Anticentrisme

Bob a raison : la campagne du MoDem fait les gros titres. Le « centriste réfugié dans la majorité » semble tiraillé entre la joie de voir le « sacrificateur de centristes » mordre un peu plus la poussière et la tristesse de savoir, car il sait être lucide, que la saison politique du centrisme est, encore un peu plus, révolue. Car c’est bien là, en tout cas c’est mon avis, la source même de la grandeur et de la décadence du Mouvement Démocrate. Je sais bien que d’autres collègues blogueurs pour lesquels j’ai de l’estime sont foncièrement en désaccord avec moi. Je respecte leur opinion mais je crois avoir une analyse plus juste de la situation.

Les passionnés de philosophie y verront une certaine analogie avec la dialectique hégélienne : quoi de plus normal dans un espace politique toujours structuré, bien que de plus en plus faiblement, par des formalisations intellectuelles qui appartiennent essentiellement au XIX siècle ?

François Bayrou, pour lequel j’ai de l’estime, avait, je le crois, bien saisi les dérives droitistes et gauchistes des comportements de la classe politique française, celle-ci s’inscrivant dans un processus de portée internationale. En effet, après l’âge des « compromis », qui s’est traduit en Europe par une majorité des gouvernements « centristes », au moins dans les pays démocratiques, l’âge de l’affrontement revenait en force. Face à la radicalisation de l’espace politique, le ni-ni, la résistance, devenait la seule option de bon sens. Mais François Bayrou, qui a, je le répète, mon estime, n’a pas vu toutes les implications de son intuition, qui demeure juste.

Pour comprendre cela, il faut revenir aux racines de l’électorat centriste. Centriste a voulu dire, depuis 1946, ni fasciste, ni communiste. Souvent (Italie, Allemagne, France) cela a pris les formes de la démocratie chrétienne. Parfois (Pays nordiques), celle de la social-démocratie. D’où la dichotomie entre le « centre-droit » et le « centre-gauche ». Et, en définitive, l’explosion du « centre », si bien symbolisé par l’éclatement de la DC italienne suite aux scandales de 90-91, suivant de façon peu anodine la chute du mur de Berlin (89).

Sortie du cadre contraint par la guerre froide et influencée par les théoriciens du conflit (Tatcher, Reagan), la droite européenne s’est « décomplexée » : Berlusconi (1994), Aznar (1996), Sarkozy (tardif, 2007) en sont des exemples connus, sans oublier le couple Kazynsky & Kazynsky en Pologne (2005). Cela a vidé de sens le côté « droit » du centre : le hold-up de Chirac sur l’UDF en 2002 et la naissance du Nouveau Centre en 2007 rentrent dans cette logique. En même temps, les forces « socio-démocrates » restent engluées dans leur intellectualisme excessif qui les rend otages des composantes plus radicalement « de gauche » au fins électoraux. Les tiraillements du PS en France ou l’échec du projet du Parti Démocrate en Italie porté par Walter Veltroni, montrent cette dynamique perverse. Privé d’espace de médiation entre gauche et droite par la seule volonté de la gauche et de la droite, le centre que j’appellerai « historique » n’a plus de sens politique : il doit choisir un camp, dans l’espoir (très mince, l’UMP et le PD l’illustrent bien) de le modérer.

Mais, alors, qui a voté Bayrou en 2007 et qui s’est reconnu, au moins un temps, dans le Mouvement Démocrate ? Mon opinion, testée et corroborée par les comportements de l’électorat populaire et des militants, est que le clivage gauche-droite est de moins en moins pertinent face aux besoins et aux aspirations exprimés par le corps électoral. Il y a une vraie demande de « autrement », un « autrement » de fond, pas uniquement de casting ou de méthode. En effet, il y a eu (et il y a) une authentique demande de dépasser le centrisme. Et c’est parfaitement normal et logique : le centrisme ayant été, dans les faits, une architrave lancée entre la droite et la gauche de dialogue, il ne peut que s’effondrer suite à l’effritement des piliers sur lesquels il reposait. Ainsi, pour une offre qui se perçoit toujours « centriste », il y avait (et il y a, c’est mon pari) une demande « anticentriste« , du « ni-ni-ni », si on veut.

