Il y a des jours où toute la complexe machine biochimique qui anime ce blog n’a aucunement envie d’être performante, où elle approche une agenda chargée (comme d’habitude) avec un détachement presque total, concentrée et absente tout à la fois. C’est une sensation étrange, qu’on reconnait quand on commence à entendre plus le bruit du temps qui passe que le flux des pensées. Quand on sent les mains de l’ennui caresser le dos.

Pourtant, les raisons pour être pleinement dans le monde ne manqueraient pas.

Tiens, par exemple, je viens d’apprendre que je suis un « killer » (bon, presque, enfin). Ou que les Feux de la Haine (mieux connus sous le titre de 24 H Clairestream) brillent de toute leur mauvaise foi. Ou encore le troisième P20 (le P est pour PiPô, pas pour Pittsburgh) ou l’on va sauver le Monde. Il y aurait un Conseil Départemental à préparer pour ce soir. Ou les Assises de demain, où je vais participer à l’atelier « Préparer l’économie de demain ».

Je pourrais aussi vous parler des progrès de mon article sur les indicateurs de développement mais ennui a commencé à me masser le cou …

Finalement, je pense savoir qui est le responsable de cette apathie (non pas lui). Sur les conseil d’un pro, je viens de refaire mon CV : il faut un titre, que m’a dit le monsieur ! Il a surement raison.

Mais « expert en développement territorial et management des organisations » me parait tellement pompeusement ridicule

Heureusement qu’ennui me comprend …

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Il s’inquiète du retour de bâton de la crise financière.

Et pour une fois, je trouve qu’il n’a pas tort sur le fond. Et pour cause : il est en retard. Je l’ai déjà dit.

Billet du 27 août sur l’évolution boursière

Billet du 27 mai sur le possible redémarrage de la crise

Billet du 27 mars sur l’analyse non conventionnelle de la crise

D’ailleurs c’est marrant … que des billets faits le 27 … mais bon.

Sénateur Mélenchon, vous avez des mois de retard … et en plus vous plussoyez un mec « centriste-donc-de-droite » …

Un cachet ?

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Infographie du Monde

Mais que fait Sarkozy, je me demande !

Ah oui, lui il dégraisse le Mammouth ….

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Que vous pouvez lire ici.

En effet, l’action collective permet de mieux cerner des pratiques irrégulières répétées. J’évoquais il y a quelques jours une histoire de jupes : il y a quelque part, en Italie ou en France, une entreprise qui ne garantit pas le respect des contrats. Si elle devait faire face à une action collective, elle aurait toute une autre incitation à revoir ses procédures que si je me plains individuellement.

Je prends un autre domaine que je connais bien : voulons nous parler des pratiques de certaines banques qui passent souvent un peu rapidement sur les droits des clients/usagers ? J’ai eu un client que je n’ai pas pu sortir du pétrin de la crise boursière avec son assurance vie : la banque n’a jamais répondu à la demande d’autorisation d’arbitrage (achat/vente de titres et autres positions). Combien d’autres clients ont vu leur patrimoine s’affaiblir pour des négligences similaires ?

Le fonctionnement d’un marché demande équilibre : l’action collective met l’entreprise face à sa responsabilité vis à vis de ses clients, ce qui est, tout simplement, la correction d’une position dominante dans la relation contractuelle.

Ce n’est pas la panacée, mais c’est un corollaire, je le crois, nécessaire de l’économie contemporaine.

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Dans son discours de clôture de l’UR 2009, François Bayrou donnait rendez-vous au congrès d’Arras avec cette phrase : « Nous allons écrire, cet automne, cet aggiornamento de notre programme pour la France« . Je veux le croire. C’est donc avec une attention particulière que j’ai lues les propositions du militant Bayrou (ce sont ses mots). En l’état, elles me laissent un peu perplexe mais je penses qu’elles sont amenées à évoluer.

Pour ma part, le seul moyen que je connais pour faire avancer les choses c’est de contribuer, avec mes limites, à stimuler le débat. Au lendemain du premier tour j’avais laissé un message via le site de campagne de Bayrou un message dont je n’ai stupidement pas gardé copie. En gros je « lui » disais : « Il vous manque une seule chose pour gagner : une doctrine économique pertinente ». J’avais peut-être été optimiste. En tout cas quand j’entends dire que les « modèle du XXIème siècle » personne ne sait à quoi ça ressemble, je me dis que l’économie va avoir un rôle structurant dans le débat et que c’est de mon devoir d’intellectuel, avant même que celui de militant politique, de m’y engager dès maintenant.

D’ici peu il y a les régionales : ça tombe bien, l’expérience bretonne est éclatante. Quel est le programme économique de la Région, à guide PS, Verts, PCF et régionalistes « de gauche » ? Et bien, c’est une politique de l’offre, ou si vous voulez une politique de droite modérée.

