Prémisse qui devrait être inutile : le nom des leaders politiques pris pour référence sont à considérer comme des avatars de positions idéologiques plus générales et non comme des références strictes à la personne citée.

Il s’agit, histoire oblige, d’une vision de l’écologisme très structurée et je partage l’avis de Toréador quand il affirme qu’on est en présence d’une idéologie qui se veut globale et qui est susceptible de remplacer, à terme l’idéologie socialiste dans son rôle politique. Cependant, elle reste ce que j’appelle « une impasse ». Et contrairement à Alec, j’estime que c’est impasse est idéologique alors que, avec un peu de maîtrise et de capacité d’anticipation, elle peut trouver un consensus électoral important.

J’aime les paradoxes, alors permettez moi de faire mon Socrate.

Je pense que tout écologiste « orthodoxe » sera d’accord avec moi si je dis que le capitalisme est une impasse, ce dont je suis radicalement convaincu. Par conséquent, se je peut montrer que l’écologisme partage les mêmes défaut de l’idéologie capitaliste, il devrait (noter le conditionnel, la foi ne se discute pas …) convenir qu’il s’agit d’une voie sans issue.

Or, les deux, vise à imposer un modèle de comportement universel, ce qui va à l’encontre de la simple diversité humaine (cf. l’œuvre d’Amartya Sen) : elles sont donc deux idéologies de conflit, qui portent en eux les germes de la théorisation de la domination d’une élite visionnaire sur les masses ignares. Il s’agit de deux visions du mondes potentiellement totalitaires. L’histoire nous apprend que toute approche de ce type s’est heurtée, tôt ou tard, à des formes de rébellion, plus ou moins violentes, par cause de leur incapacité à reconnaitre les besoins politiques.

Les deux, et c’est une conséquence directe de ce qui est plus haut, privilégient le mécanisme à l’humain. La croissance au prix des formes modernes de servage. L’optimisation énergétique des comportements au prix de la réduction de l’homme à un producteur d’entropie.

Les deux, est c’est rédhibitoire dans le regard d’un pyrrhonien comme moi, ne laissent aucune place au doute. Il n’y a que des vérités, que des certitudes. La terre est plate. Elle est au centre de l’univers. Je me suis trompé de millénaire ? Oh que non, hélas ! Ipse dixit, c’est toujours et plus que jamais d’actualité. Et pourtant, elle tourne.

Dans leurs versions « pures », tant le capitalisme que l’écologisme (et on pourrait bien sur élargir au socialisme et toute autre idéologie de domination) représentent des obscurantismes. Et le fait qu’il s’agit d’un obscurantisme à la mode, n’y change rien : même l’Inquisition espagnole fut populaire en son temps.

On me répondra : mais l’écologisme, c’est le durable, tout est pris en compte ! Je ne suis pas d’accord et j’espère que les ayatollah divers me laisseront la liberté de ne pas être, mais alors pas du tout, convaincu.

Ceux qui affirment ça, connaissent, je crois, mal le capitalisme. A l’échelle idéologique il y a un postulat : l’important, c’est le « plus », identifié avec le domaine économique. Tout le reste, n’est pas négligé. Il est tout juste subordonné logiquement à l’économique. Ainsi, le social et l’environnemental sont aspiré dans l’économique. Le « durable », dans cette vision, se fond dans l’économique. Tout comme dans l’ouvrage de Marx, par ailleurs, où la société n’est que superstructure. Une crèche d’entreprise ? C’est bon pour la productivité. Un système de santé performant ? Ça limite les absences. Les algues vertes ? Un problème pour le tourisme et la valeur du foncier.

L’écologisme propose strictement le même chemin, mais à partir de l’environnement, qui devient le pivot de toute la construction intellectuelle. L’équilibre nécessaire entre les trois volets pour parvenir au durable est rompu avant même d’exister. Avec une faiblesse supplémentaire pour l’écologisme : là où le capitalisme laisse l’illusion de la liberté par le biais d’une certaine utilité immédiate, l’écologisme nécessite d’une perspective plus à long terme. Par conséquent, se devant de guider les masses ignares vers des « destins merveilleux et progressifs », il se tourne naturellement vers des mécanismes de planification qui ont fait la preuve de leur échec.

Capitalisme et écologisme sont identiques, dans leur logique, bien qu’appliqués à des objets différents. Ils partagent donc la même nature : il ne sont que des impasses.