La frustration de cette demande qui se perçoit comme trahie, se traduit en refus de la politique et, en définitive, dans un affaiblissement de notre niveau de civilisation. C’est une demande qui appelle des réponses, des réponses responsables, des réponses structurantes. C’est une demande qui appelle une pensée, une idéologie dans laquelle se reconnaitre. Cette idéologie, cette réponse, ne peut pas être « centriste », pour les raisons déjà évoquées.

Cependant, elle ne peut naitre sans un héritage que seul le centre a su porter dans l’histoire de la pensée politique : la capacité de doute, de remise en question. Hier, c’était le doute face aux vérités absolues des dictatures de tout bord. Aujourd’hui ça doit être la capacité de réinterpréter le monde et notre rôle dans le monde. La demande politique nous demande, Hegel doit en sourire, une synthèse.

Centriste – Anticentriste – Démocrate.

C’est un travail de longue (très longue) haleine, et j’espère que les gens de qualité qui sont tentées par le désengagement face « aux gros titres » et aux dérapages divers, sauront mettre tout cela en perspective, bien que le quotidien puisse être lourd de désillusions. Au delà d’un tel ou d’un tel, il y a les citoyens. Qui c’est nous. Qui c’est nos enfants. Je serai peut-être naïf sur ce coup, mais c’est ma vision des choses.

Sur cette synthèse à venir, j’ai des idées. Je les crois bonnes et pertinentes. Normal, je les aurai abandonnées si ce n’était pas le cas. Cependant, j’applique à moi même les méthodes que je propose. Je suis conscient du fait que je peux avoir tort. Et, de ce point de vue, le fait que le MoDem porte, chez moi, une liste résolument « centriste » (Bretagne au centre), m’intéresse. Si mon analyse est juste, sa seule force sera la force (résiduelle) des réseaux des candidats. Si je me trompes et demande politique « centriste » il y a, alors les scores seront plus importants.

En tout cas, les choix, bons ou mauvais peu importe, ayant été faits, il sera intéressant d’avoir une campagne sereine, dans le respect des divergences d’appréciation, pour avoir des données électorales fiables à analyser et à comprendre.

Voter !

Cela deviendra du domaine publique, donc je ne révèle aucun secret d’Etat, ni j’enfreins la moindre règle de mon parti si je signale que, en Bretagne, les listes seront légèrement différentes par rapport à celles proposées aux adhérents, et approuvée avec des scores en ligne avec ceux des autres régions. En effet, en Finistère, la conseillère sortante, Madame Isabelle Le Bal, se sera pas secondée par Erwan Balanant, adjoint à Quimperlé et ancien numéro deux de la liste qui avait remporté les élections internes pour définir la Présidence, comme soumis aux vote électronique.

Évacuons tout du suite un point de détail mais qui en chiffonne plus d’un : du point de vue de nos textes, cela est parfaitement conforme à la lettre des règles qui nous nous sommes données. Les adhérents ont été consultés et à aucun moment n’est dit que le résultat de la consultation est contraignant. La lettre est donc respectée. L’esprit un peu moins. Ce qui ouvre un problème purement politique.

Je ne m’étalerai pas sur les faits qui ont conduit à cette issue, si ce n’est pour remercier Erwan de son sens de responsabilité qui tranche avec les cris de basse cour et la pleutrerie qu’on observe si couramment dans des situations similaires.

Mais, malgré cela, le problème politique reste. Tout simplement, la mouvance qui a été majoritaire (bien que de manière relative) quand on a interpellé les électeurs, n’aura aucun candidat en position ne fut-il que vaguement éligible. Le vote des adhérents, celui par internet pour ne pas se mélanger les pinceaux, à la poubelle. Les zones électorales fortes, tant en terme de corps électoral qu’en termes de scores réalisés au fur et à mesure des consultations officielles, et les équipes que les ont portées, plutôt mal loties. Je crois, que c’est assez myope et que cela contribue à affaiblir notre potentiel et notre crédibilité (et bien sur, je me prépare à être accusé de tous les maux pour cette article mais bon, depuis deux ans qu’on essaie de me salir je commence à en avoir l’habitude).

Malgré le fait que je puisse comprendre la lassitude et même le désarroi, j’ai envie de le dire presque solennellement à tous les déçus, ceux qui sont tentés de rendre leur carte et même à ceux qui viennent de le faire : le problèmes politiques s’affrontent par des initiatives politiques. Se retirer sur l’Aventin, peut soulager mais reste strictement stérile.

