Peu d’envie de commenter une actualité toujours aussi digne d’un mauvais épisode de Star Trek.

Peu d’envie également de commenter le document de travail du Mouvement Démocrate en vue du Congrès d’Arras.

Alors, allons-y pour un sujet de fond, à cheval entre l’économie et la politique : les services publiques.

C’est un sujet que je connais extrêmement bien. Mon premier diplôme de fin d’études portait justement sur « l’Economie des Administrations Publiques », en analogie avec l’économie d’entreprise. J’ai été (et je suis) salarié d’Administrations Publiques diverses et variés, avec des missions à responsabilité. J’ai été longtemps considéré, j’estime à juste titre, comme un expert dans le domaine des services publiques aux entreprises et aux entrepreneurs. En tant que consultant senior pour un des plus grand groupes de conseil indépendant au monde, j’ai accompagné, souvent avec succès, des Administrations à améliorer leurs services à égalité de dépense. Bref, pour une fois je parle plus en « pro » qu’en observateur. Désolé pour vous. (Pour les âmes simples, c’est du deuxième degré, hein ?).

Depuis 1989, vingt ans à peine, je suis confronté à un défi intellectuel et technique : mesurer la valeur d’un service public. Lisez bien, pas la valeur marchande, ni celle politique, je dis la valeur. Tout court. En réalité la même question, identique, pourrait être posée également pour les services échangés sur les marchés. Et même sans reprendre la dichotomie marxienne sur la valeur, il serait aisé de montrer que la valeur marchande n’est une bonne approximation que dans des circonstances très aseptisée et peu conformes à la réalité quotidienne. Mais cela serait un autre débat.

Si j’ai été confronté à cette thématique (où les plus grands économistes se sont par ailleurs cassé les dents), c’est que j’ai été amené très tôt à m’occuper de systèmes de contrôle de gestion en milieu hospitalier. L’attitude qui prévaut depuis vingt ans, c’est de se focaliser sur la réduction de la dépense.

Or, cela est purement et simplement débile, si ce n’est pas contrebalancé par une mise dans le contexte. Un seul exemple. Prenons une entreprise qui se donnerait comme objectif unique de réduire ses coûts, toute autre considération étant secondaire. La seule décision rationnelle serait de fermer la boutique. Coûts anéantis. Certes, l’entreprise aussi, mais pérenniser l’entreprise n’était pas, dans l’exemple, un objectif.

Bien entendu, aucune entreprise sérieuse ne se comporte comme ça. La réduction des coûts, dans une structure bien dirigée, est toujours accessoire à la rentabilisation de ces mêmes coûts. Si on peut en tirer profit, on dépense volontiers et ce n’est que au moment où la dépense ne peut peut pas être rentabilisée que le problème de sa réduction sera posée.

Certes, j’entends l’objection : mais le public n’est pas rentable, c’est même un gouffre. C’est sans doute une facette de la réalité, mais une facette très partielle. Car le « public » n’a pas les mêmes contraintes et les mêmes « obligations de service »  qu’une structure privée. La Mairie de Brest ne peut pas se délocaliser … à Paris parce que c’est plus « rentable » (ne fut-il qu’en dépenses de déplacements). L’Hôpital ne peut pas refuser un patient sous prétexte que traiter sa pathologie crée un déséquilibre financier ni un patient qui n’a pas les moyens de payer ses soins (pour les fana du système assurantiel américain, je leur suggère de bien se documenter sur sa piètre performance). Pour tous les biens « publics », c’est à dire à bénéfice non exclusif (qualité de l’air, de l’eau, sécurité, infrastructures, …) le concept de « propriété » et donc d’échange contre un « prix » est discutable.

Le problème reste donc celui de la valeur des services pour les usagers. Or, axer toute action sur la réduction des coûts revient à poser l’hypothèse que, du simple fait du statut de l’organisation productrice, un certain service ne vaudrait rien. Ou, pour être plus précis, que la réduction ad infinitum de la dépense n’entraîne pas de réductions de la valeur du service. Ce qui revient au même. Et qui une connerie manifeste, l’exemple de l’entreprise revenant d’actualité. Et comme c’est quelque chose que je pense vraiment, je ne peut que combattre, au petit niveau qui est le mien, cette entreprise de démolition aveugle des services publics dont la vraie coulpe semble être celle de ne pas constituer un réservoir de voix pour la majorité en place.

