Prémisse qui devrait être inutile : le nom des leaders politiques pris pour référence sont à considérer comme des avatars de positions idéologiques plus générales et non comme des références strictes à la personne citée.
Jean-Luc Benhamias, ancien responsable des Verts, ayant intégré le MoDem, pour lequel il a été élu député européen, depuis quelque temps déjà, est à l’origine d’un nouveau sujet, Ecologie et Démocratie, auquel on pourra adhérer après les régionales.
La démarche étant très récente, il est difficile d’en cerner le caractère authentique : tactique ? de fond ? N’ayant pas plus d’éléments, il me semble judicieux de prendre la deuxième hypothèse. D’ailleurs, si cela devait être une pure manœuvre politicienne, elle n’aurait aucun intérêt au fins de cette série de billets. Donc, posons l’hypothèse que c’est du fond. Est-que ce fond est intéressant ? Est-qu’il montre le potentiel pour dépasser faiblesses et limites des autres approches déjà passés en revue ?
Sur papier, je suis sceptique. Je recopie du site officiel :
Ouverte à tous ceux pour qui écologie et démocratie sont indissociables, cette fédération vise l’accélération de la mise en place des mesures indispensables à l’émergence d’une société responsable.
- « Ecologie et démocratie » participe en France et en Europe à toutes les initiatives qui œuvrent à la construction d’une force démocrate, écologique et sociale dont le Mouvement Démocrate (MoDem) est le principal référent en France et le Parti Démocrate Européen en Europe.
- « Ecologie et démocratie » débat avec toutes les formations se revendiquant de l’écologie politique en France et en Europe.
- « Ecologie et démocratie » est ouverte aux discussions avec tous les démocrates, laïcs et républicains et soutient en ce sens l’initiative du Rassemblement initiée à Marseille et Dijon autour de Vincent Peillon, Marielle De Sarnez, Daniel Cohn-Bendit, Christiane Taubira, Robert Hue, François Rebsamen et Jean-Luc Bennahmias.
On y trouve trois choses, dans ce passage éclaircissant. Sans hiérarchie entre les points, on peut commencer par citer le rappel très « Brundtland » du « rassemblement » pour construire une force « démocrate, écologique et sociale » ayant comme interlocuteurs privilégiés ceux issus de « l’écologie politique ». En cela, la différenciation avec la démarche « à la Cohn-Bendit » est faible, la distance avec une approche « à la Lepage », infime.
De même, il y a l’appel à une « société responsable », rappel implicite au volontarisme de l’action des minorités éclairées assez contradictoire avec le rappel à la démocratie, affichée dès le « label ».
Enfin, l’ancrage strictement « modémiste » de la proposition. Ce dernier élément pourrait avoir un quelque intérêt si le MoDem s’avérait capable de dépasser le stade de « mouvement centriste » (cf Anticentrisme). Ce qui ne semble pas, à mon regret, être réellement d’actualité. En effet, et en l’état, il me semble que le fond original soit relativement modeste, impression renforcée par l’affichage comme « valeurs fondateurs » de « simples » mesures de programme (parfois intéressantes, au demeurant).
Ainsi, le sentiment que l’hypothèse de départ n’est pas bonne et qu’on est en présence d’un mouvement tactique pour ne pas découvrir le « flanc vert des oranges », alors que le PS peut phagocyter la dynamique verte et euroécologiste et que l’UMP dispose de solides relais médiatiques et de quelque personnalité sincèrement impliquée (Morizet, Juppé, plus sceptique sur Borloo). Dans ce cas, rien de nouveau sur l’échiquier.
Fautes d’éléments plus concrets, je me réserve, sceptiquement, le jugement.