Je n’ai rien à vous dire sur l’échéance à venir. Votez, ou pas. Faites campagne, ou pas. Tournez vous vers d’autres candidats et propositions, ou pas. Cela est du ressort de votre responsabilité et, in fine, de votre liberté. Cependant, permettez-moi de vous rappeler qu’aucune vision politique structurante ne s’est imposée rapidement. Ni sans douleur, d’ailleurs. Le libéralisme, malgré l’influence de Smith et Ricardo sur la politique anglaise de leur époque n’a trouvé que d’applications très partielles. Le marxisme, deviendra suffisamment puissant (et encore dans une version plutôt détournée) presque 70 ans après sa théorisation. Même le centrisme historique, celui de racine démocrate-chrétienne, fondé sur le régionalisme et l’économie sociale de marché ne s’imposera, et de façon très inégale, qu’après la deuxième guerre mondiale. Et pourtant des gens comme Don Luigi Sturzo, portaient cette idée depuis presque trent’ans.

Beaucoup ont pensé que François Bayrou possédait cet « autrement » qui tant (et même trop) a plu aux Français. Cet « autrement » est à construire. Le moment de démarrer, c’est maintenant. Pour construire dans la durée. Pour inventer « notre » autrement.

Bonne campagne, et bons choix à tous

(ps : contrairement à ce que je fais d’habitude, je serai très regardant sur les commentaires, les pleureuses à la censure peuvent commencer à se chauffer)

Voter !

C’est le sujet de quelques billets intéressants sur la blogo démocrate ou proche. Il y en a, comme l’Hérétique, qui pensent qui ça ne veut rien dire. D’autres, comme BGR, avec une opinion différente.

Comme souvent sur des sujets de ce style, j’ai d’abord écrit un commentaire chez le premier de mes collègues cités. Un long commentaire, bon à recycler en billet. Le voici.

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Je suis partagé sur le billet. Il y a des choses auxquelles je souscris des deux mains. En vrac, la présence des « Aliens » (pas de Sigourney Weaver cependant, dommage, j’aime bien), la différence entre le temps politique et le temps associatif (qui dérive parfois à l’agitation masquée par des micro-objectifs), la difficulté de canaliser l’énergie des idéalistes vers des fins communs ce qui implique un certain degré de flexibilité et même de compromis. Mot galvaudé qui signifie, étymologiquement, mis au profit d’un fin commun.

Cependant, j’ai pu tester l’attente de « politique autrement » qu’il y a parmi les électeurs. Nous avons fait une campagne, cantonale en l’espèce, avec le slogan « servir autrement ». Avec très peu de réseaux, du personnel inexpérimenté et l’hostilité de la fédération de l’époque (le président soutenant ouvertement les candidats de l’ump en échange du renouvellement de son siège), ça fait quand même 16% et un second tour. Avec des effets durables, même si pas éternels, qui nous ont permis de frôler les 13% aux européennes, sans candidats locaux.

Je crois que ton billet touche au cœur de la contradiction démocrate d’aujourd’hui : l’incapacité de trouver une voie robuste entre la « vieille mode » et le « on bouge dans tous les sens ». Deux tiers des français ne font pas confiance à la politique. C’est un défi politique que de leur apporter des réponses pertinentes. Le repli sur un passé idéalisé (on a vu la faiblesse du « centrisme » traditionnel en 2002, et même en 2007), serait, je le crois, signer l’acte de décès de notre parti.

Voter !

Mail à François Bayrou

Pour partager un moment avec mes lecteurs que je remercie d’être toujours là, malgré ma relative absence, voici le mail que je viens d’envoyer au Président du Mouvement Démocrate

Cher François Bayrou,

suite à notre rencontre du 21 novembre dernier, à l’occasion de l’audition des commissions au siège, et à votre demande, je me permets de vous adresser ce mail.

Note aux lecteurs : la vidéo est disponible ici [de 14:30 à 18:40 environ]

Tout d’abord je veux vous exprimer ma reconnaissance : je sais pertinemment de ne pas être un parfait inconnu pour vous, bien que nous n’ayons pas eu, jusqu’à présent, d’occasions d’échanger directement. Je sais parfaitement qu’un certain nombre de personnes se sont pressés, par ignorance ou par malveillance, de délivrer des informations imprécises ou partielles sur mon compte. C’est donc très sincèrement que je vous remercie de vouloir vous forger une opinion de première main.