En économiste, je pense que toute richesse doit être utilisée de manière intelligente, donc productive : en détruire plus que celle qu’on crée amène vite dans le mur. Cependant, tout n’est pas mesurable à l’aune de la monnaie. Combien ça vaut le fait de regarder son enfant et de savoir que, raisonnablement, il va mourir après nous ? C’est un luxe qui est loin d’être partagé sur la planète Terre. C’est de la valeur. A laquelle le coût correspondant devrait être comparé.

Le billet se fait long et je n’ai qu’effleuré le sujet de façon désordonnée … alors une provocation finale. Il paraît que la Chine c’est un pays très bon pour les affaires, que la croissance y est bonne, que la compétitivité y est élevée. Aux yeux de certains c’est sans doute un modèle de gouvernance à suivre, peut être à partir de son code du travail.

Mais est que nous, nous aimerions vivre à la chinoise ?

L’établissement d’un système de services publics, quand cela répond à un besoin réel et donc créant de la valeur, c’est autant une manifestation de liberté, collective, autant que celle, individuelle, de monter son activité.

Désolé de vous décevoir, le titre n’était pas un appeau à trolls.

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Dialogue social

Brest, Finistère, Bretagne.

France, également.

Une entreprise réputée par son attitude sociale, prix à l’appui.

Et une énième restructuration.

Le cas est simple. Cette entreprise possède un certain nombre de centres d’appels distribués sur le territoire national. En 2006/07 elle décide de « rationaliser » sa structure : un certain nombre de centres sont fermés et le personnel qui n’est pas mis en pré-retraite est redéployé. Par exemple, le centre de Morlaix ayant arrêté son activité c’est à Brest que les personnel résidu est affecté. Bien évidemment, cela n’est pas sans conséquences pour les familles : entre Brest et Morlaix il y a une soixantaine de kilomètres, peu pour que un déménagement (et on laisse de côté le travail du conjoint ou les tracas liés à la scolarisation/garde des enfants) puisse être rentable (la région brestoise étant nettement plus chère que la morlaisienne), beaucoup pour assurer ne fut-il que le coût de transport (centre d’appels = horaires atypiques) pour des budgets plutôt serrés (on parle de centres d’appels …).

Eh bien, maintenant c’est Brest qui ferme. Malgré les assurances d’il y a deux ans. L’entreprise envisage de réaffecter le personnel qui ne sera pas mis en retraite anticipée (aux larges frais du contribuable, rappelons-le) sur Quimper (70 km de Brest vers le sud). Cocasse quand on sait que du personnel avait été transféré il y a deux ans de Quimper à Brest pour conforter le site qu’aujourd’hui on choisit de fermer !

D’ailleurs, j’aimerais avoir l’avis du Jean-Marie Vanlerenberghe, Sénateur-Maire d’Arras : sa ville est également concernée par cette restructuration.

Il se trouve que le MoDem brestois a prix tout de suite position et que ils ont réussi a passer dans la presse. Il se trouve que une rencontre s’est tout naturellement organisé avec des représentants syndicaux. Il se trouve que, selon une rumeur, ces mêmes syndicats ont eu beaucoup de mal à se faire recevoir par les forces en charge de la ville et de la communauté urbaine, pourtant étiquetées « à gauche ». Et, bien entendu, la droite saisit brillamment une nouvelle occasion pour être absente du débat. Vous comprenez, c’est beaucoup plus pertinent de savoir si on va avoir un villepéniste (Jacques Le Guen, déjà indiqué par les militants) ou une ancienne préfète de région très proche de l’Elysée (pour laquelle des hiérarches se sont déjà pressées de prendre parti) à la tête de la liste régionale …….

Ils se trouve également que tout cela a une certaine logique.

La soi-disant droite ne peut (ni veut) aller contre une entreprise du CAC 40 pour laquelle le pouvoir a utilisé souvent de ses relations. La soi-disant gauche ne veut (ni peut) s’occuper d’un dossier considéré comme mineur et aux entrelacs multiples au niveau national.

Finalement, quoi de plus normal que le dialogue, social au sens premier du terme, se noue autour des forces qui mettent les personnes avant toute autre considération ?

Certes, ma lecture de la situation est différente de celle portée par les syndicalistes. Ils considèrent que le management applique et applique bien des modèles de gestion venus d’outre atlantique, durs et sans pitié. Ces techniques, je les connais et je considère que le management les applique franchement très mal. Car ils cassent la fidélité du personnel à l’entreprise, l’envie de travailler pour elle. Et tout manager qui se respecte sait qu’aucun sytème d’organisation ne peut être performant sans l’implication des acteurs.

