.

Intérim à l’usine ? Oui. Ça été le prix pour avoir une couverture santé.

Commercial en industrie agroalimentaire ? Oui. Tant pis pour les horaires et les voyages et si j’ai dû apprendre de l’électromécanique en milieu alimentaire …

Agent de propreté ? Aussi.

Chargé d’études, de mission, même enseignant à l’Université.

En CDD

Depuis six ans.

Savez-vous qu’est que c’est de ne pas pouvoir organiser une vie ? Permettez-moi d’en douter.

Vous m’insultez, Madame, et vous insultez tous ceux qui galèrent. Hélas, ça fait beaucoup de monde.

Les gens « de gauche » verront si vous êtes digne de cette étiquette.

Mais pour mois, vous faites honte au mot de Politique.

Voila que c’est dit.

Voter !

Sur le cul …

Premièrement, désolé par la grossièreté mais l’info m’a vraiment fait tomber de ma chaise. Pire qu’une crise aiguë de fou-rire d’avenir … (montage  / canular ? Drôle en tout cas)

J’avais écrit autrefois que Martine Aubry pouvait tuer le MoDem. Force est de constater que la cible orange ne lui suffit pas.

Voter !

Comme toute matinée post-électorale il y a le petit jeu « qui-a-gagné-qui-a-perdu » que je trouve déjà assez stupide quand ma famille politique se porte bien, alors vous imaginez quand ça ne marche pas du tout. Très bien, jouons le jeu.

Je pense qu’il y a un seul gagnant et plusieurs perdants.

Le gagnant est Nicolas Sarkozy. Autant godillots qu’il puissent être à l’UMP (la seule liste qui se référait à l’élection présidentielle française !) ils ne sont pas stupides. Ils avaient trois objectifs, et le carton est plein : éviter un débat sur le comportement de la majorité au sein du Conseil des Ministres, éviter un vrai débat sur le projet de société que l’Europe devrait porter, casser les possibles dangers en perspective 2012. Car, tout en tapant sur « l’obsession de Bayrou« , il est évident que c’était bien à l’UMP où la pensée était le plus focalisée sur cette échéance. D’ailleurs, quand Michel Barnier dit que ce vote « ouvre la deuxième partie du quinquennat de Sarkozy » on ne peut que se dire que le « parler d’Europe » de cette liste a été une formidable tromperie. Qui a, je n’ai aucun problème à l’admettre, très bien marché. Et, comme quoi, j’ai le sentiment que les déclaration de Cohn-Bendit qui dit ne pas vouloir se porter à la Présidentielle, doivent faire sourir rue de la Boétie.

Ceci n’est pas surprenant : en effet on a un deuxième gagnant. La stupidité. Pour les 60% qui se sont abstenus « parce que on nous a promis et on nous ment, parce que on a voté non et ils se sont assis dessus, parce que la crise, parce que ceci-et-cela »,  j’espère qu’ils sont contents du résultat. Car s’il ne l’aiment pas n’ont qu’à s’en prendre à eux même. Personne ne les a obligés à rester chez eux : c’est leur choix et leur responsabilité. Ont-ils la maturité pour l’assumer ? On ne peut que le souhaiter.

Venons au perdants. Je suis un militant, donc commençons par mon parti. On a perdu, c’est indéniable. Et c’est un échec qui peut nous faire grandir. Somme nous assez adultes pour saisir l’occasion ? Ce que j’ai vu en coulisses et ce que je vois en pleine lumière me laisse un gros doute. Nous avons été faibles, et nous avons perdu par notre faiblesse. Et nous avons été faibles individuellement car on n’a pas su être fort collectivement. Quand on a la prétention de rompre un duopole de pouvoir aussi bien installé en France, on doit savoir qu’on sera attaqué de tout bord, parfois avec de la mauvaise foi et la provocation. Et on doit préparer tout ça, on doit être solide. Du sommet du parti jusqu’au dernier des militants. En passant par les cadres, élus et barons divers. Si l’honnêté intellectuelle était une marchandise plus repandue, on entendrait moins de vierges effarouchées et plus de réflexion.