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Mail à François Bayrou

Pour partager un moment avec mes lecteurs que je remercie d’être toujours là, malgré ma relative absence, voici le mail que je viens d’envoyer au Président du Mouvement Démocrate

Cher François Bayrou,

suite à notre rencontre du 21 novembre dernier, à l’occasion de l’audition des commissions au siège, et à votre demande, je me permets de vous adresser ce mail.

Note aux lecteurs : la vidéo est disponible ici [de 14:30 à 18:40 environ]

Tout d’abord je veux vous exprimer ma reconnaissance : je sais pertinemment de ne pas être un parfait inconnu pour vous, bien que nous n’ayons pas eu, jusqu’à présent, d’occasions d’échanger directement. Je sais parfaitement qu’un certain nombre de personnes se sont pressés, par ignorance ou par malveillance, de délivrer des informations imprécises ou partielles sur mon compte. C’est donc très sincèrement que je vous remercie de vouloir vous forger une opinion de première main.

Vous m’avez demandé de vous expliquer, en une page, ce qui est « nous, tranché » en matière économique. Vous pardonnerez ma modestie, je me cantonnerai à vous dire ce qui est « moi » : unicuique suum et porte inferi non prevalebunt. Par ailleurs, une page serait soit trop, soit pas assez. Une phrase serait suffisante : « Le plus n’est pas forcément le mieux ». Cependant je doute que ce niveau de synthèse serait compréhensible. En réalité, la puissance de cet axiome, solide scientifiquement, remet en cause la totalité des théories économiques communément acceptées. Par conséquent, mon approche ouvre sur d’autres pistes d’explication et d’autres préconisation que les approches plus traditionnelles, dont on a au MoDem d’excellents spécialistes.

Si la démarche vous semble farfelue, arrêtez vous un court instant sur l’histoire des sciences. Des vrais génies, auxquels je n’ai aucune prétention de me comparer, tels Copernic, Riemann, Lobatchevsky, Einstein n’ont pas fait autre chose : nier un postulat de base qu’ils estimaient douteux pour faire progresser la connaissance. Dans leur cas, avec succès. Dans le mien, le temps en sera juge.

Pour revenir à votre interrogation, je ne veux pas vous ennuyer avec des digression purement théoriques. Je me limiterai à vous joindre deux documents, l’un sur l’explication de la crise économique [ici pour le lire sur le net] , l’autre le concept de développement et une proposition de nouveaux indicateurs, démarche susceptible de dépasser l’opposition entre « économique » et « durable » en mettant, réellement, « l’homme au centre » des choses [des éléments sommaires dans le tag économie du blog]. Je crois que c’est un thème que vous est cher. Par ailleurs, ce dernier article ayant été soumis à la publication, je vous prie de garder une certaine confidentialité à son sujet, ne fût-il que par respect à l’universitaire qui le co-signe et qui m’a donné le feux vert pour vous l’adresser.

Je reste à votre disposition pour échanger, si vous le souhaitez. La France, l’Europe et, au bout du compte, le monde entier, ont besoin qu’on leur offre une perspective d’avenir où tous les êtres humains pourraient retrouver le chemin de leur dignité. Être, au delà de leur fonctions économiques, des Hommes. Cela passe également par l’économie et je suis certain que vous percevez tout l’intérêt d’approfondir des approches novatrices et clairement identifiables. Peut-être, un café à la main.

Très cordialement, votre « cher »

Claudio

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Le Rubicon est franchi

Pour les ignares d’histoire (que bientôt vont, paraît-il, augmenter) l’expression puise son origine dans la vraie-fausse rébellion de Jules César, aux ordres émanant de Rome (on y conspirait quand même contre sa vie, chose courante à cette époque). En franchissant le Rubicon, une petite fleuve qui marquait frontière, César prenait une décision sans retour possible. C’était fait. Et ça changeait les choses. Point.

Aujourd’hui je viens de franchir un de mes Rubicons : ce fameux article (pour ceux qui me croisent hors net au moins) sur le développement et la  réponse au défi posé par le Rapport Stiglitz en terme d’indicateurs, a été envoyé à la revue que nous (moi et l’autre auteur) avons identifié. La machine est donc lancée. Ça fait du bien. Ça fait bizarre.