Comment faire confiance à une entreprise qui n’a même pas su mener correctement sa restructuration (hypothèse blanche) ou qui, alors, a choisi de mentir (hypothèse noire) ? En aucun cas le management par la peur et l’angoisse ne favorise la productivité.

D’ailleurs, fermer un site que l’on vient de féliciter pour ses résultats, quelle magnifique contradiction économique !

J’ai une suggestion aux actionnaires : mesurez la valeur ajoutée de votre management, vous pourrez avoir des surprises. Car là, des sérieux doutes d’incompétence commencent à surgir.

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En début de mois je lançais le premier sondage sur skeptikos en posant la question suivante

Dans les semaines à venir, vous aimeriez lire plus d’articles sur ?

Peu de votants, en effet (37), mais une tendance que se dégage. Voici les résultats à aujourd’hui :

  • le MoDem (27%)
  • Rien, Skeptikos est parfait comme ça (22%)
  • la politique en général (16%)
  • l’économie (16%)
  • l’Italie (11%)
  • Ah si tu pouvais arrêter ton blog ! (8%)
  • Autre (préciser en commentaire) (0%)

Tout d’abord, merci à ceux qui me conseillent d’arrêter, je vais y réfléchir. Merci également à ceux qui trouvent que Skeptikos c’est parfait, c’est très gentil de leur part.

Venons aux réponses indiquant des envies.

Les répondants voudraient que je parle plus du MoDem. Ais-je quelque chose à dire à ce sujet ? Clairement, oui. Puis-je les dire ? Est-que c’est utile de le dire ? Rien n’est moins sur. Et ce ne sont pas les travers des uns et les silences prolongés des autres qui m’inciteront à en parler plus. Au moins pour le moment.

Plus de politique. J’aimerais vraiment pouvoir en parler. Cependant. Voyez-vous de la politique quelque part ? Cher Faucon, Nemo, Disp, Nicolas, Marc, César et tous les autres … politique ? Où ça ?

Economie, d’accord, mais vous êtes masochistes.

Italie. Peut-être.

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C’est assez machinalement que ce matin j’ai mis en route l’ordi, et sans aucune envie d’écrire sur ces pages. C’est un fait assez évident à mes yeux, mon « blogging » est en perte de vitesse. D’ailleurs, pas sur que le creux de la vague ait déjà été atteint. fait, paradoxal pour quelqu’un qui fait de la politique de manière aussi engagée, j’ai peu d’envie de parler. Pire, j’ai peu d’envie d’être écouté. Il paraît que des anciens sur ces terres considéraient le Nouvel An à partir de la Toussaint actuelle. Ce blog aurait-il une âme celtique ? Attendons patients le renouveau, dans ce cas, et profitons de la bonifiante léthargie hivernale …

Cependant, en allant un peu à reculons, c’est vrai, sur mes blogs préférés, j’ai trouvé d’excellentes raisons pour citer des articles, à défaut d’être très original.

Il y a un blogueur, quelque part dans le Sud-Ouest que j’apprécie beaucoup. On se chamaille souvent sur la forme, car il est un vrai polémiste et il choisi régulièrement de ne montrer qu’une facette des choses. N’empêche que j’en partage souvent le fond. Et ce joli coup de gueule, bien que récurrent sur la blogosphère, mérite d’être relayé par le brio, le style et la pertinence des parallèles qu’y sont faits. Billet imperdable.

Ensuite, j’avais décidé de me désintéresser autant que possible des élections régionales à venir. Mais j’apprends sur les pages de l’hérétique que Frédéric et Françoise se portent candidats. Eh bien, le Mouvement serait inspiré de leur permettre d’être élus. Quand la compétence, la ténacité, la lucidité se lient avec ce sens inné des relations humaines, avec cette gentillesse profonde qui nait de l’envie de comprendre l’autre et les situations de l’autre, alors là on trouve des vrais « politiques » de qualité. Je leur souhaite bon courage et je les assure de ma profonde estime, candidats ou pas, élus ou pas.

Enfn, une digression économique.

Je n’aime pas les travaux de Paul Krugman, c’est d’ailleurs pour ça que je lis son blog. Mais tous les croissançolâtres © seraient bien inspirés de regarder, observer, que dis-je ?, examiner attentivement ce tableau.

