Abacus 2007-AC1

Pour la plus grande partie des non-initiés (chanceux, dans ce cas), ce sigle ne veut strictement rien dire. Et pourtant, cela pourrait devenir d’une grande notoriété.

Il s’agit d’un « produit dérivé » axé sur les « sub-primes », proposé par Goldman Sachs, la même banque d’affaires du maquillage à la grecque et, selon certains de ses adversaires, grand sponsor de la chevauchée victorieuse de Barack Obama.

Aujourd’hui, la SEC, autorité boursière américaine, pointe le doigt contre la banque (et son « employé » Fabrice Tourre) en l’accusant de fraude.

Je n’en suis pas surpris. Dans mon « analyse non conventionnelle de la crise« , qui date de plus d’un an, j’écrivais :

 » [...] il est aisé de montrer que le dispositif des « sub-primes » viole le droit de propriété alors que leur titrisation viole le droit des contrats. En ce qui concerne le montage financier lui-même, il peut être assimilé à un vol. »

Si même la SEC se met à lire les blogs …

Bien entendu, accusation ne veut pas dire culpabilité des entreprises et des personnes spécifiquement impliquées. Néanmoins, je trouve intéressant que la SEC commence à aborder la thématique des « sub-primes » sous cet angle fort.

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Taxe carbone.

C’est un sujet duquel j’avais discuté longuement au sein des Commissions du MoDem avec mes collègues de Cap21 notamment. J’ai toujours trouvé cette taxe une très mauvaise idée et l’évolution de mes travaux de recherche en matière d’économie et développement me confortent dans cette évaluation.

Par conséquent, et même si je suis conscient que le retrait de la taxe ne correspond nullement à une réflexion aboutie mais à une simple exigence de donner quitus à un électorat présidentiel en perdition, je salue cette décision.

En effet, l’idée de la taxe carbone est simple : la pollution étant une sorte de « produit », plus son prix est élevé moins sa consommation est forte. C’est ce que les économistes appellent la relation inverse prix/quantité, ce qui donne une courbe de demande (et pas une demande) inclinée négativement. Dans ce contexte, taxer serait logique. Bien que, à la rigueur, l’objectif d’une telle taxe est de produire un encaissement nul puisque les comportements auraient été modifiés.

Ce raisonnement souffre de trois énormes biais, à mon sens. Pour les montrer de façon aisément compréhensible je me cantonnerai à l’exemple des déplacements des personnes physiques.

Le premier biais, tient à la réactivité de la demande à la variation des prix, ou, pour être un brin plu technique, à l’élasticité de la demande. Si elle est forte (la courbe de demande est relativement plate), une faible augmentation du prix induit un forte baisse de consommation : une petite opération fiscale induit un résultat tangible. Or, la demande de produits pétroliers pour déplacements est extrêmement rigide. En effet, que l’augmentation du prix vienne de la taxe ou des conditions de marché, l’effet est strictement le même : les statistiques USA relatives au nombre de kilomètres parcourus pendant la flambée du prix du pétrole (non amorti par effet de change) montrent une corrélation assez faible. Si ma mémoire est bonne (pas le temps de chercher le bon lien) avec un pétrole qui monte de 30 à 150 dollars la baisse des kilomètres a été de 10%. La demande est rigide, la taxe, inefficace.

Le deuxième biais explique en réalité le premier. La relation négative prix-demande tient aux postulats de la microéconomie néoclassique. Une partie de mes travaux vise, justement, à montrer que ces postulats sont inadaptés à la lecture de notre monde. La parfaite liberté de choix, postulée par la théorie, ne correspond pas à la réalité. Autrement dit, les choix de transport sont largement contraint, à un moment fixe. Certes, des initiatives d’aménagement territorial, de développement de formes de transport en commun, d’actions sur la localisation des entreprises et l’adoption de méthodes de travail différentes, à la limite même repenser les schémas d’urbanisation de l’espace, peuvent modifier ces contraintes. Et il y aurait très certainement un débat important à avoir sur toutes les relations villes-campagnes. Mais tout ça, n’a rien à voir avec une taxe. L’efficacité de la taxe implique la liberté de choix. Qui est absente. D’où la rigidité de la demande. Donc, en plus d’un opération inefficace, l’introduction de la taxe carbone aurait contribué à réduire l’espace de liberté (au sens de Sen) des populations affectées, ce qui revient, dans mon modèle, à un développement négatif.