Je n’ai jamais été timoré pour défendre mes idées, fussent-elles iconoclastes, et je pense que le nombre de conneries absolues que j’ai dites n’est pas particulièrement élevé. J’ai écrit et j’ai commencé à publier à l’ère d’internet. Que pour moi a débuté en 1993, encore étudiant. J’ai toujours aimé cette possibilité d’écrire librement, sans contrôle, juste pour laisser une trace et laisser le temps me donner raison.

Ça, c’est différent. C’est comme arrêter un contre au hand. C’est se mettre en danger, c’est adrénaline.

Et finalement, j’aime ça.

Oui, François, on prendra ce café. Le moment venu.

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Peu d’envie de commenter une actualité toujours aussi digne d’un mauvais épisode de Star Trek.

Peu d’envie également de commenter le document de travail du Mouvement Démocrate en vue du Congrès d’Arras.

Alors, allons-y pour un sujet de fond, à cheval entre l’économie et la politique : les services publiques.

C’est un sujet que je connais extrêmement bien. Mon premier diplôme de fin d’études portait justement sur « l’Economie des Administrations Publiques », en analogie avec l’économie d’entreprise. J’ai été (et je suis) salarié d’Administrations Publiques diverses et variés, avec des missions à responsabilité. J’ai été longtemps considéré, j’estime à juste titre, comme un expert dans le domaine des services publiques aux entreprises et aux entrepreneurs. En tant que consultant senior pour un des plus grand groupes de conseil indépendant au monde, j’ai accompagné, souvent avec succès, des Administrations à améliorer leurs services à égalité de dépense. Bref, pour une fois je parle plus en « pro » qu’en observateur. Désolé pour vous. (Pour les âmes simples, c’est du deuxième degré, hein ?).

Depuis 1989, vingt ans à peine, je suis confronté à un défi intellectuel et technique : mesurer la valeur d’un service public. Lisez bien, pas la valeur marchande, ni celle politique, je dis la valeur. Tout court. En réalité la même question, identique, pourrait être posée également pour les services échangés sur les marchés. Et même sans reprendre la dichotomie marxienne sur la valeur, il serait aisé de montrer que la valeur marchande n’est une bonne approximation que dans des circonstances très aseptisée et peu conformes à la réalité quotidienne. Mais cela serait un autre débat.

Si j’ai été confronté à cette thématique (où les plus grands économistes se sont par ailleurs cassé les dents), c’est que j’ai été amené très tôt à m’occuper de systèmes de contrôle de gestion en milieu hospitalier. L’attitude qui prévaut depuis vingt ans, c’est de se focaliser sur la réduction de la dépense.

Or, cela est purement et simplement débile, si ce n’est pas contrebalancé par une mise dans le contexte. Un seul exemple. Prenons une entreprise qui se donnerait comme objectif unique de réduire ses coûts, toute autre considération étant secondaire. La seule décision rationnelle serait de fermer la boutique. Coûts anéantis. Certes, l’entreprise aussi, mais pérenniser l’entreprise n’était pas, dans l’exemple, un objectif.

Bien entendu, aucune entreprise sérieuse ne se comporte comme ça. La réduction des coûts, dans une structure bien dirigée, est toujours accessoire à la rentabilisation de ces mêmes coûts. Si on peut en tirer profit, on dépense volontiers et ce n’est que au moment où la dépense ne peut peut pas être rentabilisée que le problème de sa réduction sera posée.

Certes, j’entends l’objection : mais le public n’est pas rentable, c’est même un gouffre. C’est sans doute une facette de la réalité, mais une facette très partielle. Car le « public » n’a pas les mêmes contraintes et les mêmes « obligations de service »  qu’une structure privée. La Mairie de Brest ne peut pas se délocaliser … à Paris parce que c’est plus « rentable » (ne fut-il qu’en dépenses de déplacements). L’Hôpital ne peut pas refuser un patient sous prétexte que traiter sa pathologie crée un déséquilibre financier ni un patient qui n’a pas les moyens de payer ses soins (pour les fana du système assurantiel américain, je leur suggère de bien se documenter sur sa piètre performance). Pour tous les biens « publics », c’est à dire à bénéfice non exclusif (qualité de l’air, de l’eau, sécurité, infrastructures, …) le concept de « propriété » et donc d’échange contre un « prix » est discutable.