Economie et emploi (www.bretagne.fr)

Soutenir les projets des entreprises

Le soutien aux filières

La matière grise au service de la compétitivité

Promouvoir une économie sociale et solidaire

Favoriser la qualité dans l’agriculture et l’agroalimentaire

Soutenir un plan pour la pêche et l’aquaculture

Renforcer l’attractivité économique de la Bretagne

Certes, une politique mise en place avec des moyens de gauche (mécanismes administratifs versus mécanismes de marché). Mais, au fond ? Depuis des années, en France je pense qu’on peut prendre le tournant de 1983, dans la matière économique, la droite fait la droite, la gauche fait la droite et le centre, privé d’espace de médiation, est obligé de mâtiner à la marge.

Il y a, bien sur, les propositions tirées d’une interprétation rigide des approches écologiques sur socle de lecture partielle et déterministe de Marx : anticapitalistes, altermondialistes et décroissants. Je ne crois pas que cela soit à la hauteur des enjeux. Je ne crois pas que la référence à l’économie sociale de marché, dont on oublie souvent qu’il s’agit d’un modèle déjà tombé en crise, le soit non plus.

Concentrons-nous sur la substance, pour parler avec Aristote, à la place de s’étouffer sur des questions de forme.

Quelle est la mission de l’économie, pourvu qu’elle en ait une ? Quel est son vrai rôle dans la société que nous désirons ?

Les modèles, cela n’est qu’outil, instrument. Certes nécessaire et pratique mais jamais une fin en soi.

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Un mot de la Bourse

3650 points. Telle est la cotation actuelle du CAC 40 à Paris.

Cui prodest (librement traduit : qui s’est tape ) ?

Il y a quelque temps (novembre 2007) j’assurais le suivi des marchés financiers pour un petit bureau de conseil en gestion de patrimoine. Pour mémoire, le CAC avait déjà reculé assez sèchement depuis ses plus hauts pendent l’été et il restait oscillant entre 5400 et 5600 points. La presse spécialisée (et non) fleurissait de prévisions pour 2008. On allait du +20% au -20%. Les clients étaient déboussolés. Ainsi, j’avais décidé de faire ma propre analyse technique en me basant sur les données de longue période.

Mes préconisations de l’époque étaient de maintenir les positions et de passer en vente rapide en cas de franchissement à la baisse du seuil des 5150 points, car mon analyse (peu conventionnelle, j’avoue) montrait une totale absence de supports jusqu’à 3600, puis 3200, avec une forte probabilité de chute sur le plafond de longue période, identifié avec le point bas de la crise « internet & 11 septembre » : 2400 points le 12 mars 2003.

Ce seuil critique fut franchi brutalement à la mi-janvier 2008 et, en effet, malgré des timides tentatives de rebond autour des 4000 points, le 9 mars 2009 on touchait les 2465 points en séance. Certes, l’analyse n’était pas très précise (il y a un décalage moyen de 200 points environ entre mes calculs et les cours réels vus a posteriori) mais le dessin était pertinent.

Aujourd’hui le seuil de 3600 est largement franchi à la hausse, un canal ascendant clair se dessine. Tout va bien, sur les graphiques.

Pour autant je reste inquiet et je n’investirais pas mon argent sur ces marchés. J’ai eu occasion de dire il y a quelques temps que la crise était terminée, bien que les conséquences notamment en termes d’emploi allaient être durables (ex. commentaires à cet article de Oaz d’octobre 2008). Ce qui par ailleurs n’est évidemment pas une position populaire au sein du MoDem.

Le gros hic c’est qu’aucune des causes de la crise n’a été affrontée. Ni même détectée, à en juger par la reconduction de Bernanke à la tête de la FED. Cela, couplé à l’endettement très élevé des Etats, peut préfigurer une deuxième réplique, comme dans un épisode sismique. On notera que, si la réplique est normalement moins intense que le séisme principal, les dégâts qu’elle  peut causer peuvent dépasser ceux de l’épisode majeur, car les structures sont affaiblies.

En gros, si vous voulez mettre de l’argent en Bourse, faites-le : il y aura des bon coups à jouer. Mais je me tiendrais prêt à fuir.

[Ce billet contient uniquement des considérations personnelles sans prétention d'exactitude et il ne peut pas être interprété comme un conseil professionnel pour des décisions d'investissement]

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Le marronnier de crise revient encore et encore : des bonus, bordel, des bonus !

Le banquiers se défendent avec un argument similaire à celui avancé par Rubin il y a quelque temps : si on ne paye pas de bonus, on perdra nos meilleurs éléments.

Galbraith s’écrirait : conventional wisdom !

En effet, ce que les banques (et leur personnel) refusent de voir c’est simplement que les niveaux de rémunération du récent passé n’ont aucun sens économique et que donc le niveau général de ces salaires est amené à baisser.

Et la baisse des salaires du marché n’induirait aucune fuite : aucun endroit où gagner plus.