Je le laisse sans commentaires.

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Hier soir, ou plutôt aujourd’hui, à peine la minuit passée, j’ai enfin envoyé ma « Proposition au débat » en vue des élections régionales, notamment en ce qui concerne les approches économiques.

C’est une proposition que j’ai décidé d’assumer seul, bien que je me suis fait un point d’honneur de permettre à tous les adhérents de s’exprimer. Deux réunions ont été organisées dans les deux villes principales du département et un brouillon intermédiaire a été mis à la disposition, via les référents locaux, de tous les adhérents pour observations et retours.

A cette occasion j’ai pu encore une fois mesurer le décalage qui existe entre ma vision du fait économique et les approches majoritaires dans mon parti, tant au niveau des adhérents qu’à celui de mes amis et collègues de la commission économie nationale. C’est un décalage dont je suis conscient depuis longtemps et que c’est tout à fait normal : là où je me concentre sur la construction d’un modèle hétérodoxe, la plus part des économistes (et par conséquent la majorité des commentateurs, des formateurs et des acteurs) sont focalisés sur l’application de modèles existants. Déjà à l’Université de Cap Estérel (2008), j’avais signalé à Jean Peyrelevade mon souci de ne pas être élément perturbateur. Aujourd’hui je fais le constat que la diversité de langage est telle que le débat ne peut pas s’instaurer. En tout cas, il ne s’instaure pas. Je devrais peut-être réfléchir à quitter la commission économie. Je vais y penser sans presse.

Je suis à plus près sur que ma proposition au débat sera jugée décevante par la plus part de ses lecteurs : elle ne répond assurément pas à l’image qu’ils se font de ce qu’un document de programme économique devrait être. En quelque sorte, il s’agit d’un document « non conforme« .

En effet, j’ai refusé de prendre position de façon explicite sur tel ou tel dossier : j’estime que le catalogue d’actions ne fait pas un programme. En revanche j’ai souhaité proposer des critères pour la décision : c’est ma vision de ce que « le fond » devrait être. Cela me vaudra probablement un jugement d’apport général, confus et inutile. Je l’accepte dès maintenant.

Je vais faire un exemple : le problème des algues vertes. Dépassé le stade de constater que la compétence primaire sur le dossier est étatique alors que les citoyens demandent à la Région de s’en charger, quoi faire de concret ? Mettre en place des filtres à nitrates ? Bloquer les exploitations polluantes (agricoles et non) du bassin versant ? Commander un reportage à Yann Arthus-Bertrand ? Ce que je propose est, plus simplement, de reconnaitre qu’il y a un problème de santé publique (car on a des évidences de malaises humains répétés, voire un décès suspect) et qu’il faut le traiter en tant que tel. Flou ? Je ne crois pas et je ne serais pas discourtois au point de penser que des élus et/ou des candidats ne connaissent pas les obligations en matière de santé publique.

Avec la remise de ce travail, une phase s’achève : pour moi les élections régionales s’arrêtent aujourd’hui. Ce n’est pas vraiment une décision, d’ailleurs, mais un constat. J’ai fait le choix, que je continue à considérer juste, de jouer pour le collectif et de ne postuler que aux postes où j’estimais pouvoir faire un bon travail. Je ne le regrette pas, même si cela me coûte aujourd’hui en termes de visibilité et de marges de manœuvre. Ça doit être mon côté homme de sport : hors l’équipe, pas de salut. Mais cela a des conséquences pratiques.

Je n’ai, en l’état, aucun moyen d’influencer la trajectoire du Mouvement : ni mon rôle de Conseiller Départemental ni celui de membre de la Conférence Nationale ne permettent, dans la pratique des faits, d’avoir des mots utiles à dire. Alors, sauf modifications imprévues du contexte, pour ce tour c’est déjà terminé.

D’ar c’hentañ tro, neuze, comme on dirait par ici.