Mais le vrai grand perdant c’est le Parti Socialiste. Depuis le 21 avril 2002, l’obsession présidentielle est omniprésente. Dois-je rappeler le spectacle du Congrès de Reims ? En 2007, pour éviter un nouveau « cauchemar », le PS avait dû (et réussi à) siphonner tous ses alliés. A partir des écologistes. Depuis, il nous servent tous les jours la même soupe : Bayrou l’imposture de droite. Car ils pensaient que, le Béarnais liquidé, les brebis seraient rentrées docilement au bercail. Grave erreur. Ce qui est impressionant c’est que leur tactique à marché : certes, Bayrou s’est tiré une balle dans les pieds avec son altercation avec Cohn-Bendit. Combien de fois j’ai lu sur le Net (je colore mais à peine) : « Ouh, le méchant Bayrou, il attaque le gentil héro de 68, écologiste, donc de gauche, sur une question de moeurs écoulée … p’tain le réac ! Que c’est de droite ce mec ! ». Donc la stratégie du PS a été un succès. Qui ne leur a pas profité. Chapeau, ça, il fallait le faire.

Et maintenant ? Pour l’Europe, au sens du projet européen, c’est mal parti. Pour inflèchir l’Europe qui se dessine il faudra passer par la case « Gouvernements » : peut-être qu’à cette occasion le message de vérité qui consiste à montrer les imbrication du national et de l’européen sera plus audible.

Ce qui me semble clair, c’est que les français qui votent portent une forte demande d’alternative politique. Cette demande qui a poussé François Bayrou en 2007 est sensiblement la même qui a poussé Europe Ecologie en 2009. Jusqu’à présent, dans ce mouvement, le PS a été jugé non crédible (et Martine Aubry est honnête en l’avouant) . La balle est donc dans le camp des euroécologistes : à eux de montrer que Hulot (soutien de Sarkozy en 2007 si je ne m’abuse), Bové (candidat altermondialiste), Cohn-Bendit (ou pas ?) et toute la galaxie qui s’y reconnait, peuvent construire une alternative crédible.

Personnellement, je suis, quel scoop!, sceptique.

Voter !

Martine patine (et dérape)

Je parle bien sur de Martine Aubry : la « fille de » la plus en vue de la gauche française lançait aujourd’hui la campagne européenne du PS. Je passe sur la façon de faire rentrer dans les rangs leurs dissidences sur les parachutages, c’est l’affaire des socialistes. J’espère simplement que tous ceux qui ont raillé la consultation des adhérents MoDem ont bien regardé. Bon, je suis sceptique mais ce n’est pas le sujet.

Le sujet est que le PS, en tout cas sa première secrétaire, a déjà accepté un futur échec électoral. Malgré de bon sondages. En effet, un parti fort n’aurait aucun besoin de justifier un vote socialiste par manque d’alternatives. Et la performance comique atteint son sommet quand Martine Aubry raille Bayrou dont les voix manqueraient « rarement à la droite » au Parlement Européen : magnifique exemple d’auto-ironie alors que Jean Quatremer le bien informé nous apprend que le PSE a d’ores et déja renoncé à contrer le « très libéral » (le très nul serait plus pertinent) Barroso.

Avant même l’élection, bizarre, non ?

Je rappelle aux ignares que le Parti Démocrate Européen dont le MoDem est fondateur a plusieurs fois fait entendre sa voix et que l’ADLE, notre groupe au Parlement Européen, est le seul a avoir proposé de manière transparente un candidat à la Présidence du Parlement.

Alors, Martine, vous avez raison. Si on veut sortir de ce jeux où des « politiques » portent des programmes auxquels eux mêmes ne croient pas et où la supposée opposition se donne bonne conscience dans la rue évitant soigneusement de penser qu’elle peut gagner des élections, alors oui, il y a un seul vote utile. Mais pas pour vous.

Voter !