Il paraît que ça vote.
21 mar
21 mar
Cela deviendra du domaine publique, donc je ne révèle aucun secret d’Etat, ni j’enfreins la moindre règle de mon parti si je signale que, en Bretagne, les listes seront légèrement différentes par rapport à celles proposées aux adhérents, et approuvée avec des scores en ligne avec ceux des autres régions. En effet, en Finistère, la conseillère sortante, Madame Isabelle Le Bal, se sera pas secondée par Erwan Balanant, adjoint à Quimperlé et ancien numéro deux de la liste qui avait remporté les élections internes pour définir la Présidence, comme soumis aux vote électronique.
Évacuons tout du suite un point de détail mais qui en chiffonne plus d’un : du point de vue de nos textes, cela est parfaitement conforme à la lettre des règles qui nous nous sommes données. Les adhérents ont été consultés et à aucun moment n’est dit que le résultat de la consultation est contraignant. La lettre est donc respectée. L’esprit un peu moins. Ce qui ouvre un problème purement politique.
Je ne m’étalerai pas sur les faits qui ont conduit à cette issue, si ce n’est pour remercier Erwan de son sens de responsabilité qui tranche avec les cris de basse cour et la pleutrerie qu’on observe si couramment dans des situations similaires.
Mais, malgré cela, le problème politique reste. Tout simplement, la mouvance qui a été majoritaire (bien que de manière relative) quand on a interpellé les électeurs, n’aura aucun candidat en position ne fut-il que vaguement éligible. Le vote des adhérents, celui par internet pour ne pas se mélanger les pinceaux, à la poubelle. Les zones électorales fortes, tant en terme de corps électoral qu’en termes de scores réalisés au fur et à mesure des consultations officielles, et les équipes que les ont portées, plutôt mal loties. Je crois, que c’est assez myope et que cela contribue à affaiblir notre potentiel et notre crédibilité (et bien sur, je me prépare à être accusé de tous les maux pour cette article mais bon, depuis deux ans qu’on essaie de me salir je commence à en avoir l’habitude).
Malgré le fait que je puisse comprendre la lassitude et même le désarroi, j’ai envie de le dire presque solennellement à tous les déçus, ceux qui sont tentés de rendre leur carte et même à ceux qui viennent de le faire : le problèmes politiques s’affrontent par des initiatives politiques. Se retirer sur l’Aventin, peut soulager mais reste strictement stérile.
Je n’ai rien à vous dire sur l’échéance à venir. Votez, ou pas. Faites campagne, ou pas. Tournez vous vers d’autres candidats et propositions, ou pas. Cela est du ressort de votre responsabilité et, in fine, de votre liberté. Cependant, permettez-moi de vous rappeler qu’aucune vision politique structurante ne s’est imposée rapidement. Ni sans douleur, d’ailleurs. Le libéralisme, malgré l’influence de Smith et Ricardo sur la politique anglaise de leur époque n’a trouvé que d’applications très partielles. Le marxisme, deviendra suffisamment puissant (et encore dans une version plutôt détournée) presque 70 ans après sa théorisation. Même le centrisme historique, celui de racine démocrate-chrétienne, fondé sur le régionalisme et l’économie sociale de marché ne s’imposera, et de façon très inégale, qu’après la deuxième guerre mondiale. Et pourtant des gens comme Don Luigi Sturzo, portaient cette idée depuis presque trent’ans.
Beaucoup ont pensé que François Bayrou possédait cet « autrement » qui tant (et même trop) a plu aux Français. Cet « autrement » est à construire. Le moment de démarrer, c’est maintenant. Pour construire dans la durée. Pour inventer « notre » autrement.
Bonne campagne, et bons choix à tous
(ps : contrairement à ce que je fais d’habitude, je serai très regardant sur les commentaires, les pleureuses à la censure peuvent commencer à se chauffer)
12 déc
A la fin des années 90, encore en Italie, j’avais essayé d’apporter ma très modeste contribution au débat de l’époque en matière de transformation de l’Etat transalpin en République Fédérale. J’avais même écrit un petit bouquin sur le sujet, que j’avais déposé sans le faire éditer. J’avais d’ailleurs été partiellement suivi, au moins dans les parties moins radical de ce texte, très … radical parfois, par mon parti de l’époque, l’APE (autonomistes pour l’Europe). En effet, je fus associé au groupe de travail dédié à la production d’une proposition de loi constitutionnelle à déposer au Parlement.
