Surpris par Bayrou

Samedi j’étais à Paris pour participer à une réunion sur le document préparatoire du congrès d’Arras. Ce qui, par ailleurs, m’a empêché de participer à la convention des jeunes démocrates, que pourtant j’avais envie de voir. Mais bon, la politique étant faite à image de la vie et ma boulimie intellectuelle me portant à avoir toujours trop de choses intéressantes sur le feux et trop peu de temps… il fallait faire un choix. Et alors, départ à 4h du mat, presque 5 heures de réunion, arrivée à 22h … une sale petite journée. D’autant plus que je n’ai même pas eu le temps de provoquer le numberwane du bistrot (dont ma blogroll dynamique lit mal le flux rss depuis quelques jours) pour une bière improvisée.

Heureusement, cela en valait la peine. Le travail est, en général, de très bonne facture, bien que parfois les textes soient un poil trop techniques et la cohérence globale pas encore parfaite. Mais, pour un document « de départ », dixit Bayrou, je trouve cela vraiment pas mal. Et la différence entre la première mouture et celle qu’on a vu (et ultérieurement amendé) en salle est palpable.

Mais même au delà de tout ça, j’ai été surpris. Par François Bayrou. Peut-être il était particulièrement de bonne humeur, mais j’ai vu un homme particulièrement distant de l’image d’autocrate qui n’écoute personne qui lui colle parfois à la peau. Au contraire, j’ai vu un homme attentif au remarques, bien que soucieux de défendre aussi son point de vue et, parfois, d’éviter la réouverture continue de questions déjà traitées.

Et pourtant,  j’ai bien pris soin de le titiller lourdement : pour une fois que je fais l’effort de quitter le royaume de Nominöe, autant en profiter, n’est pas ? Je m’attendais à être sèchement recadré. Au contraire, j’ai eu en retour un défi.

J’avoue ma faiblesse la plus grande : je suis incapable de résister à cette émotion particulière qui est la relève d’un défi. Et j’ai la naïveté de penser qu’on défie uniquement les personnes qu’on peut envisager de respecter. J’aime ça.

Maintenant, je sais que je suis obligé de ne pas refuser la lutte : il fallait ne pas l’ouvrir si on voulait pas aller jusque au bout. Et je sais aussi qu’il me faudra être extrêmement convainquant et solide. C’est tout à fait normal : si moi j’étais à la place de Bayrou je serais bien disposé à admettre que mon point de vue doit évoluer mais j’obligerais mon contradicteur à une haute lutte, ne fut-il que pour m’assurer que ses arguments sont vraiment solides en plus que d’avoir de l’appeal. Ça sera un long travail, qui ne pourra être conclus avant Arras. Mais il a démarré et c’est déjà un pas important.

Enfin une pensée plus locale. Le frère d’un ami a disparu à Barcelone, il y a tout juste deux ans. Malgré le travail de la gendarmerie et de la police espagnole, on nage toujours dans l’obscurité la plus complète. Samedi, un fest-noz a été organisé à soutien de la famille et pour ne pas faire oublier. De retour de la grande ville, je m’y suis arrêté : c’était plein.

Ça ne résout pas le problème mais, au moins, ça réchauffe le cœur.

Pour en savoir plus : Association Romain Lannuzel

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Aujourd’hui les Démocrates français réunissent leur Conseil National.

Demain les Démocrates italiens votent avec un système de primaires « élargies » pour leur chef de file.

Dans les deux pays, ces initiatives courageuses et à haut risque ont tenté (et tentent) d’apporter une réponse solide à l’évolution politique de nos contrées, avec le dépassement des clivages du XIXème et XXème siècle pour donner représentation à l’espace du XXIème.

Dans les deux pays, la défense de rentes de position (pas forcément ni prioritairement en haut lieu) a freiné et freine les deux mouvements.

En Italie, il y en a qui regarde avec nostalgie à l’Union. Certes, gagnante. Mais aussi incapable d’offrir un gouvernement un tant soit peu stable au pays et aux citoyens. L’éternelle question, « des élus, pour quoi faire » est dans ce cas d’une pertinence cruelle.

En France, la situation ne me parait pas très différente.

Le weekend du tournant ? J’aimerais le croire.

Alors ce soir ça sera match de hand.

Quoi ? Je passe du coq à l’âne ?

Vraiment ?

Bon weekend (peut-être) démocrate à tous

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Bah oui, c’est important et cela serait même intelligent. Nemo compare un peu un parti à une entreprise. Je ne partage pas la totalité de sa pensée mais c’est une simplification qui peut être utile. Un produit, des VRP … soit.