Le problème reste donc celui de la valeur des services pour les usagers. Or, axer toute action sur la réduction des coûts revient à poser l’hypothèse que, du simple fait du statut de l’organisation productrice, un certain service ne vaudrait rien. Ou, pour être plus précis, que la réduction ad infinitum de la dépense n’entraîne pas de réductions de la valeur du service. Ce qui revient au même. Et qui une connerie manifeste, l’exemple de l’entreprise revenant d’actualité. Et comme c’est quelque chose que je pense vraiment, je ne peut que combattre, au petit niveau qui est le mien, cette entreprise de démolition aveugle des services publics dont la vraie coulpe semble être celle de ne pas constituer un réservoir de voix pour la majorité en place.

En économiste, je pense que toute richesse doit être utilisée de manière intelligente, donc productive : en détruire plus que celle qu’on crée amène vite dans le mur. Cependant, tout n’est pas mesurable à l’aune de la monnaie. Combien ça vaut le fait de regarder son enfant et de savoir que, raisonnablement, il va mourir après nous ? C’est un luxe qui est loin d’être partagé sur la planète Terre. C’est de la valeur. A laquelle le coût correspondant devrait être comparé.

Le billet se fait long et je n’ai qu’effleuré le sujet de façon désordonnée … alors une provocation finale. Il paraît que la Chine c’est un pays très bon pour les affaires, que la croissance y est bonne, que la compétitivité y est élevée. Aux yeux de certains c’est sans doute un modèle de gouvernance à suivre, peut être à partir de son code du travail.

Mais est que nous, nous aimerions vivre à la chinoise ?

L’établissement d’un système de services publics, quand cela répond à un besoin réel et donc créant de la valeur, c’est autant une manifestation de liberté, collective, autant que celle, individuelle, de monter son activité.

Désolé de vous décevoir, le titre n’était pas un appeau à trolls.

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C’est assez machinalement que ce matin j’ai mis en route l’ordi, et sans aucune envie d’écrire sur ces pages. C’est un fait assez évident à mes yeux, mon « blogging » est en perte de vitesse. D’ailleurs, pas sur que le creux de la vague ait déjà été atteint. fait, paradoxal pour quelqu’un qui fait de la politique de manière aussi engagée, j’ai peu d’envie de parler. Pire, j’ai peu d’envie d’être écouté. Il paraît que des anciens sur ces terres considéraient le Nouvel An à partir de la Toussaint actuelle. Ce blog aurait-il une âme celtique ? Attendons patients le renouveau, dans ce cas, et profitons de la bonifiante léthargie hivernale …

Cependant, en allant un peu à reculons, c’est vrai, sur mes blogs préférés, j’ai trouvé d’excellentes raisons pour citer des articles, à défaut d’être très original.

Il y a un blogueur, quelque part dans le Sud-Ouest que j’apprécie beaucoup. On se chamaille souvent sur la forme, car il est un vrai polémiste et il choisi régulièrement de ne montrer qu’une facette des choses. N’empêche que j’en partage souvent le fond. Et ce joli coup de gueule, bien que récurrent sur la blogosphère, mérite d’être relayé par le brio, le style et la pertinence des parallèles qu’y sont faits. Billet imperdable.

Ensuite, j’avais décidé de me désintéresser autant que possible des élections régionales à venir. Mais j’apprends sur les pages de l’hérétique que Frédéric et Françoise se portent candidats. Eh bien, le Mouvement serait inspiré de leur permettre d’être élus. Quand la compétence, la ténacité, la lucidité se lient avec ce sens inné des relations humaines, avec cette gentillesse profonde qui nait de l’envie de comprendre l’autre et les situations de l’autre, alors là on trouve des vrais « politiques » de qualité. Je leur souhaite bon courage et je les assure de ma profonde estime, candidats ou pas, élus ou pas.

Enfn, une digression économique.

Je n’aime pas les travaux de Paul Krugman, c’est d’ailleurs pour ça que je lis son blog. Mais tous les croissançolâtres © seraient bien inspirés de regarder, observer, que dis-je ?, examiner attentivement ce tableau.

Je le laisse sans commentaires.

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Hier soir, ou plutôt aujourd’hui, à peine la minuit passée, j’ai enfin envoyé ma « Proposition au débat » en vue des élections régionales, notamment en ce qui concerne les approches économiques.