Dans ce groupe, j’ai eu occasion de côtoyer des anciens ministres, députés, députés européens, leaders syndicaux nationaux … ça doit être aussi pour ça que je trouve la prosopopée de certains élus assez déplacée … bref, autre débat.
En effet, le parti présenta sa proposition mais l’Assemblée ne la discuta jamais, à ma connaissance au moins. En plus, étant donné que les difficultés financières eurent rapidement raison de ce parti (un certain clivage centre-droit versus centre-gauche aussi, d’ailleurs, comme quoi la politique en France me rajeunit d’une dizaine d’années, et en plus ce n’est pas drôle) il n’y eut plus personne pour porter le texte.
Si je me laisse aller à ce moment de mémoire, c’est faire ressentir à quel point le sujet de la réforme territoriale me touche. Car derrière il y a simplement la vie des territoires, des lieux de vie, et des personnes qui les font vivre. Et si j’écris sur ce sujet maintenant, c’est que j’ai estimé n’avoir aucune chance d’être suivi par mon parti d’aujourd’hui sur une voie très éloignée de la logique institutionnelle profonde de la France.
En revanche, j’avais envie de partager avec vous. Alors, si vous en avez envie, attachez vos ceintures, c’est quand même plus prudent.
Tout d’abord, avant de se pencher sur le « millefeuille », il est utile d’identifier les fonctions qui justifient l’existence de plusieurs niveaux. Pour moi il en a trois. Le niveau « national » sur lequel je ne m’étalerai pas, le niveau que j’appelle de l’ancrage, identifié dans la commune, et le niveau de la vie quotidienne, qui est défini par les navettes domicile-travail.
Par conséquent, je garderai fixes les niveau étatiques et municipal, bien que j’y mettrais des choses différentes, en renforçant l’aspect local (je vais faire 20 pages d’article pour donner les détails …).
Au milieux, une structure intermédiaire dont les limites sont définies par rapport aux zones d’emploi. En même temps, intercommunalités, départements et régions, disparaissent. Ce qui, comme ceux qui ont cliqué sur le lien s’aperçoivent, modifie légèrement la définition, en la libérant de certains limites.
Ce niveau, s’avère pertinent pour nombre d’action liées à la vie quotidienne des citoyens : un plan transports, l’aménagement des services de proximité, la formation professionnelle, l’aide aux personnes en difficulté …
Cependant ce choix a aussi une particularité et une limite. Sa particularité est d’être sujet à mutation constante : il faudrait s’habituer à un redécoupage à la marge mais continu, d’une élection sur l’autre. A mon avis c’est une force de l’idée car cela garantit, sur papier, la cohérence du territoire administratif avec le territoire de vie.
La limite est que ce niveaux ne permet pas correctement la prise en compte des relations entre territoires différents ainsi que de l’espace des identités intermédiaires. Pour pallier à cela, j’imagine la possibilité (pas l’obligation) par ces échelons « centraux » de s’associer librement (par simple consentement mutuel sans intervention de l’Etat) en « Régions », sorte de syndicat de territoires mutualisant moyens et poursuivant des objectifs communs. Cela implique que la reforme attribue aux « machins » intermédiaires au moins toutes les compétences actuellement du département et de la région.
Donc au bout on aurait (du bas vers le haut, je préfères) :
la commune
le machin (périmètre évolutif)
les régions (associatif – périmètre évolutif)
l’Etat
Post Scriptum : pour les Bretons, et seulement pour les Bretons, cela reviendrait à supprimer département et intercommunalité au profit des Pays, devenus échelon administratif (donc élections) et la réduction du rôle de la Région à syndicat des territoires.
Post Scriptum 2 : pour ceux qui pensent que cela tuerait les identités régionales je me permet de détourner un ancien slogan Hep Breizhiz, Breizh ebet ! … l’identité se vit .. et ce système permet de la sortir d’une vitrine à atmosphère protégée pour la remettre au centre de la vie quotidienne, car elle devient une manifestation de volonté.
Post Scriptum 3 : Merci
26 oct
C’était dans l’air, maintenant c’est une réalité. Le Parti Démocrate italien a choisi son nouveau numéro un : Pierluigi Bersani.
Voté par la majorité absolue des inscrits et par la majorité absolue des sympathisants au cours de primaires (bien que des journalistes aient montré des failles dans le procédures car ils ont pu voter plusieurs fois et même dans le même bureau de vote), il est sans doute légitime.
Cependant, je trouve que ce choix représente un recul inquiétant.