Et les études de marché ?

Ils se trouve que les partis avec des simples adhérents (pas les militants, plus engagés, ni a fortiori les élus, plus informés, plus à même de faire du décryptage fin et aussi plus intéressés et tactiques) ont un patrimoine exceptionnel en termes de markéting : un panel.

Si « les adhérents » n’adhèrent pas, probablement l’électeur non plus. Combien d’adhérents ont manifesté leur peu d’enthousiasme pour les maux de ventre centro-centristes datant déjà des législatives et poursuivies pendant un moment ? Combien d’adhérents ont voté pour une liste autre que le MoDem aux européennes, notamment Europe Ecologie ? Combien d’adhérents se tuent à crier qu’ils veulent un MoDem fort, indépendant et résolument tourné vers le futur ? Combien sont-ils partis, las de crier dans le désert ?

Certes, ce ne sont que gesticulations d’adhérents, de néophytes, de supporters, de girouettes … c’est ça qu’on entend, n’est pas ? Et, bien entendu, pas qu’au MoDem. Les seuls qui sont bien lotis sont les gens du RPR : il veulent un dieu à adorer (et à brûler sur le bûcher le moment venu), c’est ce qu’ils ont. Un dieu et la foi. Croire, obéir, combattre … ah non, je divague, ça c’est l’Histoire transalpine …

Dommage que ces agitations constituent également la réponse du panel à l’étude de marché.

Études que nombre d’entreprises politiques s’évertuent à ignorer.

Dites, on appelle comment en français bien de chez vous un parti qui choisit de se couper de ses électeurs ?

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Cinq voix

C’est ce qui a sauvé l’UMP à Rambouillet, dans ce qu’on appelle parfois un « fief ». Il y a deux ans, Boutin frôlait l’élection au premier tour avec plus de 49%, le MoDem faisait plus de 11%, Anny Poursinoff était quatrième avec un modeste 3,8 %.

Dans un contexte particulier, celui d’une partielle avec son corollaire d’abstention massive, Anny Poursinoff s’incline d’à peine 5 voix.

Dans notre petit rôle de démocrates en convalescence, François Bayrou et Corinne Lepage avaient apporté leur soutien.

La morale que j’en tire est simple : l’alliance que les partis ne peuvent pas faire, les électeurs sont en train de la réaliser. La seule question, et là je rejoins mon Président (celui en orange), c’est de savoir qui sera suffisamment crédible pour en être le moteur, le centre de gravité.

Mais d’ailleurs, est-que c’est une vrai nouveauté ? Bien sur que non : les législatives l’avaient déjà dit. En métropole on fait trois députés : Bayrou (ump absent), Lassalle (triangulaire défavorable) et Thierry Benoit (élu contre l’UMP c’est à dire avec les voix de la gauche). On a également vu des candidats pouvant se maintenir en position défavorable se retirer en faveur de l’UMP et le PS passer devant au deuxième tour.

Il y a plusieurs erreurs qu’un parti politique peut faire : parmi eux elles, ne pas comprendre ses électeurs est rédhibitoire.

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Il y a des jours où toute la complexe machine biochimique qui anime ce blog n’a aucunement envie d’être performante, où elle approche une agenda chargée (comme d’habitude) avec un détachement presque total, concentrée et absente tout à la fois. C’est une sensation étrange, qu’on reconnait quand on commence à entendre plus le bruit du temps qui passe que le flux des pensées. Quand on sent les mains de l’ennui caresser le dos.

Pourtant, les raisons pour être pleinement dans le monde ne manqueraient pas.

Tiens, par exemple, je viens d’apprendre que je suis un « killer » (bon, presque, enfin). Ou que les Feux de la Haine (mieux connus sous le titre de 24 H Clairestream) brillent de toute leur mauvaise foi. Ou encore le troisième P20 (le P est pour PiPô, pas pour Pittsburgh) ou l’on va sauver le Monde. Il y aurait un Conseil Départemental à préparer pour ce soir. Ou les Assises de demain, où je vais participer à l’atelier « Préparer l’économie de demain ».

Je pourrais aussi vous parler des progrès de mon article sur les indicateurs de développement mais ennui a commencé à me masser le cou …

Finalement, je pense savoir qui est le responsable de cette apathie (non pas lui). Sur les conseil d’un pro, je viens de refaire mon CV : il faut un titre, que m’a dit le monsieur ! Il a surement raison.

Mais « expert en développement territorial et management des organisations » me parait tellement pompeusement ridicule

Heureusement qu’ennui me comprend …

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Journée classée rouge aujourd’hui, donc vraisemblablement pas de billets originaux.