Enfin, est c’est quand même étonnant que cela soit si peu dit, une sorte de taxe carbone, en France, existe déjà (la TIPP). Et compte tenu du fait que toute la filière électrique était exonérée …D’ailleurs, l’exemple de la TIPP montre bien comment la réactivité de la consommation aux variations de prix est négligeable : qui, sauf les passionnées, savent combien de TIPP est versée par litre de gazole ou d’essence ? Le « grand public », qui autre n’est que les citoyens susceptibles de payer la taxe, « payent le prix ».

En conclusion et pour résumer, je reste persuadé que la réduction de l’émission de polluants (pas uniquement de CO2 d’ailleurs) est une vraie priorité, car c’est un levier important pour augmenter l’espace de liberté des citoyens. Mais je considère la taxe un instrument inefficace, donc inutile et pernicieux.

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Très bon conseil, je trouve !

(Merci à l’anonyme qui a tapissé certains endroit de l’Université de Bretagne Occidentale, à Brest)

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Économiste et curieux par nature (oui je cumule les défauts), c’est tout naturellement que j’ai été intéressé par un article du Monde intitulé très sobrement « L’Union monétaire en danger, l’euro attaqué« . En gros la thèse de l’article est très simple : les Etats européens se sont endettés comme des rats et on ne peux pas rembourser. Par conséquent, le dollar redevient la monnaie refuge et l’euro s’effondre. On est foutus. Et à Jacques Attali l’honneur de clôturer l’article par cette perle : « La crise n’est pas finie« .

Un article de ce type me rend très perplexe, et cela pour 3 raisons (+1, ce qui fera un chiffre carré).

La première est politique. Nous, au Mouvement Démocrate (mais si, vous savez, ce machin qui n’a pas de programme, pas d’idées, pas de réflexion, tout juste un gourou orange, si si je vous le jure …)  ça fait un bail qu’on le dit que la dette contractée pour renflouer le système financier pose des problèmes de remboursement. Jean Peyrelevade en avait fait une démonstration arithmétique d’une simplicité cruelle à l’Université de Rentrée, en septembre dernier. Et le thème de la dette est un thème historique déjà du temps de l’UDF, pour être justes.  Votre modeste serviteur, le 27 septembre, notait que Mélenchon avait quelque mois de retard sur Skeptikos : voici ce que j’écrivais le 27 mai sur ces mêmes pages

Tout est donc réuni, donc, pour que la prochaine crise s’imbrique sans solution de continuité avec celle en cours. Là, pour le coup, les similitudes avec les années 30 serait plus pertinentes, l’embellie de 1930 ayant été de très courte durée.

Prophétique ? Non, tout juste dépositaire de clés de lecture pertinentes. Le Monde a un peu de retard sur Mélenchon et neuf mois sur mon envie d’écrire … pas mal.

La deuxième est économique. Quand on parle de taux de change euro/dollar, quel en est la fourchette « juste » ? Non, je me permet de poser la question parce que j’ai eu entendu à une certaine époque que le « bon » niveau était un euro = un dollar, et parce que à chaque fois que l’euro monte on crie aux drame pour les exportateurs de travailler avec une monnaie surévaluée. Mes amis, il faut choisir : soit l’euro à un dollar et demi est juste et alors, oui, la monnaie européenne s’effondre, soit il était surévalué et alors il ne fait que retrouver un niveau cohérent, ce qui devrait favoriser une reprise. Je veux pas être cassant, mais moi j’ai appris ça en première année d’études supérieurs, c’est pas quelque chose d’inaccessible, même pour des simples commentateurs spécialisés. Et, par ailleurs, il est drôlement bizarre qu’on attribue les déboires comparatifs de l’euro par rapport au dollar, alors que l’article itself note que la dette de la zone euro est bien plus faible que celle américaine. Pardonnez-moi, je trouve les arguments un peu brouillons.

