Sans aucun doute, à mon unanimité, la meilleure crêperie que j’ai jamais eu l’occasion de fréquenter en dix ans de Bretagne !

Un cadre très particulier (bâtisse historique, mobilier artisanal en if massif  …)

Une qualité de produit exceptionnelle

Une gentillesse et une courtoisie sans fin

Pratiquement le seul endroit où je suis content de dépenser de l’argent pour des crêpes alors qu’on est parfaitement équipés à la maison et dotés d’un savoir faire affiné au fil des nombreuses préparations

Un bijoux à visiter et à déguster sans modération


Oui, c’est de la pub et non, ce n’est pas rémunérée.
(Ehu … un apéro, quand même ?)

Voter !

Anticentrisme

Bob a raison : la campagne du MoDem fait les gros titres. Le « centriste réfugié dans la majorité » semble tiraillé entre la joie de voir le « sacrificateur de centristes » mordre un peu plus la poussière et la tristesse de savoir, car il sait être lucide, que la saison politique du centrisme est, encore un peu plus, révolue. Car c’est bien là, en tout cas c’est mon avis, la source même de la grandeur et de la décadence du Mouvement Démocrate. Je sais bien que d’autres collègues blogueurs pour lesquels j’ai de l’estime sont foncièrement en désaccord avec moi. Je respecte leur opinion mais je crois avoir une analyse plus juste de la situation.

Les passionnés de philosophie y verront une certaine analogie avec la dialectique hégélienne : quoi de plus normal dans un espace politique toujours structuré, bien que de plus en plus faiblement, par des formalisations intellectuelles qui appartiennent essentiellement au XIX siècle ?

François Bayrou, pour lequel j’ai de l’estime, avait, je le crois, bien saisi les dérives droitistes et gauchistes des comportements de la classe politique française, celle-ci s’inscrivant dans un processus de portée internationale. En effet, après l’âge des « compromis », qui s’est traduit en Europe par une majorité des gouvernements « centristes », au moins dans les pays démocratiques, l’âge de l’affrontement revenait en force. Face à la radicalisation de l’espace politique, le ni-ni, la résistance, devenait la seule option de bon sens. Mais François Bayrou, qui a, je le répète, mon estime, n’a pas vu toutes les implications de son intuition, qui demeure juste.

Pour comprendre cela, il faut revenir aux racines de l’électorat centriste. Centriste a voulu dire, depuis 1946, ni fasciste, ni communiste. Souvent (Italie, Allemagne, France) cela a pris les formes de la démocratie chrétienne. Parfois (Pays nordiques), celle de la social-démocratie. D’où la dichotomie entre le « centre-droit » et le « centre-gauche ». Et, en définitive, l’explosion du « centre », si bien symbolisé par l’éclatement de la DC italienne suite aux scandales de 90-91, suivant de façon peu anodine la chute du mur de Berlin (89).

Sortie du cadre contraint par la guerre froide et influencée par les théoriciens du conflit (Tatcher, Reagan), la droite européenne s’est « décomplexée » : Berlusconi (1994), Aznar (1996), Sarkozy (tardif, 2007) en sont des exemples connus, sans oublier le couple Kazynsky & Kazynsky en Pologne (2005). Cela a vidé de sens le côté « droit » du centre : le hold-up de Chirac sur l’UDF en 2002 et la naissance du Nouveau Centre en 2007 rentrent dans cette logique. En même temps, les forces « socio-démocrates » restent engluées dans leur intellectualisme excessif qui les rend otages des composantes plus radicalement « de gauche » au fins électoraux. Les tiraillements du PS en France ou l’échec du projet du Parti Démocrate en Italie porté par Walter Veltroni, montrent cette dynamique perverse. Privé d’espace de médiation entre gauche et droite par la seule volonté de la gauche et de la droite, le centre que j’appellerai « historique » n’a plus de sens politique : il doit choisir un camp, dans l’espoir (très mince, l’UMP et le PD l’illustrent bien) de le modérer.

Mais, alors, qui a voté Bayrou en 2007 et qui s’est reconnu, au moins un temps, dans le Mouvement Démocrate ? Mon opinion, testée et corroborée par les comportements de l’électorat populaire et des militants, est que le clivage gauche-droite est de moins en moins pertinent face aux besoins et aux aspirations exprimés par le corps électoral. Il y a une vraie demande de « autrement », un « autrement » de fond, pas uniquement de casting ou de méthode. En effet, il y a eu (et il y a) une authentique demande de dépasser le centrisme. Et c’est parfaitement normal et logique : le centrisme ayant été, dans les faits, une architrave lancée entre la droite et la gauche de dialogue, il ne peut que s’effondrer suite à l’effritement des piliers sur lesquels il reposait. Ainsi, pour une offre qui se perçoit toujours « centriste », il y avait (et il y a, c’est mon pari) une demande « anticentriste« , du « ni-ni-ni », si on veut.