C’est une proposition que j’ai décidé d’assumer seul, bien que je me suis fait un point d’honneur de permettre à tous les adhérents de s’exprimer. Deux réunions ont été organisées dans les deux villes principales du département et un brouillon intermédiaire a été mis à la disposition, via les référents locaux, de tous les adhérents pour observations et retours.

A cette occasion j’ai pu encore une fois mesurer le décalage qui existe entre ma vision du fait économique et les approches majoritaires dans mon parti, tant au niveau des adhérents qu’à celui de mes amis et collègues de la commission économie nationale. C’est un décalage dont je suis conscient depuis longtemps et que c’est tout à fait normal : là où je me concentre sur la construction d’un modèle hétérodoxe, la plus part des économistes (et par conséquent la majorité des commentateurs, des formateurs et des acteurs) sont focalisés sur l’application de modèles existants. Déjà à l’Université de Cap Estérel (2008), j’avais signalé à Jean Peyrelevade mon souci de ne pas être élément perturbateur. Aujourd’hui je fais le constat que la diversité de langage est telle que le débat ne peut pas s’instaurer. En tout cas, il ne s’instaure pas. Je devrais peut-être réfléchir à quitter la commission économie. Je vais y penser sans presse.

Je suis à plus près sur que ma proposition au débat sera jugée décevante par la plus part de ses lecteurs : elle ne répond assurément pas à l’image qu’ils se font de ce qu’un document de programme économique devrait être. En quelque sorte, il s’agit d’un document « non conforme« .

En effet, j’ai refusé de prendre position de façon explicite sur tel ou tel dossier : j’estime que le catalogue d’actions ne fait pas un programme. En revanche j’ai souhaité proposer des critères pour la décision : c’est ma vision de ce que « le fond » devrait être. Cela me vaudra probablement un jugement d’apport général, confus et inutile. Je l’accepte dès maintenant.

Je vais faire un exemple : le problème des algues vertes. Dépassé le stade de constater que la compétence primaire sur le dossier est étatique alors que les citoyens demandent à la Région de s’en charger, quoi faire de concret ? Mettre en place des filtres à nitrates ? Bloquer les exploitations polluantes (agricoles et non) du bassin versant ? Commander un reportage à Yann Arthus-Bertrand ? Ce que je propose est, plus simplement, de reconnaitre qu’il y a un problème de santé publique (car on a des évidences de malaises humains répétés, voire un décès suspect) et qu’il faut le traiter en tant que tel. Flou ? Je ne crois pas et je ne serais pas discourtois au point de penser que des élus et/ou des candidats ne connaissent pas les obligations en matière de santé publique.

Avec la remise de ce travail, une phase s’achève : pour moi les élections régionales s’arrêtent aujourd’hui. Ce n’est pas vraiment une décision, d’ailleurs, mais un constat. J’ai fait le choix, que je continue à considérer juste, de jouer pour le collectif et de ne postuler que aux postes où j’estimais pouvoir faire un bon travail. Je ne le regrette pas, même si cela me coûte aujourd’hui en termes de visibilité et de marges de manœuvre. Ça doit être mon côté homme de sport : hors l’équipe, pas de salut. Mais cela a des conséquences pratiques.

Je n’ai, en l’état, aucun moyen d’influencer la trajectoire du Mouvement : ni mon rôle de Conseiller Départemental ni celui de membre de la Conférence Nationale ne permettent, dans la pratique des faits, d’avoir des mots utiles à dire. Alors, sauf modifications imprévues du contexte, pour ce tour c’est déjà terminé.

D’ar c’hentañ tro, neuze, comme on dirait par ici.

