Depuis les rencontres de Marseille, c’est un sujet qui a pas mal agité le microcosme politique, 2.0 et non. Je le dis tout de suite, je n’ai aucun scoop, aucune tête de liste à vendre, aucun ragot à colporter. Désolé, juste mon regard : en fin des comptes, je suis « celui qui examine … »

Bon. Il m’est assez évident qu’une alliance de partis entre ces trois là n’est pas vraiment possible. Ça tombe bien, les partis disent la même chose.

Cependant, les électeurs de ces partis montrent une certaine porosité, bien qu’imparfaite. Regardons de près.

A l’origine, ces trois offres politiques n’ont pas vraiment de points de contact : les centristes « classiques » étant plutôt libéraux, les socio-démocrates plutôt keynésiens et les écologistes, à la limite, plutôt alter*capitalistes. Et pourtant.

Dans le passage des Verts à Europe Ecologie, il me semble que le discours a évolué, de la défense de l’environnement à la défense de l’homme dans l’environnement. Je me trompes peut-être mais ce glissement de l’écologique au vivable me parait palpable.

Les socialistes, semblent radicaliser leurs divisions entre quelques ayatollah du social et un corps électoral qui cherche de plus en plus la cohérence de ce social avec l’économique. C’est peut-être du au nombre important de CSP+ dans cet électorat mais là aussi, pour une partie des socialistes, le glissement du social à l’équitable est assez évident.

Et le MoDem ? Avec l’intégration, certes parfois … un peu … disons problématique, de CAP21 aux anciens « libéraux-démocrates à la française », il amorce un glissement de l’économique (certes « social et de marché » mais quand même) vers le viable.

Ces glissement créent des passerelles, des points de contact plus profonds qu’avant et laissent présager, dans un scénario parmi d’autres, la consolidation d’un courant politique déterminé. La logique dit aussi que cela, le cas échéant, prendra du temps.

En fait, la solution en images :

Voter !

Mission économie

Hier, pas de notes sur le blog et pour cause : on avait réunion de la commission départementale « économie » en vue du programme des régionales. Malgré un nombre restreint de participants (je sais, avec le foot et la pléthore d’engagements des uns et des autres c’est compréhensible) ce fut, au moins de mon point de vue, intéressant et productif. En revanche, pour préparer tout cela lire les 131 pages de la « Stratégie Régionale de Développement Économique » m’a ôté toute envie d’écrire pendant une bonne journée.

Pas que la majorité de Le Drian dise des choses absurdes ou déraisonnables. Au contraire, le document reflet ce qui était la pensée largement dominante en matière de développement en 2004 : le soutien aux filières, l’aide aux entreprises, l’économie de la connaissance, compétitivité et attractivité. Rien de particulièrement dérangeant sur le fond donc, même si un questionnement sur les méthodes et les moyens mobilisés serait utile, car j’ai la très désagréable sensation d’un usage non optimal des ressources.

En réalité si, il y a quelque chose qui m’interroge : le manque de recul, de prise de hauteur, de remise en cause d’opinions, certes communément acceptés à telle époque, prises comme des vérités, presque comme des dogmes. Le fait qu’on ait pensé pendant longtemps que la terre était plate ne l’a pas rendu moins ronde (et blue, comme une orange).

Je ne sais pas quel programme la majorité sortante va proposer aux Bretons. Cependant, j’ai comme l’intuition que cela sera assez proche de ce qu’on peut lire dans le document mis en lien. C’est en tout cas le sentiment que j’ai eu en participant récemment aux Assises des Territoires, à Brest. Or, la crise nous a montré, en tout cas à ceux qui ont eu envie de voir, les limites de ces constructions théoriques. Elles ne sont pas « mauvaises », elles sont tout juste non pertinentes. Car l’équation « développement = développement économique = croissance » est simplement fausse.