Vous m’avez demandé de vous expliquer, en une page, ce qui est « nous, tranché » en matière économique. Vous pardonnerez ma modestie, je me cantonnerai à vous dire ce qui est « moi » : unicuique suum et porte inferi non prevalebunt. Par ailleurs, une page serait soit trop, soit pas assez. Une phrase serait suffisante : « Le plus n’est pas forcément le mieux ». Cependant je doute que ce niveau de synthèse serait compréhensible. En réalité, la puissance de cet axiome, solide scientifiquement, remet en cause la totalité des théories économiques communément acceptées. Par conséquent, mon approche ouvre sur d’autres pistes d’explication et d’autres préconisation que les approches plus traditionnelles, dont on a au MoDem d’excellents spécialistes.

Si la démarche vous semble farfelue, arrêtez vous un court instant sur l’histoire des sciences. Des vrais génies, auxquels je n’ai aucune prétention de me comparer, tels Copernic, Riemann, Lobatchevsky, Einstein n’ont pas fait autre chose : nier un postulat de base qu’ils estimaient douteux pour faire progresser la connaissance. Dans leur cas, avec succès. Dans le mien, le temps en sera juge.

Pour revenir à votre interrogation, je ne veux pas vous ennuyer avec des digression purement théoriques. Je me limiterai à vous joindre deux documents, l’un sur l’explication de la crise économique [ici pour le lire sur le net] , l’autre le concept de développement et une proposition de nouveaux indicateurs, démarche susceptible de dépasser l’opposition entre « économique » et « durable » en mettant, réellement, « l’homme au centre » des choses [des éléments sommaires dans le tag économie du blog]. Je crois que c’est un thème que vous est cher. Par ailleurs, ce dernier article ayant été soumis à la publication, je vous prie de garder une certaine confidentialité à son sujet, ne fût-il que par respect à l’universitaire qui le co-signe et qui m’a donné le feux vert pour vous l’adresser.

Je reste à votre disposition pour échanger, si vous le souhaitez. La France, l’Europe et, au bout du compte, le monde entier, ont besoin qu’on leur offre une perspective d’avenir où tous les êtres humains pourraient retrouver le chemin de leur dignité. Être, au delà de leur fonctions économiques, des Hommes. Cela passe également par l’économie et je suis certain que vous percevez tout l’intérêt d’approfondir des approches novatrices et clairement identifiables. Peut-être, un café à la main.

Très cordialement, votre « cher »

Claudio

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Le Rubicon est franchi

Pour les ignares d’histoire (que bientôt vont, paraît-il, augmenter) l’expression puise son origine dans la vraie-fausse rébellion de Jules César, aux ordres émanant de Rome (on y conspirait quand même contre sa vie, chose courante à cette époque). En franchissant le Rubicon, une petite fleuve qui marquait frontière, César prenait une décision sans retour possible. C’était fait. Et ça changeait les choses. Point.

Aujourd’hui je viens de franchir un de mes Rubicons : ce fameux article (pour ceux qui me croisent hors net au moins) sur le développement et la  réponse au défi posé par le Rapport Stiglitz en terme d’indicateurs, a été envoyé à la revue que nous (moi et l’autre auteur) avons identifié. La machine est donc lancée. Ça fait du bien. Ça fait bizarre.

Je n’ai jamais été timoré pour défendre mes idées, fussent-elles iconoclastes, et je pense que le nombre de conneries absolues que j’ai dites n’est pas particulièrement élevé. J’ai écrit et j’ai commencé à publier à l’ère d’internet. Que pour moi a débuté en 1993, encore étudiant. J’ai toujours aimé cette possibilité d’écrire librement, sans contrôle, juste pour laisser une trace et laisser le temps me donner raison.

Ça, c’est différent. C’est comme arrêter un contre au hand. C’est se mettre en danger, c’est adrénaline.

Et finalement, j’aime ça.

Oui, François, on prendra ce café. Le moment venu.

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Surpris par Bayrou

Samedi j’étais à Paris pour participer à une réunion sur le document préparatoire du congrès d’Arras. Ce qui, par ailleurs, m’a empêché de participer à la convention des jeunes démocrates, que pourtant j’avais envie de voir. Mais bon, la politique étant faite à image de la vie et ma boulimie intellectuelle me portant à avoir toujours trop de choses intéressantes sur le feux et trop peu de temps… il fallait faire un choix. Et alors, départ à 4h du mat, presque 5 heures de réunion, arrivée à 22h … une sale petite journée. D’autant plus que je n’ai même pas eu le temps de provoquer le numberwane du bistrot (dont ma blogroll dynamique lit mal le flux rss depuis quelques jours) pour une bière improvisée.