La frustration de cette demande qui se perçoit comme trahie, se traduit en refus de la politique et, en définitive, dans un affaiblissement de notre niveau de civilisation. C’est une demande qui appelle des réponses, des réponses responsables, des réponses structurantes. C’est une demande qui appelle une pensée, une idéologie dans laquelle se reconnaitre. Cette idéologie, cette réponse, ne peut pas être « centriste », pour les raisons déjà évoquées.

Cependant, elle ne peut naitre sans un héritage que seul le centre a su porter dans l’histoire de la pensée politique : la capacité de doute, de remise en question. Hier, c’était le doute face aux vérités absolues des dictatures de tout bord. Aujourd’hui ça doit être la capacité de réinterpréter le monde et notre rôle dans le monde. La demande politique nous demande, Hegel doit en sourire, une synthèse.

Centriste – Anticentriste – Démocrate.

C’est un travail de longue (très longue) haleine, et j’espère que les gens de qualité qui sont tentées par le désengagement face « aux gros titres » et aux dérapages divers, sauront mettre tout cela en perspective, bien que le quotidien puisse être lourd de désillusions. Au delà d’un tel ou d’un tel, il y a les citoyens. Qui c’est nous. Qui c’est nos enfants. Je serai peut-être naïf sur ce coup, mais c’est ma vision des choses.

Sur cette synthèse à venir, j’ai des idées. Je les crois bonnes et pertinentes. Normal, je les aurai abandonnées si ce n’était pas le cas. Cependant, j’applique à moi même les méthodes que je propose. Je suis conscient du fait que je peux avoir tort. Et, de ce point de vue, le fait que le MoDem porte, chez moi, une liste résolument « centriste » (Bretagne au centre), m’intéresse. Si mon analyse est juste, sa seule force sera la force (résiduelle) des réseaux des candidats. Si je me trompes et demande politique « centriste » il y a, alors les scores seront plus importants.

En tout cas, les choix, bons ou mauvais peu importe, ayant été faits, il sera intéressant d’avoir une campagne sereine, dans le respect des divergences d’appréciation, pour avoir des données électorales fiables à analyser et à comprendre.

Voter !

Cela deviendra du domaine publique, donc je ne révèle aucun secret d’Etat, ni j’enfreins la moindre règle de mon parti si je signale que, en Bretagne, les listes seront légèrement différentes par rapport à celles proposées aux adhérents, et approuvée avec des scores en ligne avec ceux des autres régions. En effet, en Finistère, la conseillère sortante, Madame Isabelle Le Bal, se sera pas secondée par Erwan Balanant, adjoint à Quimperlé et ancien numéro deux de la liste qui avait remporté les élections internes pour définir la Présidence, comme soumis aux vote électronique.

Évacuons tout du suite un point de détail mais qui en chiffonne plus d’un : du point de vue de nos textes, cela est parfaitement conforme à la lettre des règles qui nous nous sommes données. Les adhérents ont été consultés et à aucun moment n’est dit que le résultat de la consultation est contraignant. La lettre est donc respectée. L’esprit un peu moins. Ce qui ouvre un problème purement politique.

Je ne m’étalerai pas sur les faits qui ont conduit à cette issue, si ce n’est pour remercier Erwan de son sens de responsabilité qui tranche avec les cris de basse cour et la pleutrerie qu’on observe si couramment dans des situations similaires.

Mais, malgré cela, le problème politique reste. Tout simplement, la mouvance qui a été majoritaire (bien que de manière relative) quand on a interpellé les électeurs, n’aura aucun candidat en position ne fut-il que vaguement éligible. Le vote des adhérents, celui par internet pour ne pas se mélanger les pinceaux, à la poubelle. Les zones électorales fortes, tant en terme de corps électoral qu’en termes de scores réalisés au fur et à mesure des consultations officielles, et les équipes que les ont portées, plutôt mal loties. Je crois, que c’est assez myope et que cela contribue à affaiblir notre potentiel et notre crédibilité (et bien sur, je me prépare à être accusé de tous les maux pour cette article mais bon, depuis deux ans qu’on essaie de me salir je commence à en avoir l’habitude).