Je crois que la situation n’est pas différente dans les autres régions de France. Je crois que les élections régionales (et pas que) vont se jouer, justement, sur le thème du développement, c’est à dire sur la liberté, d’être et de faire, sur la dignité, sur la possibilité de bâtir un futur. L’enjeu est plus important que ce que j’arrive à exprimer maladroitement dans un billet perdu dans la nasse de la blogosphère. C’est une mission et un devoir auquel les démocrates ne doivent pas se dérober.

Pour gagner les élections et pour servir nos concitoyens.

Voter !

Voila, le premier jet de mon article sur un nouvel indicateur de développement est prêt et désormais envoyé pour validation du fond, avant de procéder à l’étoffer et peaufiner en vue d’une possible publication. L’article est un peu long et technique, sans doute trop pour le reproduire ici. Néanmoins j’avais promis à quelque collègue de ouèbe de partager des éléments de réflexion que voici.

Tout d’abord une considération générale : les indicateurs existants ont tendance à être des indicateurs de résultat (ex. PIB mais aussi la pléthore d’indicateurs que vous pouvez trouver décrits simplement sur NoPIB). Je crois que c’est une limite car, en imposant un résultat objectif on impose également, de manière implicite, un modèle de développement spécifique. Ce qui me pose un grand problème éthique (négation de liberté) et peut porter dans le mur (incapacité de remise en question). Le PIB ou autre indicateur de résultat, la différence est mince du point de vue de la logique.

Pour éviter ce problème, j’ai donc cherché à positionner la réflexion en amont : mon opinion est que tout développement (selon la définition que j’en donne et que vous pouvez retrouver ici ou ici) a pour effet d’élargir les possibilités de développement. Donc il peut être mesuré de manière indirecte.

En choisissant cet angle, je suis amené à épouser la vision de A.Sen sur la liberté positive et plus précisément le concept de capabilité. L’idée de l’indicateur est simple : les moyens sont importants mais également la possibilité de les utiliser (liberté) : un indicateur composite permet donc de mesurer la Valeur de l’Espace de Développement et sa variation (bien que cela soit techniquement imprécis), la Création d’Espace de Développement.

La formule pour le calcul de la VED est la suivante : VED = CMS * ITL où

CMS exprime l’ensemble des moyens disponibles auprès des acteurs territoriaux sous forme de parité de pouvoir d’achat (c’est une valeur en $)

ITL est un paramètre compris entre 0 et 1 qui exprime le degré de liberté effective existante sur le territoire choisi. Notamment ITL = ITLE * ITLF où les deux catégories représentent les deux libertés prises en compte par l’indicateur : la liberté d’être et la liberté de faire.

A parité de rapports de pouvoir d’achat, la CED = VED(t) – VED(t-1). On a création d’espace de développement (et donc développement) en présence de l’augmentation des moyens, de la liberté d’être et de la liberté de faire. Si les variations sont discordantes (ex. moyens en hausse, libertés en baisse) l’indicateur réagira selon l’importance relative des dynamiques. Ainsi, une faible réduction de moyens en présence d’une grande amélioration des libertés (et vice-versa) produira l’augmentation de la VED, donc une CED positive.

Enfin une considération. Bien que ce ne fût pas mon idée de départ, cet indicateur se configure comme une évolution de l’IDH : si quelqu’un avec des bon contacts avec le PNUD leur passe mon numéro de téléphone ……

Bon d’accord, c’était pour dire … (merdouille, on ne peut plus faire de blagues par ici …)

Voter !

It worked (they said) !

Le déficit public français (pas la dette, le déficit) atteint 140 milliards d’euros, soit presque mille-milliards-de-francs.

Bah oui … au supermarché on pratique encore le double affichage …

Voter !

Le G7, puis G8, puis G14, puis finalement G20 s’est définitivement transformé en mascarade, si jamais il a été quelque chose de sérieux.

En effet, il suffit de lire les premiers paragraphes de la déclaration des leaders (disponible ici, en anglais) pour abandonner toute velléité de lecture. A fortiori celle d’y trouver une quelque raison d’optimisme. Jugez par vous mêmes.