Le Parti Démocrate était né de la fusion des Démocrates de Gauche (que pour simplicité on assimilera au PS) et des centristes à tendance humaniste et démocrate de la Marguerite (une espèce d’aile gauche du MoDem, mais c’est un gros raccourci). L’idée étant de structurer une offre politique « démocrate » (Walter Veltroni, initiateur du projet a toujours été un fan de Kennedy) à vocation majoritaire, capable à la fois d’offrir une alternative au berlusconisme et de ne pas être soumise au chantage de la gauche radicale dans une logique d’alliances à tout prix.
Pour mémoire, s’il est vrai que Prodi gagna deux fois les élections (et trois défaites, mais Prodi n’était pas candidat) il est autant vrai que pour 2 fois il tomba bien avant la conclusion de la législature.
Avec Bersani, à en croire ses arguments de campagne, la vocation majoritaire est abandonnée et on revient à la saison des alliances. De même, avec Bersani l’équilibre du parti revient clairement dans le giron de la gauche : ce sont les héritiers des DS (à son tour héritier du PCI) qui ont été sacrés. Ceux mêmes qui, ce n’est qu’un avis personnel, ont sabordé la présidence Veltroni par crainte de perdre des rentes de position importantes (et quand on connaît les soutiens de Bersani … bref, passons à autre chose avant de se choper une plainte pour diffamation). Ceux-mêmes qui ont tout fait afin que les députés européens du PD siègent dans l’ancien PSE, maintenant S&D, avec par conséquence l’affaiblissement du PDE et, indirectement, le glissement de l’ADLE sur les positions de l’ELDR.
En somme, ce n’est pas une bonne journée pour ceux qui, comme moi, se cassent la voix à crier le besoin de donner structuration et représentation à l’espace politique qui existe hors des clivages du XXème siècle.
Certes, on me dira, avec les primaires les électeurs se sont exprimés et Bersani a été jugé le meilleur. Certes, mais combien de gens ont voté à ces primaires ? Soyons généreux, disons trois millions de personnes. Ce qui est beaucoup. Sauf que, si aux prochaines élections le PD ne touche que trois millions de voix cela risque fort de faire un pourcentage à un seul chiffre.
Comme j’ai eu occasion de dire ailleurs, j’ai été un électeur du Parti Démocrate. Aujourd’hui je m’interroge sans beaucoup d’espoir sur le futur politique de celui qui reste, malgré tout, mon pays.
Bah oui, c’est important et cela serait même intelligent. Nemo compare un peu un parti à une entreprise. Je ne partage pas la totalité de sa pensée mais c’est une simplification qui peut être utile. Un produit, des VRP … soit.
Et les études de marché ?
Ils se trouve que les partis avec des simples adhérents (pas les militants, plus engagés, ni a fortiori les élus, plus informés, plus à même de faire du décryptage fin et aussi plus intéressés et tactiques) ont un patrimoine exceptionnel en termes de markéting : un panel.
Si « les adhérents » n’adhèrent pas, probablement l’électeur non plus. Combien d’adhérents ont manifesté leur peu d’enthousiasme pour les maux de ventre centro-centristes datant déjà des législatives et poursuivies pendant un moment ? Combien d’adhérents ont voté pour une liste autre que le MoDem aux européennes, notamment Europe Ecologie ? Combien d’adhérents se tuent à crier qu’ils veulent un MoDem fort, indépendant et résolument tourné vers le futur ? Combien sont-ils partis, las de crier dans le désert ?
Certes, ce ne sont que gesticulations d’adhérents, de néophytes, de supporters, de girouettes … c’est ça qu’on entend, n’est pas ? Et, bien entendu, pas qu’au MoDem. Les seuls qui sont bien lotis sont les gens du RPR : il veulent un dieu à adorer (et à brûler sur le bûcher le moment venu), c’est ce qu’ils ont. Un dieu et la foi. Croire, obéir, combattre … ah non, je divague, ça c’est l’Histoire transalpine …
Dommage que ces agitations constituent également la réponse du panel à l’étude de marché.
Études que nombre d’entreprises politiques s’évertuent à ignorer.
Dites, on appelle comment en français bien de chez vous un parti qui choisit de se couper de ses électeurs ?
04 oct
Oui, ils l’ont fait. Les Irlandais ont choisi de « reculer l’impossible » et voter massivement pour le oui au Traité de Lisbonne. J’imagine que la majorité des commentateurs en seront très heureux.