Mais, car à toute règle il y a une exception et étant donné que vous économisez le temps à dédier à mes tartines, vous ne devez pas rater deux pépites de ce matin :

Démocrate sans Frontière parle du centre et la droite

Uri Avery parle du Rapport Goldstone (Israël – Gaza)

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Le 21 juin, je présentais une contribution écrite au débat sur le mauvais score des Démocrates aux élections européennes. Au vu de la tournure que prend le débat, il me semble intéressant de partager la réflexion avec vous.

Vous voudrez bien me pardonner d’avoir omis des passages qui n’ont pas vocation à être rendus publics et qui n’altèrent pas le sens du texte.

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Chers collègues Démocrates,

nous sommes appelés à cette occasion pour donner notre sentiment sur le résultat insatisfaisant des élections européennes et pour fournir quelques réflexions tournées vers le futur.

Les élections européennes

Il est très facile de jeter la pierre sur le dos de François Bayrou et de son altercation avec Daniel Cohn-Bendit. Certes, dans un contexte d’abstention massive où les voix pèsent lourd cela n’a pas été négligeable et tous ceux qui ont été au bureaux de vote le savent. Cependant, cela s’est greffé sur des faiblesses plus anciennes et plus profondes qui sont à la fois les raisons d’un niveau faible des Démocrates (11/12 % avant altercation) et qui étaient déjà présentes dans la défaite, certes glorieuse, aux élections présidentielles.

Quand on a la prétention de rompre un duopole de pouvoir aussi bien installé qu’en France, on doit savoir qu’on sera attaqué de tout bord, parfois avec de la mauvaise foi et la provocation. Et on doit préparer les réponses, on doit être solide. Du sommet du parti jusqu’au dernier des militants. En passant par les cadres, élus et barons divers. Or, nous avons été faibles, en 2007, en 2008 et également en 2009, et nous avons perdu par notre faiblesse. Et si nous avons été faibles c’est qu’on n’a pas su être un collectif.

On reproche souvent à François Bayrou d’avoir un style de direction plutôt rude et pas très participatif. Mais sommes nous, à notre niveau, tous blancs comme colombes ? J’étais candidat pour être sur cette liste. Je n’y étais pas et j’avais fait part, discrètement et très en amont de la campagne, de mes perplexités. Elles n’ont pas été prises en compte. Mais faire partie d’un Mouvement politique c’est aussi savoir accepter d’être minoritaire et jouer quand même le jeu à fond. C’est un signe de maturité politique qui nous a fait, collectivement, défaut.

François Bayrou a certainement ses responsabilités : avec dignité les a reconnues. Cependant, penser que le Mouvement peut se construire par le haut c’est, au mieux, faire preuve de naïveté. On ne bâtit pas une maison par le toit, même si c’est ce qu’on voit de loin. Et la base de tout Mouvement politique, ce sont ses militants. Est-que [omissis] on a toujours respecté le vote des militants ? Est-qu’on a accepté les orientations indiquées par les représentants des militants ? Est qu’on a su être solidaires les uns des autres et travailler pour construire une relation de confiance durable entre le citoyen et le Mouvement ? Si nous pouvons répondre avec un oui sincère à toutes ces questions, alors on n’a rien à nous reprocher.

Le fait est que cette relation de confiance durable entre Mouvement et citoyens ne s’est pas construite. A mon avis, il y a deux raisons qui nous ont empêché de réussir. Premièrement, nombre d’entre nous ont mis du temps à comprendre que l’époque où l’UDF apportait la nécessaire intelligence aux voix du RPR est révolue. Et si c’est révolu, c’est d’abord parce que le RPR l’a décidé, en 2002, et l’a confirmé en 2007. Le RPR ne veut pas d’alliés mais des assujettis. L’ « ouverture » sarkozyenne en est la meilleure démonstration : qu’est qu’il y a de « centriste » et de « gauche » dans la politique de la Majorité Présidentielle ? Quel rôle politique pour les différents satellites ? On ne peut pas s’allier avec quelqu’un qui rêve de te tuer, sinon en conditions de force. C’est une vérité élémentaire [omissis] finalement évidente à tous.

Ensuite, il y a un vrai problème de compréhension de l’espace politique. Mon sentiment est qu’il y a, aujourd’hui, deux espaces politiques distinctes en compétition entre eux. Le premier, héritage du XIXème et du XXème siècle, est structuré par l’opposition, manichéenne à mes yeux mais certainement ressentie comme fondamentale par d’autres, entre la droite et la gauche. Je ne veux pas porter de jugement sur cet espace. Il existe et il a sa dignité. Il a également ses partis pour le représenter.