La troisième concerne les agences de notation. Comme d’autres sur le net (désolé je ne me souviens du blog où j’ai lu ça, je ferai un article avec un lien spécifique si je le retrouve) c’est quand même un comble que les agents qui n’avaient pas su alerter les marchés sur la qualité de la dette privée (des banques) s’en prennent à ceux qui, pour ne pas faire couler ces établissements, ont pris en charge la dette cachée en détériorant leur comptes (les Etats). Inconséquence ? Conflit d’intérêt ? Spéculation volontaire ? Je n’ai pas d’éléments pour me faire une opinion tranchée.

Enfin, la plus-une concerne la qualité de l’information. Le 26 septembre, la lecture des journaux après le G20 m’inspirait un billet enragé, bien que presque poli. Le lendemain on connaissait l’estimation de la dette française. Et le premier octobre, toute la presse déroulait le tapis rouge aux propos du futur candidat-président-désigné nous expliquant que la crise allait coûter beaucoup moins que prévu.

Je crains que les Cassandres n’aient raison ce pays est foutu, et ce continent aussi. N’empêche, c’est mon continent et celui de mes enfants : le renoncement n’est pas une option possible.

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Davos. C’est sympa Davos, si vous aimez les décors de Suisse. En tout cas, moi j’aime bien. Pas à la folie (faut pas exagérer) mais bien quand même.

Un décor tout à fait adapté pour monter sur ses grand chevaux et continuer à jouer petit bras. Parfait pour amuser la galerie et se faire passer, un court instant après un court instant, pour quelqu’un d’important.

Et, bien entendu, le tableau ne saurait être tâché par la présence éventuelle d’un quelconque bon sens, à défaut de compétence réelle : quoi de plus réjouissant de rejouer et de surjouer la moralisation du capitalisme financier alors que cela ne veut strictement rien dire ? Alors que ce qui nous manque c’est le partage d’une nouvelle et plus large compréhension des phénomènes économiques capable de repousser ne  fut-il que d’un millimètre la frontière de notre ignorance infinie ?

L’absence de pensée et de vision cohérente, dans l’histoire humaine, a souvent conduit à l’émergence de Môssieurs La Morale. Souvent pas très moraux eux mêmes. Rien que des choses très ordinaires, au fond.

J’aurais envie d’inviter nos (ir)responsables à se tourner vers la réalité, d’arrêter de jouer aux ombres chinoises sur les parois de la caverne. Mais je sais bien que rien n’est plus réel de ses illusions quand on a perdu (ou qu’on a jamais eu) la capacité à rêver le vrai.

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Mail à François Bayrou

Pour partager un moment avec mes lecteurs que je remercie d’être toujours là, malgré ma relative absence, voici le mail que je viens d’envoyer au Président du Mouvement Démocrate

Cher François Bayrou,

suite à notre rencontre du 21 novembre dernier, à l’occasion de l’audition des commissions au siège, et à votre demande, je me permets de vous adresser ce mail.

Note aux lecteurs : la vidéo est disponible ici [de 14:30 à 18:40 environ]

Tout d’abord je veux vous exprimer ma reconnaissance : je sais pertinemment de ne pas être un parfait inconnu pour vous, bien que nous n’ayons pas eu, jusqu’à présent, d’occasions d’échanger directement. Je sais parfaitement qu’un certain nombre de personnes se sont pressés, par ignorance ou par malveillance, de délivrer des informations imprécises ou partielles sur mon compte. C’est donc très sincèrement que je vous remercie de vouloir vous forger une opinion de première main.