Malgré le fait que je puisse comprendre la lassitude et même le désarroi, j’ai envie de le dire presque solennellement à tous les déçus, ceux qui sont tentés de rendre leur carte et même à ceux qui viennent de le faire : le problèmes politiques s’affrontent par des initiatives politiques. Se retirer sur l’Aventin, peut soulager mais reste strictement stérile.

Je n’ai rien à vous dire sur l’échéance à venir. Votez, ou pas. Faites campagne, ou pas. Tournez vous vers d’autres candidats et propositions, ou pas. Cela est du ressort de votre responsabilité et, in fine, de votre liberté. Cependant, permettez-moi de vous rappeler qu’aucune vision politique structurante ne s’est imposée rapidement. Ni sans douleur, d’ailleurs. Le libéralisme, malgré l’influence de Smith et Ricardo sur la politique anglaise de leur époque n’a trouvé que d’applications très partielles. Le marxisme, deviendra suffisamment puissant (et encore dans une version plutôt détournée) presque 70 ans après sa théorisation. Même le centrisme historique, celui de racine démocrate-chrétienne, fondé sur le régionalisme et l’économie sociale de marché ne s’imposera, et de façon très inégale, qu’après la deuxième guerre mondiale. Et pourtant des gens comme Don Luigi Sturzo, portaient cette idée depuis presque trent’ans.

Beaucoup ont pensé que François Bayrou possédait cet « autrement » qui tant (et même trop) a plu aux Français. Cet « autrement » est à construire. Le moment de démarrer, c’est maintenant. Pour construire dans la durée. Pour inventer « notre » autrement.

Bonne campagne, et bons choix à tous

(ps : contrairement à ce que je fais d’habitude, je serai très regardant sur les commentaires, les pleureuses à la censure peuvent commencer à se chauffer)

Voter !

Article X (et IX)

Extrait de la charte éthique du Mouvement Démocrate

IX- Les adhérents du Mouvement démocrate assument le débat interne et considèrent le
dénigrement externe comme incompatible avec l’engagement.

X- Les adhérents du Mouvement démocrate sont solidaires des décisions collectives du
Mouvement, notamment en termes d’investitures pour les différentes élections.

Y a-t-il quelque chose à rajouter ? Certes, je suis de ceux qui considèrent que mon parti ne se donne pas forcément les moyens de choisir les candidats le plus performants pour chaque élection et sur chaque territoire. J’estime qu’on se satisfait souvent d’une qualité politique moyenne. Avec, heureusement, quelque sursaut remarquable. Pour faire des exemples volontairement hors Bretagne, et même hors « Ouest », des Jean Lassalle et des Robert Rochefort, j’en redemande. Vous me direz qu’il y en a pas beaucoup qui courent les rues, de cette trempe là. Je veux bien, le monde politique est médiocre car la société exprime, en masse, de la médiocrité. C’est un peu facile, mais soit. Cela est un fait connu. Tout fait connu peut et doit être géré.

Cela dit, autant le débat doit exister en interne, et il peut être parfois très vif, autant cela arrive de ne pas avoir gain de cause ou d’être obligés de descendre à un compromis. Si on n’est pas capable du minimum de maturité nécessaire pour comprendre, et donc accepter cela, on ne mérite pas, individuellement et collectivement, de gérer la chose publique. Car, malgré les artifices électoraux, il n’y a que des minorités politiques dans ce pays (et dans bien d’autres). Et quand on est aux manettes, il faudrait savoir s’en souvenir.

Personnellement, cela m’est arrivé (et ça se reproduira encore) de m’opposer à quelqu’un qui allait être candidat. De m’y opposer durement. Très durement. En interne. Et de ne pas être entendu. Les faits m’ont donné raison, par ailleurs. Et même plusieurs fois. Et alors ? Les candidatures, et même les hommes (et les femmes, ne soyons pas sexistes), passent. La construction d’une vision de société, elle, reste.

Si on la construit, bien entendu.

Voter !

… il paraît que la consultation en Bretagne ne démarre pas encore ? En tout cas, à ce moment précis, alors que le vote est ouvert dans la plus grande partie des régions (j’ai testé l’Auvergne, c’est effectivement ouvert) la Bretagne, avec Basse-Normandie, Bourgogne, Île-de-France, Martinique, Pays de la Loire, Picardie et Rhône-Alpes, sont indiquées « à venir ».