Je revendique le droit de ne pas m’y reconnaître. Et mon sentiment est que je suis loin d’être le seul. Les millions de voix qui, dans un cadre de mobilisation massive de l’électorat, se sont portés sur François Bayrou au premier tour de l’élection présidentielle en 2007, expriment, à mon avis, la demande de ce nouvel espace politique de trouver un représentation valable. Avec tout le respect que j’ai pour la plus grande partie des personnes le composant, je pense que c’est un message que l’appareil de l’UDF transporté au Mouvement Démocrate n’a pas su écouter. Ainsi, cette fois dans un cadre de mobilisation très faible, le message a été hurlé par le vote d’Europe Écologie. Qui est, même si je peux me tromper, bien différent politiquement du vote « Vert»  à Dominique Voynet ou à Noël Mamère.

Cet espace politique est, je le crois, l’espace politique du XXIème siècle. Mais il n’est pas structuré. D’où la difficulté pour une structure partisane de l’interpréter dans sa globalité. D’où également une certaine infidélité électorale. De ce manque de structuration aussi l’exigence de se pencher sur les sujets de fond, de faire émerger les différences et donner des éléments pour donner forme aux projets de société alternatifs qui sont demandés avec force par cette partie de nos concitoyens.

Cela me paraît d’autant plus pertinent que le « gadin » du MoDem peut être lu comme la victoire de la stratégie défensive du PS. Tous connaissent le traumatisme socialiste de 2002 et le rappel, presque obsessionnel, au vote utile en 2007 quand, pour éviter un nouveau « cauchemar» , le PS avait dû (et réussi à) siphonner tous ses alliés. A partir des écologistes. Depuis, il nous servent tous les jours la même soupe : Bayrou l’imposture de droite. Car ils pensaient que, le Béarnais liquidé, les brebis seraient rentrées docilement au bercail. Grave erreur. Finalement, cet électorat voit maintenant Bayrou comme un réactionnaire de droite donc, ils votent Europe Écologie. Chapeau.

Les échéances à venir

Bernard Poignant a déclaré récemment : « Il ne manque pas de citoyens compétents et intelligents pour diriger le pays en dehors du PS. Si un parti, comme structure d’organisation, ne répond pas à ce pour quoi il est fait, il peut mourir, au moins s’étioler, agoniser lentement. » Je crois que son propos s’applique parfaitement à notre Mouvement. Notre mission est de donner voix à cet espace politique, majoritaire, susceptible de se reconnaitre dans une proposition démocrate, qui considère l’argent au service de l’homme et pas le contraire. Or cela ne sera pas possible sans un enracinement profond sur le territoire.

L’analyse des résultats par commune nous montrent que avoir des élus n’est pas, de soi-même, une garantie de résultat. Ce qui est important est l’enracinement. [omissis].

Je crois que nous devons être capables de tirer les leçons de ce scrutin et travailler à un enracinement harmonieux du Mouvement Démocrate [omissis] : cela implique probablement un renouvellement plus radical des attitudes qui ont été les nôtres évitant que les résistances de la structure nuisent à la cohésion entre les militants et avec l’électorat.

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Je rebondis, avec un retard certain d’ailleurs, sur l’échange entre deux des blogueurs plus connus dans le micro-microcosme du blogging politique français : Nicolas et César. D’ailleurs, allez savoir pourquoi, voir ces deux prénoms, l’un réel l’autre, peut-être, d’emprunt, côte à côte à un certain quid d’humour au deuxième degré … mais bon, je divague.

Le premier est socialiste, le deuxième il est au MoDem. Le premier se revendique de gauche, le deuxième d’un libéralisme modéré ou, comme il dit lui même, d’un centre-droit.

Hormis le fait que Nicolas semble croire que taper sur le MoDem en criant « droite, droite, droite » aidera la gauche (et donc les socialistes), ce qui est manifestement une erreur (bon, d’accord, pas « manifestement » … disons « à mon avis » …) je m’interroge sur cette envie/besoin de désigner un « leader » : Vous ne connaissez pas l’Hérétique ? C’est pourtant le premier blog Modem du classement Wikio des blogs politiques. Une espèce de chef de file des blogueurs Modem, comme Luc l’était à une époque.

L’hérétique s’en défend vigoureusement dans un commentaire mais l’incompréhension semble perdurer.

En effet, je crois, on est en présence d’une incompréhension plus profonde que celle entre deux blogueurs de bords différents. C’est une approche différente à la politique et à l’engagement partisan.