Certes, l’Europe redémarre et cela malgré les possible manoeuvres dilatoires tchèco-britanniques, en vue de la victoire attendue de James Cameron (qui ferait bien de se méfier des sondages …). Mais la méthode utilisée, pas pour la première fois, du revote « juste », l’oubli des non français et néerlandais, le déficit d’implication des citoyens se traduisant dans l’abstention monstrueuse du 7 juin, tout cela reste sur la table sans que des signes de changement soient visibles. A ce propos le marchandage et couchages diverses en occasion de la reconduction de Barroso parlent d’eux mêmes.
Peut-être une lueur d’espoir viendra de ce député italien de l’ADLE, Niccolò Rinaldi lequel portera au Parlement Européen le sujet de la liberté de la presse en Italie. Je ne sais pas pourquoi mais j’entends des oreilles parisiennes siffler …
Messine. Zancle si vous êtes passionnés d’histoire classique. Et la côté nord-est de la Sicile. C’est un pan entier de mon enfance qui défile au jt et dans les journaux ces jours ci : la pluie, une très grosse pluie, a tué des dizaines de personnes. La Nature, cette méchante.
Photos prises par un habitant de Giampilieri
Scaletta Zanclea (la photo 3 montre la nationale reliant Messine à Catane, il me semble)
A Scaletta je m’arrêtais gamin avec mon père acheter du poulpe vivant et du petit thon blanc pêché à la ligne … avant de m’arrêter à Itala Marina acheter un excellent cannolo. Tiens, la pâtisserie était dans une cuvette coincée entre la montagne et la voie ferré : disparue ? Ce 30 km de côte sicilienne je les ai arpentés sans aucun doute plusieurs milliers de fois. J’y étais pas plus loin que le 14 août de cette année. Cette côté je la voyait de la terrasse de mon immeuble quand je réglais l’antenne télé. Et à chaque fois que je sortais de la ville en voiture. C’est une partie de mon chez-moi de pluri-émigré qui a été couvert de boue. Et c’est probablement une cinquantaine de personnes qui ont péri et qui n’y étaient pas forcément pour quelque chose. Tiens, comme Domenico.
Pour autant, cette tragédie n’a rien d’imprévisible : déjà en 2007 la montagne avait prévenu.
Pourtant, c’est une jolie bourgade … où il y a également une école maternelle (asilo en italien) dont 16 gamins manquaient à l’appel selon le Corriere …
Et la Nature, n’y est pas pour grande chose non plus. Dans ces régions de méditerranée il fait souvent beau. Mais aussi chaud et humide. Autant le climat y est, en moyenne, paisible, autant des phénomènes brefs et violents ne sont pas rares. J’ai un souvenir du lycée. De la fenêtre derrière le prof on voyait la mer, car le lycée est en hauteur. Et une trombe d’air, une mini tornade se constituer au centre du détroit, aspirer l’eau de surface et créer une unique colonne tourbillonnante d’eau et de vent. Un quart d’heure d’enfer. Pas plus. Mais des dégâts assez impressionnants.
Dans ce petit morceaux de Grande Grèce, j’y ait vécu 18 ans. J’y suis retourné très régulièrement pendant au moins une quinzaine d’années. Je ne suis pas surpris de la pluie. Plus grave, je ne suis pas surpris du désastre. Et je n’ai aucun espoir que quiconque en tire les leçons.
On continuera à incendier la montagne pour permettre aux « amis des amis » de construire, de bétonner, on continuera à négliger la montagne car les écureuils ne votent pas et on continuera à s’essuyer des larmes hypocrites sur les vies d’une multitudes sacrifié aux intérêts de quelqu’un.
C’est jour de vote. Important. Même si pas forcément décisif.
Nos amis feront-ils le choix de « reculer l’impossible » ?
Allez, pour se souvenir.
A vous de juger, comme dirait l’autre …
Quand on pense que les Constitutions ont vu le jour pour donner aux sujets la dignité de citoyens et rendre moins aléatoire l’exercice du pouvoir absolu des monarchies héréditaires, je crois qu’on est en droit de se poser des questions.
[EDIT : tout juste quelque référence de texte]
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen
Art. 9 : Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable [...]
Constitution de la République Française
Art. 5 : Le Président de la République veille au respect de la Constitution.
Art. 67 : Le Président de la République n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité, sous réserve des dispositions des articles 53-2 et 68
Art. 68 : Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat
[/ EDIT]
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Les Alcibiades
19 sept
Premièrement, désolé par la grossièreté mais l’info m’a vraiment fait tomber de ma chaise. Pire qu’une crise aiguë de fou-rire d’avenir … (montage / canular ? Drôle en tout cas)
J’avais écrit autrefois que Martine Aubry pouvait tuer le MoDem. Force est de constater que la cible orange ne lui suffit pas.