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Oaz me demandait dans les commentaires de cet article si la réunion avait été utile. Je préfères lui répondre dans un billet à part : pas que la réponse soit complexe, j’avais simplement envie de faire un billet de liens. De ceux qui énervent le crapaud et qui aident des blogueurs démocrates à garder une certaine visibilité. Dommage, il y en a un qui vient de partir. Les mauvaises langues diront qu’il ne part pas loin. Pour ma part, je pense qu’il se trompe, mais je respecte sa décision. D’ailleurs, quitter un parti duquel on a été déçus peut fournir des occasions de réjouissance, bien que souvent éphémère. Des liens aussi pour remarquer que, si le parlement de l’alternance semble patauger, une majorité transversale se dégage pour un Parlement du Soupire : des gens de gauche, des gens de droite. Pas les moins en vue dans le blogocosme, d’ailleurs. Votre modeste serviteur démocrate s’y associe également. D’ailleurs, quand on a choisi d’être chroniqueur en cauchemar, on sait qu’on doit faire face à une tache inhumaine, au visage monstrueux. Mais je divague. Certes que la réunion a été utile. Tout d’abord j’ai découvert un vieux-nouveau café tout près de la permanence brestoise, tenu par des gens sympathiques. Par ailleurs j’ai eu un parterre assez qualifié, avec le Président départemental, deux déléguées (non, ce n’est pas une faute) de circonscription (nos responsables de section à nous), un ancien candidat sur un liste pour la présidence (autre que la liste gagnante). Et des militants intéressés par le sujet économique. Je pense qu’on enverra quelque chose d’intéressant pour les régionales et également dans une perspective plus générale. De même, ces rencontres contribuent à la formation des militants, dont ils sont demandeurs.

Une reprise dans les programmes ? Aller, Olivier, tu connais la réponse, non ? Bon d’accord, disons que j’ai dit clairement à tous les militants que je ne suis pas en condition de garantir le moins du monde qu’un seul élément de la réflexion ne sera pris en compte. C’est d’ailleurs pourquoi je signerai seul le document. Je n’ai pas d’élections en vue avant 2014 : si quelqu’un doit prendre des risques, celui là c’est moi.

Remarques, le fait que je ne puisse pas garantir une issue à ce travail n’implique pas forcément qu’il restera dans un tiroir …

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La danse de la vie

Les plus futés d’entre vous l’ont bien compris : j’ai retrouvé du travail. Et maintenant me voilà, après 41 jours de chômage et pendant sept mois (et plus si affinité, il parait), cadre des services universitaires de formation professionnelle. Au passage, qui dit cadre dit bien une très large corvéabilité à merci ; qui dit cadre contractuel en milieu universitaire dit aussi salaire d’un technicien moyen. Mais bon, tel est le prix de cet immense luxe qui a été de choisir mon émigration. En revanche, j’ai rarement vu un recrutement aussi rapide : en moins d’une semaine, c’était plié. Bon, c’est vrai que le service était dans l’urgence … et maintenant c’est moi qui rame. Bref, pas beaucoup de temps pour bloguer.

En plus ma proposition d’indice de développement a trouvé un bon écho : je dois étoffer l’article et le proposer à la relecture au plus tard vendredi. La grosse course.

Sans compter que ce soir, à Brest, on se retrouve pour discuter des possibles pistes économiques pour les prochaines régionales, ce qui n’est pas un mince dossier. Surtout quand on a le sentiment que ce travail sera inutile et inexploité. Mais cela est un autre sujet sur lequel je ne veux pas m’étaler ici.

Pour autant les sujets ne manqueraient pas. Le temps, et pour certains l’envie, oui.

Alors pour aujourd’hui je me cantonnerai à vous inviter à Clohars-Carnoët pour un fest-noz solidaire avec la ville de L’Aquila, victime du séisme des Abruzzes (et de l’inconséquence berlusconienne) où les températures sont soudainement devenues hivernales. Moins 1 hier soir, pour exemple. Alors, si vous aimez la Bretagne et l’Italie, ne ratez pas l’occasion de vous amuser et d’être utiles.

october flip 2009

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Marrante que c’est la vie parfois. Après deux jours sans blog je voulais pondre un billet très nombriliste (auquel vous n’échapperez pas de toute façon) car ma vie change à une vitesse impressionnante. D’ailleurs, j’espère qu’elle ne perd pas d’adhérence dans les virages …

Et non. Car cet article d’Aurélien Véron se glisse en tête du flux de l’échiquier (pour y  être recensés, demander à l’hérétique).

En résumé, et sauf erreur de ma part, sa thèse est simple : l’écologie est la nouvelle route de la servitude. En effet, Aurélien reprend à son compte l’argument d’Hayek affirmant que l’organisation et la liberté sont incompatibles. Par conséquent, et étant donné que le constat de l’état environnemental de la planète (je vous rappelle que « la planète » n’est pas que l’Amazonie : le bout de terre urbanisée où vous êtes en train de lire mes conneries en fait partie également) pousse à mettre des principes de régulation, l’écologie va forcément à l’encontre des libertés. Il faut dire qu’il s’agit de quelqu’un qui utilise la définition de liberté porté, par exemple, par Pascal Salin : l’absence de contraintes. Ce qui porte Salin à être un minarchiste plutôt qu’un libéral mais passons.