Vous m’avez demandé de vous expliquer, en une page, ce qui est « nous, tranché » en matière économique. Vous pardonnerez ma modestie, je me cantonnerai à vous dire ce qui est « moi » : unicuique suum et porte inferi non prevalebunt. Par ailleurs, une page serait soit trop, soit pas assez. Une phrase serait suffisante : « Le plus n’est pas forcément le mieux ». Cependant je doute que ce niveau de synthèse serait compréhensible. En réalité, la puissance de cet axiome, solide scientifiquement, remet en cause la totalité des théories économiques communément acceptées. Par conséquent, mon approche ouvre sur d’autres pistes d’explication et d’autres préconisation que les approches plus traditionnelles, dont on a au MoDem d’excellents spécialistes.

Si la démarche vous semble farfelue, arrêtez vous un court instant sur l’histoire des sciences. Des vrais génies, auxquels je n’ai aucune prétention de me comparer, tels Copernic, Riemann, Lobatchevsky, Einstein n’ont pas fait autre chose : nier un postulat de base qu’ils estimaient douteux pour faire progresser la connaissance. Dans leur cas, avec succès. Dans le mien, le temps en sera juge.

Pour revenir à votre interrogation, je ne veux pas vous ennuyer avec des digression purement théoriques. Je me limiterai à vous joindre deux documents, l’un sur l’explication de la crise économique [ici pour le lire sur le net] , l’autre le concept de développement et une proposition de nouveaux indicateurs, démarche susceptible de dépasser l’opposition entre « économique » et « durable » en mettant, réellement, « l’homme au centre » des choses [des éléments sommaires dans le tag économie du blog]. Je crois que c’est un thème que vous est cher. Par ailleurs, ce dernier article ayant été soumis à la publication, je vous prie de garder une certaine confidentialité à son sujet, ne fût-il que par respect à l’universitaire qui le co-signe et qui m’a donné le feux vert pour vous l’adresser.

Je reste à votre disposition pour échanger, si vous le souhaitez. La France, l’Europe et, au bout du compte, le monde entier, ont besoin qu’on leur offre une perspective d’avenir où tous les êtres humains pourraient retrouver le chemin de leur dignité. Être, au delà de leur fonctions économiques, des Hommes. Cela passe également par l’économie et je suis certain que vous percevez tout l’intérêt d’approfondir des approches novatrices et clairement identifiables. Peut-être, un café à la main.

Très cordialement, votre « cher »

Claudio

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Le Rubicon est franchi

Pour les ignares d’histoire (que bientôt vont, paraît-il, augmenter) l’expression puise son origine dans la vraie-fausse rébellion de Jules César, aux ordres émanant de Rome (on y conspirait quand même contre sa vie, chose courante à cette époque). En franchissant le Rubicon, une petite fleuve qui marquait frontière, César prenait une décision sans retour possible. C’était fait. Et ça changeait les choses. Point.

Aujourd’hui je viens de franchir un de mes Rubicons : ce fameux article (pour ceux qui me croisent hors net au moins) sur le développement et la  réponse au défi posé par le Rapport Stiglitz en terme d’indicateurs, a été envoyé à la revue que nous (moi et l’autre auteur) avons identifié. La machine est donc lancée. Ça fait du bien. Ça fait bizarre.

Je n’ai jamais été timoré pour défendre mes idées, fussent-elles iconoclastes, et je pense que le nombre de conneries absolues que j’ai dites n’est pas particulièrement élevé. J’ai écrit et j’ai commencé à publier à l’ère d’internet. Que pour moi a débuté en 1993, encore étudiant. J’ai toujours aimé cette possibilité d’écrire librement, sans contrôle, juste pour laisser une trace et laisser le temps me donner raison.

Ça, c’est différent. C’est comme arrêter un contre au hand. C’est se mettre en danger, c’est adrénaline.

Et finalement, j’aime ça.

Oui, François, on prendra ce café. Le moment venu.