Et moi qui voulait faire le premier billet « j’ai voté » de la série … raté.

En revanche … on vote quand maintenant ? Non parce que ça commence à devenir … embêtant tout ça.

Voter !

Voter !

Ma réforme territoriale

A la fin des années 90, encore en Italie, j’avais essayé d’apporter ma très modeste contribution au débat de l’époque en matière de transformation de l’Etat transalpin en République Fédérale. J’avais même écrit un petit bouquin sur le sujet, que j’avais déposé sans le faire éditer. J’avais d’ailleurs été partiellement suivi, au moins dans les parties moins radical de ce texte, très … radical parfois, par mon parti de l’époque, l’APE (autonomistes pour l’Europe). En effet, je fus associé au groupe de travail dédié à la production d’une proposition de loi constitutionnelle à déposer au Parlement.

Dans ce groupe, j’ai eu occasion de côtoyer des anciens ministres, députés, députés européens, leaders syndicaux nationaux …  ça doit être aussi pour ça que je trouve la prosopopée de certains élus assez déplacée … bref, autre débat.

En effet, le parti présenta sa proposition mais l’Assemblée ne la discuta jamais, à ma connaissance au moins. En plus, étant donné que les difficultés financières eurent rapidement raison de ce parti (un certain clivage centre-droit versus centre-gauche aussi, d’ailleurs, comme quoi la politique en France me rajeunit d’une dizaine d’années, et en plus ce n’est pas drôle) il n’y eut plus personne pour porter le texte.

Si je me laisse aller à ce moment de mémoire, c’est faire ressentir à quel point le sujet de la réforme territoriale me touche. Car derrière il y a simplement la vie des territoires, des lieux de vie, et des personnes qui les font vivre. Et si j’écris sur ce sujet maintenant, c’est que j’ai estimé n’avoir aucune chance d’être suivi par mon parti d’aujourd’hui sur une voie très éloignée de la logique institutionnelle profonde de la France.

En revanche, j’avais envie de partager avec vous. Alors, si vous en avez envie, attachez vos ceintures, c’est quand même plus prudent.

Tout d’abord, avant de se pencher sur le « millefeuille », il est utile d’identifier les fonctions qui justifient l’existence de plusieurs niveaux. Pour moi il en a trois. Le niveau « national » sur lequel je ne m’étalerai pas, le niveau que j’appelle de l’ancrage, identifié dans la commune, et le niveau de la vie quotidienne, qui est défini par les navettes domicile-travail.

Par conséquent, je garderai fixes les niveau étatiques et municipal, bien que j’y mettrais des choses différentes, en renforçant l’aspect local (je vais faire 20 pages d’article pour donner les détails …).

Au milieux, une structure intermédiaire dont les limites sont définies par rapport aux zones d’emploi. En même temps, intercommunalités, départements et régions, disparaissent. Ce qui, comme ceux qui ont cliqué sur le lien s’aperçoivent, modifie légèrement la définition, en la libérant de certains limites.

Ce niveau, s’avère pertinent pour nombre d’action liées à la vie quotidienne des citoyens : un plan transports, l’aménagement des services de proximité, la formation professionnelle, l’aide aux personnes en difficulté …

Cependant ce choix a aussi une particularité et une limite. Sa particularité est d’être sujet à mutation constante : il faudrait s’habituer à un redécoupage à la marge mais continu, d’une élection sur l’autre. A mon avis c’est une force de l’idée car cela garantit, sur papier, la cohérence du territoire administratif avec le territoire de vie.

La limite est que ce niveaux ne permet pas correctement la prise en compte des relations entre territoires différents ainsi que de l’espace des identités intermédiaires. Pour pallier à cela, j’imagine la possibilité (pas l’obligation) par ces échelons « centraux » de s’associer librement (par simple consentement mutuel sans intervention de l’Etat) en « Régions », sorte de syndicat de territoires mutualisant moyens et poursuivant des objectifs communs. Cela implique que la reforme attribue aux « machins » intermédiaires au moins toutes les compétences actuellement du département et de la région.

Donc au bout on aurait (du bas vers le haut, je préfères) :

la commune

le machin (périmètre évolutif)

les régions (associatif – périmètre évolutif)

l’Etat

Post Scriptum : pour les Bretons, et seulement pour les Bretons, cela reviendrait à supprimer département et intercommunalité au profit des Pays, devenus échelon administratif (donc élections) et la réduction du rôle de la Région à syndicat des territoires.