Heureusement, cela en valait la peine. Le travail est, en général, de très bonne facture, bien que parfois les textes soient un poil trop techniques et la cohérence globale pas encore parfaite. Mais, pour un document « de départ », dixit Bayrou, je trouve cela vraiment pas mal. Et la différence entre la première mouture et celle qu’on a vu (et ultérieurement amendé) en salle est palpable.

Mais même au delà de tout ça, j’ai été surpris. Par François Bayrou. Peut-être il était particulièrement de bonne humeur, mais j’ai vu un homme particulièrement distant de l’image d’autocrate qui n’écoute personne qui lui colle parfois à la peau. Au contraire, j’ai vu un homme attentif au remarques, bien que soucieux de défendre aussi son point de vue et, parfois, d’éviter la réouverture continue de questions déjà traitées.

Et pourtant,  j’ai bien pris soin de le titiller lourdement : pour une fois que je fais l’effort de quitter le royaume de Nominöe, autant en profiter, n’est pas ? Je m’attendais à être sèchement recadré. Au contraire, j’ai eu en retour un défi.

J’avoue ma faiblesse la plus grande : je suis incapable de résister à cette émotion particulière qui est la relève d’un défi. Et j’ai la naïveté de penser qu’on défie uniquement les personnes qu’on peut envisager de respecter. J’aime ça.

Maintenant, je sais que je suis obligé de ne pas refuser la lutte : il fallait ne pas l’ouvrir si on voulait pas aller jusque au bout. Et je sais aussi qu’il me faudra être extrêmement convainquant et solide. C’est tout à fait normal : si moi j’étais à la place de Bayrou je serais bien disposé à admettre que mon point de vue doit évoluer mais j’obligerais mon contradicteur à une haute lutte, ne fut-il que pour m’assurer que ses arguments sont vraiment solides en plus que d’avoir de l’appeal. Ça sera un long travail, qui ne pourra être conclus avant Arras. Mais il a démarré et c’est déjà un pas important.

Enfin une pensée plus locale. Le frère d’un ami a disparu à Barcelone, il y a tout juste deux ans. Malgré le travail de la gendarmerie et de la police espagnole, on nage toujours dans l’obscurité la plus complète. Samedi, un fest-noz a été organisé à soutien de la famille et pour ne pas faire oublier. De retour de la grande ville, je m’y suis arrêté : c’était plein.

Ça ne résout pas le problème mais, au moins, ça réchauffe le cœur.

Pour en savoir plus : Association Romain Lannuzel

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Aujourd’hui les Démocrates français réunissent leur Conseil National.

Demain les Démocrates italiens votent avec un système de primaires « élargies » pour leur chef de file.

Dans les deux pays, ces initiatives courageuses et à haut risque ont tenté (et tentent) d’apporter une réponse solide à l’évolution politique de nos contrées, avec le dépassement des clivages du XIXème et XXème siècle pour donner représentation à l’espace du XXIème.

Dans les deux pays, la défense de rentes de position (pas forcément ni prioritairement en haut lieu) a freiné et freine les deux mouvements.

En Italie, il y en a qui regarde avec nostalgie à l’Union. Certes, gagnante. Mais aussi incapable d’offrir un gouvernement un tant soit peu stable au pays et aux citoyens. L’éternelle question, « des élus, pour quoi faire » est dans ce cas d’une pertinence cruelle.

En France, la situation ne me parait pas très différente.

Le weekend du tournant ? J’aimerais le croire.

Alors ce soir ça sera match de hand.

Quoi ? Je passe du coq à l’âne ?

Vraiment ?

Bon weekend (peut-être) démocrate à tous

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Bah oui, c’est important et cela serait même intelligent. Nemo compare un peu un parti à une entreprise. Je ne partage pas la totalité de sa pensée mais c’est une simplification qui peut être utile. Un produit, des VRP … soit.

Et les études de marché ?

Ils se trouve que les partis avec des simples adhérents (pas les militants, plus engagés, ni a fortiori les élus, plus informés, plus à même de faire du décryptage fin et aussi plus intéressés et tactiques) ont un patrimoine exceptionnel en termes de markéting : un panel.