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Oaz me demandait dans les commentaires de cet article si la réunion avait été utile. Je préfères lui répondre dans un billet à part : pas que la réponse soit complexe, j’avais simplement envie de faire un billet de liens. De ceux qui énervent le crapaud et qui aident des blogueurs démocrates à garder une certaine visibilité. Dommage, il y en a un qui vient de partir. Les mauvaises langues diront qu’il ne part pas loin. Pour ma part, je pense qu’il se trompe, mais je respecte sa décision. D’ailleurs, quitter un parti duquel on a été déçus peut fournir des occasions de réjouissance, bien que souvent éphémère. Des liens aussi pour remarquer que, si le parlement de l’alternance semble patauger, une majorité transversale se dégage pour un Parlement du Soupire : des gens de gauche, des gens de droite. Pas les moins en vue dans le blogocosme, d’ailleurs. Votre modeste serviteur démocrate s’y associe également. D’ailleurs, quand on a choisi d’être chroniqueur en cauchemar, on sait qu’on doit faire face à une tache inhumaine, au visage monstrueux. Mais je divague. Certes que la réunion a été utile. Tout d’abord j’ai découvert un vieux-nouveau café tout près de la permanence brestoise, tenu par des gens sympathiques. Par ailleurs j’ai eu un parterre assez qualifié, avec le Président départemental, deux déléguées (non, ce n’est pas une faute) de circonscription (nos responsables de section à nous), un ancien candidat sur un liste pour la présidence (autre que la liste gagnante). Et des militants intéressés par le sujet économique. Je pense qu’on enverra quelque chose d’intéressant pour les régionales et également dans une perspective plus générale. De même, ces rencontres contribuent à la formation des militants, dont ils sont demandeurs.

Une reprise dans les programmes ? Aller, Olivier, tu connais la réponse, non ? Bon d’accord, disons que j’ai dit clairement à tous les militants que je ne suis pas en condition de garantir le moins du monde qu’un seul élément de la réflexion ne sera pris en compte. C’est d’ailleurs pourquoi je signerai seul le document. Je n’ai pas d’élections en vue avant 2014 : si quelqu’un doit prendre des risques, celui là c’est moi.

Remarques, le fait que je ne puisse pas garantir une issue à ce travail n’implique pas forcément qu’il restera dans un tiroir …

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La danse de la vie

Les plus futés d’entre vous l’ont bien compris : j’ai retrouvé du travail. Et maintenant me voilà, après 41 jours de chômage et pendant sept mois (et plus si affinité, il parait), cadre des services universitaires de formation professionnelle. Au passage, qui dit cadre dit bien une très large corvéabilité à merci ; qui dit cadre contractuel en milieu universitaire dit aussi salaire d’un technicien moyen. Mais bon, tel est le prix de cet immense luxe qui a été de choisir mon émigration. En revanche, j’ai rarement vu un recrutement aussi rapide : en moins d’une semaine, c’était plié. Bon, c’est vrai que le service était dans l’urgence … et maintenant c’est moi qui rame. Bref, pas beaucoup de temps pour bloguer.

En plus ma proposition d’indice de développement a trouvé un bon écho : je dois étoffer l’article et le proposer à la relecture au plus tard vendredi. La grosse course.

Sans compter que ce soir, à Brest, on se retrouve pour discuter des possibles pistes économiques pour les prochaines régionales, ce qui n’est pas un mince dossier. Surtout quand on a le sentiment que ce travail sera inutile et inexploité. Mais cela est un autre sujet sur lequel je ne veux pas m’étaler ici.

Pour autant les sujets ne manqueraient pas. Le temps, et pour certains l’envie, oui.

Alors pour aujourd’hui je me cantonnerai à vous inviter à Clohars-Carnoët pour un fest-noz solidaire avec la ville de L’Aquila, victime du séisme des Abruzzes (et de l’inconséquence berlusconienne) où les températures sont soudainement devenues hivernales. Moins 1 hier soir, pour exemple. Alors, si vous aimez la Bretagne et l’Italie, ne ratez pas l’occasion de vous amuser et d’être utiles.

october flip 2009

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Marrante que c’est la vie parfois. Après deux jours sans blog je voulais pondre un billet très nombriliste (auquel vous n’échapperez pas de toute façon) car ma vie change à une vitesse impressionnante. D’ailleurs, j’espère qu’elle ne perd pas d’adhérence dans les virages …

Et non. Car cet article d’Aurélien Véron se glisse en tête du flux de l’échiquier (pour y  être recensés, demander à l’hérétique).

En résumé, et sauf erreur de ma part, sa thèse est simple : l’écologie est la nouvelle route de la servitude. En effet, Aurélien reprend à son compte l’argument d’Hayek affirmant que l’organisation et la liberté sont incompatibles. Par conséquent, et étant donné que le constat de l’état environnemental de la planète (je vous rappelle que « la planète » n’est pas que l’Amazonie : le bout de terre urbanisée où vous êtes en train de lire mes conneries en fait partie également) pousse à mettre des principes de régulation, l’écologie va forcément à l’encontre des libertés. Il faut dire qu’il s’agit de quelqu’un qui utilise la définition de liberté porté, par exemple, par Pascal Salin : l’absence de contraintes. Ce qui porte Salin à être un minarchiste plutôt qu’un libéral mais passons.