Post Scriptum 2 : pour ceux qui pensent que cela tuerait les identités régionales je me permet de détourner un ancien slogan Hep Breizhiz, Breizh ebet ! … l’identité se vit .. et ce système permet de la sortir d’une vitrine à atmosphère protégée pour la remettre au centre de la vie quotidienne, car elle devient une manifestation de volonté.

Post Scriptum 3 : Merci

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Fin Novembre

Voilà, le mois Noir s’achève.

Un coup de mélancolie pour lui dire aurevoir.

Ici pour écouter

Voter !

Ce soir, c’est match

De hand, bien évidemment.

A Huelgoat.

Cela m’évitera l’autre.

Dommage, je vais rater cet autre, cependant …

Voter !

Hier soir, ou plutôt aujourd’hui, à peine la minuit passée, j’ai enfin envoyé ma « Proposition au débat » en vue des élections régionales, notamment en ce qui concerne les approches économiques.

C’est une proposition que j’ai décidé d’assumer seul, bien que je me suis fait un point d’honneur de permettre à tous les adhérents de s’exprimer. Deux réunions ont été organisées dans les deux villes principales du département et un brouillon intermédiaire a été mis à la disposition, via les référents locaux, de tous les adhérents pour observations et retours.

A cette occasion j’ai pu encore une fois mesurer le décalage qui existe entre ma vision du fait économique et les approches majoritaires dans mon parti, tant au niveau des adhérents qu’à celui de mes amis et collègues de la commission économie nationale. C’est un décalage dont je suis conscient depuis longtemps et que c’est tout à fait normal : là où je me concentre sur la construction d’un modèle hétérodoxe, la plus part des économistes (et par conséquent la majorité des commentateurs, des formateurs et des acteurs) sont focalisés sur l’application de modèles existants. Déjà à l’Université de Cap Estérel (2008), j’avais signalé à Jean Peyrelevade mon souci de ne pas être élément perturbateur. Aujourd’hui je fais le constat que la diversité de langage est telle que le débat ne peut pas s’instaurer. En tout cas, il ne s’instaure pas. Je devrais peut-être réfléchir à quitter la commission économie. Je vais y penser sans presse.

Je suis à plus près sur que ma proposition au débat sera jugée décevante par la plus part de ses lecteurs : elle ne répond assurément pas à l’image qu’ils se font de ce qu’un document de programme économique devrait être. En quelque sorte, il s’agit d’un document « non conforme« .

En effet, j’ai refusé de prendre position de façon explicite sur tel ou tel dossier : j’estime que le catalogue d’actions ne fait pas un programme. En revanche j’ai souhaité proposer des critères pour la décision : c’est ma vision de ce que « le fond » devrait être. Cela me vaudra probablement un jugement d’apport général, confus et inutile. Je l’accepte dès maintenant.

Je vais faire un exemple : le problème des algues vertes. Dépassé le stade de constater que la compétence primaire sur le dossier est étatique alors que les citoyens demandent à la Région de s’en charger, quoi faire de concret ? Mettre en place des filtres à nitrates ? Bloquer les exploitations polluantes (agricoles et non) du bassin versant ? Commander un reportage à Yann Arthus-Bertrand ? Ce que je propose est, plus simplement, de reconnaitre qu’il y a un problème de santé publique (car on a des évidences de malaises humains répétés, voire un décès suspect) et qu’il faut le traiter en tant que tel. Flou ? Je ne crois pas et je ne serais pas discourtois au point de penser que des élus et/ou des candidats ne connaissent pas les obligations en matière de santé publique.

Avec la remise de ce travail, une phase s’achève : pour moi les élections régionales s’arrêtent aujourd’hui. Ce n’est pas vraiment une décision, d’ailleurs, mais un constat. J’ai fait le choix, que je continue à considérer juste, de jouer pour le collectif et de ne postuler que aux postes où j’estimais pouvoir faire un bon travail. Je ne le regrette pas, même si cela me coûte aujourd’hui en termes de visibilité et de marges de manœuvre. Ça doit être mon côté homme de sport : hors l’équipe, pas de salut. Mais cela a des conséquences pratiques.

Je n’ai, en l’état, aucun moyen d’influencer la trajectoire du Mouvement : ni mon rôle de Conseiller Départemental ni celui de membre de la Conférence Nationale ne permettent, dans la pratique des faits, d’avoir des mots utiles à dire. Alors, sauf modifications imprévues du contexte, pour ce tour c’est déjà terminé.

D’ar c’hentañ tro, neuze, comme on dirait par ici.

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