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Tout le monde s’en fout, bien entendu, et il a bien raison. En plus, avec la nouvelle idée de Jean, les copains ne vont pas en pâtir longtemps. Les copines non plus. Bref.

Des bonnes raisons pour arrêter j’en ai un sacré paquet.

Tout d’abord, le blog était né pour me donner un espace d’expression en vue des européennes. Il a bien fait son job. Mais elles sont passées et les prochaines sont très lointaines. En réalité tout ce qui dépasse 2012 est très très lointain.

Les européennes passées, j’avais pensé contribuer (aussi) par ce biais au débat de fond au Mouvement Démocrate. Cependant les chose ont pris une tournure telle que je préfères m’abstenir de me prononcer publiquement. Ce n’est pas de l’autocensure, c’est un choix de responsabilité. Je me suis souvent demandé si le politique blogueur était un équilibre aussi sain que le blogueur politique. J’ai toujours été perplexe, aujourd’hui je penche pour la négative. Un blog d’élu, encore. Au moins on tient le contact avec ses électeur et le blog : le blog d’Alain en est un bon exemple.

Personnellement, je me sens mal à l’aise à parler du MoDem pour l’instant. Il s’y passent des choses intéressantes mais le moment est également de transition. Et dans ces circonstances la retenue est une conduite utile au collectif. Pour avoir un exemple d’articles que je n’aurais pas écrits, ici et ici, bien que les deux blogueurs soient fort sympathiques. Et comme je pense qu’il n’y a pas de politique hors d’une démarche collective … voilà.

Je pourrais me rabattre sur l’économie. Certes, ces articles sont moins lus, moins commentés et coûtent nettement plus d’efforts pour les écrire. Je pourrais, mais je ne peux pas. Avec d’autres personnes on vise la publication sur des revues. Or, ces revues n’acceptent que des articles inédits, et il n’est pas clair si la publication sur blog est une « édition ». D’ailleurs, si ce ne l’est pas, les droits d’auteurs ne seraient pas protégés et comme je ne suis pas seul dans cette affaire …. voilà.

Je pourrais parler de la politique italienne … elle est intéressante pour l’électeur et l’activiste démocrate. Mais on retomberait dans les travers du premier point, donc … voilà.

Pas de politique, pas d’économie, pas d’Italie.

De quoi parler ? De mes grandes joies et petits bobos perso (et vice-versa) ? Déjà que le sujet n’est pas très passionnant pour moi, je ne vais pas l’imposer à mes pauvres lecteurs ! Et je suis beaucoup plus réservé que ça.

Alors, on arrête ?

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Le faucon et elmone en parlent par rapport à l’augmentation des conseillers dans les hautes sphères.

C’est une bonne occasion d’aborder un sujet qui me tient à cœur : la réduction des fonctionnaires est une arnaque monumentale, même là où la réduction est effective.

En effet, l’imaginaire collectif pense que tous ceux qui travaillent dans le secteur public sont fonctionnaires, ce qui est très largement imprécis. Si on prend l’Education Nationale, à titre d’exemple, on se retrouve avec un corps enseignant constitué essentiellement de titulaires et de thésards ATER (attaché temporaire d’enseignement et recherche). Cependant, par exemple à l’Université, le nombre de vacataires (payés à l’heure de cours) est assez important. Mais c’est dans le secteur non enseignant où les choses deviennent particulièrement sympathiques : les « statutaires » (donc fonctionnaires) cotoyent des CDI et des CDD. A savoir que, normalement, un « contractuel » est nettement moins payé qu’un statutaire : c’est la loi. Et, pour la précision, le salaire des contractuels est très faible par rapport au conditions du marché privé pour des mansions similaires.

Autrement dit, l’Etat profite de sa position de force dans certaines territoires où l’activité privée est faible pour imposer des salaires à la baisse. Mais c’est pas ça le point.