2. When we last gathered in April, we confronted the greatest challenge to the world economy in our generation.

3. Global output was contracting at pace not seen since the 1930s. Trade was plummeting. Jobs were disappearing rapidly. Our people worried that the world was on the edge of a depression.

4. At that time, our countries agreed to do everything necessary to ensure recovery, to repair our financial systems and to maintain the global flow of capital.

5. It worked.

2. Quand on s’est réunis la dernière fois, en Avril, nous étions face au plus grand défi pour l’économie mondiale de notre époque

3. La production globale se contractait de manière inconnue en temps de paix depuis les années 30. Le commerce était en train de s’effondrer. Les emplois disparaissaient rapidement. Nos peuples étaient inquiets de voir le monde sur le bord de la récession.

4. A cette époque, nos pays se sont accordés pour faire tout le nécessaire pour assurer le redressement, pour réparer le système financier et pour stabiliser le flux global de capitaux

5. Ça a marché

J’avoue qu’à cette ligne j’ai arrêté la lecture.

No, dear Leaders, it worked definetely not !

Les emplois disparaissaient rapidement ? Non, il disparaissent encore et encore ! Après les restrictions de l’offre, maintenant c’est la demande de crédit à être en baisse. La déflation frappe gentiment à notre porte. Le système financier n’a aucunement été réparé mais simplement mis sous perfusion par des gouvernements qui ne sont même pas respectés par les institutions qu’ils « sauvent ». Et la prochaine crise pourrait être impossible à jongler.

J’ai un conseil pour ces « lid-ers » : si vous voulez « redresser » la crédibilité du système économique (et la votre) …

arrêtez de dire des salades !

Pour un billet plus équilibré, je vous conseille celui de Hashtable.

Voter !

Il y a des jours où toute la complexe machine biochimique qui anime ce blog n’a aucunement envie d’être performante, où elle approche une agenda chargée (comme d’habitude) avec un détachement presque total, concentrée et absente tout à la fois. C’est une sensation étrange, qu’on reconnait quand on commence à entendre plus le bruit du temps qui passe que le flux des pensées. Quand on sent les mains de l’ennui caresser le dos.

Pourtant, les raisons pour être pleinement dans le monde ne manqueraient pas.

Tiens, par exemple, je viens d’apprendre que je suis un « killer » (bon, presque, enfin). Ou que les Feux de la Haine (mieux connus sous le titre de 24 H Clairestream) brillent de toute leur mauvaise foi. Ou encore le troisième P20 (le P est pour PiPô, pas pour Pittsburgh) ou l’on va sauver le Monde. Il y aurait un Conseil Départemental à préparer pour ce soir. Ou les Assises de demain, où je vais participer à l’atelier « Préparer l’économie de demain ».

Je pourrais aussi vous parler des progrès de mon article sur les indicateurs de développement mais ennui a commencé à me masser le cou …

Finalement, je pense savoir qui est le responsable de cette apathie (non pas lui). Sur les conseil d’un pro, je viens de refaire mon CV : il faut un titre, que m’a dit le monsieur ! Il a surement raison.

Mais « expert en développement territorial et management des organisations » me parait tellement pompeusement ridicule

Heureusement qu’ennui me comprend …

Voter !

Il s’inquiète du retour de bâton de la crise financière.

Et pour une fois, je trouve qu’il n’a pas tort sur le fond. Et pour cause : il est en retard. Je l’ai déjà dit.

Billet du 27 août sur l’évolution boursière

Billet du 27 mai sur le possible redémarrage de la crise

Billet du 27 mars sur l’analyse non conventionnelle de la crise

D’ailleurs c’est marrant … que des billets faits le 27 … mais bon.

Sénateur Mélenchon, vous avez des mois de retard … et en plus vous plussoyez un mec « centriste-donc-de-droite » …

Un cachet ?

Voter !