Si « les adhérents » n’adhèrent pas, probablement l’électeur non plus. Combien d’adhérents ont manifesté leur peu d’enthousiasme pour les maux de ventre centro-centristes datant déjà des législatives et poursuivies pendant un moment ? Combien d’adhérents ont voté pour une liste autre que le MoDem aux européennes, notamment Europe Ecologie ? Combien d’adhérents se tuent à crier qu’ils veulent un MoDem fort, indépendant et résolument tourné vers le futur ? Combien sont-ils partis, las de crier dans le désert ?

Certes, ce ne sont que gesticulations d’adhérents, de néophytes, de supporters, de girouettes … c’est ça qu’on entend, n’est pas ? Et, bien entendu, pas qu’au MoDem. Les seuls qui sont bien lotis sont les gens du RPR : il veulent un dieu à adorer (et à brûler sur le bûcher le moment venu), c’est ce qu’ils ont. Un dieu et la foi. Croire, obéir, combattre … ah non, je divague, ça c’est l’Histoire transalpine …

Dommage que ces agitations constituent également la réponse du panel à l’étude de marché.

Études que nombre d’entreprises politiques s’évertuent à ignorer.

Dites, on appelle comment en français bien de chez vous un parti qui choisit de se couper de ses électeurs ?

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Cinq voix

C’est ce qui a sauvé l’UMP à Rambouillet, dans ce qu’on appelle parfois un « fief ». Il y a deux ans, Boutin frôlait l’élection au premier tour avec plus de 49%, le MoDem faisait plus de 11%, Anny Poursinoff était quatrième avec un modeste 3,8 %.

Dans un contexte particulier, celui d’une partielle avec son corollaire d’abstention massive, Anny Poursinoff s’incline d’à peine 5 voix.

Dans notre petit rôle de démocrates en convalescence, François Bayrou et Corinne Lepage avaient apporté leur soutien.

La morale que j’en tire est simple : l’alliance que les partis ne peuvent pas faire, les électeurs sont en train de la réaliser. La seule question, et là je rejoins mon Président (celui en orange), c’est de savoir qui sera suffisamment crédible pour en être le moteur, le centre de gravité.

Mais d’ailleurs, est-que c’est une vrai nouveauté ? Bien sur que non : les législatives l’avaient déjà dit. En métropole on fait trois députés : Bayrou (ump absent), Lassalle (triangulaire défavorable) et Thierry Benoit (élu contre l’UMP c’est à dire avec les voix de la gauche). On a également vu des candidats pouvant se maintenir en position défavorable se retirer en faveur de l’UMP et le PS passer devant au deuxième tour.

Il y a plusieurs erreurs qu’un parti politique peut faire : parmi eux elles, ne pas comprendre ses électeurs est rédhibitoire.

Voter !

Il y a des jours où toute la complexe machine biochimique qui anime ce blog n’a aucunement envie d’être performante, où elle approche une agenda chargée (comme d’habitude) avec un détachement presque total, concentrée et absente tout à la fois. C’est une sensation étrange, qu’on reconnait quand on commence à entendre plus le bruit du temps qui passe que le flux des pensées. Quand on sent les mains de l’ennui caresser le dos.

Pourtant, les raisons pour être pleinement dans le monde ne manqueraient pas.

Tiens, par exemple, je viens d’apprendre que je suis un « killer » (bon, presque, enfin). Ou que les Feux de la Haine (mieux connus sous le titre de 24 H Clairestream) brillent de toute leur mauvaise foi. Ou encore le troisième P20 (le P est pour PiPô, pas pour Pittsburgh) ou l’on va sauver le Monde. Il y aurait un Conseil Départemental à préparer pour ce soir. Ou les Assises de demain, où je vais participer à l’atelier « Préparer l’économie de demain ».

Je pourrais aussi vous parler des progrès de mon article sur les indicateurs de développement mais ennui a commencé à me masser le cou …

Finalement, je pense savoir qui est le responsable de cette apathie (non pas lui). Sur les conseil d’un pro, je viens de refaire mon CV : il faut un titre, que m’a dit le monsieur ! Il a surement raison.

Mais « expert en développement territorial et management des organisations » me parait tellement pompeusement ridicule

Heureusement qu’ennui me comprend …

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