Sans compter l’hypothèse de changer de secteur … pas certain qu’un trader y sort gagnant.

Alors, messieurs les banquiers, vu les résultats de vos « meilleurs éléments », si vous commenciez à mettre en place une gestion plus rigoureuse ? Quand on a besoin du contribuable pour échapper à la faillite, on devrait la ramener moins.

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En tout cas, celui de l’OMC.

Vous comprenez, le pauvre Pascal Lamy, homme de gauche à la tête de la plus farouchement (et parfois bêtement) « ultra-libérale » (ça ne veut pas dire grand chose mais c’est à la mode) des organisations internationales, ne bénéficierait pas du même régime de retraite que les autres fonctionnaires de l’OMC.

Ainsi, il demandait une compensation sous forme d’augmentation de salaire : avec le taux d’actualisation ça aurait fait 32 % de hausse.

« Politiquement naïf » que lui ont répondu ces méchants capitalistes.

Est-qu’il est normal ? Je me le demande, tiens !

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Economie : de mardi à lundi #2

Un petit sommaire des billets de la dernière semaine en matière d’économie:

Economie : pourquoi les spéculateurs financiers ne sont pas immoraux
Economie : cycle de Doha et aide alimentaire. Quand l’inutile fait des dégats.
Economie : des articles intéressants
G8 de L’Aquila : un cadre de ruines pour une pensée en ruine
Economie d’un tag ou tag d’économie ?
Projet Europe 2009 : 5) Pour une économie responsable
Projet Europe 2009 : 4) Pour un modèle européen du développement
Travail dominical – acte 4
Un nouvel économiste ?

Bonne (re)lecture

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Un petit article à tiroir dans ce lundi de pont où les visiteurs se font rares.

Comme un ami rappelait sur le blog d’un autre virtual friend j’ai mon dada : l’économie de satiété. Je veux pas vous gâcher les vacances avec des explications détaillées et des graphiques à la mord-moi-le nœud. Je me limiterai à laisser ici une conséquence intéressante de mon approche.

Si vous vous intéressés un peu à la « Crise », vous avez dû entendre parler de l’offre de capitaux. Dans l’économie, pour ainsi dire, ordinaire, l’offre de capitaux augmente avec le taux d’intérêt dans une courbe continue. Dans ces conditions, et avec une courbe de demande inclinée négativement, l’équilibre du marché de l’argent se fait par rapport au rendements sur le marchés des biens. Cet ensemble d’équilibres est représenté dans le modèle IS-LM que tous les étudiants d’économie ont au moins vu à la va vite. Dans ce modèle toute activité spéculative devrait faire « monter » la LM provoquant un rétrécissement de l’équilibre sur le marché des biens. Donc le spéculateur financier serait « immoral » car il spolierait sciemment les consommateurs d’une partie de leur utilité (voir postulat de non satiété).

Dans le monde de la satiété (où le postulat n’est pas valable), la courbe d’offre de capitaux n’est pas aussi simple que dans le cas ordinaire. En effet elle est discontinue et, dans une partie, elle est « à deux étages », c’est à dire que la même quantité de capitaux est offerte simultanément à deux taux d’intérêts différents.

Même sans rentrer dans les détails de la démonstration, il est assez aisé de comprendre que sur un marché de ce type les équilibres peuvent être multiples ou même absents et que l’équilibre unique n’est qu’un cas « chanceux ».

Prenons un cas concret, en présence d’incertitude et d’information imparfaite. Des préteurs cherchent à placer de l’argent à un taux faible, interprété comme un signe de faible risque, mettons 3%. Ils savent que le marché des prêts aux entreprises rémunère, disons, 10%. Ce qu’ils associent à un niveau de risque trop élevé. Donc ils se refusent à prêter aux entreprises. Cette situation laisse une place tout à fait logique, au sens économique du terme, pour des intermédiaires financiers qui agissent comme emprunteurs auprès des prêteurs adverses au risque et comme prêteurs vers les entreprises. Les taux de marché, en effet faibles sur ces négociations, couplés à l’idée de la maîtrise du risque liée (idéalement) aux instruments financiers « évolués », fait que la démarche soit crédible.

Il n’y a rien d’immoral là dedans. Rien de moral non plus. Tout juste cette rationalité économique dont on a dit souvent, et fort à raison, qu’elle est a-morale.

Ne pas le comprendre et aborder le problème de la spéculation financière comme les dérives d’une bande de voyous est dommageable à double titre. Cela empêche de reconnaitre les vrai voyous qui peuvent se nicher sur les marchés financiers comme dans toute activité humaine et d’apporter des réponses pertinentes aux questions que les marchés essaient de faire remonter sans jamais être entendus.

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Précision 1) -> Oui le titre est un appeau à trolls :-)

Précision 2) -> Mes travaux sont toujours « in progress », peut-être qu’il y a des défauts. Donc la critique est la bienvenue

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