Le point c’est que, pour réduire le nombre de fonctionnaires, on a bloqué les concours. Or, contrairement à une idée reçue, les travailleurs du public ne travaillent pas forcément « moins » que ceux du secteur privé. S’ils produisent moins, c’est qu’il sont tenus de se conformer à des façon de travailler très contraignantes, statués par des sources règlementaires. Vous n’avez pas d’idée, si vous ne l’avez pas vécu, de la différence qui existe entre payer une facture en milieu privé et en milieu public.

Donc, l’Etat fait porter au personnel le chapeau de ses lubies organisationnelles. Et on supprime les fonctionnaires. Sauf que le travail reste à faire … donc on les remplace avec des contractuels, sous-payés et déconsidérés par les hiérarchies (le plus souvent, pas vraiment toujours).

Très éthique, de la part de l’Etat

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Surpris par Bayrou

Samedi j’étais à Paris pour participer à une réunion sur le document préparatoire du congrès d’Arras. Ce qui, par ailleurs, m’a empêché de participer à la convention des jeunes démocrates, que pourtant j’avais envie de voir. Mais bon, la politique étant faite à image de la vie et ma boulimie intellectuelle me portant à avoir toujours trop de choses intéressantes sur le feux et trop peu de temps… il fallait faire un choix. Et alors, départ à 4h du mat, presque 5 heures de réunion, arrivée à 22h … une sale petite journée. D’autant plus que je n’ai même pas eu le temps de provoquer le numberwane du bistrot (dont ma blogroll dynamique lit mal le flux rss depuis quelques jours) pour une bière improvisée.

Heureusement, cela en valait la peine. Le travail est, en général, de très bonne facture, bien que parfois les textes soient un poil trop techniques et la cohérence globale pas encore parfaite. Mais, pour un document « de départ », dixit Bayrou, je trouve cela vraiment pas mal. Et la différence entre la première mouture et celle qu’on a vu (et ultérieurement amendé) en salle est palpable.

Mais même au delà de tout ça, j’ai été surpris. Par François Bayrou. Peut-être il était particulièrement de bonne humeur, mais j’ai vu un homme particulièrement distant de l’image d’autocrate qui n’écoute personne qui lui colle parfois à la peau. Au contraire, j’ai vu un homme attentif au remarques, bien que soucieux de défendre aussi son point de vue et, parfois, d’éviter la réouverture continue de questions déjà traitées.

Et pourtant,  j’ai bien pris soin de le titiller lourdement : pour une fois que je fais l’effort de quitter le royaume de Nominöe, autant en profiter, n’est pas ? Je m’attendais à être sèchement recadré. Au contraire, j’ai eu en retour un défi.

J’avoue ma faiblesse la plus grande : je suis incapable de résister à cette émotion particulière qui est la relève d’un défi. Et j’ai la naïveté de penser qu’on défie uniquement les personnes qu’on peut envisager de respecter. J’aime ça.

Maintenant, je sais que je suis obligé de ne pas refuser la lutte : il fallait ne pas l’ouvrir si on voulait pas aller jusque au bout. Et je sais aussi qu’il me faudra être extrêmement convainquant et solide. C’est tout à fait normal : si moi j’étais à la place de Bayrou je serais bien disposé à admettre que mon point de vue doit évoluer mais j’obligerais mon contradicteur à une haute lutte, ne fut-il que pour m’assurer que ses arguments sont vraiment solides en plus que d’avoir de l’appeal. Ça sera un long travail, qui ne pourra être conclus avant Arras. Mais il a démarré et c’est déjà un pas important.

Enfin une pensée plus locale. Le frère d’un ami a disparu à Barcelone, il y a tout juste deux ans. Malgré le travail de la gendarmerie et de la police espagnole, on nage toujours dans l’obscurité la plus complète. Samedi, un fest-noz a été organisé à soutien de la famille et pour ne pas faire oublier. De retour de la grande ville, je m’y suis arrêté : c’était plein.

Ça ne résout pas le problème mais, au moins, ça réchauffe le cœur.

Pour en savoir plus : Association Romain Lannuzel

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