Mes travaux portent également sur la liberté. D’ailleurs, j’ai lu Salin dans le texte et je trouve la « démonstration » de son approche extrêmement faible : démontrer ce qu’on postule n’est pas de la « science » mais de la rhétorique. Plus exactement une tautologie. Donc j’adopte une vision différente de la liberté : pour moi elle est la possibilité concrète d’avoir accès à un espace de choix. C’est ce qu’on appelle la « liberté positive » (I.Berlin) ou plus pertinemment « capabilité » (A.Sen).

Là où ça devient marrant c’est que, de mon point de vue, l’introduction des principes environnementaux contribue à augmenter la liberté. Un exemple. Je crois que même Aurélien sera d’accord avec moi que la première liberté est celle, simplement, d’exister. Peut-être il acceptera aussi qu’on la définisse comme la liberté de tout un chacun de ne pas voir sa vie mise en danger par le comportement d’autrui. Existence.

Question. La pollution des nappes phréatiques réduisant l’accès à l’eau potable, les pollutions au benzène, l’incapacité des acteurs à traiter efficacement le problème des algues vertes ou même la « simple » (ironie) non application d’un principe de précaution (sans existence juridique à l’époque) en matière d’exposition à l’amiante, ne sont-ils des comportements qui ont nié et nient la liberté d’exister de chacun ?

J’espère contribuer à stimuler une réflexion.

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Le MoDem à la Une

A la une du Télégramme (quoi ?? vous ne connaissez pas la presse régionale bretonne ??), avec une petite vidéo sur l’opération Marie morte dans le sud Finistère.

Et ici le blog d’Erwan.

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Mission économie

Hier, pas de notes sur le blog et pour cause : on avait réunion de la commission départementale « économie » en vue du programme des régionales. Malgré un nombre restreint de participants (je sais, avec le foot et la pléthore d’engagements des uns et des autres c’est compréhensible) ce fut, au moins de mon point de vue, intéressant et productif. En revanche, pour préparer tout cela lire les 131 pages de la « Stratégie Régionale de Développement Économique » m’a ôté toute envie d’écrire pendant une bonne journée.

Pas que la majorité de Le Drian dise des choses absurdes ou déraisonnables. Au contraire, le document reflet ce qui était la pensée largement dominante en matière de développement en 2004 : le soutien aux filières, l’aide aux entreprises, l’économie de la connaissance, compétitivité et attractivité. Rien de particulièrement dérangeant sur le fond donc, même si un questionnement sur les méthodes et les moyens mobilisés serait utile, car j’ai la très désagréable sensation d’un usage non optimal des ressources.

En réalité si, il y a quelque chose qui m’interroge : le manque de recul, de prise de hauteur, de remise en cause d’opinions, certes communément acceptés à telle époque, prises comme des vérités, presque comme des dogmes. Le fait qu’on ait pensé pendant longtemps que la terre était plate ne l’a pas rendu moins ronde (et blue, comme une orange).

Je ne sais pas quel programme la majorité sortante va proposer aux Bretons. Cependant, j’ai comme l’intuition que cela sera assez proche de ce qu’on peut lire dans le document mis en lien. C’est en tout cas le sentiment que j’ai eu en participant récemment aux Assises des Territoires, à Brest. Or, la crise nous a montré, en tout cas à ceux qui ont eu envie de voir, les limites de ces constructions théoriques. Elles ne sont pas « mauvaises », elles sont tout juste non pertinentes. Car l’équation « développement = développement économique = croissance » est simplement fausse.

Je crois que la situation n’est pas différente dans les autres régions de France. Je crois que les élections régionales (et pas que) vont se jouer, justement, sur le thème du développement, c’est à dire sur la liberté, d’être et de faire, sur la dignité, sur la possibilité de bâtir un futur. L’enjeu est plus important que ce que j’arrive à exprimer maladroitement dans un billet perdu dans la nasse de la blogosphère. C’est une mission et un devoir auquel les démocrates ne doivent pas se dérober.

Pour gagner les élections et pour servir nos concitoyens.

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