Je reviens sur le billet d’hier dans lequel j’ai fait la grave erreur d’y mettre la vidéo bidouillé de SR qui a parasité le reste, alors que c’était juste pour le fun.

J’y reviens parce que je suis surpris que personne (à part Marc et Dragouik) n’ai remarqué cette sortie scandaleuse de Martine Aubry :

Ensemble, il faut que nous soyons capables de nous poser la question : de quelle société voulons-nous ? Quand on est au chômage, on veut être en CDD ; quand on est en CDD, on veut être en CDI. Est-ce que c’est de cette course effrénée dont on veut vraiment ?

Posons nous la question, justement.

C’est un responsable politique qui a dit ça ? Ce responsable qui demande à tous des brevets de gauchitude ?

Eh bien, Madame Aubry, j’ai une chose à vous dire.

Je suis venu en France car on m’a fait croire que l’Europe existe, et on m’a menti. J’y suis venu sans travail car je pensais, naïf, qu’avec mes études et mes expériences je n’aurais pas eu de problèmes à trouver du travail. On me l’a d’ailleurs répété très souvent. J’y ai cru, et c’est de ma faute. J’assume.

Depuis six ans je me décarcasse pour faire manger ma famille. Sans aide aucun des très couteux « services pour l’emploi ». Qui ne peuvent rien pour moi et qui le savent très bien, car il y a des gens honnêtes dans ces services.

Et vous savez, je n’ai jamais fait la fine bouche pour travailler … peu importe que je suis deux fois Bac+5, que je mène une thèse, que mon travail ai été souvent très apprécié et, parfois, récompensé formellement.

Intérim à l’usine ? Oui. Ça été le prix pour avoir une couverture santé.

Commercial en industrie agroalimentaire ? Oui. Tant pis pour les horaires et les voyages et si j’ai dû apprendre de l’électromécanique en milieu alimentaire …

Agent de propreté ? Aussi.

Chargé d’études, de mission, même enseignant à l’Université.

En CDD

Depuis six ans.

Savez-vous qu’est que c’est de ne pas pouvoir organiser une vie ? Permettez-moi d’en douter.

Vous m’insultez, Madame, et vous insultez tous ceux qui galèrent. Hélas, ça fait beaucoup de monde.

Les gens « de gauche » verront si vous êtes digne de cette étiquette.

Mais pour mois, vous faites honte au mot de Politique.

Voila que c’est dit.

Voter !

Sur le cul …

Premièrement, désolé par la grossièreté mais l’info m’a vraiment fait tomber de ma chaise. Pire qu’une crise aiguë de fou-rire d’avenir … (montage  / canular ? Drôle en tout cas)

J’avais écrit autrefois que Martine Aubry pouvait tuer le MoDem. Force est de constater que la cible orange ne lui suffit pas.

Voter !

Que vous pouvez lire ici.

En effet, l’action collective permet de mieux cerner des pratiques irrégulières répétées. J’évoquais il y a quelques jours une histoire de jupes : il y a quelque part, en Italie ou en France, une entreprise qui ne garantit pas le respect des contrats. Si elle devait faire face à une action collective, elle aurait toute une autre incitation à revoir ses procédures que si je me plains individuellement.

Je prends un autre domaine que je connais bien : voulons nous parler des pratiques de certaines banques qui passent souvent un peu rapidement sur les droits des clients/usagers ? J’ai eu un client que je n’ai pas pu sortir du pétrin de la crise boursière avec son assurance vie : la banque n’a jamais répondu à la demande d’autorisation d’arbitrage (achat/vente de titres et autres positions). Combien d’autres clients ont vu leur patrimoine s’affaiblir pour des négligences similaires ?

Le fonctionnement d’un marché demande équilibre : l’action collective met l’entreprise face à sa responsabilité vis à vis de ses clients, ce qui est, tout simplement, la correction d’une position dominante dans la relation contractuelle.

Ce n’est pas la panacée, mais c’est un corollaire, je le crois, nécessaire de l’économie contemporaine.

Voter !