Je ne porterai pas de jugement sur les socialistes, car j’en suis pas, mais il me semble que, historiquement la Gauche (tout comme la Droite d’ailleurs) a eu un grand concept des « chefs de file ». Les baronies, la recherche obsessionnelle de l’homme (ou de la femme) providentielle, la structuration des partis en écuries (présidentielles à droite, de présidentiables à gauche), cela ne nait pas par hasard et c’est le fruit d’une certaine vision des choses. Par conséquent je comprends que Nicolas puisse être sincèrement convaincu de son point de vue. Néanmoins, il se trompe. car il applique des schémas à un objet pour lequel ces schémas ne sont pas pertinents. Un peu comme s’il voulait mesurer le développement par le biais du PIB (aller, un sourire).

Chez nous, ça ne marche pas comme ça. Ce qui explique par ailleurs qu’on ne truste pas mieux les classements. Chacun s’exprime en son nom, apportant la richesse de sa diversité. Et cela se répercute dans la blogosphère : je crois qu’aucun d’entre nous a la prétention d’être « influent » (ni même ‘z-influent’). Aucun d’entre nous n’a l’ambition de conduire les autres. Au grand maximum, celui de susciter un débat et de convaincre de la justesse de nos positions.

D’ailleurs, est-il du pur hasard que les « top » blogs orange (noter les guillemets) sont, disons, très peu orthodoxes ? Luc, Nemo, Christophe, LCDM, Nelly, Oaz, Kag, Michel, Frédéric ou encore Chantal … des blogs alignés (pour ne pas parler des blogueurs « à la frontière » …) ? Vraiment ?

J’aime bien Nicolas et son blog. Mais cette fois il a faux.


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Dans son discours de clôture de l’UR 2009, François Bayrou donnait rendez-vous au congrès d’Arras avec cette phrase : « Nous allons écrire, cet automne, cet aggiornamento de notre programme pour la France« . Je veux le croire. C’est donc avec une attention particulière que j’ai lues les propositions du militant Bayrou (ce sont ses mots). En l’état, elles me laissent un peu perplexe mais je penses qu’elles sont amenées à évoluer.

Pour ma part, le seul moyen que je connais pour faire avancer les choses c’est de contribuer, avec mes limites, à stimuler le débat. Au lendemain du premier tour j’avais laissé un message via le site de campagne de Bayrou un message dont je n’ai stupidement pas gardé copie. En gros je « lui » disais : « Il vous manque une seule chose pour gagner : une doctrine économique pertinente ». J’avais peut-être été optimiste. En tout cas quand j’entends dire que les « modèle du XXIème siècle » personne ne sait à quoi ça ressemble, je me dis que l’économie va avoir un rôle structurant dans le débat et que c’est de mon devoir d’intellectuel, avant même que celui de militant politique, de m’y engager dès maintenant.

D’ici peu il y a les régionales : ça tombe bien, l’expérience bretonne est éclatante. Quel est le programme économique de la Région, à guide PS, Verts, PCF et régionalistes « de gauche » ? Et bien, c’est une politique de l’offre, ou si vous voulez une politique de droite modérée.

Economie et emploi (www.bretagne.fr)

Soutenir les projets des entreprises

Le soutien aux filières

La matière grise au service de la compétitivité

Promouvoir une économie sociale et solidaire

Favoriser la qualité dans l’agriculture et l’agroalimentaire

Soutenir un plan pour la pêche et l’aquaculture

Renforcer l’attractivité économique de la Bretagne

Certes, une politique mise en place avec des moyens de gauche (mécanismes administratifs versus mécanismes de marché). Mais, au fond ? Depuis des années, en France je pense qu’on peut prendre le tournant de 1983, dans la matière économique, la droite fait la droite, la gauche fait la droite et le centre, privé d’espace de médiation, est obligé de mâtiner à la marge.

Il y a, bien sur, les propositions tirées d’une interprétation rigide des approches écologiques sur socle de lecture partielle et déterministe de Marx : anticapitalistes, altermondialistes et décroissants. Je ne crois pas que cela soit à la hauteur des enjeux. Je ne crois pas que la référence à l’économie sociale de marché, dont on oublie souvent qu’il s’agit d’un modèle déjà tombé en crise, le soit non plus.

Concentrons-nous sur la substance, pour parler avec Aristote, à la place de s’étouffer sur des questions de forme.

Quelle est la mission de l’économie, pourvu qu’elle en ait une ? Quel est son vrai rôle dans la société que nous désirons ?

Les modèles, cela n’est qu’outil, instrument. Certes nécessaire et pratique mais jamais une fin en soi.

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