Mes travaux portent également sur la liberté. D’ailleurs, j’ai lu Salin dans le texte et je trouve la « démonstration » de son approche extrêmement faible : démontrer ce qu’on postule n’est pas de la « science » mais de la rhétorique. Plus exactement une tautologie. Donc j’adopte une vision différente de la liberté : pour moi elle est la possibilité concrète d’avoir accès à un espace de choix. C’est ce qu’on appelle la « liberté positive » (I.Berlin) ou plus pertinemment « capabilité » (A.Sen).

Là où ça devient marrant c’est que, de mon point de vue, l’introduction des principes environnementaux contribue à augmenter la liberté. Un exemple. Je crois que même Aurélien sera d’accord avec moi que la première liberté est celle, simplement, d’exister. Peut-être il acceptera aussi qu’on la définisse comme la liberté de tout un chacun de ne pas voir sa vie mise en danger par le comportement d’autrui. Existence.

Question. La pollution des nappes phréatiques réduisant l’accès à l’eau potable, les pollutions au benzène, l’incapacité des acteurs à traiter efficacement le problème des algues vertes ou même la « simple » (ironie) non application d’un principe de précaution (sans existence juridique à l’époque) en matière d’exposition à l’amiante, ne sont-ils des comportements qui ont nié et nient la liberté d’exister de chacun ?

J’espère contribuer à stimuler une réflexion.

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Messine. Zancle si vous êtes passionnés d’histoire classique. Et la côté nord-est de la Sicile. C’est un pan entier de mon enfance qui défile au jt et dans les journaux ces jours ci : la pluie, une très grosse pluie, a tué des dizaines de personnes. La Nature, cette méchante.

Photos prises par un habitant de Giampilieri

Vue par hélicoptère

Scaletta Zanclea (la photo 3 montre la nationale reliant Messine à Catane, il me semble)

A Scaletta je m’arrêtais gamin avec mon père acheter du poulpe vivant et du petit thon blanc pêché à la ligne … avant de m’arrêter à Itala Marina acheter un excellent cannolo. Tiens, la pâtisserie était dans une cuvette coincée entre la montagne et la voie ferré : disparue ? Ce 30 km de côte sicilienne je les ai arpentés sans aucun doute plusieurs milliers de fois. J’y étais pas plus loin que le 14 août de cette année. Cette côté je la voyait de la terrasse de mon immeuble quand je réglais l’antenne télé. Et à chaque fois que je sortais de la ville en voiture. C’est une partie de mon chez-moi de pluri-émigré qui a été couvert de boue. Et c’est probablement une cinquantaine de personnes qui ont péri et qui n’y étaient pas forcément pour quelque chose. Tiens, comme Domenico.

Pour autant, cette tragédie n’a rien d’imprévisible : déjà en 2007 la montagne avait prévenu.

Giampilieri en 2007

Pourtant, c’est une jolie bourgade … où il y a également une école maternelle (asilo en italien) dont 16 gamins manquaient à l’appel selon le Corriere

Et la Nature, n’y est pas pour grande chose non plus. Dans ces régions de méditerranée il fait souvent beau. Mais aussi chaud et humide. Autant le climat y est, en moyenne, paisible, autant des phénomènes brefs et violents ne sont pas rares. J’ai un souvenir du lycée. De la fenêtre derrière le prof on voyait la mer, car le lycée est en hauteur. Et une trombe d’air, une mini tornade se constituer au centre du détroit, aspirer l’eau de surface et créer une unique colonne tourbillonnante d’eau et de vent. Un quart d’heure d’enfer. Pas plus. Mais des dégâts assez impressionnants.

Dans ce petit morceaux de Grande Grèce, j’y ait vécu 18 ans. J’y suis retourné très régulièrement pendant au moins une quinzaine d’années. Je ne suis pas surpris de la pluie. Plus grave, je ne suis pas surpris du désastre. Et je n’ai aucun espoir que quiconque en tire les leçons.

On continuera à incendier la montagne pour permettre aux « amis des amis » de construire, de bétonner, on continuera à négliger la montagne car les écureuils ne votent pas et on continuera à s’essuyer des larmes hypocrites sur les vies d’une multitudes sacrifié aux intérêts de quelqu’un.

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